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20/06/2018

Agatha Raisin tome 11 L'enfer de l'amour

Agatha Raisin tome 11: L'enfer de l'amour

de

M.C Beaton

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" Le mariage idéal-comme un rêve devenu réalité. Agatha Raisin avait enfin convolé avec l'objet de tous ses fantasmes, son voisin James Lacey, et pourtant le bonheur n'était pas au rendez-vous."

Malgré les exhortations de ses amis Mrs Bloxby et de Sir Charles, Agatha a épousé James Lacey. Pour le pire mais surtout pour le meilleur. Très vite, des ombres viennent entacher leur union: James refuse qu'elle travaille ou n'accepte pas de partager son cottage. Il se rapproche également de Melissa. Ce qui suscite maintes crises et remises en question chez Agatha.

Jusqu'au jour où James disparaît. Laissant derrière lui sa maison saccagée.

Tout se complique encore plus quand le cadavre de Melissa est retrouvée chez elle. Et si James avait pris la fuite en raison de sa culpabilité?

Passé l'abattement premier, Agatha décide de tout entreprendre pour disculper son mari. Heureusement, lors de ses investigations, elle peut compter sur le fidèle Sir Charles.

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Cela faisait quelque temps que je ne vous avais pas parlé de cette chère Agatha. Pourtant, je continue à suivre ses tribulations, tantôt en anglais, tantôt en français.

Dans cette nouvelle aventure, notre héroïne m'a fait furieusement penser sur certains plans à Scarlett O'Hara. Comme cette dernière, elle a toujours voulu James. Malgré l'antagonisme de leurs caractères...Malgré leurs désirs radicalement opposés...James restait son objectif. D'autres hommes passaient dans sa vie, plus assortis mais elle les repoussait pour son cher voisin. D'ailleurs, si je filais encore plus la métaphore, je dirais que, par rapport à Agatha, James serait Ashley et Sir Charles Rhett.

Ce ressort m'a paru encore plus évident dans cet opus. Le mariage avec James apporte son lot de désillusions à Agatha. Et quand James part, Sir Charles apparaît. Pour l'accompagner, la soutenir. Sans jamais la juger. Je ne sais pas ce que MC Beaton réserve à l'avenir pour ces deux protagonistes mais j'aimerais les revoir plus souvent ensemble ou même assister à leur rapprochement. Affaire à suivre...

Comme vous l'avez compris, j'apprécie donc beaucoup le duo Agatha/Sir Charles. Non seulement MC Beaton donne un tournant intéressant à leurs relations, mais elle place leur paire sous le signe de l'humour. Comme pour le tome à Malte, leur répliques font toujours mouche. Et on les regarde évoluer, le sourire aux lèvres.

Un des autres atouts de cette série réside dans la galerie des personnages qui évolue autour de nos héros. Au fil des tomes, nous avons appris à mieux connaître Mrs Bloxby, Bill Wong, Roy Silver... Et, maintenant, quand ils apparaissent, ils semblent familiers. Comme des cousins éloignés qu'on verrait de temps en temps et qu'on aurait plaisir à redécouvrir autour d'une tasse de thé.

Une fois encore, l'ambiance d'un petit village anglais m'a semblé très bien retranscrite. Entraide, potins, jalousie, disputes et rabibochages restent toujours les maître mots.

En revanche, j'ai trouvé que l'intrigue policière passait trop au second plan. Certes, la mort de Mélissa et les entretiens avec ses précédents époux présentent un contrepoint intéressant à l'union ratée de James et Agatha. Comme une sorte de miroir déformant de leur propre enfer conjugal. Cet effet se révèle très intéressant. Néanmoins, comme l'enquête se centre surtout sur les dérives psychologiques de la victime et les brutalités de ses maris, il y a moins de rebondissements ou de chausse-trappes. Et la résolution arrive de façon trop abrupte. J'espère que MC Beaton parviendra à recréer un équilibre entre la dimension relationnelle et l'aspect policier dans les prochains livres.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai apprécié cette excursion dans les Costwolds et je retrouverai avec grand plaisir Agatha Raisin pour une douzième aventure.

Un grand merci à Mariane et aux éditions Albin Michel pour cet envoi!

