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17/04/2017

La Conspiration du globe de Thierry Bourcy et François-Henri Soulié

La Conspiration du globe

de

Thierry Bourcy et François Henri-Soulié

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"N'eût été la violente querelle qui éclata au cours du quatrième acte entre deux marchands de chevaux, pris de boisson, la représentation d'Hamlet pouvait être considérée comme un succès. Les spectateurs avaient ri aux bons endroits, hurlé en vain pour sauver Polonius et frémi à l'arrivée du fantôme. Quand aux deux invités exceptionnels de Shakespeare, deux princes venus du Danemark, ils avaient semblé fascinés par la pièce."

En ce début du mois de mars 1603, les émissaires Rosencrantz et Guildenstern ont été envoyés par le roi du Danemark pour mener à bien des négociations secrètes avec la reine Elizabeth I. A la demande de William Shakespeare, rencontré dix ans auparavant, ils ont assisté à la représentation d'Hamlet où le dramaturge a créé deux personnages éponymes.

Justement, à la suite d'une méprise, les deux comédiens interprètes de ces rôles sont retrouvés morts dans les coulisses. Afin de faire la lumière sur ce double assassinat, la reine réquisitionne Lord Dawson, le commandant de sa garde, et dépêche Lady Dorchester, une de ses dames de compagnie, à Prague pour chercher le capitaine Kassov. Ce dernier s'était distingué dans la résolution du crime du prince Tsycho Brahé et la souveraine tient à mettre toutes les chances de son côté pour enrayer la crise diplomatique qui couve.

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Je n'avais pas lu Le songe de l'astronome, le premier volet des aventures du capitaine Kassov. Mais, en parcourant les allées de Gibert Jospeh avec mes copinautes Titine et Emjy jeudi dernier, j'ai immédiatement été attirée par le ce titre. En effet, j'espère pouvoir visiter ce fameux théâtre lors de mon prochain séjour londonien. Aussitôt acheté, aussitôt lu.

J'ai été ravie de retrouver cette période de l'histoire qui m'a toujours fascinée. Contrairement à la série des Marston dont j'avais précédemment parlé sur le blog, ce roman se situe dans le dernier mois de l'existence de la reine Elizabeth I. Désormais, au Conseil, elle s'appuie sur le fils de son fidèle Sir William Cecil, sir Robert qu'elle a surnommé méchamment le "Pygmée" et dont elle admire les qualités politiques. Lors de plusieurs scènes, notamment dans la salle du Trône , le lecteur est convié à partager le point de vue royal. Ne serait-ce que lors des épineuses négociations avec le Danemark.

Cependant, l'aspect gouvernemental n'est pas le seul thème abordé. En effet, les deux auteurs ont pris le parti de s'attarder sur un des fleurons du règne d'Elizabeth I, à savoir le théâtre. Lors d'une représentation  d'Hamlet, deux comédiens sont tués. L'occasion pour le lecteur de mieux découvrir le fonctionnement du Globe, le rythme des représentations, les répétitions, les interactions entre Shakespeare et sa troupe... J'ai beaucoup apprécié toute cette partie et mon envie de visiter ce lieu artistique n'a fait que croître.

Pour lier ces deux aspects, politique et artistique, Thierry Bourcy et François-Henri Soulié ont eu recours à un habile procédé narratif: un double meurtre par méprise des protagonistes des deux princes danois. Comme si la création du dramaturge lui échappait et prenait vie en réservant le même sort aux deux émissaires du roi du Danemark, Rosencrantz et Guildenstern. Ce ressort de l'intrigue m'a bien plu.

Néanmoins, je regrette que les deux auteurs n'aient pas réussi à brosser des personnages aussi intéressants que leur description de l'époque. Peut-être est-ce dû à la multiplicité des figures dépeintes. Certains sont esquissés avec plus de soin et retiennent davantage l'attention, tels que Lady Dorchester qui m'a fait penser à la Milady de Dumas. D'autres, même s'ils sont présentés par quelques détails pittoresques, ne suscitent pas le même intérêt. Par exemple, je suis complètement passée à côté du neveu du capitaine, Matteus, dont le côté jeune premier trop accentué, ne m'a pas convaincue.

