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14/10/2015

Au-revoir là haut de Pierre Lemaitre et Christian de Metter

Au revoir là-haut

de Pierre Lemaitre

 illustrations de Christian de Metter

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"1918...Première guerre...derniers jours.

La fin de la guerre, le lieutenant Pradelle, ça le tue.

Pour un héros, une fin de guerre, c'est comme une défaite...

Oui, c'est con pour lui: un dernier exploit et il était capitaine à la démobilisation..."

Juste avant la fin des combats, le lieutenant Pradelle élabore un plan machiavélique pour obtenir le grade de capitaine. Seuls deux de ses soldats, Albert Maillard et Edouard de Péricourt, sont au courant de ses méfaits. Il tente donc de se débarrasser d'eux. Mais il échoue...

Et voilà ces trois hommes confrontés à l'après-guerre.

Chacun à leur manière, ils vont tenter de se reconstruire...

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Vous vous souvenez peut-être que ce roman lauréat du Goncourt avait été un de mes coups de cœur 2014. J'avais été littéralement happée par cette fresque de plus de 500 pages, par ces personnages hauts en couleur, par cette intrigue, par l'atmosphère...

Aussi, quand Rue de Sèvres m'a proposé de recevoir cet ouvrage, j'ai quelque peu hésité.

Je me suis d'ailleurs retrouvée dans les propos tenus par Philippe Torreton dans la préface: "Aussi, lorsque Pierre Lemaître m'a demandé de signer la préface de cette bande dessinée, j'ai eu peur. Quelqu'un a eu l'outrecuidance de figurer mes potes, de tirer un trait sur mon imaginaire, de réduire à quelques bulles l'immensité de ces 567 pages d'écriture"

Puis, j'ai accepté...Et quand j'ai reçu cet album dans ma boîte aux lettres, je n'ai pas tardé à me lancer.

Pierre Lemaître a effectué un travail d'orfèvre pour restituer l'essence de son œuvre.

Forcément, il n'a pas pu tout retranscrire et a dû opérer certaines coupes.

Forcément, l'absence ou la réduction de certaines scènes nous font éprouver une pointe de regret.

Car, quand on aime, c'est d'un bloc et on adorerait pouvoir tout retrouver. Or, dans une adaptation en bande dessinée, c'est impossible....

Cependant, il faut reconnaître que le plus important est là.

Un équilibre s'instaure très vite entre les mots et les images. Parfois, le texte se fait silence et ne prédominent que les couleurs, que les silhouettes, que les regards....Comme dans ces dernières pages coups de poing.

Cet équilibre est le signe d'une alchimie entre l'auteur et l'illustrateur...

Le signe d'une volonté aussi de rendre un bel hommage à l'ouvrage et à tous ses protagonistes.

Et le signe d'un défi réussi.

Bref, vous l'aurez compris: je ne saurais que recommander la lecture de cette transposition, aussi bien à ceux qui connaissent déjà l'histoire qu'à ceux qui n'ont pas encore eu la chance de la découvrir.  Et je sais déjà qu'un jour, je me replongerai dans les aventures d'Albert et d’Édouard et dans cette ambiance  de 1919.

Un grand merci à Rue de Sèvres pour cet envoi!

Rue de Sèvres, 2015, 168 pages

Billet dans le cadre du challenge Première guerre mondiale que j'organise

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18/02/2014

Travail soigné de Pierre Lemaître

Travail soigné

de

Pierre Lemaître

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"Lundi 7 avril 2003,

-Alice...dit-il en regardant ce que n'importe qui, sauf lui, aurait appelé une jeune fille.

Il avait prononcé son prénom pour lui faire un signe de connivence mais sans parvenir à créer chez elle la moindre faille. Il baissa les yeux vers les notes jetées au fil de la plume par Armand au cours du premier interrogatoire: Alice Vandenbosch, 24 ans."

Alors qu'il questionne une victime,  le commandant Camille Verhoeven reçoit un coup de fil d'un de ses inspecteurs qui lui demande de venir sur les lieux d'un crime.

"Ça ne ressemble à rien que je connaisse..."

Et, en effet, quand il arrive, Verhoeven est frappé par le carnage qu'il découvre.

Très vite, son enquête lui permet de faire le lien avec une précédente affaire qui avait fait beaucoup parler.

Très vite aussi, il comprend que le meurtrier tente de transposer des crimes de romans célèbres: le Dahlia noir et American psycho.

Mais comment contrer un assassin qui semble toujours avoir plusieurs coups d'avance? Surtout quand la presse parvient aussi facilement à obtenir des infos censées rester secrètes?

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J'ai découvert récemment Pierre Lemaître avec Au-revoir là haut, un roman qui m'avait fait une très forte impression. Puis, je me suis lancée dans Robe de marié avec mes copinautes Bianca et Céline et là encore, j'ai été bluffée.

Aussi, quand le premier tome de la trilogie des Verhoeven est arrivé dans mes mains à la médiathèque où je travaille, je n'ai pas pu résister et je me suis immédiatement plongée dedans. Et, une fois encore, la magie a opéré.

L'auteur a su créer des personnages atypiques.