Albin Michel, 2018, 353 pages

 

 

 

 

 

 

25/04/2018

La Chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan

La Chorale des dames de Chilbury

de

Jennifer Ryan

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"Mardi 26 mars 1940,

Premier enterrement de la guerre, et la chorale de notre village n'a même pas été capable de chanter juste. Les mots "Saint, saint, saint"se sont envolés comme si ils étaient pépiés par une volée de moineaux poussifs. La faute n'en était pas à la guerre, ni à ce jeune chenapan d'Edmund Winthrop, coulé par une torpille dans son sous-marin, ni même à la direction désastreuse du pasteur. Non: nous donnions là l'ultime prestation de la chorale de Chilbury: notre chant du cygne."

Au mois de mars 1940, suite au départ massif des hommes pour la guerre, la chorale décide de cesser ses activités. Mais, face à la détermination de Mrs Primrose Trent, une professeure de chant, elle rouvre ses portes. Ses membres sont désormais exclusivement féminins et d'horizons très divers. En effet, parmi les altos et les sopranos, on retrouve: Mrs Tilling, une veuve timide, qui ne cesse de se dévouer aux autres et qui œuvre comme infirmière; la jeune Kitty Winthrop qui rêve de devenir chanteuse plus tard; sa sœur Venetia, qui ravage tous les cœurs ou Mrs B, la propriétaire du plus riche manoir qui entend imposer sa volonté et ses points de vue. Autant de destins aux antipodes et que la musique va réunir.

D'autant plus que, désormais, elles ont pour objectif de gagner le concours de chorale organisé dans tout le royaume. Au fil des répétitions, des liens se nouent ou se dénouent, des alliances se créent, des indépendances se gagnent...Mais, à chaque fois, ces femmes, toutes unies par le chant, trouvent un réconfort incroyable dans ces moments volés à la guerre.

Dehors, le conflit fait rage. Même si des amours surgissent ou des amitiés se renforcent, le drame n'est jamais loin. Et, il pourrait frapper Chilbury à tout instant.

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La première fois que j'ai entendu parler de ce titre, c'était sur le blog de Syl. Son billet m'a donné envie de m'y plonger très rapidement et je tiens à remercier Albin Michel pour leur envoi.

Un des atouts de cet ouvrage réside dans sa structure narrative, en parfaite adéquation avec le thème principal. Pour nous livrer l'histoire de cette chorale, Jennifer Ryan a choisi de multiplier les points de vue. Lettres et extraits de journaux de quelques membres s'entremêlent ainsi. L'occasion pour le lecteur de mieux cerner les protagonistes et de mieux les connaître.

Dans un roman polyphonique, il est souvent difficile de réussir à donner une identité propre à chacun des narrateurs. Et l'autrice a réussi son pari: chacune de nos "conteuses" a sa tonalité particulière. Nous la découvrons à la fois par sa voix mais aussi par le regard des autres. Ce qui enrichit fortement notre perception.

J'ai également beaucoup apprécié la galerie de personnages que nous croisons au fil des pages. Toutes les couches sociales, tous les âges, toutes les situations personnelles...nous sont dépeints. Passion, jalousie, chagrins...sillonnent les six mois de ces femmes et de ces jeunes filles. Forcément, nous nous attachons plus particulièrement à certaines: Mrs Tilling, Kitty, Silvie ou Venetia. D'autres nous semblent haïssables. Mais, toutes nous touchent par leur façon de vivre la guerre et leur transformation en ces temps si durs.

Les hommes ne sont pas non plus absents de ce tableau. Certains sont partis au combat mais leur nom revient si souvent dans la bouche de celles qui les attendent. D'autres agissent tout près comme le colonel Mallard.

Chapitre après chapitre, on a l'impression de vivre aux côtés des habitants de Chilbury et de suivre leurs idylles, leurs joies, leurs peines et leurs peurs. Tout sonne juste: dialogues, missives, télégrammes... Cette véracité s'explique sans doute par les sources d'inspiration qui ont présidé à la naissance de ce livre: les souvenirs de la grand-mère de l'autrice, les récits collectés par la Mass Observation ou des articles de journaux de l'époque.

A ce don pour restituer les ambiances, Jennifer Ryan allie également un sens des "rebondissements". Parfois, le drame frappe quand on ne s'y attend pas. Un peu comme cela devait être le cas forcément dans ces années-là. Parfois, l'humour, au contraire, nous cueille au détour d'une phrase (ah! l'inénarrable Mrs B.!)