Quant à l'histoire policière, elle sert plus de prétexte finalement à plonger le lecteur dans cette Angleterre du début du 17ème siècle, à la fin d'un règne et d'en saisir l'atmosphère, sur fonds de conspiration et d'instabilité.

Bref, vous l'aurez compris: la Conspiration du Globe m'a permis de passer un moment de lecture agréable et je me laisserai peut-être tenter par les prochaines aventures de Kassov.

Editions 10/18, 2017, 258 pages

Billet dans le cadre du challenge de Titine A year in England.

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25/02/2016

Dans l'ombre de la reine de Fiona Buckley

Dans l'ombre de la reine

de

Fiona Buckley

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"John Wilton était un homme de petite taille, sec et nerveux, aux cheveux brun cendré courts et hérissés. Il avait le nez retroussé et les dents jaunies. Je ne me rappelle pas la couleur de ses yeux et je n'ai jamais su son âge. Les hommes tels que John semblaient naître au milieu de leur vie et s'y fixer. Il avait débuté comme palefrenier dans ma belle-famille, puis était devenu le valet de mon époux. Maintenant que Gerald avait quitté ce monde, il serait avec joie resté à mon service, mais, hélas, je n'en avais pas les moyens."

Ursula Blanchard, une jeune veuve sans le sou, se voit contrainte de se séparer de sa fille et devenir dame d'honneur d'Elizabeth I.

Cette dernière, qui règne depuis deux ans, se retrouve la cible de nombreux complots, menés notamment par les Catholiques. Elle est également soumise à la pression de son entourage qui l'enjoint de prendre époux.

Mariage de raison ou mariage de cœur? Elle semble hésiter. Mais son favori, le beau Lord Dudley est déjà uni.

Néanmoins, certaines mauvaises langues parlent de la dégradation de l'état de santé de sa femme Amy Robsart. Et ajoutent avec perfidie qu'il en serait peut-être le responsable.

Pour contrer ses rumeurs, Lord Dudley engage Ursula pour se rendre au chevet de la malheureuse et l'accompagner dans ses derniers instants.

Ursula accepte cette mission...Mais elle est bien loin de se douter que son accord va la placer au centre de plusieurs conjurations et qu'il va influer énormément sur son existence.

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Amy Robsart

J'avais repéré depuis quelque temps ce premier volet d'une série de romans policiers historiques. Et j'ai profité du challenge Tudors organisé par Titine et Shelbylee pour l'en sortir.

Dès les premières pages, on fait la connaissance d'Ursula Blanchard, l'héroïne. Tout récemment veuve d'un cadet de bonne famille, elle ne dispose d'aucune ressource. Elle doit donc accepter un poste à la Cour et se séparer de sa petite fille.

L'occasion pour Fiona Buckley de dresser un portrait de la condition féminine à cette époque. La Reine/Lady Catherine Grey/Ursula Blanchard/sa servante Dale...illustrent ainsi la place réservée au sexe "faible" sous les Tudors et l'idée qu'il est difficile de vivre sans un référent masculin (père ou mari).

Comme vous vous en doutez si vous lisez régulièrement mon blog, j'ai beaucoup apprécié cette partie. De même que j'ai aimé tout le volet historique. L'action se tient deux ans après l'accession au pouvoir d'Elizabeth I et on sent bien toute l'effervescence qui entourait le trône. Tous les bruits de couloirs...Toutes les conspirations aussi...Toutes les rivalités entre catholiques et protestants...

Dans ce volet, l'auteure s'appesantit surtout sur un des "mystères" du début de ce règne: la mort de Lady Dudley. Suicide? Meurtre? Par le prisme d'Ursula Blanchard, elle nous décrit les coulisses de cette agonie et nous livre une explication.

