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25/02/2016

Dans l'ombre de la reine de Fiona Buckley

Dans l'ombre de la reine

de

Fiona Buckley

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"John Wilton était un homme de petite taille, sec et nerveux, aux cheveux brun cendré courts et hérissés. Il avait le nez retroussé et les dents jaunies. Je ne me rappelle pas la couleur de ses yeux et je n'ai jamais su son âge. Les hommes tels que John semblaient naître au milieu de leur vie et s'y fixer. Il avait débuté comme palefrenier dans ma belle-famille, puis était devenu le valet de mon époux. Maintenant que Gerald avait quitté ce monde, il serait avec joie resté à mon service, mais, hélas, je n'en avais pas les moyens."

Ursula Blanchard, une jeune veuve sans le sou, se voit contrainte de se séparer de sa fille et devenir dame d'honneur d'Elizabeth I.

Cette dernière, qui règne depuis deux ans, se retrouve la cible de nombreux complots, menés notamment par les Catholiques. Elle est également soumise à la pression de son entourage qui l'enjoint de prendre époux.

Mariage de raison ou mariage de cœur? Elle semble hésiter. Mais son favori, le beau Lord Dudley est déjà uni.

Néanmoins, certaines mauvaises langues parlent de la dégradation de l'état de santé de sa femme Amy Robsart. Et ajoutent avec perfidie qu'il en serait peut-être le responsable.

Pour contrer ses rumeurs, Lord Dudley engage Ursula pour se rendre au chevet de la malheureuse et l'accompagner dans ses derniers instants.

Ursula accepte cette mission...Mais elle est bien loin de se douter que son accord va la placer au centre de plusieurs conjurations et qu'il va influer énormément sur son existence.

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Amy Robsart

J'avais repéré depuis quelque temps ce premier volet d'une série de romans policiers historiques. Et j'ai profité du challenge Tudors organisé par Titine et Shelbylee pour l'en sortir.

Dès les premières pages, on fait la connaissance d'Ursula Blanchard, l'héroïne. Tout récemment veuve d'un cadet de bonne famille, elle ne dispose d'aucune ressource. Elle doit donc accepter un poste à la Cour et se séparer de sa petite fille.

L'occasion pour Fiona Buckley de dresser un portrait de la condition féminine à cette époque. La Reine/Lady Catherine Grey/Ursula Blanchard/sa servante Dale...illustrent ainsi la place réservée au sexe "faible" sous les Tudors et l'idée qu'il est difficile de vivre sans un référent masculin (père ou mari).

Comme vous vous en doutez si vous lisez régulièrement mon blog, j'ai beaucoup apprécié cette partie. De même que j'ai aimé tout le volet historique. L'action se tient deux ans après l'accession au pouvoir d'Elizabeth I et on sent bien toute l'effervescence qui entourait le trône. Tous les bruits de couloirs...Toutes les conspirations aussi...Toutes les rivalités entre catholiques et protestants...

Dans ce volet, l'auteure s'appesantit surtout sur un des "mystères" du début de ce règne: la mort de Lady Dudley. Suicide? Meurtre? Par le prisme d'Ursula Blanchard, elle nous décrit les coulisses de cette agonie et nous livre une explication.

A ce fait historique, elle associe d'autres péripéties. Ce qui rend bien entendu l'intrigue intéressante De rebondissement en rebondissement, on suit l'enquête d'Ursula.

Une enquête jalonnée de disparitions, d'enlèvements, de retournements de situation, de dilemmes...

Bref, vous l'aurez compris: même si je n'ai pas été bluffée par sa dimension policière, j'ai apprécié l'atmosphère de ce roman historique et ses protagonistes. Dans l'ombre de la reine constitue un bon tome d'introduction et donne envie de se plonger dans les prochaines aventures de cette héroïne réccurente.

Editions 10-18, collection "Grands détectives", 349 pages

Billet dans le cadre du challenge Tudors de Shelbylee et Titine et du challenge A year in England de Titine.

 

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23/09/2015

Les Neuf géants d'Edward Marston

Les Neuf géants

de

Edward Marston

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"Atterré, Lawrence Firethorn contempla le corps de son épouse et exhala un soupir de désespoir qui donna le frisson à tous ceux qui l'entendirent. Vacillant devant la silhouette prostrée de sa toute jeune femme, arrachée à lui au soir de leurs noces, il hurla comme un animal blessé et leva des mains suppliantes vers le ciel."

Nicholas Bracewell doit affronter plusieurs situations périlleuses. Non seulement sa troupe, les Hommes de Westfield, est menacée d'expulsion par l'aubergiste de la Tête de la Reine, mais il doit aussi porter secours à un apprenti chapelier, poursuivi par des meurtriers.

