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16/06/2015

Nous les menteurs de E. Lockhart

Nous les menteurs

de

E. Lockhart

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"Bienvenue dans la splendide famille Sinclair.

Chez nous, il n'y a pas de criminels.

Pas de drogués.

Pas de ratés.

Les Sinclair sont sportifs, beaux, sveltes. Nous sommes une vieille fortune. Nos sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs.

Qu'importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu'importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peaux de chagrin; si les relevés de cartes de crédit impayés traînent sur la table de la cuisine. Qu'importe si les flacons de cachets s'amassent sur la table de nuit."

Il était une fois un Roi, ses trois filles et ses sept petits enfants.

Tout ce beau monde semblait avoir reçu au berceau les plus grands dons: beauté, fortune, intelligence...

Tout ce beau monde se retrouvait sur leur île privée chaque été.

Parmi ces élus, on distinguait un groupe en particulier:Johnny, Mirren, Gat et Cadence, la narratrice alias les Menteurs.

Pendant deux mois, l'île résonnait de leurs éclats de rire et frémissait devant leurs 400 coups.

Jusqu'au jour où le destin implacable a frappé ce royaume.

En effet, Cadence a été retrouvée, amnésique, sur la plage.

Depuis, le conte de fées a viré au cauchemar. Et, pendant deux longues années, elle a été bannie du domaine des Sinclair.

Par autorisation spéciale du Roi, elle a été finalement réintroduite à la Cour.

Ne lui restait qu'à prouver qu'elle méritait bien cette grâce.

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Lorsque j'ai commencé à travailler au secteur jeunesse de ma médiathèque, on m'a fortement conseillé les ouvrages d'E. Lockhart. Et, je dois reconnaître que j'ai passé des heures délicieuses, plongée dans La fabuleuse histoire de la mouche coincée dans le vestiaire des garçons ou le Journal d'une allumeuse.

Aussi, quand ce nouveau titre est paru et a reçu un accueil très favorable sur de nombreux blogs et dans la presse, j'étais plus qu'enthousiaste à le découvrir.

Malheureusement, cette lecture a représenté le premier vrai flop de mon mois.

Certes, je lui ai trouvé des qualités stylistiques indéniables. L'auteur entremêle habilement plusieurs schémas narratifs et plusieurs époques. S'intercalent ainsi des comptes-rendus des années passées sur l'île et des contes/paraboles dont la morale s'éclaire par la suite.

De même, j'ai pas mal adhéré au concept de famille maudite. Avec ces Sinclair, on a l'impression d'assister à une descente aux enfers, digne de celle qui frappe, dans la mythologie grecque, les foyers et descendances d'Oedipe ou d'Agamemnon. Victime de leur "ubris", ils se condamnent à la décadence.

Cependant, malgré cet aspect"roman à tiroirs" et cette tonalité hautement dramatique, je suis passée à côté de cet ouvrage.

Peut-être parce que justement, je suis trop familière de ce procédé d'intrigue et que je n'ai pas été surprise par les retournements de situation

Peut-être parce que, dès les premières pages, j'avais compris le mystère autour de cet été particulier et de l'amnésie de la narratrice (alors que tout, à l'instar d'un roman policier, ne doit être révélé que dans les ultimes lignes)

Peut-être parce que je n'ai pas ressenti d'empathie ou d'intérêt pour cette héroïne

Peut-être parce qu'en reprenant de nombreux codes ou en multipliant les références (par exemple, les tragédies grecques ou Roméo et Juliette), E. Lockart m'a perdue en chemin

Peut-être parce que, même si les chapitres s'enchaînent très rapidement, j'ai laissé parfois mon imagination vagabonder, bien loin des péripéties décrites

Peut-être parce que je n'ai pas compris les motivations derrière cette tragédie et que je n'aime pas rester dans le flou

Peut-être parce que certaines scènes d'explication entre les Menteurs frisent la caricature

Peut-être parce que tout a déjà été dit autour de ce genre de sujet et que je ne considère pas que la voix d'E. Lockhart amène quelque chose de neuf

Peut-être parce que...

Bref, vous l'aurez compris: ce livre  a représenté une vraie déception pour moi.

