Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/01/2016

Vous pouvez ne pas embrasser la mariée

Vous pouvez ne pas embrasser la mariée

une pièce d'Alexandra Moussaï et Arnaud Schmitt

vous pouvez ne pas embrasser la mariée.jpg

Une heure avant son mariage, Emma se retrouve enfermée avec son meilleur ami Antoine.

Deux ans qu'ils ne se sont pas parlés. Et si c'était le moment, justement, d'enfin tout s'avouer?

Parmi mes bonnes résolutions 2016, figure celle d'aller plus souvent au théâtre. Aussi, je n'ai pas hésité longtemps hier avant de me rendre au Funambule, une salle dans le quartier de Montmartre.

Et, dès les premières répliques, j'ai été happée par l'histoire.

Deux acteurs face-à-face

Deux personnages qui vont s'affronter et tenter de s'affranchir de tous les non-dits

Quinze années d'amitié qui vont défiler sous nos yeux à l'aide de quelques scènes clés

En effet, dans cette pièce qui n'est pas sans rappeler certains classiques de la comédie romantique, tels que Quand Harry rencontre Sally, s'entremêlent sans cesse des séquences du présent et des retours dans le passé

Comme des indices livrés...Et qui nous permettent de mieux cerner tout ce qui se joue dans les regards et dans les silences.

Car Emma et Antoine ont toujours oscillé entre l'amitié et l'amour. Malheureusement, leurs cœurs n'ont jamais battu à l'unisson. C'est là donc tout l'enjeu de cette heure, entre parenthèses, qui leur est offerte.  Et si, leurs sentiments étaient enfin au diapason?

d3dfb8_9a51437a817b45449a7755a69c9f0393.jpg

On rit, on s'émeut, on espère...On se tait aussi. Quand l'émotion affleure dans les yeux des protagonistes et sur leurs lèvres qui ne laissent pas passer les mots essentiels.

Forcément, on se reconnaît également un peu dans ses trentenaires, à la recherche de l'amour de leur vie et qui ne savent pas n'osent pas saisir une belle occasion.

Comment ne pas saluer la prestation  des deux comédiens/auteurs? Ils incarnent à merveille Emma et Antoine, si hésitants, si maladroits, si sincères aussi...

Les dialogues, tout comme les situations, sonnent juste.

La mise en scène toute en sobriété et en efficacité met parfaitement en valeur ce qui se joue entre ces deux êtres jamais tout à fait raccord.

Et jusqu'au bout, on est touchés...

Un beau moment de théâtre pour cette pièce qui parle avec brio et modernité des tourments amoureux, des difficultés de s'apprivoiser et de faire le premier pas et qui, même si elle reprend les codes des comédies romantiques, sait se montrer originale.

Bref, vous l'aurez compris: si vous êtes à la recherche d'une œuvre à la fois légère et profonde, n'hésitez pas à faire un détour au Funambule Montmartre.

En bonus, je vous mets le lien vers Les cerf-volants, une chanson de Benjamin Biolay, qui sert, entre autres, de bande-son à Vous ne pouvez pas embrasser la mariée.


 

 

 

20/01/2015

Pas son genre, un film qui est tout à fait mon genre

Pas son genre

un film de Lucas Belvaux

pas son genre.jpg

Clément vient juste de se séparer de sa dernière compagne. Après un café aux Deux Magots, ce professeur de philosophie rentre chez lui et découvre avec horreur son affectation à Arras. Pour ce pur produit du Parisianisme, cette nouvelle sonne comme une sanction.

Au même moment, à Arras, Jennifer, mère célibataire, se prépare à passer une journée comme les autres, entre son travail dans un salon de coiffure et les instants qu'elle partage avec son fils.

A priori, rien ne prédispose donc ce féru de littérature, de philosophie, de Rive gauche et cette coiffeuse, chanteuse de karaoké à ces heures perdues, fan de Jennifer Aniston et de romans populaires à se rencontrer. Et pourtant, le destin frappe à la porte...