Et si tout cela ne suffisait pas, voilà qu'il découvre un cadavre atrocement mutilé et abandonné dans les eaux boueuses de la Tamise....

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Après avoir laissé Nicholas Bracewell sur la Route de Jérusalem, j'ai eu plaisir à le retrouver pour ce quatrième opus dans les rues de la capitale anglaise.

Même si je dois confesser que j'ai été moins emballée par cette aventure que par les précédentes. J'ai remarqué que, parfois, le défaut des polars historiques résidait dans la trop grande importance accordée au contexte et aux protagonistes, au détriment de l'intrigue policière.

Et c'est exactement sur cet écueil que ce tome a buté. Comme dans les titres précédents, Edward Marston démontre son talent pour nous plonger dans le monde du théâtre élisabéthain.

Ainsi, on en apprend plus sur la difficulté des troupes, sur la nécessité pour elles d'avoir un endroit de référence où faire venir le public, sur l'importance des choix des pièces, sur le rôle des protecteurs....

A cette peinture de l'univers des saltimbanques se superpose toute une description de la vie politique londonienne et des combats menés pour obtenir le titre de maire. Toute cette partie m'a passionnée.

De même, j'ai beaucoup apprécié les ressorts comiques développés au fil des chapitres. L'auteur s'amuse à reprendre les codes de la farce et nous livre quelques scènes vaudevillesques très réussies. Je fais notamment référence à un morceau d'anthologie: le duel entre le très cabotin Lawrence Firethorn et un batelier, qui se prétend poète. J'ai beaucoup ri!

Venons en maintenant aux bémols...Comme vous vous en doutez, j'ai jugé que l'intrigue policière n'était pas des plus réussies. Meurtres et complots s'enchaînent sans jamais vraiment accrocher l'intérêt du lecteur...Et le rebondissement, quelque peu attendu, ne m'a pas convaincue.

De plus, selon moi, un des avantages des séries réside  dans les retrouvailles avec les protagonistes et dans l'avancée de leurs interactions. Or, dans ce roman, même si on revoit avec plaisir Nicholas, Lawrence..., on a l'impression de ne pas les voir évoluer. Comme si leur caractère était figé et comme si les comédiens n'avaient plus qu'un seul type de rôle...et donc de réaction. Dommage car j'aurais préféré que leur psychologie soit un peu plus creusée.

Bref, vous l'aurez compris: cette lecture, même si elle m'a intéressée sur le plan historique, ne me laissera pas un souvenir impérissable...

Editions 10/18, 275 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Shelbylee

 

 

 

25/04/2013

La Septième aventure de Monk

Scandale et calomnie

de

Anne Perry

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"Assis dans son cabinet de Vere Street, sir Oliver Rathbone contemplait la pièce avec une insigne satisfaction. Il était au sommet de sa carrière. C'était sans conteste l'un des avocats les plus respectés d'Angleterre; le Premier ministre l'avait récemment recommandé à Sa Majesté qui avait jugé bon de l'anoblir en reconnaissance des services rendus à la justice"

Alors qu'il est en train de finaliser un procès, Oliver Rathbone reçoit la visite de la comtesse Zorah Rostova. Elle vient d'accuser publiquement la princesse Gisela d'avoir assassiné son époux, Friedrich, héritier déchu d'un petit Etat allemand. Or, pour l'instant, tout portait à penser que le prince était décédé des suites d'un accident de cheval...

Poursuivie pour diffamation, la comtesse Zorah souhaite qu'Oliver assure sa défense. Et, malgré le danger qui entoure cette affaire, l'avocat accepte.

Néanmoins, bien vite, devant les réactions de son entourage, il commence à douter..Et si Zorah se trompait? Et si finalement, elle se retrouvait accusée de meurtre?

L'étau commence à se resserrer...

 

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Voici la septième aventure de Monk que je parcours depuis mon inscription au très beau challenge de Syl autour d'Anne Perry.

C'est toujours un plaisir de retrouver le détective entouré d'Hester et d'Oliver. Cette fois-ci, le roman s'ouvre avec le personnage de l'avocat. Il vient d'être anobli par la reine et enchaîne les succès judiciaires.

Aussi, c'est avec surprise qu'on le voit accepter le cas proposé par la comtesse Zorah Rostova. Certes, il est fasciné par cette femme et ce qu'elle dégage. Mais, en même temps, il se rend compte du danger qui entoure l'affaire. Néanmoins, sa volonté de "voir chaque partie représentée par le meilleur avocat possible" l'emporte.

