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31/05/2015

Le mois anglais édition 2015

Le mois anglais édition 2015

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Vous avez sans doute vu fleurir sur de nombreux blogs des articles autour du mois anglais. Une institution de la blogosphère que j'adore retrouver tous les ans en juin, depuis la création de mon blog.

Aux commandes, les capitaines Lou, Titine et Cryssilda.

Le principe: parler de livres écrits par un auteur anglais ou se déroulant exclusivement en Angleterre. Sont également acceptés des billets autour des films, des musées, des recettes de cuisine....

Un programme de festivités a été également concocté:

-LC Mark Watson : 1er juin

-LC 175 ans Thomas Hardy: 2 juin

-LC ou billet hommage à Terry Pratchett : 10 juin

-LC autour d’Ann Granger : 12 juin

-LC autour de Daphné du Maurier: 13 juin

-LC autour de Jane Austen : 16 juin

-LC autour de Tracy Chevalier (romans se déroulant en Angleterre) : 20 juin

-LC autour de Ian McEwan : 24 juin

-LC autour de Charles Dickens : 26 juin

-LC autour de Daniel Defoe : 28 juin

-LC 200 ans d’Anthony Trollope : 30 juin

-LC autour de Conan Doyle : Date à déterminer

-LC autour de Jonathan Coe : Date à déterminer

LC sur d’autres thématiques :

-Journée polar anglais : 4 juin

-Roman historique se déroulant en Angleterre : 6 juin

-Journée littérature enfantine anglaise : 8 juin

-LC Reines et Rois anglais : 14 juin

-Journée auteurs anglais d’origine étrangère : 15 juin

-Journée autour des écrivaines anglaises du 20ème siècle : 18 juin

Si vous voulez vous joindre à cette aventure, c'est par ici.

Ce matin, j'ai réfléchi à une PAL. Et voici ce que j'ai prévu (comme d'habitude, je sais: je suis très ambitieuse. Et, comme d'habitude aussi sans doute, je changerai d'idée...)

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Ce qui est certain pour l'instant, c'est que je me joindrai à la LC autour de Thomas Hardy le 2 juin avec une critique du magnifique film Loin de la foule déchaînée que j'ai eu la chance de voir en avant-première jeudi dernier.

A demain donc pour le début de ce beau voyage. Et un grand merci aux organisatrices!

 

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29/05/2015

Un doux pardon de Lori Nelson Spielman

Un doux pardon

de

Lori Nelson Spielman

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"J'ai subi cela pendant cent soixante-trois jours. J'ai relu mon journal intime plus tard pour compter. Et voilà qu'elle a écrit un livre. Impensable. Cette femme est une étoile montante. Une experte en pardon, quelle ironie. Je contemple sa photo. Elle est encore mignonne avec sa coupe garçonne et son nez retroussé. Mais son sourire est désormais sincère, ses yeux ne sont plus moqueurs. A la simple vue de son visage, pourtant, mon coeur bat la chamade."

Hannah Farr, 34 ans, a une vie a priori particulièrement épanouie. Elle habite la Nouvelle-Orléans, anime son propre show sur une chaîne locale le matin et sort avec le maire de la ville.

Pourtant, quand Fiona Show lui adresse deux pierres du pardon, cette façade heureuse semble se fissurer. En effet, non seulement cette volonté de guérir de vieilles blessures va entraîner un certains chaos dans l'existence de ses proches mais elle va également pousser la jeune présentatrice à s'interroger sur certains événements douloureux de son passé.

Et si, pour construire un avenir solide, il fallait tout risquer?

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Vous vous souvenez peut-être que le premier roman de Lori Nelson Spielman figurait parmi mes lectures préférées de l'année 2013. Depuis, je n'ai cessé de le conseiller à mon entourage. Toujours avec le même succès.

Aussi, vous imaginez aisément mon impatience de découvrir son nouvel opus, sorti au début du mois de mai.

Comme dans Demain est un autre jour, on fait la connaissance d'une héroïne de 34 ans. Une jeune femme à qui tout semble réussir: métier, amitié, couple...

Pourtant, quelques grains de sable enrayent le mécanisme de cette belle machine du bonheur. Des grains de sable au début à peine perceptibles: une belle-fille récalcitrante, une nouvelle collègue ambitieuse...