Le héros, Camille Verhoeven, a dû faire preuve d'une force de caractère exceptionnel pour gravir les échelons de la police en dépit de sa petite taille (1,45 m).

Autour de lui, gravitent Louis, un jeune homme très riche qui a choisi cette carrière pour aider les plus démunis; Armand, un besogneux très avare qui a pour habitude de ramasser les journaux dans les poubelles pour faire des économies et Maleval, un trentenaire qui mène une vie dissolue et inquiète le commandant.

Cet aspect hétéroclite des caractères fonctionne à merveille et donne une impression de justesse et de vérité. En effet, il est rare de retrouver dans des équipes des gens bâtis sur le même moule et Pierre Lemaître a bien eu raison de respecter cette règle.

On s'attache à chacun de ces protagonistes car il parvient, en quelques traits, à nous les rendre extrêmement vivants et présents.

Mais la grande force de cet ouvrage tient encore surtout à la qualité de l'intrigue. J'ai beaucoup aimé l'idée d'un serial killer qui tue ses victimes selon des modus operandi décrits dans des romans policiers. L'occasion de découvrir des titres que je ne connaissais pas (il faut que je lise Emile Gaboriau) et de faire une incursion dans le milieu universitaire.

De plus, les fausses pistes se multiplient sans cesse. Tout comme les coupables possibles. Le "Romancier" (surnom que les journalistes ont inventé pour parler du meurtrier) joue avec les nerfs de Verhoeven et de sa brigade (et avec les nôtres par la même occasion). Jusqu'au rebondissement final (que je n'avais pas vu du tout venir)...

Bref, vous l'aurez compris: j'ai adoré ce roman policier (je n'ai pu le lâcher que vers la fin) et j'ai hâte de me plonger dans la suite de la trilogie autour de ce commandant.

Dire que le manuscrit de Travail soigné avait été refusé 22 fois par 22 éditeurs avant que le Masque revienne sur sa décision et ne décide de le publier....

Le Livre de Poche, 2006, 407 pages, 7,10 €

 

03/02/2014

Robe de marié

Robe de marié

de

Pierre Lemaître

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 "Assise par terre, le dos contre le mur, les jambes allongées, haletante.

Léo est tout contre elle, immobile, la tête posée sur ses cuisses. D'une main, elle caresse ses cheveux, de l'autre, elle tente de s'essuyer les yeux, mais ses gestes sont désordonnés. Elle pleure. Ses sanglots deviennent parfois des cris, elle se met à hurler, ça monte du ventre"

Voilà quatre mois que Sophie Duguet s'occupe de Léo Gervais. Elle doit l'emmener à l'école, le récupérer après les cours et s'occuper de lui en attendant le retour de ses parents.

Mais, ce matin-là, quand elle va le chercher dans sa chambre, elle le retrouve mort.

Elle craint d'avoir commis ce crime, dans un moment d'absence et s'enfuit, espérant ainsi échapper tant à la police qu'à la folie dans laquelle elle semble s'enfoncer un peu plus, jour après jour.

Mais son douloureux passé ne tarde pas à la rattraper....

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Cela faisait longtemps que j'avais entendu parler des romans policiers de Pierre Lemaître. Mais, j'ai attendu la lecture d'Au-revoir là haut, un ouvrage que j'ai vraiment beaucoup aimé et une discussion avec mes deux copinautes Bianca et Céline pour me lancer.

J'ai entamé Robe de marié vendredi soir et j'ai eu beaucoup de mal à m'en séparer avant de l'avoir terminé.

L'auteur a choisi un schéma narratif extrêmement efficace. Tantôt Sophie, tantôt Frantz racontent l'histoire. Puis, leurs récits se rejoignent dans la partie finale.

Par conséquent, dès les premières pages, on est frappés par l'horreur et l'urgence de la situation de Sophie. Et le "je" amplifie encore plus cette sensation. Comme elle, on en vient même à douter de sa culpabilité...De plus, notre héroïne a beau changer d'identité, les morts continuent de s'accumuler sur son chemin.

Puis, le basculement vers le récit de Frantz nous fait réaliser toute l'abomination de la vie de Sophie. Ou comment une existence banale d'attachée de presse, heureuse en mariage, peut changer en quelques mois, sous l'action d'un homme. Un passage qui fait réellement froid dans le dos...et dont la chute m'a impressionnée. Je ne m'étais pas du tout attendue à cette manière de faire évoluer l'intrigue.

C'est justement ce que j'ai adoré dans ce roman: je n'ai jamais rien pressenti de ce qu'il allait advenir. Au contraire, j'ai été en permanence bluffée par les retournements de situation.

Mais je n'en dirai pas plus, par peur de trop vous en dévoiler et de vous gâcher le plaisir de la découverte.

Néanmoins, je tiens à souligner un seul petit bémol: même si elle éclaire le titre, la fin ne m'a pas paru à la hauteur du reste de ce thriller.

Bref, vous l'aurez compris: je vous recommande vivement ce roman policier très prenant et qui m'a donné envie de revoir certains films d'Hitchcock tels que Fenêtre sur cour ou Sueurs froides.

Le Livre de Poche, 313 pages, 6,60 €

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et Céline.