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02/12/2014

Le Cadeau de la princesse qui avait déjà tout

Le Cadeau de la princesse qui avait déjà tout

de Hubert Ben Kemoun

illustré par Cécile Becq

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"Ce jour-là, au-dessus du grand palais, le ciel hésitait.

Depuis la nuit, il s'était chargé de gros nuages sombres, et pour le moment il n'avait pas encore choisi entre la pluie et la neige...

Mais ce jour-là, le ciel n'était pas le seul à hésiter..."

En effet, ce jour-là, les préparatifs de l'anniversaire de la princesse Latika vont bon train.

"Pourtant, ce jour-là, le roi Hector savait que tout pouvait être raté. Malgré le festin, la fête, le spectacle, il manquait quelque chose. Quelque chose de plus important que la plus belle des musiques, que le plus succulent des gâteaux d'anniversaire. Il manquait...le cadeau! Que pouvait-on offrir à celle qui avait déjà tant? se lamentait Hector en arpentant les kilomètres des couloirs de son immense palais."

 

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Robes, lorgnette astronomique, pur-sang: toutes les idées de cadeaux sont ainsi déclinées par la princesse.

Bien embêté, le roi se couche sans avoir trouvé la moindre idée.

"Le ciel s'était décidé dans la nuit.

Il avait choisi la pluie.

Le roi Hector aussi s'était décidé."

Après une journée de promenade à cheval en solitaire, il revient dans son palais et convoque sa fille pour un rendez-vous à l'aube sur le pont-levis de l'entrée ouest.

Son cadeau l'attend au centre de la forêt, près du grand cèdre bleu, au bord de l'étang vert.Et Latika doit aller le chercher toute seule.

Commence alors pour elle un long périple...qui va tester toutes ses limites et lui donner une très belle leçon de vie.

 

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J'avais remarqué cet album sur un blog (malheureusement, je ne me souviens plus de son nom) et j'avais immédiatement eu envie de le commander pour la médiathèque où je travaille. Aussi, j'ai été ravie quand il est arrivé et je n'ai pas tardé à l'entamer.

Dans ce conte, il est question d'une princesse vive, intelligente, aimée dont le plus gros défaut est de déjà tout posséder et d'avoir oublié le sentiment de manque.

Quand son anniversaire approche à grands pas, il se révèle donc bien difficile pour son entourage de choisir un cadeau. Son père qui l'adore se torture les méninges jusqu'à trouver une solution très coûteuse...

Avec cette histoire, on réfléchit donc sur les notions de besoin, de gaspillage, d'envie, de manque. Et sur la société de consommation actuelle.

Mais, à côté de ces thèmes forts, s'impose également le sujet de l'amour paternel. Cet amour sans conditions et prêt à tous les sacrifices du roi Hector pour protéger sa fille tout en la faisant avancer sur le chemin de la sagesse.

Comme vous avez pu le deviner, j'ai beaucoup aimé cette intrigue.

De plus, le langage de Hubert Ben Kemoun se révèle extrêmement poétique et accompagne à parfaitement cette histoire.

Tout comme les illustrations de Cécile Becq tout en rondeur et aux teintes très douces qui se marient à merveille avec la leçon donnée à la princesse Latika.

Bref, vous l'aurez compris: le Cadeau de la princesse qui avait déjà tout constitue un très beau conte et invite à la réflexion.

Albin Michel Jeunesse, 2014

Billet dans le cadre du challenge Il était une fois...les contes de fées de Bianca

 

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03/11/2014

Les Cygnes sauvages

Les Cygnes sauvages

un texte de Kochka d'après Andersen

avec des illustrations de Charlotte Gastaut

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"Bien loin d'ici, là où migrent les hirondelles à l'approche de l'hiver demeurait un roi qui avait onze fils et une fille, Elisa. Les onze princes, sabre au côté, allaient à l'école tous les jours tandis que leur soeur, assise sur un tabouret de cristal, attendait leur retour devant un livre d'images."

Mais, un jour, leur père se remaria avec une femme "au cœur plus petit qu'un dé à coudre". Afin de s'accaparer son époux, elle envoya Elisa au couvent et transforma ses onze frères en oiseaux. Mais son sort ne fonctionna pas complètement car, à la place de laids oiseaux, les princes se transformèrent en cygnes.

Les années passèrent...Elisa devint une magnifique jeune femme. A quinze ans, elle reparut à la cour et rendit folle de jalousie sa belle-mère.

Une fois encore, cette dernière tenta de nuire à la progéniture royale mais sa magie se brisa devant la pureté de la princesse.

Elisa décida de s'enfuir. Elle marcha, marcha, marcha...et sur sa route, rencontra une vieille femme qui lui indiqua un endroit où trouver onze cygnes.

Parvenue au rivage, Elisa reconnut ses frères et décida de tout entreprendre pour leur rendre apparence humaine.

Elle ignorait alors que ce choix pourrait tout lui coûter.

Dans cet album, Kochka a voulu rendre accessible aux lecteurs à partir de 6 ans le conte de Hans Christian Andersen.