Néanmoins, je dois confesser que j'ai moins accroché à une partie de l'intrigue: celle des bébés (je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise). J'ai trouvé qu'elle desservait un peu l'ensemble et je le regrette.

Bref, vous l'avez compris: je vous recommande la lecture de ce roman choral qui, sans révolutionner le genre, nous permet de passer un bon moment et nous livre de jolis portraits de femme.

Albin Michel, 2018, 462 pages

Lecture commune avec Bianca.

Billet dans le cadre de son challenge Un pavé par mois.

 

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30/01/2017

Pas de pot pour la jardinière

Agatha Raisin tome 3: Pas de pot pour la jardinière

de

MC Beaton

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"En ce jour où Agatha Raisin, au volant de sa voiture, regagnait lentement son village de Carsely après de longues vacances, un hiver doux et humide avançait petit à petit vers le printemps. Elle se persuada qu'elle avait passé des vacances merveilleuses, loin de Carsely, ce trou ennuyeux à mourir. Elle était d'abord allée à New York, puis aux Bermudes, puis à Montréal, après quoi elle avait filé à Paris, avant de continuer vers l'Italie, la Grèce et la Turquie."

Après de longues vacances, pendant lesquelles elle s'est ennuyée à mourir, voici Agatha Raisin de retour à Carsely. Mais, très rapidement, elle se rend compte que beaucoup de choses ont changé, suite à l'arrivée de Mary Fortune, une très belle femme d'une quarantaine d'années, aussi talentueuse en pâtisserie qu'en jardinage. Son voisin, le ténébreux James Lacey, aurait d'ailleurs succombé à son charme....

Notre héroïne ne compte pas se laisser faire et elle entre en compétition avec sa nouvelle rivale....Jusqu'au soir où cette dernière est retrouvée morte, enfoncée la tête la première dans un des grands pots de fleurs de sa serre....

Débute alors une enquête compliquée où chacun, dans le village, pourrait avoir des raisons de tuer Mary.

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Quel plaisir de retrouver Agatha Raisin pour une troisième investigation! Et de la voir évoluer au fil de ses aventures.

Quand on avait fait sa connaissance, c'était une chargée de communication au caractère odieux et qui avait fait le vide autour d'elle. Sa retraite dans une paisible bourgade des Costwolds l'a amenée à se faire des amis et lui a appris à susciter de la sympathie et de l'intérêt.

"Agatha, trop préoccupée par le problème James-Mary, n'avait pas pris la mesure de sa popularité lors de la réunion de la société d'horticulture. Il faut dire qu'elle avait jamais été jusque là populaire."

Cependant, comme dans le premier tome, son esprit de compétition reste intact. Ce qui donne lieu à des scènes très drôles, notamment lors de la présentation de la plus belle fleur ou lors de la journée portes ouvertes des jardins de Carsely.

On rit également beaucoup lors des soirées au pub, avec les regards en coin, les pointes de jalousie d'Agatha et les remarques acerbes de sa femme de ménage.

Outre son humour et sa faculté à dépeindre l'évolution de son personnage principal, l'intérêt de cette série réside dans sa description de la vie dans un village typiquement anglais. Réunions du comité d'horticulture ou des dames de la paroisse, sorties au pub, kermesses, échanges autour de tasses de thé constituent autant d'occasions de saisir l'atmosphère faite de potins, d'entraide et parfois, de rejet. Tout comme c'est le cas quand des jardins sont dévastés par un mystérieux coupable à l'approche du concours d'horticulture. Aussitôt, on chuchote dans le dos des dernières venues, Agatha et Mary. Comme si c'était forcément la faute des "étrangères".

J'ai beaucoup apprécié le choix narratif opéré par MC Beaton dans ce volet. Opter pour l'arrivée d'une nouvelle venue/rivale d'Agatha sert, en effet, à la fois de déclencheur de situations cocasses, de révélateur de l'aspect parfois trop clanique de Carsely et de catalyseur pour l'intrigue policière.

C'est elle qui est assassinée et jusqu'aux dernières pages, il est quasiment impossible de savoir qui est le coupable. Ainsi, comme Agatha et James, je me suis promenée de fausse piste en fausse piste.

Bref, vous l'aurez compris: une fois encore, j'ai été séduite par ce troisième tome des Agatha Raisin et j'ai hâte de connaître la suite. Si vous êtes comme moi fans de "cosy mystery", alors cette série est faite pour vous! Rires garantis!

Albin Michel, 2016, 245 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

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