Bien vite, il réalise son erreur. Le mariage du prince Friedrich et de Gisela avait tout du conte de fées. Par amour pour elle, il avait renoncé au trône et depuis 15 ans, on les voyait ensemble partout...Toujours aussi épris l'un de l'autre...Cette histoire sentimentale m'a d'ailleurs tout de suite fait penser à celle du prince Edouard et de Wallis Simpson...

Les accusations de Zorah sont très mal perçues par le public. De plus, Rathbone peine à rassembler des preuves. Tout naturellement, il fait donc appel à Monk.

Ce dernier commence à mener l'enquête. Il se fait passer pour un ami du baron Stephan von Emden et intègre ainsi les cercles de la haute société. Ses investigations l'entraînent ainsi de la propriété des Wellborough, lieu du drame au fameux petit Etat en passant par Venise.

L'occasion pour nous lecteurs de voyager dans l'Europe des années 1850, juste après le mouvement révolutionnaire de 1848.

J'ai beaucoup aimé le passage sur Venise. Une très belle évocation du décalage entre la vie de la bonne société faite de bals, de parties de plaisir..et la situation des Vénitiens confrontés à l'occupation autrichienne.

En revanche, j'ai été étonnée par l'importance de l'histoire dans ce tome. Certes, Anne Perry aime toujours  nous reparler des grands événements qui ont touché ou touchent l'Angleterre (tels que la Guerre de Crimée). Mais, cette fois-ci, elle s'attarde beaucoup sur la vague des révolutions de 1848 et sur la problématique des Etats indépendants qui vont être rattachés à l'Allemagne. Le prince Friedrich semblerait avoir été victime soit d'un complot par les pro-annexion soit d'une erreur de personne (la princesse Gisela aurait été visée par les indépendantistes).

Cette partie historique prend parfois trop le pas sur le reste de l'intrigue. J'ai notamment regretté le manque d'interaction entre les protagonistes principaux. Dans cette enquête, on les suit plus chacun en parallèle. Ils ne se réunissent que rarement.

Néanmoins, leurs relations évoluent...Monk et Rathbone semblent enfin réaliser l'importance d'Hester dans leur existence. Tous les deux sont fascinés par des femmes (Evelyn et Zorah). Mais ils vont se rendre compte qu'elles ne soutiennent pas la comparaison avec l'infirmière. Reste à savoir ce que pense Hester...

Cette aventure est également l'occasion pour Monk de retrouver une partie de ses souvenirs. Le séjour luxueux à Venise et dans le petit Etat va lui rappeler ses débuts dans la carrière de banquier.

"Ce luxe lui semblait naturel. Mais autre chose le tracassait. Il avait autrefois gagné des sommes d'argent qui faisaient du luxe une banalité quotidienne. Qu'est-ce qui l'avait poussé à y renoncer pour embrasser la carrière de policier? Sa dette était au coeur de l'affaire mais il avait beau se creuser la tête, il n'arrivait pas à la situer"

Un peu plus loin, il se souvient enfin de la nature de sa dette: son mentor l'avait sauvé d'un accusation infondée de détournement de fonds. Aussi, quand son mentor avait tout perdu, Monk s'était engagé dans la police pour tenter de faire régner la justice.

Dans ce tome, on retrouve le personnage de Victoria, la jeune femme victime d'un viol dans Vocation fatale et qui avait subi un avortement aux conséquences désatreuses pour sa vie future (elle ne pouvait plus avoir ni relations intimes ni grossesse). C'est un élément que j'ai apprécié. J'espère pouvoir recroiser ainsi dans les prochains livres d'autres protagonistes et assister à leur évolution.

Enfin, en ce qui concerne l'intrigue policière, elle trouve sa résolution lors du procès. Un procès fort en rebondissements..Il faudra beaucoup de talent à Rathbone, Monk et Hester pour tenter d'inverser la situation. Je n'en dirai pas plus. Si ce n'est que j'ai apprécié le fait que ce soit Hester qui découvre la clé de l'énigme...

Bref, vous l'aurez compris: je suis toujours avec autant de plaisir les aventures du détective amnésique. Mais cette enquête ne fera pas partie des mes préférées. Sans doute en raison du peu de scènes entre les protagonistes principaux.

Vivement le tome 8!

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Adalana, Shelbylee et Syl et dans le cadre des challenges Anne Perry, God save the livre 2013, La plume au féminin 2013, victorien et polar historique.

Editions 10/18, collection "Grands détectives", 2001, 414 pages, 8,80 €

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