Quand Hannah Farr reçoit un courrier de Fiona Show, son ex-bourreau du collège, avec deux pierres du pardon, elle préfère l'ignorer. Mais le succès de cette théorie et l'envie de faire un reportage dessus l'oblige à se confronter à ce phénomène.

Elle en parle autour d'elle, convainc même une vieille amie de les utiliser...Elle commence même à se demander si elle ne devrait pas poursuivre la démarche prônée et renouer les liens avec sa mère.

Et c'est justement cette décision qui va faire s'effondrer tous ses châteaux de sable.

Sur plein de plans, Hannah se retrouve dans la tourmente. L'occasion peut-être pour elle de se recentrer sur ce qui compte vraiment et de faire le tri dans ses relations.

Ce qui m'a immédiatement frappée dans cette lecture, c'est la ressemblance avec le précédent ouvrage.

Ressemblance dans certaines des thématiques abordées: remise en question, courage d'aller de l'avant, changement de vie, mauvais choix, épanouissement personnel...

Ressemblance dans le choix de la protagoniste: même âge, même vie apparemment réussie, même difficulté à se laisser aller, même manque de confiance et de respect de soi-même, même gentillesse...

Ressemblance enfin dans la construction de l'intrigue avec le leitmotiv de tout remettre à plat pour mieux avancer.

Pourtant, malgré ses points communs avec Demain est un autre jour, cette nouvelle œuvre se lit avec plaisir.

Peut-être parce qu'on est captés par cette écriture cinématographique, ce sens des situations...

Peut-être car, même si on se doute de l'issue, comme dans toute bonne comédie romantique, le chemin, qui y mène, avec son lot de rebondissements, se révèle fort agréable...

Peut-être car l'histoire se double d'une réflexion intéressante sur le pardon et ses conséquences. Je n'avais jamais entendu parler de ces "pierres du pardon"(l'une pour demander des excuses l'autre pour les accepter) et je considère que cette notion nous amène à nous interroger sur nos propres moyens d'effacer nos erreurs passées.

"Ne sais-tu pas qu'au fond de nous, nous ne sommes que des tourbillons de honte? Je crois que c'est justement là que réside la beauté de ces pierres idiotes. Elles nous donnent la permission-l'obligation même-d'être vulnérable"

Les pages se tournent facilement. Puis, arrivent les derniers chapitres. Je dois reconnaître que cette partie de l'intrigue m'a moins convaincue, tant par les facilités de résolution de certains nœuds de l'intrigue que par le suspense laissé sur un point important. Or, dans ce genre de livre, je n'apprécie pas que certains mystères persistent et j'aurais préféré une réponse plus nette.

Bref, vous l'aurez compris: ce roman constitue un bon moment de lecture, même si je regrette de ne pas avoir retrouvé la magie de Demain est un autre jour.

Un grand merci au Cherche-Midi pour cet envoi.

Cherche-Midi, 2015, 434 pages

Billet dans le cadre du challenge Un pavé par mois de Bianca.

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26/05/2015

Miniaturiste de Jessie Burton

Miniaturiste

de

Jessie Burton

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"Vieille Eglise, Amsterdam, mardi 14 janvier 1687

Ces funérailles devaient être discrètes car la personne concernée n'avait pas d'amis, mais on est à Amsterdam, où les mots s'écoulent comme l'eau, inondent les oreilles, nourrissent la pourriture, et le coin est de l'église est bondé. "

Mi-octobre 1686, Nella Oortman, tout juste 18 ans, frappe à la porte de son époux, Johannes Brandt, un des marchands les plus en vue d'Amsterdam. Mais il n'est pas là pour l'accueillir. En effet, il est parti en voyage d'affaires et a laissé le soin à Marin, sa sœur, d'installer la jeune femme.

Les jours passent et Nella tente de s'acclimater à cette nouvelle existence.

Quand son mari revient, il lui offre, en guise de cadeau de noces, une maison de poupée, représentant leur propre intérieur. Il lui laisse également tout crédit pour la meubler en fonction de ses envies.

Nella fait donc appel à un miniaturiste. Ainsi, elle reçoit de magnifiques créations. Mais l'artiste outrepasse ses fonctions en commençant à envoyer des figurines qui éclairent certains mystères de la demeure des Brandt.