Mais peut-on s'aimer, malgré les différences de classe sociale et de références culturelles?

pas son genre 2.jpg

J'avais remarqué ce film à sa sortie. Et, malheureusement, je l'avais raté. Récemment, ma copinaute Camille du très bon blog Vive la rose et le lilas m'en a reparlé et a réactivé mon envie de le visionner.

Dès les premières images, Lucas Belvaux nous plonge dans le cœur de son film. Des séquences parallèles s'intéressent aux deux héros: tantôt on suit le quotidien de Clément, tantôt celui de Jennifer. Deux quotidiens aux antipodes. Deux personnes a priori radicalement différentes tant par leurs intérêts que par leurs habitudes.

Cependant, Clément, par le jeu des affectations, se voit contraint de s'installer trois jours par semaine à Arras, "une ville où on ne vit pas mais où on meurt", comme le lui annonce sa collègue de philosophie.

Un soir, il décide d'aller se faire couper les cheveux et se retrouve servi par Jennifer. Forcément, on guette l'étincelle... Il repart comme si de rien n'était. Dans la rue, il s'arrête, comme mu par une soudaine impulsion qu'il préfère ignorer.

Quelques jours plus tard, il revient. Premiers échanges dans l'Irish Pub de la Grande Place. Aussitôt, des obstacles à cette possible relation apparaissent, justement soulignés par Jennifer.

Et pourtant, de séances de cinéma en retrouvailles dans des cafés, une liaison amoureuse se noue. Chacun essaie de trouver de l’intérêt dans ce qu'apprécie l'autre.

Comme Jennifer, on pourrait croire au conte de fées. Et si chacun bousculait l'autre dans ses idées et ses retranchements?

Mais voilà, dans cette histoire, le prince charmant semble peut-être trop lâche et phobique de l'engagement, la princesse sans doute trop impatiente...

pas son genre 1.jpg

Autour de cette question de l'amour plus fort que tout, Lucas Belvaux parvient à tisser une trame très intéressante et tout en finesse. Sans jamais sombrer dans le manichéisme ou enfermer ses personnages dans des stéréotypes. Au contraire, il leur apporte une certaine profondeur et montre qu'on peut parfois échapper au déterminisme de la naissance ou du milieu et qu'on parvient parfois à être plus que le rôle assigné ou attendu par la société.

Dans les rôles de Clément et de Jennifer, Loïc Corbery et Emilie Dequenne se révèlent parfaits. On croit à leurs personnages, à leur relation, à leur alchimie, à leurs dissensions...Tour à tour, ils m'ont émue, amusée, bouleversée, énervée...Et la réussite de ce film repose en grande partie sur eux.

De même, Pas son genre offre quelques très belles scènes: celle du karaoké où certaines barrières se brisent chez Clément, celle de la plage ou encore celle du carnaval d'Arras...

J'ai été également particulièrement sensible à toutes ces séquences où chacun des protagonistes tente de faire entrer l'autre dans son monde. Que ce soit par des séances de lecture de classiques (ah! la voix de Loïc Corbery!) ou par des chansons populaires (très jolie reprise de Il était une fois).

Bref, vous l'aurez compris: un long métrage à la fois romantique, dramatique, pétillant, sensible, émouvant...et qui fait passer un bon moment.


 

 

 

 

 

 

13/11/2013

Demain est un autre jour

Demain est un autre jour

de

Lori Nelson Spielman

demain est un autre jour,lori nelson spielman,editions du cherche-midi,roman doudou,comédie romantique,roman sur les changements de vie,roman sur les nouveaux départs

"L'écho des voix dans la salle à manger s'envole dans la cage d'escalier en noisetier, indistinct, bourdonnant et importun. D'une main tremblante, je verrouille la porte derrière moi. L'univers est soudain plongé dans un silence total. J'appuie la tête contre la porte et je prends une inspiration profonde. Son parfum envahit encore la chambre-mélange d'Eau d'Hadrien et du savon au lait de brebis. Son lit en métal grince lorsque je m'y allonge, un bruit aussi rassurant que le tintement de ses carillons dans le jardin ou de sa voix douce quand elle me disait qu'elle m'aimait. Je venais dans ce lit quand elle le partageait encore avec mon père, me plaignant d'un mal de ventre ou de monstres sous mon lit. A chaque fois, maman me prenait avec elle, m'étreignait et me caressait les cheveux en murmurant: "Demain est un autre jour, ma chérie, attends encore un peu". Et comme par miracle, je me réveillais le le lendemain matin pour découvrir des rubans de lumière ambrée s'insinuant à travers la dentelle de mes rideaux"

