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roman anglais - Page 6

  • Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

    Rendez-vous avec le mal

    de

    Julia Chapman

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    "-Elle essaie de me tuer!

    Au désespoir, Samson O'Brien résista à la tentation de se prendre la tête dans les mains. Les jointures blanchies par l'effort, il resserra sa prise sur son stylo à bille et sourit à la vieille dame, assise face à lui.

    -Madame Shepherd, commença -t-il, je ne crois pas que...

    -Mais si! J'en suis sûre, le coupa-t-elle. Je l'ai vue, vous comprenez. Et maintenant, elle veut que je disparaisse."

    Un matin, à l'Agence de Recherche des Vallons, Samson O'Brien reçoit Mme Shepherd. Cette pensionnaire de la maison de retraite de Fellside Court est persuadée qu'on en veut à sa vie. Parce qu'une montre a disparu. Parce qu'elle a aperçu une chevelure blonde dans les couloirs la nuit. Plus elle fournit d'explications, plus elle semble s'embrouiller...Et plus, notre détective peine à la croire. Et si cette vieille dame ne perdait pas tout simplement la tête?

    Pour cette raison, Samson refuse l'affaire. Aussi, quelques jours plus tard, quand il apprend le décès de celle qui aurait pu être sa cliente, les regrets l'assaillent...Malgré les déclarations du coroner, il décide donc de mener sa propre enquête et de faire la lumière sur les drames qui s'enchaînent à Fellside.

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    Au début du mois de mai, j'ai eu l'occasion de découvrir Rendez-vous avec le crime et de vous en parler sur le blog. En dépit d'une introduction un peu longue, j'avais vraiment apprécié ce premier opus et cette première rencontre avec Samson, Delilah et les autres habitants de Bruncliffe. Aussi, lorsque j'ai reçu ce deuxième tome, je me suis immédiatement plongée dedans.

    Cette fois-ci, l'aspect introductif est complètement gommé. Et, dès les premières lignes, par un jeu de dialogues, nous voilà immergés dans une des deux enquêtes qui vont occuper Samson et sa propriétaire Delilah. Même si, de prime abord, notre héros refuse de prendre au sérieux les déclarations de Madame Shepherd, la disparition brutale de cette dernière va l'amener à réviser ses doutes.

    Quelques instants plus tard, un second client se présente: son bélier reproducteur aurait disparu. A la charge de Samson de le retrouver.

    Deux pistes à suivre, deux lieux bien distincts: une maison de retraite et les champs de Bruncliffe, plusieurs acteurs qui interagissent...Tel est le défi narratif que s'est fixé Julia Chapman. Ce parti pris m'a totalement convaincue. Il nous permet d'explorer plusieurs strates sociales et géographiques de ce petit village du Yorkshire. De plus, s'entremêlent ainsi plusieurs registres. A une certaine tendresse vis-à-vis des occupants de Fellside Court répond un regard cocasse sur les "pieds nickelés" de la ferme.

    Même si j'ai trouvé l'intrigue policière concernant la maison de retraite plus aboutie, je ne regrette pas la seconde qui m'a fait beaucoup rire et qui apporte un autre éclairage sur Samson, ce fils de fermier et sur son village d'enfance.

    Une des qualités de cette série réside certainement dans sa galerie de personnages et dans l'évolution de leurs interactions. Loin de brusquer de possibles évolutions, l'autrice prend son temps. Des liens se renouent petit à petit, des revirements ont lieu...Et tout sonne juste. On prend plaisir à faire plus ample connaissance avec chacun de ces protagonistes. La dernière page tournée, on les quitte d'ailleurs à regret.

    Les ingrédients du "cosy mystery" sont toujours bien présents. Cependant, notamment par le biais de Delilah et de ses gagdets, un certain vent de modernité souffle et "dépoussière" les traditionnelles enquêtes autour d'une tasse de thé.

    Bref, vous l'avez compris: une fois encore, j'ai passé un très bon moment à Bruncliffe. Vivement novembre pour la suite!

    Un grand merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cet envoi!

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec mon amie Bianca.

    La Bête noire, Robert Laffont, 2018, 391 pages

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • La Chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan

    La Chorale des dames de Chilbury

    de

    Jennifer Ryan

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    "Mardi 26 mars 1940,

    Premier enterrement de la guerre, et la chorale de notre village n'a même pas été capable de chanter juste. Les mots "Saint, saint, saint"se sont envolés comme si ils étaient pépiés par une volée de moineaux poussifs. La faute n'en était pas à la guerre, ni à ce jeune chenapan d'Edmund Winthrop, coulé par une torpille dans son sous-marin, ni même à la direction désastreuse du pasteur. Non: nous donnions là l'ultime prestation de la chorale de Chilbury: notre chant du cygne."

