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08/11/2016

Un Coupable presque parfait

Le Club des détectives Wells& Wong

tome 1:

Un coupable presque parfait

de

Robin Stevens

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"Ceci est le premier meurtre sur lequel ait jamais enquêté le club de détectives Wells& Wong, donc Daisy a bien fait de me fournir un nouveau carnet pour que je puisse y faire mon rapport. [...] J'imagine qu'il vaut mieux que j'inaugure ce nouveau carnet en donnant quelques explications à notre sujet. Daisy Wells est la présidente de notre club de détectives et moi, Hazel Wong, j'en suis la secrétaire. Daisy dit que cela fait d'elle Sherlock Holmes, et de moi Watson. Ce qui est probablement juste. Après tout, je suis bien trop petite pour être l’héroïne de cette histoire et a-t-on déjà entendu parler d'un Sherlock Holmes chinois?"

Depuis son arrivée au pensionnat de Deepdean au cours de l'année 1934, Hazel Wong voue une admiration très forte à Daisy Wells et la suit dans toutes ses entreprises. La dernière en date: un club de détectives qui entend résoudre tous les mystères de l'école. Les deux amies ont notamment résolu le vol de cravate de leur comparse Lavinia.

Jamais elles n'auraient, en revanche, imaginé s'attaquer à un vrai meurtre. En effet, en allant chercher son pull au gymnase, Hazel tombe sur le cadavre de Miss Bell, leur professeur de sciences. Elle alerte Daisy et quand elles reviennent sur les lieux du crime, le corps a disparu...Débute alors pour elle une enquête complexe et dangereuse.

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J'avais entendu parler de ce roman par ma copinaute Emjy et j'ai été ravie de voir qu'il avait été traduit en français par Flammarion.

Lorsque j'étais plus jeune, j'appréciais beaucoup les séries Fantômette, Alice...où les enquêtes étaient menées et résolues par des filles. Et, en ouvrant cet ouvrage et en faisant la connaissance de Daisy et d'Hazel, j'ai eu l'impression de retrouver mon âme d'enfant.

A la manière d'une aventure d'Holmes et de Watson dont les deux jeunes filles se réclament, la narration revêt la forme de souvenirs consignés par Hazel, le double du docteur. L'occasion de découvrir toutes les péripéties qui sont survenues lors de ce mois d'octobre 1934 à Deepdean.

J'ai adoré d'emblée l'ambiance de ce pensionnat que j'ai trouvée très bien retranscrite. Au fil des pages, on suit le quotidien des élèves, leurs cours, leurs repas, leurs farces, leurs actes de bravoure, leurs séances de spiritisme, leurs cancans, leurs parties de hockey... Comme si on était devenues l'une d'entre elles et que nous aussi nous étions amoureuses de l'"Unique" ou nous nous promenions dans les couloirs de leur école.

Cependant, l'atmosphère n'est pas le seul atout de ce premier livre de Robin Stevens. En effet, elle montre de grandes qualités stylistiques et parvient, tour à tour, à insuffler du suspense ou à nous faire rire.

Le mystère qui entoure la mort de Miss Bell est très bien mené et jusqu'au bout, on ne devine rien. Comme nos deux enquêtrices de choc, en somme...

De même, Un coupable presque parfait évite l'écueil du tome de présentation. Certes, on fait la rencontre des deux protagonistes principales et de leur entourage. Mais c'est tellement bien maîtrisé que l'action ne ralentit pas pour autant.

Un des autres points forts de ce livre réside justement dans la qualité de ses personnages, à commencer par le duo de choc Daisy/Hazel. Un duo dans la lignée de tous ces binômes classiques Holmes/Watson, Poirot/Hastings...Une façon de rendre hommage sans aucun doute à tous ces grands auteurs de romans policiers (tout comme la scène finale de confrontation ou la mention de Miss Marple). Néanmoins, cet hommage est quelque peu détourné car, dans cette équipe, j'ai jugé Hazel plus douée que sa chef. Elle dénoue beaucoup de fils de l'intrigue, même si elle ne s'en attribue pas le mérite, surtout au regard de Daisy.

