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policier

  • Je suis leur silence

    Je suis leur silence

    de

    Jordi Lafebre

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    Sur les toits de Barcelone. Eva contemple la rue en bas avant de rentrer dans le cabinet de Llull, son confrère psychiatre. Elle doit suivre une séance avec lui pour retrouver sa licence. Il lui demande d'évoquer sa semaine. Nous découvrons ainsi ses sept derniers jours entre meurtre, menaces et enquête. 
     
    J'avais adoré Malgré tout, le précédent roman graphique de Jordi Lafebre. Je l'ai retrouvé avec bonheur pour ce nouvel opus aux allures de polar. 
     
    Un polar qui nous emmène sur les traces d'une grande famille exploitante de cava. Où richesse et secrets riment. Eva se retrouve à naviguer entre les différents meurtriers possibles. Quitte à se mettre en danger.
    Mais voilà ce polar n'est pas uniquement un polar dédié à résoudre une enquête, aussi palpitante soit elle. 
     
    C'est aussi une œuvre qui nous propose une héroïne pas  comme les autres. Lointaine cousine de Lisbeth Salander, Eva se débarrasse peu à peu de sa carapace. Afin de mieux laisser voir ses fêlures. Afin de parler aussi des voix qui l'accompagnent. Trois femmes de sa famille la suivent ainsi dans son quotidien. Ombres aimées qui la rassurent et la conseillent. Ombres protectrices qui donnent un ton parfois cocasse à l'intrigue. Et qui la rendent plus émouvante également.
     
    J'ai beaucoup aimé le choix narratif de cet entretien. Tout comme j'ai apprécié les tours que prenaient les investigations. Mélange de rebondissements, de violence plus ou moins larvée et de séquences comiques. 
     
    Même si mon cœur fleur bleue vouera toujours un culte à Malgré tout, quel bonheur que ce nouvel ouvrage de Jordi Lafebre. Il confirme tout son talent de scénariste et tout son art pour croquer des personnages hauts en couleur et des situations. 
     
    Bref, vous l'aurez compris: je ne peux que vous conseiller ce roman graphique.
     
    Dargaud, 2023, 112 pages
  • L'Homme à la lèvre tordue de Conan Doyle

    L'Homme à la lèvre tordue

    de

    Conan Doyle

    texte intégral traduit par Thibault Vermot

    illustré par Anton Lomaev

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    "Isa Whitney, frère du regretté Elias Whitney, directeur de la Faculté théologique de Saint-George, était sacrément dépendant de l'opium. L'habitude lui était venue, comme j'ai cru comprendre, d'un certain scélérat imbécile fréquenté à l'université; après avoir lu dans le livre de Quincey la description des rêves et des sensations engendrés par l'opium, il s'était mis à inonder son tabac de laudanum pour essayer d'en tirer les mêmes effets."

    Par une soirée de juin 1889, Watson et sa femme sont dérangés par une de leurs amies qui s'inquiète de la disparition de son époux, parti depuis trois jours et sans doute égaré dans un taudis de l'East End au milieu de volutes d'opium.
    Le docteur s'engage à le ramener. Mais, pendant sa mission, il tombe sur son ami Sherlock, déguisé en fumeur d'opium et qui tente lui aussi de résoudre la disparition d'un mari. Dans des circonstances assez extraordinaires. Tout semble laisser penser à un meurtre au coupable idéal. Pour autant, notre détective continue de douter. Et voilà nos deux compères engagés dans une nouvelle enquête.

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    J'aime beaucoup le principe de cette collection des grands classiques illustrés. Une jolie manière d'appréhender certains titres du patrimoine littéraire avec ce bal des images qui les scandent et les accompagnent.

    C'est l'artiste Anton Lomaev qui s'est attaqué à cette nouvelle de Sherlock Holmes (la troisième de la collection après l'Aventure du ruban moucheté et le Diadème de Beryls).

    Même si je n'ai pas trouvé l'intrigue aussi frappante que les précédentes et que le dénouement moral m'a moins convaincue, je me suis laissée porter par les rebondissements. Jeux d'apparences qui nous permettent une plongée dans les quartiers les plus pauvres du Londres Victorien, où se côtoient notamment les amateurs de paradis artificiels et certains criminels.

    Une incursion rendue encore plus frappante par ces tableaux qui occupent toute la page. Représentations en grand format des ambiances et des étapes décisives de cette aventure. Des représentations aux couleurs
    souvent sombres ou bleutées, aux détails d'orfèvre parfois d'inspiration russe, aux perspectives qui attirent le regard... Comme autant de pauses dans le cours de l'histoire. Comme autant de manières également de rendre encore plus palpables les mots.

    Bref, vous l'aurez compris: même s'il ne s'agit pas de mon investigation préférée de Sherlock Holmes, j'ai passé un bon moment à parcourir cet album pour les plus grands. 

    Editions Sarbacane, 2020, 61 pages