    Au mois de mars 1940, suite au départ massif des hommes pour la guerre, la chorale décide de cesser ses activités. Mais, face à la détermination de Mrs Primrose Trent, une professeure de chant, elle rouvre ses portes. Ses membres sont désormais exclusivement féminins et d'horizons très divers. En effet, parmi les altos et les sopranos, on retrouve: Mrs Tilling, une veuve timide, qui ne cesse de se dévouer aux autres et qui œuvre comme infirmière; la jeune Kitty Winthrop qui rêve de devenir chanteuse plus tard; sa sœur Venetia, qui ravage tous les cœurs ou Mrs B, la propriétaire du plus riche manoir qui entend imposer sa volonté et ses points de vue. Autant de destins aux antipodes et que la musique va réunir.

    D'autant plus que, désormais, elles ont pour objectif de gagner le concours de chorale organisé dans tout le royaume. Au fil des répétitions, des liens se nouent ou se dénouent, des alliances se créent, des indépendances se gagnent...Mais, à chaque fois, ces femmes, toutes unies par le chant, trouvent un réconfort incroyable dans ces moments volés à la guerre.

    Dehors, le conflit fait rage. Même si des amours surgissent ou des amitiés se renforcent, le drame n'est jamais loin. Et, il pourrait frapper Chilbury à tout instant.

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    La première fois que j'ai entendu parler de ce titre, c'était sur le blog de Syl. Son billet m'a donné envie de m'y plonger très rapidement et je tiens à remercier Albin Michel pour leur envoi.

    Un des atouts de cet ouvrage réside dans sa structure narrative, en parfaite adéquation avec le thème principal. Pour nous livrer l'histoire de cette chorale, Jennifer Ryan a choisi de multiplier les points de vue. Lettres et extraits de journaux de quelques membres s'entremêlent ainsi. L'occasion pour le lecteur de mieux cerner les protagonistes et de mieux les connaître.

    Dans un roman polyphonique, il est souvent difficile de réussir à donner une identité propre à chacun des narrateurs. Et l'autrice a réussi son pari: chacune de nos "conteuses" a sa tonalité particulière. Nous la découvrons à la fois par sa voix mais aussi par le regard des autres. Ce qui enrichit fortement notre perception.

    J'ai également beaucoup apprécié la galerie de personnages que nous croisons au fil des pages. Toutes les couches sociales, tous les âges, toutes les situations personnelles...nous sont dépeints. Passion, jalousie, chagrins...sillonnent les six mois de ces femmes et de ces jeunes filles. Forcément, nous nous attachons plus particulièrement à certaines: Mrs Tilling, Kitty, Silvie ou Venetia. D'autres nous semblent haïssables. Mais, toutes nous touchent par leur façon de vivre la guerre et leur transformation en ces temps si durs.

    Les hommes ne sont pas non plus absents de ce tableau. Certains sont partis au combat mais leur nom revient si souvent dans la bouche de celles qui les attendent. D'autres agissent tout près comme le colonel Mallard.

    Chapitre après chapitre, on a l'impression de vivre aux côtés des habitants de Chilbury et de suivre leurs idylles, leurs joies, leurs peines et leurs peurs. Tout sonne juste: dialogues, missives, télégrammes... Cette véracité s'explique sans doute par les sources d'inspiration qui ont présidé à la naissance de ce livre: les souvenirs de la grand-mère de l'autrice, les récits collectés par la Mass Observation ou des articles de journaux de l'époque.

    A ce don pour restituer les ambiances, Jennifer Ryan allie également un sens des "rebondissements". Parfois, le drame frappe quand on ne s'y attend pas. Un peu comme cela devait être le cas forcément dans ces années-là. Parfois, l'humour, au contraire, nous cueille au détour d'une phrase (ah! l'inénarrable Mrs B.!)

    Néanmoins, je dois confesser que j'ai moins accroché à une partie de l'intrigue: celle des bébés (je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise). J'ai trouvé qu'elle desservait un peu l'ensemble et je le regrette.

    Bref, vous l'avez compris: je vous recommande la lecture de ce roman choral qui, sans révolutionner le genre, nous permet de passer un bon moment et nous livre de jolis portraits de femme.

    Albin Michel, 2018, 462 pages

    Lecture commune avec Bianca.

    Billet dans le cadre de son challenge Un pavé par mois.