Gallimard Jeunesse, 2015, 272 pages

 

 

 

 

29/04/2015

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2015

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2015

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Me voici de retour avec un type de billet que j'avais quelque peu délaissé ces derniers temps.

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Pour commencer ces mini-critiques, une austenerie:

Insaisissable Mr Darcy de Kara Louise. J'ai cédé à la tentation lors de ma visite au Salon du Livre. Et je me suis plongée assez rapidement dedans. Dans cette énième relecture d'Orgueil et préjugés, l'auteur a imaginé qu'Elizabeth, après avoir refusé la première demande en mariage de Darcy, perdait son père. Et de fil en aiguille, devenait gouvernante dans une famille proche des Darcy. L'occasion forcément de revoir son prétendant...Mais aussi de découvrir Pemberley.

Certes, ce n'est pas la meilleure austenerie que j'ai lue. Certes, certains ressorts d'intrigue semblent trop évidents et trop gros...Néanmoins, presque un mois après avoir achevé cet ouvrage, j'en garde de bonnes impressions. Une lecture idéale pour l'été!

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Après l'univers de Jane Austen, direction la Cité des Doges à la rencontre de Leonora, l'héroïne d'une série de romans policiers imaginée par Frédéric Lenormand. Sur les conseils d'un collègue, je me suis lancée dans le premier tome.

On y fait la connaissance de Leonora qui a été élevée toute sa vie dans un couvent. Elle en est retirée pour faire la rencontre de son père, un noble reconnu de Venise. Mais son statut d'enfant illégitime crée quelques remous au sein du foyer domestique. Lorsque son père est arrêté pour un trafic, Leonora entreprend de le disculper. Heureusement, dans cette ville de faux-semblants et de trahisons, elle peut compter sur l'appui d'un professeur de bonnes manières français, d'une servante et d'un aventurier désargenté rompu aux usages de la bonne société vénitienne.

Rebondissements multiples,chausse-trappes, rencontres dangereuses...constituent les ingrédients de ce roman bien mené. Sans oublier une description de Venise à la fin du 18ème siècle.

Une bonne entrée en matière donc pour cette succession d'aventures: l'héroïne est attachante, le rythme enlevé, l'ironie souvent présente...Un agréable divertissement mais, contrairement à d'autres cycles comme les Perry ou les Marston, je ne suis pas pressée de me plonger dans le second volume.

 

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Retour quelques siècles en avant...Place cette fois-ci à Anne de Bretagne, dans les années déterminantes de 1488 à 1491.

A la médiathèque, nous avons beaucoup de tomes de cette collection Mon histoire, publiée chez Gallimard Jeunesse. Et jusqu'à présent, je n'en avais ouvert aucun.

Le principe: sous la forme d'un journal intime, nous découvrons grâce à une narratrice connue ou anonyme toute une époque.

Ici, forcément, nous sommes plongés dans le duché de Bretagne à un moment clé de son histoire. En effet, le duc, père de Anne, doit livrer une bataille sans mercis contre Charles VIII, le roi des Français, qui entend annexer son duché. Par le prisme d'Anne, nous en apprenons donc plus sur ce conflit, sur les jeux d'alliance, sur les mouvements de combats, sur ce sentiment de précarité qui étreignaient les habitants de ce duché...

Mais cet aspect pédagogique ne prend jamais le pas sur le déroulé de l'intrigue. Chaque entrée distille des informations tout en nous livrant les sensations ou les actions d'Anne.

Avec ce procédé, on peut toujours se poser la question de la limite entre fiction et réalité. Sans doute qu' Anne n'a jamais ressenti tout ce qui est exprimé. Cependant, quand on pense au public visé, j'approuve ce parti pris. Il permet vraiment aux plus jeunes d'assimiler de façon ludique tout un pan de l'histoire.

 

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Enfin, pour clore ce billet, partons à la rencontre de Lara Jean. Je ne vous ai jamais dit que, parmi les séries que je préfère en adolescents, figure en bonne place celle de Jenny Han: L'été où. Je me souviens avoir dévoré cette trilogie et avoir retrouvé mes 15 ans. Quel plaisir de lecture!

