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16/12/2013

Swinging Christmas

Swinging Christmas

de

Benjamin Lacombe

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Alors que Noël se rapproche à grands pas et que je suis emportée par le tourbillon des derniers achats, j'ai eu envie de me plonger dans Swinging Christmas, un album de Benjamin Lacombe paru à la fin de l'année 2012.

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"Robin a neuf ans, bientôt dix. Il vit à Plunulquicitumeurs, un village perdu dans les collines où il ne se passe jamais rien. Un village si vide et morne que Robin l'a rebaptisé ainsi"

A l'approche des fêtes de Noël, sa mère a pris pour habitude de confectionner des petits paniers pour les gens seuls ou dans le besoin. Robin est chargé de les livrer.

Un soir, elle lui demande de se rendre auprès de Bernard, qui habite dans un vieux manoir et fait peur à tous les enfants des alentours.

Mais, passée la première frayeur, une relation se noue entre ces deux personnages. Bernard transmet à Robin son amour des livres et du jazz.

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J'ai passé un bon moment en compagnie de cet ouvrage d'un auteur-illustrateur que j'aime tant.

Cet album au format d'un 33 tours évoque avec beaucoup de talent la transmission du plaisir de lire. Alors que Robin n'avait que peu de dispositions pour la lecture, Bernard va lui donner la recette pour surmonter son handicap.

"Pour lire, mon grand, il faut être détendu. Laisse les mots venir à toi sans les juger, sans te juger; laisse toi envahir sans crainte, comme tu as l'air de le faire si bien avec la musique."

Dans le vieux manoir, pendant deux ans, vont se succéder ainsi les découvertes de Gargantua, des Trois mousquetaires, du capitaine Fracasse, d'Alice, de Robinson Crusoé...

Le jeune garçon va également s'initier au jazz et entendre parler du grand amour de Bernard, une chanteuse prénommée Sol dont il a gardé tous les enregistrements. Un soleil dont il se languit toujours...

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J'ai d'ailleurs regretté que cette idylle ne soit qu'esquissée. J'aurais aimé en savoir plus sur les deux amants...

Cette histoire d'amitié et de partage s'enrichit aussi de magnifiques illustrations. Une fois encore, j'ai été bluffée par le talent de ce dessinateur hors pair.

Je n'oublie pas de mentionner non plus le CD à la fin qui comprend quelques standards de jazz entonnés par Olivia Ruiz and the Red Orchestra et accompagne avec bonheur l'intrigue.

Bref, même si je n'ai pas eu un coup de cœur, je vous recommande ce joli album nostalgique de Benjamin Lacombe.

Et pour prolonger la magie, une vidéo qui vous permet de voyager au cœur de l'univers de Swinging Christmas...


12/12/2013

Ne t'inquiète pas pour moi

Ne t'inquiète pas pour moi

de

Alice Kuipers

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"Coucou ma Claire,

lait

pommes

bananes [...]

Si ce n'est pas trop lourd, prends un poulet et deux boîtes de haricots. Si tu ne peux pas, ça ne fait rien, j'essaierai de passer les acheter demain.

Bises,

Maman"

Claire et sa maman peuvent passer des semaines à seulement se croiser. Par conséquent, elles communiquent souvent par post-it.

Un jour, la nouvelle tombe: la mère de Claire est malade. Et leur correspondance va prendre un tour tout à fait différent.

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Cela faisait déjà longtemps que j'avais remarqué ce roman, notamment sur le blog de Bianca. J'en avais jusqu'à présent repoussé la lecture en raison de son sujet. Puis, finalement, je me suis lancée et je l'ai dévoré en une soirée.

Il s'agit du premier ouvrage de l'auteure anglaise Alice Kuipers. Elle a opté pour un schéma narratif très original. En effet, toute l'intrigue du livre est contée par le biais d'un échange de post-it. Une manière très efficace de moderniser le genre du roman épistolaire.

On assiste à deux destins féminins parallèles: d'un côté, celui d'une adolescente de 15 ans, amoureuse pour la première fois et très proche de sa meilleure amie; de l'autre, celui d'une femme de 40 ans, accaparée par son travail de sage-femme et qui se retrouve confrontée à la maladie.

Alors que les post-il réglaient les détails de la vie quotidienne au début de l'histoire et leur donnaient la possibilité d'entretenir des relations distantes, ils vont leur permettre de se dire l'essentiel vers la fin. Toutes ces déclarations que par pudeur, on retient trop souvent...

Les petits papiers accrochés sur le frigo se révèlent donc tour à tour triviaux (de simples listes de courses ou des réclamations d'argent de poche), drôles ("ton esclave à domicile"), tendres, graves, nostalgiques....Ils invoquent toute une gamme d'émotions qui laissent le lecteur pantelant, une fois les pages refermées.

En effet, ce roman ne peut laisser personne indifférent. Il nous fait profondément réfléchir sur nos vies modernes où bien souvent on ne fait que se croiser et sur la nécessité de ne jamais oublier ses rêves.

De plus, il parle très simplement de tendresse, d'amour maternel, de maladie...Sans jamais sombrer dans le pathos.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai adoré Ne t'inquiète pas pour moi d'Alice Kuipers. Et j'espère vraiment que vous partagerez ce coup de cœur.

Albin Michel Jeunesse, 2008, 242 pages, 10 €

Lu dans le cadre du challenge God save the livre 2013.

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09/12/2013

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois de novembre

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois de novembre

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Me voici de retour avec un billet autour des livres que je n'ai pas chroniqués au mois de novembre.