Brett Bohlinger, 34 ans, vient de perdre sa mère. Alors qu'elle s'attendait à hériter de son empire industriel, elle ne reçoit qu'un vieux papier jauni. Il s'agit de la liste des choses qu'elle voulait vivre, quand elle avait 14 ans. Elle en a réalisé certaines mais sa mère lui laisse un délai d'un an pour entreprendre les dix qui restent. Si elle réussit, elle pourra toucher ce qui lui revient.

demain est un autre jour,lori nelson spielman,editions du cherche-midi,roman doudou,comédie romantique,roman sur les changements de vie,roman sur les nouveaux départs

J'avais remarqué ce premier roman sur la blogosphère (malheureusement, je ne me rappelle plus où). Et, conquise par le sujet, je l'avais réservé dans ma médiathèque. Je l'ai ouvert lundi matin et je n'ai pu le quitter qu'une fois achevé.

Brett est une jeune trentenaire qui mène une vie loin d'être conforme à ses rêves de jeunesse. Elle a trouvé refuge dans l'entreprise familiale alors qu'elle souhaitait devenir enseignante; elle vit avec un homme qui la sous-estime et refuse d'avoir un bébé...

Aussi, la mort de sa mère et surtout le défi qu'elle lui lance, va lui servir d'électrochoc et lui permettre de tout changer.

J'ai adoré cette amorce d'intrigue. A partir d'une liste vieille de 20 ans, Brett se met en quête d'une existence plus conforme à ses aspirations d'adolescente.

Tout au long de son parcours, on découvre une galerie de personnages très attachants. Bien entendu, la mère qui, par le biais de ses lettres, montre tout l'amour qu'elle a pu ressentir pour ses enfants et tout le bien qu'elle leur voulait. Mais également, un avocat; un psychologue; des jeunes plongés dans des difficultés scolaires...Chacun d'eux va faire évoluer, à sa manière, notre héroïne et modifier sa conception de la vie.

A cette réflexion très intéressante sur les illusions perdues et sur le courage qu'il faut montrer parfois pour prendre un nouveau départ, s'ajoutent également de nombreux éléments de comédies romantiques qui confèrent à cet ouvrage une tonalité plus légère.

En effet, parmi les objectifs de vie de la Brett de 14 ans, figurait "tomber amoureuse". Tout au long des pages, on va donc croiser différents protagonistes masculins, dont l'"homme au Burberry". Un homme qui fascine notre héroïne et qu'elle rencontre à chaque fois dans des situations dignes d'une Bridget Jones.

De même, cet ouvrage dresse un portrait de la vie à Chicago. On suit notre héroïne dans les divers quartiers de cette ville, ce qui permet de mieux se rendre compte de ses disparités géographiques et économiques.

De plus, j'ai beaucoup apprécié le fait que ce roman parle de la vie sous toutes ses formes. En 455 pages, on assiste ainsi à des décès, des retrouvailles, des dîners en famille, des rencontres, des déclarations, des révélations, des ruptures, des découvertes, des rires, des disputes....Sans jamais (ou presque) trouver que les situations paraissent trop télescopées...

Bref, vous l'aurez compris: ce roman est un coup de cœur. Il appartient à la famille d'ouvrages "doudous" que j'affectionne: ceux qui font réfléchir tout en rassurant; ceux vers lesquels on se tourne pour passer un moment cosy quand l'hiver devient trop prégnant et qu'on a envie de se pelotonner dans son canapé avec une bonne tasse de thé.

Et, surtout, "Demain est un autre jour"

Editions du Cherche-Midi, 457 pages, 20 €

 

demain est un autre jour,lori nelson spielman,editions du cherche-midi,roman doudou,comédie romantique,roman sur les changements de vie,roman sur les nouveaux départs