 Aussi, quand ce titre est paru récemment, je me suis jetée dessus lors de son arrivée à la médiathèque. Lara Jean a pour habitude d'écrire une lettre à tous ceux qu'elle a aimés. Une manière pour elle d'oublier tous ces garçons. Mais elle ne leur adresse jamais cette missive. Jusqu'au jour où elle apprend avec horreur que ces déclarations ont été envoyées. Comment gérer cette situation au quotidien? Comment se confronter à tous ces anciens prétendants? Surtout quand l'un d'entre eux est le petit ami de sa sœur aînée?

De cette idée de départ assez drôle, Jenny Han , une fois encore, parvient à en faire un ouvrage plein d'humour certes mais aussi sensible, pudique, émouvant. Les pages se tournent toutes seules, on est happées dans cet univers, on retrouve nos 16 ans...Un beau portait des relations familiales, amoureuses, amicales...Une de mes récentes lectures pour adolescents qui m'a le plus enthousiasmée. Vivement la suite!

 

 

 

20/05/2014

Deux albums autour de l'amour et de ses hasards

Deux albums autour de l'amour et de ses hasards

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Récemment, j'ai eu l'occasion de découvrir deux très jolis albums jeunesse autour de l'amour et de ses hasards.

Le premier, Herman et Rosie pour la vie de Gus Gordon, nous embarque à New York.

"Il était une fois dans une ville très animée, dans une rue très animée, deux très petits appartements: dans l'un vivait Herman Schubert....Dans l'autre, Rosie Bloom."

Herman et Rosie apprécient tous les deux la vie dans cette grande métropole. Mais il leur arrive parfois de se sentir seuls. Alors qu'Herman travaille en haut d'une tour, Rosie fait la plonge dans un resto chic et chante tous les jeudis soirs dans un club de jazz.

Malgré leurs nombreux goûts en commun, rien ne les prédispose à se voir.

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Mais un soir, en passant dans une école de jazz, Herman entend Rosie chanter.

"Quelqu'un chantait....et c'était merveilleux. Il éprouva la même sensation que s'il avait mangé du miel à même le pot."

Cela lui donne envie de monter sur le toit et de jouer un air au hautbois. Rosie l'écoute et est sous le charme.

Les jours passent....et on se demande si ces deux héros vont un jour se croiser.

J'ai beaucoup apprécié l'intrigue de cet album qui traite avec beaucoup d'habileté des hasards qui président souvent aux rencontres amoureuses. Herman et Rosie constituent deux protagonistes attachants qui tentent d'occuper la solitude qu'ils ressentent dans cette grande ville qui les fascine. De plus, même si on se doute et on espère de l'issue, Gus Gordon prend un malin plaisir à nous entraîner sur de fausses pistes.

Enfin, les dessins retranscrivent à merveille l'humour et la poésie du texte.


Autre métropole, autre destin. Place maintenant à l'Oeil du pigeon, un album écrit par Séverine Vidal et illustré par Guillaume Plantevin.

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"C'est quand même pas facile tous les jours, une vie de pigeon. Vous pouvez me croire. On vit dans l'ombre. On se fond dans le décor. Gris parmi les gris, pas évident de sortir du lot. D'ailleurs, là, en ce moment, vous me cherchez. Vous vous demandez où je me cache"

Léon est un pigeon pas comme les autres qui "regarde, observe, suit des yeux, contemple [et a plein] d'histoires à raconter"

Sa préférée, c'est cette de Youri et Rose. "Comment ils se sont rencontrés, comment ils se sont aimés, au premier coup d’œil. Ou presque"

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C'est ainsi qu'on suit toutes les occasions qu'ont eues ce jeunes homme et cette jeune femme de se croiser. Jusqu'au jour où....

Là encore, j'ai été sensible au ton très humoristique qui se dégage de ces pages. Ce qui fait également l'originalité de cet album, c'est le choix d'un pigeon comme narrateur et comme deus ex machina.

De même, les illustrations très gaies et assez rétro accompagnent à merveille les mots de Séverine Vidal.

Bref, vous l'aurez compris: je suis sous le charme ce ces deux albums jeunesse à la fois tendres et drôles et j'espère que vous aurez l'occasion de les découvrir.

Herman et Rosie pour la vie de Gus Gordon, Gallimard Jeunesse, 2013, 13 €

L'oeil du pigeon de Séverine Vidal et Guillaume Plantevin, Sarbacane, 2013, 15,50 €