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02/09/2012

Le Mouron rouge ou les exploits d'un Anglais lors d'une Révolution française revisitée

Le Mouron rouge

Baronne Orczy

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Paris, septembre 1792: alors que les nobles ne cessent de se faire pourchasser et guillotiner, le Mouron rouge, qui tient son surnom de la fameuse fleur, et sa bande multiplient les exploits pour les emmener enLe mouron rouge, baronne Orczy, Révolution française Angleterre. 

Ainsi, dès les premières pages, on assiste à un de ces sauvetages héroïques. A la barrière de Neuilly, le héros, déguisé en vieille tricoteuse au fouet orné de cheveux des exécutés, arrive à faire passer la comtesse de Tournay et ses deux enfants.

Quelques jours plus tard, on retrouve ces rescapés au Repos du pêcheur, une auberge non loin de Douvres. Deux des complices du Mouron rouge les ont amenés. Ils discutent à bâtons rompus jusqu'à l'arrivée de Sir Percy Blakeney, un dandy stupide très proche du Prince de Galles et de sa femme, Marguerite Blakeney, une ancienne actrice française, soeur du Révolutionnaire Armand Saint-Just et qui aurait dénoncé jadis une famille de nobles et les aurait ainsi envoyés à la guillotine.

Ils raccompagnent justement le frère de Marguerite. Après l'avoir regardé s'embarquer, cette dernière est abordée par Chauvelin, un ancien contact français qui souhaite l'engager pour une mission. Il voudrait qu'elle l'aide à découvrir l'identité de ce mystérieux Mouron rouge. La jeune femme refuse mais une semaine plus tard, sous la menace du chantage, se voit contrainte d'accepter. En effet, Chauvelin aurait retrouvé une lettre compromettante pour Armand.

Ainsi commence pour elle une course-poursuite pour essayer de sauver tant son frère que le fameux justicier.

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Comme je suis amatrice des romans historiques populaires d' Alexandre Dumas ou de Michel Zévaco, cela faisait quelques années que je voulais lire cet ouvrage de la Baronne Orczy. Et le voir mentionné par plusieurs blogs dont celui de Books are my wonderland a ravivé cette envie.

J'ai parcouru rapidement ce livre. Même si on découvre assez tôt  qui se dissimule derrière le Mouron rouge, l'intrigue est assez bien menée. Les rebondissements s'enchaînent, les exploits se multiplient (notamment à la fin quand Chauvelin essaie de coincer son ennemi et sa bande)...On assiste également à quelques intrigues amoureuses. En somme, les ingrédients d'un bon roman populaire sont réunis.

En revanche, ce qui m'a dérangé, ce sont les nombreuses inexactitudes historiques. Par exemple, dès le début du roman est évoquée la date de septembre 1792. A cette période, selon l'auteure, la guillotine serait utilisée de façon intensive. Or, justement, devant la lenteur des jugements du Tribunal révolutionnaire, beaucoup de nobles furent assassinés lors des Massacres de septembre.

La peinture de la Révolution et des Français m'a semblé également très caricaturale. Et puis le passage sur l'aversion des Français pour les Juifs et sur la description d'un personnage juif m'a quelque peu choqué.

En voici des extraits " Desgas revint, suivi d'un juif d'un certain âge, vêtu d'une casaque sale et râpée, luisante de graisse aux épaules[...] Il se tenait le corps penché en avant, ainsi que le faisaient ceux de sa race, qui affectaient cette tenue par fausse humilité dans les siècles passés, avant la victoire de l'égalité et de la liberté religieuse; il marchait derrière Desgas avec l'allure traînante qui est restée jusqu'à ce jour la caractéristique du marchand juif dans l'Europe continentale"

Autre morceau choisi: "Chauvelin qui avait contre ce peuple détesté tous les préjugés français"

Bref, vous l'aurez compris: une lecture divertissante si on occulte les approximations historiques et les points de vue parfois trop arrêtés de l'écrivaine. Mais je ne pense pas que je m'attaquerai à la suite (la série du Mouron rouge comporte en effet neuf romans)

21/08/2012

Une relecture moderne réussie d'Orgueil et préjugés

Pride, Prejudice and Jasmin Field

(aussi publié sous le titre d'Acting up)

Melissa Nathan

 

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Jasmin Field, chroniqueuse dans un magazine féminin à succès, passe les auditions pour l'adaptation théâtrale d'Orgueil et préjugés. Harry Noble, la nouvelle star très séduisante d'Hollywood, se chargera de la mise en scène de cette représentaion exceptionnelle, destinée à lever des fonds pour la recherche contre le cancer du sein.