Commençons tout d'abord par un roman policier que j'ai découvert grâce à ma chère Bianca. Il s'agit du Murmure de l'ogre de Valentin Musso.

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Nice, 1922, deux prostituées sont assassinées, le crâne rasé et recouvert d'étranges symboles. Bientôt, ce sont des enfants qui commencent à disparaître et à être retrouvés morts...Louis Forestier, commissaire des brigades mobiles créées par Clemenceau, mène l'enquête, assisté de son ancien compagnon d'armes, Frédéric Berthellon, un spécialiste des maladies mentales. Face à cet "Ogre" qui semble toujours les devancer, ils ont fort à faire...Surtout quand le fils d'un milliardaire est enlevé et que la machine médiatique s'emballe.

J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce polar. L'auteur a su restituer l'ambiance qui devait régner à cette époque sur la Riviera. De même, on en apprend beaucoup sur la modernisation de la police et toutes les nouvelles techniques utilisées. L'intrigue se révèle haletante. Le schéma narratif qui alterne sans cesse les points de vue ne laisse jamais de place aux temps morts. Les scènes s'enchaînent, tout comme les péripéties...

Après cette enquête policière, je me suis intéressée à un roman extrêmement prenant et qui ne peut laisser indifférent: Ecarlate de Hillary Jordan.

 

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Dans une société futuriste, Hannah a dû avorter pour protéger l'homme qu'elle aime. Arrêtée et jugée pour ce crime, elle doit porter sur sa peau la couleur de ce dernier. Devenue écarlate, elle doit réussir à survivre dans une société extrêmement puritaine qui a anéanti la liberté des femmes. Commence alors un long chemin vers la liberté. Un long chemin empreint de renoncements, de sacrifices et de désillusions.

J'ai été complètement happée par l'histoire, dans la lignée de grands romans tels que La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne ou de La servante écarlate de Margaret Atwood.

Dès le début, je me suis beaucoup attachée à l'héroïne. Après avoir assisté à son emprisonnement, on en apprend les raisons. Hannah est coupable d'être tombée amoureuse d'un homme marié, extrêmement médiatisé (les passages sur l'attirance entre les deux protagonistes sont très bien écrits et parviennent à rendre l'aspect incontrôlable du désir). C'est cette faute qu'elle va payer. On la suit ainsi à sa sortie de prison dans un centre de redressements où les femmes sont totalement asservies et se prêtent à des simulacres odieux. Mais je n'en dirai pas plus afin de ne pas gâcher votre lecture...

Je ne suis pas passée loin du coup de cœur. Mais la fin m'a un peu déçue. En revanche, je sais que pendant plusieurs jours, certaines scènes très fortes m'ont accompagnée...Je ne saurais donc que vous recommander ce livre qui rappelle l'importance de sans cesse se battre pour ses libertés.

 

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Direction maintenant l'Angleterre de la fin du 19ème siècle. Devenue orpheline, Penelope Tredwell a hérité à 13 ans du journal familial "Le Frisson illustré". Pour faire augmenter ses ventes, elle s'est lancée, sous le nom de Montgomery Flinch, dans la rédaction de récits d'horreur qui connaissent un très grand succès. Elle a même dû louer les services d'un acteur pour se faire passer pour cet homme.

Ce dernier est bientôt sollicité par le directeur d'un hôpital psychiatrique pour résoudre un mystère. En effet, tous les soirs, douze minutes exactement avant minuit, tous les patients se réveillent en transe et se mettent à écrire frénétiquement des paragraphes sans queue ni tête.

Penelope décide de mener l'enquête.

Voici une nouvelle série de romans policiers pour adolescents que j'ai découvert une nouvelle fois grâce à Bianca. J'ai suivi avec intérêt les aventures de cette jeune héroïne au caractère bien trempé qui n'a pas été sans me rappeler Enola Holmes ou Penelope Green. J'ai aimé la voir évoluer dans cette société victorienne de 1899 et frayer avec les savants du British Museum ou les grands écrivains tels que Conan Doyle ou Rider Haggard. Et je pense que je la retrouverai avec plaisir dans un nouvel opus.

J'aimerais conclure ce billet par une œuvre young adult qui m'a quelque peu déstabilisée: Revanche de Cat Clarke.

 

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Cela fait déjà quelque temps que j'entends parler sur la blogosphère de cette auteure britannique. Et j'ai donc eu envie de me lancer dans son dernier cru.

Jem est amoureuse depuis l'enfance de Kai, son meilleur ami gay. Un soir, ils se rendent à une fête organisée par un de leurs camarades. Et, le lendemain, une vidéo où on voit Kai embrasser un autre garçon apparaît sur les réseaux sociaux. Le jeune homme ne le supporte pas et se suicide.

Brisée, Jem se jure de faire payer les coupables et se donne un an pour accomplir sa vengeance avant de se tuer à son tour.

On suit donc notre héroïne pendant douze mois. Des lettres posthumes de son meilleur ami l'accompagnent et tentent de la guider. Jem change en apparence, fait de nouvelles connaissances...On croit même qu'elle en oublie le défi qu'elle s'était fixée. Mais, la violence n'est jamais loin...

J'ai lu cet ouvrage très rapidement. Cat Clarke nous immerge dans un monde adolescent dur où certains endurent des horreurs au quotidien. Elle nous rappelle également que la frontière entre victimes et bourreaux se révèle très fine et que personne n'est jamais tout blanc ou tout noir.

Et je dois avouer que le final m'a complètement surprise voire choquée.