On s'attache à elles deux, à leur histoire, à leurs différences (l'une vient d'une grande famille anglaise alors que l'autre a laissé la sienne à Hong Kong)...Tout comme on apprécie voir évoluer les autres pensionnaires et leurs professeurs. Chacun d'entre eux permet d'ailleurs à l'auteur de nous décrire certains aspects de la société anglaise de l'époque. (la difficulté de trouver un travail, le poids des regards sur les étrangers...)

Bref, vous l'aurez compris: Un coupable presque parfait se révèle une réussite et je ne pourrais que le conseiller à ceux qui sont fans comme moi des policiers à atmosphère, avec une bonne dose d'humour british et de suspense. Vivement le deuxième tome!!

Flammarion Jeunesse, 2016, 348 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

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23/06/2015

Temps glaciaires de Fred Vargas

Temps glaciaires

de

Fred Vargas

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"Plus que vingt mètres, vingt mètres à parcourir avant d'atteindre la boîte aux lettres, c'était plus difficile que prévu. C'est ridicule, se dit-elle, il n'existe pas de petits mètres ou de grands mètres. Il y a des mètres et voilà tout. Il est curieux qu'aux portes de la mort, et depuis cette place éminente, on persiste à songer à de futiles âneries, alors qu'on suppose qu'on énoncera quelque formule d'importance, qui s'inscrira au fer rouge dans les annales de la sagesse de l'humanité. Formule qui sera colportée ensuite, de-ci, de-là: "Savez-vous quelles furent les dernières paroles d'Alice Gauthier?"

Alors qu'elle est atteinte d'un cancer en phase terminale, Alice Gauthier tient absolument à poster une lettre. Mais une chute l'en empêche et le courrier n'aurait jamais été expédié, si une bonne âme n'avait décidé de le mettre à la Poste.

Quelques jours plus tard, Alice est retrouvée les veines ouvertes dans sa baignoire. Apparemment, tout laisse croire à un suicide. Cependant, le commissaire en charge de l'enquête n'est pas convaincu et il appelle à la rescousse Adamsberg et Danglard.

De fil en aiguille, voilà nos deux enquêteurs lancés sur une piste islandaise...

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Depuis l'ouverture de ce blog il y a trois ans, je n'ai pas encore eu l'occasion de vous parler de ma profonde affection pour les romans policiers de Fred Vargas. Je les ai tous lus. A chaque fois, je suis tombée sous le charme d'Adamsberg et j'ai adoré l'atmosphère. Aussi, j'attendais avec impatience mes retrouvailles avec la plume de cet auteur si atypique.

Et, dès les premières pages, on retrouve sa patte. Elle nous lance encore dans une enquête alambiquée dont elle a le secret.

Imaginez un peu: alors qu'une femme vient vraisemblablement d'abréger ses souffrances, un policier doute en raison d'un signe un peu particulier déniché près du corps. Très vite, le commissaire Adamsberg y voit une guillotine un peu effacée.

De connexion en connexion, nous voilà partis sur les traces d'un tueur islandais dix ans plus tôt.

Nous voilà également assis sur les bancs d'une assemblée robespierriste.

Car ces deux pistes, a priori complètement disjointes, semblent avoir plus de points communs qu'on ne peut le croire de prime abord. Comment, me direz-vous?

C'est là que réside toute la magie de Fred Vargas: nous enfermer dans un épais brouillard et ne le dissiper que petit à petit.

Cette investigation pas comme les autres nous permet donc d'en apprendre plus sur les superstitions islandaises et sur l'Incorruptible.

J'ai jugé toute cette partie sur les fanatiques de la Révolution française passionnante. Non seulement j'ai découvert de nombreux faits historiques mais j'ai également pu apprécier tout le ressort psychologique à l’œuvre dans cette assemblée.