A ce fait historique, elle associe d'autres péripéties. Ce qui rend bien entendu l'intrigue intéressante De rebondissement en rebondissement, on suit l'enquête d'Ursula.

Une enquête jalonnée de disparitions, d'enlèvements, de retournements de situation, de dilemmes...

Bref, vous l'aurez compris: même si je n'ai pas été bluffée par sa dimension policière, j'ai apprécié l'atmosphère de ce roman historique et ses protagonistes. Dans l'ombre de la reine constitue un bon tome d'introduction et donne envie de se plonger dans les prochaines aventures de cette héroïne réccurente.

Editions 10-18, collection "Grands détectives", 349 pages

Billet dans le cadre du challenge Tudors de Shelbylee et Titine et du challenge A year in England de Titine.

 

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23/09/2015

Les Neuf géants d'Edward Marston

Les Neuf géants

de

Edward Marston

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"Atterré, Lawrence Firethorn contempla le corps de son épouse et exhala un soupir de désespoir qui donna le frisson à tous ceux qui l'entendirent. Vacillant devant la silhouette prostrée de sa toute jeune femme, arrachée à lui au soir de leurs noces, il hurla comme un animal blessé et leva des mains suppliantes vers le ciel."

Nicholas Bracewell doit affronter plusieurs situations périlleuses. Non seulement sa troupe, les Hommes de Westfield, est menacée d'expulsion par l'aubergiste de la Tête de la Reine, mais il doit aussi porter secours à un apprenti chapelier, poursuivi par des meurtriers.

Et si tout cela ne suffisait pas, voilà qu'il découvre un cadavre atrocement mutilé et abandonné dans les eaux boueuses de la Tamise....

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Après avoir laissé Nicholas Bracewell sur la Route de Jérusalem, j'ai eu plaisir à le retrouver pour ce quatrième opus dans les rues de la capitale anglaise.

Même si je dois confesser que j'ai été moins emballée par cette aventure que par les précédentes. J'ai remarqué que, parfois, le défaut des polars historiques résidait dans la trop grande importance accordée au contexte et aux protagonistes, au détriment de l'intrigue policière.

Et c'est exactement sur cet écueil que ce tome a buté. Comme dans les titres précédents, Edward Marston démontre son talent pour nous plonger dans le monde du théâtre élisabéthain.

Ainsi, on en apprend plus sur la difficulté des troupes, sur la nécessité pour elles d'avoir un endroit de référence où faire venir le public, sur l'importance des choix des pièces, sur le rôle des protecteurs....

A cette peinture de l'univers des saltimbanques se superpose toute une description de la vie politique londonienne et des combats menés pour obtenir le titre de maire. Toute cette partie m'a passionnée.

De même, j'ai beaucoup apprécié les ressorts comiques développés au fil des chapitres. L'auteur s'amuse à reprendre les codes de la farce et nous livre quelques scènes vaudevillesques très réussies. Je fais notamment référence à un morceau d'anthologie: le duel entre le très cabotin Lawrence Firethorn et un batelier, qui se prétend poète. J'ai beaucoup ri!

Venons en maintenant aux bémols...Comme vous vous en doutez, j'ai jugé que l'intrigue policière n'était pas des plus réussies. Meurtres et complots s'enchaînent sans jamais vraiment accrocher l'intérêt du lecteur...Et le rebondissement, quelque peu attendu, ne m'a pas convaincue.

De plus, selon moi, un des avantages des séries réside  dans les retrouvailles avec les protagonistes et dans l'avancée de leurs interactions. Or, dans ce roman, même si on revoit avec plaisir Nicholas, Lawrence..., on a l'impression de ne pas les voir évoluer. Comme si leur caractère était figé et comme si les comédiens n'avaient plus qu'un seul type de rôle...et donc de réaction. Dommage car j'aurais préféré que leur psychologie soit un peu plus creusée.

Bref, vous l'aurez compris: cette lecture, même si elle m'a intéressée sur le plan historique, ne me laissera pas un souvenir impérissable...

Editions 10/18, 275 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Shelbylee