Avec un style à la fois simple et poétique, elle nous narre l'histoire d'Elisa, une jeune princesse qui devra rencontrer bien des épreuves avant de connaître le bonheur. Rejet, séparation, malédiction, faim, errance, sacrifice, abnégation, labeur, accusations de sorcelleries, condamnation...constituent autant d'étapes sur la route de son apprentissage.

En effet, l'intrigue aborde tous ces sujets et insiste sur l'importance de l'amour fraternel.

Et forcément, en lisant les Cygnes sauvages, on pense à d'autres contes où les fratries sont très importantes (Hansel et Gretel, Le Petit Poucet...). On pense également à Blanche-Neige (avec la belle-mère jalouse et sorcière), aux Fées (avec la vieille femme qui récompense la pureté et la générosité)...

J'ai été frappée par cette richesse thématique et par ces multiples rebondissements. Comme si, chez Andersen, le bonheur ne se gagnait pas facilement et que seules plusieurs épreuves pouvaient l'apporter et le conforter.

Pour illustrer cette trame, il fallait tout le talent de Charlotte Gastaut. Je crois vous avoir déjà parlé de toute l'admiration que je porte à cette artiste (Les Fées, Le Lac des cygnes).

Cette admiration a été encore confortée devant le foisonnement des images qu'elle a su créer pour mettre en valeur le récit de Kochka.

Chaque double page s'accompagne d'un tableau. Les couleurs sont chatoyantes, les fonds toujours très fouillés, les silhouettes et les visages délicats.

Souvent, ce tableau déborde sur le texte. Mais il se fait plus discret en noir et doré.

On se perd dans les détails, on revient plusieurs fois sur certaines illustrations...

Bref, vous l'aurez compris: cette adaptation d'un des contes les plus connus d'Andersen constitue un petit bijou et j'espère que ce duo continuera à nous livrer d'aussi beaux albums.

Merci à Babelio et à Père-Castor Flammarion pour cette magnifique découverte!

Billet dans le cadre du challenge Il était une fois...les contes de fées de Bianca

Père-Castor Flammarion, 2014, 13,50 €

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23/09/2014

Le Petit Chaperon qui n'était pas rouge

Le Petit Chaperon qui n'était pas rouge

un album de Sandrine Beau

illustré par Marie Desbons

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"Il était une fois une petite fille qui vivait au bord d'une forêt, dans le nord de la Russie.

Sa grand-mère, qui tricotait, la gâtait beaucoup.

Elle lui avait fait un long manteau bleu, de petits gants bleus, et lui avait cousu une chaude chapka bleue. Si bien que tout le monde l'appelait le "Petit chaperon bleu".

Au nord de la Russie, dans une maison près d'une forêt, vivent Anouchka, surnommée le Petit Chaperon bleu, en raison de la couleur de son manteau, de ses gants et de sa chapka, et sa maman.

Un jour, cette dernière demande à sa fille d'amener un pot de miel à sa grand-mère qui habite de l'autre côté de la forêt.

"Porte vite ce petit pot de miel à ta grand-mère malade. Elle t'attend. Et ne traîne pas en route, Anouchka! La forêt est profonde et pleine d'animaux dangereux."

Et voici le Petit Chaperon bleu parti...

En chemin, elle croise un abominable ours, un menaçant tigre de Sibérie et un agressif...lapin. Autant d'obstacles qui pourraient l'empêcher d'arriver à bon port.

Mais c'est sans compter l'ingéniosité de notre héroïne.

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Je suis très friande de contes détournés. Aussi, quand cet album librement inspiré du Petit Chaperon rouge, est arrivé à la médiathèque, je me suis précipitée dessus.

Sandrine Beau a choisi de situer son conte en Russie. Comme dans l'original, une petite fille doit traverser une forêt emplie de dangers pour aller rendre visite à sa mère-grand. Mais en place de la galette et du petit pot de beurre, elle doit apporter un pot de miel et sa balalaïka pour jouer ses morceaux fétiches.

Dans les bois, elle ne croise aucun loup. Mais un ours et un tigre qu'elle parvient à apprivoiser (je ne vous révèlerai pas par quels stratagèmes). Enfin, ultime étape de son voyage: un lapin qui pourrait se révéler beaucoup plus dangereux que prévu et nous faire penser au loup de la version originale...

J'ai beaucoup apprécié ce choix d'"ennemi". Surtout que le lapin de prime abord ne paraît pas constituer une réelle menace...

Tout comme j'ai aimé ce dénouement tellement inattendu et si drôle. Je ne vous en dirai pas plus afin de ne pas le gâcher mais sachez quand même que chacun peut y trouver son compte.

L'auteure a donc accompli un beau travail de transposition à la fois humoristique et original.

Cet album permet également de voyager en Russie grâce aux magnifiques illustrations de Marie Desbons. Tant les couleurs vives que les graphismes contribuent à cette évasion. Et que dire de la grande douceur qui se dégage de ces images?

Bref, vous l'aurez compris: Le Petit chaperon qui n'était pas rouge constitue un hommage réussi et réjouissant au conte de Charles Perrault.

Editions Milan, 2014

Billet dans le cadre du challenge Il était...une fois les contes de fées de Bianca.

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