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the frenchbooklover - Page 14

  • Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery

    Anne de Green Gables

    de

    Lucy Maud Montgomery

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    "Madame Rachel Lynde habitait à l'endroit précis où la route principale d'Avonlea plongeait dans un petit vallon planté d'aulnes et de fuchsias, et traversé d'un ruisseau qui prenait sa source dans les bosquets de la vieille propriété des Cuthbert; il était connu pour ses méandres impétueux au début de sa course à travers bois, et ses sombres secrets de trous d'eau et de cascades; mais, une fois arrivé au vallon des Lynde, ce n'était plus qu'un ruisselet paisible, et parfaitement discipliné, car même un cours d'eau n'aurait pu passer devant la porte de Madame Rachel Lynde sans égard pour la bienséance et les bonnes manières; sans doute avait-il conscience qu'elle était là, assise derrière sa fenêtre, l'œil attentif à tout ce qui défilait, enfants et ruisseaux, et que si elle remarquait la moindre chose étrangère ou déplacée, elle ne trouverait pas le repos avant d'avoir découvert le pourquoi et le comment."

     

    Une petite fille sur un quai de gare. Assise sur sa valise, elle attend qu'on vienne la chercher. Elle espère tant de sa famille d'accueil.

    Cette petite fille, c'est Anne Shirley. Et, malgré quelques débuts compliqués, elle va conquérir toute la maisonnée des Pignons verts et Avonlea. Par la force de son imagination. Par sa manière de nimber de beauté et de poésie tout ce qui l'entoure, comme le Lac Scintillant. Par son bavardage. Par ses maladresses si drôles et si touchantes. Par son intelligence. Par sa force. Par son élan de vie auquel nul ne peut résister.

    Lire Anne de Green Gables, c'est entrer dans un cocon de douceur. C'est avoir un sourire sur les lèvres. C'est pleurer aussi. C'est retrouver une âme d'enfant et d'adolescent. C'est vouloir que la fin n'arrive jamais. Comme si achever ce roman, c'était quitter un environnement devenu sien et des personnages "âmes sœurs".

    Car l'autrice démontre un talent incroyable pour créer des protagonistes si vivants. Que ce soient Anne, Diana, Marilla, Matthew, Gilbert, Rachel ...Tous semblent s'animer sous nos yeux, avec leurs propres caractéristiques.

    Lucy Maud Montgomery maîtrise également l'art de la description bucolique. En effet, son ouvrage se révèle une véritable ode à la nature. Les saisons passent à Avonlea. Succession de paysages dont la beauté est célébrée et qui donnent envie de trouver refuge sur cette île du Prince Edward.

    Un des autres atouts de ce roman réside dans sa peinture du quotidien d'une communauté à la fin du 19ème siècle. Rythme soumis aux plantations. Spectacle de Noël. Catéchisme. Journées de labeur. Interactions sociales. On ressort de ces chapitres avec le sentiment d'avoir voyagé dans le temps.

    Pour autant, se dégage de ce récit une grande modernité. Sans doute dû à la plume de son autrice. Mais aussi à l'intemporalité d'Anne, qui fait partie de ces héroïnes marquantes dans le parcours d'une lectrice.

    Bref, vous l'aurez compris : maintenant, je rêve de retourner à Avonlea et ce livre a constitué un merveilleux coup de cœur. 

    Monsieur Toussaint Louverture, traduit par Hélène Charrier, 2020, 381 pages

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  • 209 rue Saint Maur, Paris X. Autobiographie d'un immeuble de Ruth Zylberman

    209 rue Saint-Maur, Paris Xème.
    Autobiographie d'un immeuble

    de

    Ruth Zylberman

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    J'aime déambuler dans les rues de Paris et observer les immeubles.
    J'aime imaginer toutes les histoires qu'ils ont abritée ou abritent.
    Mémoire palpable de ce qui a été ou de ce qui est.
    Aussi, dès les premières lignes: "Les immeubles de Paris sont un peuple vivant", j'ai su que j'allais aimer ce document.


    Ce livre s'intéresse à un immeuble bien particulier: celui du 209 rue Saint-Maur dont l'autrice va nous raconter l'évolution. A la fois document sociologique, récit historique, "architecture sensible de la mémoire", témoignage, cette œuvre se fait multiple et nous permet de suivre au plus près les recherches de Ruth Zylberman.