Très vite, une mécanique infernale se met en branle et rien ni personne ne semble pouvoir l'arrêter.

Et si cette maison entraînait la chute de ses propriétaires?

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La maison de poupée de Petronella Oortman qui a inspiré Jessie Burton pour cette oeuvre

Cela faisait longtemps que j'avais remarqué ce titre et j'ai été ravie quand il est arrivé dans ma médiathèque.

Dès les premières pages, les thématiques principales sont en quelque sorte posées. On assiste à un enterrement. D'une personne dont on ne connaît pas l'identité. Par conséquent, on présume que l'intrigue va prendre une tournure tragique.

De plus, avec la présence de nombreux "badauds" à cette cérémonie, l'auteur nous montre la toute puissance de la foule et la difficulté d'exister en tant qu'individu.

Tout le monde est surveillé. L'autonomie est ainsi restreinte au nom de la bienséance, de règles religieuses strictes...

Drame, enfermement, privation des libertés, surveillance des faits et gestes des autres: autant d'ingrédients qui vont se retrouver au fil des pages et contre lesquels vont butter les Brandt et leur entourage.

Pourtant, en cette mi-octobre 1686, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Johannes est parvenu à développer une entreprise fructueuse, assisté de sa sœur Marin. Ils habitent avec deux domestiques qui leur sont totalement dévoués, dont l'un que Johannes a arraché à l'esclavage.

De même, l'union avec Nella se présente sous de très bons auspices. En effet, cette jeune femme apporte une alliance avec une famille respectable et devrait permettre d'assurer une descendance.

Pourtant, derrière cette façade de réussite, se dissimulent de nombreux secrets.

C'est ce que le cadeau de mariage, cette incroyable maison de poupée, va révéler. Grâce aux miniatures adressées par le mystérieux artiste que Nella a sollicité.

En effet, à chaque événement, certains détails vont se rajouter sur elles. Comme si elles avaient le pouvoir de s'imprégner des bouleversements, voire de les annoncer. Comme si, en connaissant le contenu des paquets envoyés par le miniaturiste, Nella et le lecteur pouvaient comprendre certains éléments du futur.

J'ai beaucoup apprécié cette dimension fantastique et ce curieux créateur. Tout au long du roman, à l'instar de Nella, on se pose beaucoup de questions sur ce personnage fantasmagorique.

Mystères de la maison au même titre que mystère du dénonciateur...

A cette sorte d'enquête s'entremêle un portrait saisissant d'Amsterdam à la fin du 17ème siècle.

"Fondée sur le risque, Amsterdam aspire désormais à la certitude, à une vie bien rangée, à conserver le confort de son argent en respectant une bienséance morne."

Une ville aux mains des guildes, où l'intransigeance religieuse fait loi. Personne ne peut échapper au contrôle des autres. Personne ne doit quitter le droit chemin. Sous peine d'être condamné et noyé avec des poids qui transforment l'océan en tombeau.

Nella ne comprend pas toutes ces restrictions. Elle vient d'un village et, pour elle, Amsterdam représentait une chance de quitter ce quotidien trop morne.

C'est par ses yeux candides que nous allons découvrir la vraie nature de cette plaque tournante du commerce international. A l'innocence de cette narratrice se joint donc celle du lecteur néophyte. Mais, bien vite, les voiles se déchirent. On sent ce poids des regards, cet enfermement dans des règles qui empêchent de profiter de certaines joies de l'existence (je pense notamment aux interdits alimentaires imposés par Marin et son pasteur), cette obligation d'assister à certains événements, de se comporter d'une certaine façon...

Plus la maison de poupée prend vie, plus les murs de la prison se referment sur les Brandt.

Je ne vous en dirai pas plus sur l'intrigue ni sur les personnages. On referme ce livre haletant, oppressant, avec une sensation bizarre, comme si on avait du mal à dire au revoir à certains d'entre eux.

Bref, vous l'aurez compris:Miniaturiste constitue un ouvrage très fort. Un ouvrage composite, à la croisée entre roman d'apprentissage, roman historique et roman fantastique. Un ouvrage que, forcément, je vous recommande.

Gallimard, 2015, 504 pages

Billet dans le cadre du challenge Un pavé par mois de Bianca

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