     

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  • Un Coupable presque parfait

    Le Club des détectives Wells& Wong

    tome 1:

    Un coupable presque parfait

    de

    Robin Stevens

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    "Ceci est le premier meurtre sur lequel ait jamais enquêté le club de détectives Wells& Wong, donc Daisy a bien fait de me fournir un nouveau carnet pour que je puisse y faire mon rapport. [...] J'imagine qu'il vaut mieux que j'inaugure ce nouveau carnet en donnant quelques explications à notre sujet. Daisy Wells est la présidente de notre club de détectives et moi, Hazel Wong, j'en suis la secrétaire. Daisy dit que cela fait d'elle Sherlock Holmes, et de moi Watson. Ce qui est probablement juste. Après tout, je suis bien trop petite pour être l’héroïne de cette histoire et a-t-on déjà entendu parler d'un Sherlock Holmes chinois?"

    Depuis son arrivée au pensionnat de Deepdean au cours de l'année 1934, Hazel Wong voue une admiration très forte à Daisy Wells et la suit dans toutes ses entreprises. La dernière en date: un club de détectives qui entend résoudre tous les mystères de l'école. Les deux amies ont notamment résolu le vol de cravate de leur comparse Lavinia.

    Jamais elles n'auraient, en revanche, imaginé s'attaquer à un vrai meurtre. En effet, en allant chercher son pull au gymnase, Hazel tombe sur le cadavre de Miss Bell, leur professeur de sciences. Elle alerte Daisy et quand elles reviennent sur les lieux du crime, le corps a disparu...Débute alors pour elle une enquête complexe et dangereuse.

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    J'avais entendu parler de ce roman par ma copinaute Emjy et j'ai été ravie de voir qu'il avait été traduit en français par Flammarion.

    Lorsque j'étais plus jeune, j'appréciais beaucoup les séries Fantômette, Alice...où les enquêtes étaient menées et résolues par des filles. Et, en ouvrant cet ouvrage et en faisant la connaissance de Daisy et d'Hazel, j'ai eu l'impression de retrouver mon âme d'enfant.

    A la manière d'une aventure d'Holmes et de Watson dont les deux jeunes filles se réclament, la narration revêt la forme de souvenirs consignés par Hazel, le double du docteur. L'occasion de découvrir toutes les péripéties qui sont survenues lors de ce mois d'octobre 1934 à Deepdean.

    J'ai adoré d'emblée l'ambiance de ce pensionnat que j'ai trouvée très bien retranscrite. Au fil des pages, on suit le quotidien des élèves, leurs cours, leurs repas, leurs farces, leurs actes de bravoure, leurs séances de spiritisme, leurs cancans, leurs parties de hockey... Comme si on était devenues l'une d'entre elles et que nous aussi nous étions amoureuses de l'"Unique" ou nous nous promenions dans les couloirs de leur école.

    Cependant, l'atmosphère n'est pas le seul atout de ce premier livre de Robin Stevens. En effet, elle montre de grandes qualités stylistiques et parvient, tour à tour, à insuffler du suspense ou à nous faire rire.

    Le mystère qui entoure la mort de Miss Bell est très bien mené et jusqu'au bout, on ne devine rien. Comme nos deux enquêtrices de choc, en somme...

    De même, Un coupable presque parfait évite l'écueil du tome de présentation. Certes, on fait la rencontre des deux protagonistes principales et de leur entourage. Mais c'est tellement bien maîtrisé que l'action ne ralentit pas pour autant.

    Un des autres points forts de ce livre réside justement dans la qualité de ses personnages, à commencer par le duo de choc Daisy/Hazel. Un duo dans la lignée de tous ces binômes classiques Holmes/Watson, Poirot/Hastings...Une façon de rendre hommage sans aucun doute à tous ces grands auteurs de romans policiers (tout comme la scène finale de confrontation ou la mention de Miss Marple). Néanmoins, cet hommage est quelque peu détourné car, dans cette équipe, j'ai jugé Hazel plus douée que sa chef. Elle dénoue beaucoup de fils de l'intrigue, même si elle ne s'en attribue pas le mérite, surtout au regard de Daisy.

    On s'attache à elles deux, à leur histoire, à leurs différences (l'une vient d'une grande famille anglaise alors que l'autre a laissé la sienne à Hong Kong)...Tout comme on apprécie voir évoluer les autres pensionnaires et leurs professeurs. Chacun d'entre eux permet d'ailleurs à l'auteur de nous décrire certains aspects de la société anglaise de l'époque. (la difficulté de trouver un travail, le poids des regards sur les étrangers...)

    Bref, vous l'aurez compris: Un coupable presque parfait se révèle une réussite et je ne pourrais que le conseiller à ceux qui sont fans comme moi des policiers à atmosphère, avec une bonne dose d'humour british et de suspense. Vivement le deuxième tome!!

    Flammarion Jeunesse, 2016, 348 pages

    Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

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