    Des recherches marquées par des hasards incroyables.
    Des recherches qui conduisent à des impasses. Comme pour ce petit Daniel.
    Des recherches qui se chargent d'émotions au fil des déambulations et des rencontres.
    Des recherches qui résonnent profondément chez celle qui nous raconte. Comme si un peu/beaucoup de sa vie s'entremêlait à celle de cet endroit à part.

    Tout un pan de l'histoire de Paris se dévoile sous nos yeux. La Commune, la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, les années 80, la gentifrication, le Bataclan.
    Et, parfois, je me suis un peu perdue au milieu de ces êtres et de ces époques.

    Avant de décrire sa passionnante démarche dans cet ouvrage, Ruth Zylberman avait réalisé un documentaire: les Enfants du 209 rue Saint-Maur, sur le destin des enfants de cette adresse pendant la Seconde Guerre mondiale. Je l'ai vu après avoir lu cette enquête. Il m'a souvent suscité des larmes. Mais, surtout, il m'a permis de réaliser à quel point son autrice avait su retranscrire les sentiments de chacun et les silences en leur donnant la même force que ses images.
    Certaines scènes m'ont particulièrement touchée comme cette arrivée d'Henry au 209. Et sa foule de questions. Masques de son bouleversement.

    Il est des livres qui épousent les trames des existences et celui-ci en fait partie. A la fois trajectoire d'un immeuble, de ses habitants et de son autrice.

    Bref, vous l'aurez compris : une œuvre riche dont nous vous parlerons bientôt dans les @bibliomaniacs. 

    Editions du Seuil/Arte Editions, 2020, 449 pages

  • Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban de JK Rowling

    Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

    de

    JK Rowling

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    "A bien des égards, Harry Potter était un garçon des plus singuliers. Tout d'abord, il détestait les vacances d'été, c'était la période de l'année la plus déplaisante à ses yeux. Ensuite, il tenait absolument à faire ses devoirs de vacances, mais il était obligé de les faire en secret, au beau milieu de la nuit. Enfin, il faut également signaler que Harry Potter était un sorcier."

    Voilà quelques jours, nous avons embarqué avec ma chère Cécile  à bord du Poudlard Express. Direction la troisième année d'études d' Harry, Ron et Hermione. Une année sous le signe de la carte du maraudeur, de cours de défense contre les forces du mal, de prophéties, de Patronus, de Quidditch et  de danger.
    En effet, rodent autour de l'école deux périls: les Détraqueurs et Sirius Black. Deux périls qui vont pousser Harry dans ses retranchements.

    Ce qui me frappe tout particulièrement à la lecture des trois premiers tomes, c'est leur schéma narratif assez similaire. Une scène mémorable chez les Dursley. Un départ en fanfare de chez eux. Les retrouvailles avec Ron et Hermione au chemin de Traverse. Le voyage en Poudlard Express. Un nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Des matchs de Quidditch. Et des menaces qui deviennent de plus en plus précises avec une action qui s'emballe dans les ultimes pages.


    Ce qui différencie pour autant cet opus des précédents, c'est son côté plus sombre. L'introduction des Detraqueurs, la description des conditions d'emprisonnement à Azkaban, les circonstances de la mort des parents d'Harry et le sort de Sirius Black introduisent une tonalité tout en noirceur. Comme si derrière les rires et l'émerveillement se dessinaient de plus en plus les futurs combats à mener. Comme si pour Harry Potter, grandir signifiait affronter de toujours plus nombreuses épreuves initiatiques et tragiques avant de réaliser son destin.

    C'est un des éléments qui me plaît le plus dans ses relectures, observer tout le travail préparatoire de JK Rowling. Toutes ces pièces du puzzle qu'elle assemble patiemment pour composer son univers si riche et global.

    Pour autant, je n'en oublie pas de savourer chaque chapitre de ce récit. Ne serait-ce que pour la magie d'une sortie à Pré aux Lards ou la rencontre avec deux protagonistes que j'affectionne tout particulièrement (Lupin et Sirius) ou la possibilité de remonter le temps avec Hermione.
    Bref, vous l'aurez compris : quel bonheur de se replonger dans cette aventure. Vivement la 4ème ! 

    Editions  Gallimard Jeunesse, 1999, 349 pages