De même, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver tous les personnages pittoresques qui peuplent le commissariat d'Adamsberg et à faire la rencontre de nouveaux protagonistes tout aussi cocasses. Une fois de plus, l'auteur démontre son talent à créer des héros qu'on ne voit nulle part ailleurs.

Néanmoins, je dois reconnaître que Temps glaciaires ne fait pas partie des meilleurs crus. On peut sans doute lui reprocher son intrigue trop alambiquée et le fait que certaines des relations ne peuvent se comprendre sans avoir parcouru les précédents titres.

Bref, vous l'aurez compris: c'est toujours un bonheur de me plonger dans l'univers de cet écrivain mais, selon moi, ce roman s'adresse surtout aux fans.

Flammarion, 2015, 489 pages

Billet dans le cadre du Challenge Un pavé par mois de Bianca

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22/06/2014

La Femme au carnet rouge d'Antoine Laurain

La Femme au carnet rouge

par

Antoine Laurain

femme au carnet rouge.jpg

"Le taxi l'avait déposée à l'angle du boulevard. Elle n'avait que cinquante mètres à faire pour revenir chez elle. La rue était éclairée par les réverbères qui coloraient les façades d'une lumière orange, et pourtant elle s'était méfiée, comme toujours en pleine nuit. Elle s'était retournée et n'avait vu personne."

En rentrant chez elle, un soir, Laure se fait agresser et voler son sac à main. Victime d'un mauvais coup, elle est transportée dans le coma à l'hôpital.

Le lendemain matin, alors que Laurent se rend dans sa librairie, il trouve un sac à mains. Il souhaite le confier au commissariat. Mais on lui conseille de revenir...Rentré chez lui, notre héros renverse la besace. Une foule d'objets se répand sur le sol. Parmi eux, un carnet rouge....

Commence alors pour Laurent une quête de la mystérieuse propriétaire. Une quête qui va bouleverser sa vie....

antoine laurain.jpeg

Une de mes collègues m'a fortement conseillé ce roman. Aussi, je l'ai réservé à la médiathèque et je l'ai entamé le soir même de son arrivée. Et encore une fois, je me suis laissée happer par ce récit aux allures de conte moderne.

Après avoir subi une attaque, Laure, à l'instar de la Belle au Bois dormant, se retrouve plongée dans le coma. Elle ne peut donc se douter qu'à l'instant précis de son arrivée à l'hôpital, Laurent vient de dénicher son sac dissimulé parmi des poubelles.

Laurent constitue un héros bien englué dans ses habitudes. Il tient une librairie et tous les jours, observe la même routine. L'intrusion de cet objet dans son quotidien va perturber son existence et ses relations. Charmé par les mots déversés dans le carnet rouge, il va partir sur les traces de cette inconnue.

J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre ses déambulations dans Paris. Et je me suis attachée à ce personnage si romantique. J'ai aimé sa fascination grandissante pour Laure, son goût des mots...

Comme dans un conte, ce prince moderne doit affronter plusieurs épreuves et subir plusieurs revers avant de trouver la princesse.

Mais son sens de la chevalerie ne va s’il pas l'empêcher justement de provoquer cette rencontre?

"Comme l'écrit Patrick Modiano, que vous semblez aimer, dans Villa Triste : "Il y a des êtres mystérieux, toujours les mêmes, qui se tiennent en sentinelles à chaque carrefour de notre vie.""

Cette intrigue qui met du baume au cœur est parfaitement servie par la rapidité du rythme. En effet, les chapitres courts et emplis de dialogues et de réflexions tantôt drôles tantôt émouvantes s'enchaînent.

On espère, on s'interroge, on s'inquiète, on s'attendrit...

Bref, vous l'aurez compris: je ne suis pas passée loin du coup de cœur et je vous conseille ce très joli ouvrage, surtout si vous êtes amateurs d'histoires qui font tout simplement du bien.

Flammarion, 2014, 236 pages, 18 €