Parmi les aspirants comédiens, se mêlent professionnels et amateurs. Jasmin fait partie des dernières à se présenter devant Harry et son producteur Matt Jenkins. C'est alors qu'elle entend les paroles cruelles qu' Harry lance à son encontre "Elle ressemble plus à une des soeurs laides qu'à Elizabeth Bennett. Je ne la raccompagnerai jamais en voiture ni ne lui donnerai de rôle dans ma pièce" Galvanisée par cette réplique, Jasmin livre une interprétation exceptionnelle et se voit ainsi confiée le rôle titre d'Elizabeth Bennett.

Les répétitions commencent, des affinités se dessinent entre sa soeur et le meilleur ami d'Harry...Et très vite, Pride and Prejudice se déroule tant sur scène qu'en coulisses.

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J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge austenien proposé par Alice jane austen,melissa nathan,pride and prejudice,pride and prejudice and jasmin field,acting up,avonbooks. Et je dois avouer que j'avais quelques appréhensions quant à cette adaptation dérivée d'un de mes romans préférés. Mais très vite, je les ai dépassées. On se laisse emporter par l'action et la modernisation réussie de Melissa Nathan. Pour preuve, j'ai fini cet ouvrage en une journée.

L'idée de départ du scénario est particulièrement ingénieuse: imaginer une mise en scène du roman de Jane Austen qui permettra aux personnages de devenir les doublons de ceux qu'ils interprètent. Non seulement, ce postulat laisse comprendre assez vite l'identité de chacun mais donne aussi lieu à des séquences savoureuses où les héros doivent jouer les situations dans lesquelles ils se trouvent eux-mêmes.

Mais cela n'aurait sans doute pas suffi si l'auteure n'avait pas réussi à ancrer les protagonistes austeniens dans notre époque tout en ne leur faisant pas perdre leurs caractéristiques profondes.

Ainsi, Jasmin Field/Elizabeth Benett se révéle une journaliste célibataire qui exploite pleinement son sens de l'observation et son esprit critique voire cynique dans son métier. 

L'idée de transformer Fitzwilliam Darcy en un acteur issu d'une lignée de comédiens reconnus et élitistes constitue égament une très bonne trouvaille. Il permet de creuser un fossé entre lui et sa partenaire amateure et de comprendre ses réticences à avoir une histoire d'amour avec l'héroïne.

Néanmoins, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous détailler toutes les modernisations opérées par l'écrivaine afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte.

On retrouve aussi les ressorts de l'intrigue et les péripéties essentielles de l'oeuvre de Jane Austen. Mais une fois encore, elles ont évolué et semblent plus contemporaines, que ce soit la proposition de mariage rejetée, la cour de Mr Collins, la relation de Wickham et de Georgina Darcy...

Bref, comme vous l'aurez compris, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Jasmin Field et je ne saurai que trop vous recommander la lecture de cette transposition actuelle de Pride and Prejudice. Melissa Nathan a réussi à en reproduire l'esprit tout en évitant l'écueil d'un trop grand mimétisme.

Du coup, je crois que je vais essayer de trouver Persuading Annie, son travail autour de Persuasion.

 

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288 pages, Piatkus books, 2000



 


20/08/2012

Une nuit décisive à Florence

Il suffit d'une nuit

 de Somerset Maugham

il suffit d'une nuit.gif

 

Mary, jeune veuve de 30 ans, passe un agréable séjour dans une villa prêtée par  les Léonard, un couple d'amis absents, sur les hauteurs de Florence. Son quotidien est rythmé par les balades en voiture dans les collines toscanes, les brunchs ou dîners avec la bonne société et les visites de Sir Edgar Swift, un vieil ami de sa famille. Ce dernier n'a jamais dissimulé les tendres sentiments qu'il portait à la jeune femme. Et dès les premières pages, il la demande en mariage. Mary lui promet alors une réponse dès son retour.

Le soir même, elle est invitée à un dîner par la princesse San Ferdinando. Parmi les convives, on remarque très vite Rowley Flint, un jeune Anglais à la réputation sulfureuse de séducteur. Ebloui par la beauté de l'héroïne, il lui fait une cour ardente. Mais la jeune femme se refuse. Elle rêve d'une nuit avec un inconnu " un homme qui soit malheureux, pauvre et solitaire, qui n'aurait jamais goûté aux bonnes choses que l'argent nous procure". "[Elle pourrait] lui offrir une expérience unique, une heure de félicité totale, quelque chose qu'il n'aurait même pas osé rêver et qui ne se reproduirait jamais dans sa vie"

C'est alors que son destin croise celui de Karl Richter....

 

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 J'avais adoré La Passe dangeureuse, le roman de Somerset Maugham adapté récemment auLa-passe-dangereuse (1).jpg cinéma sous le nom Le voile des illusions avec Edward Norton et Naomi Watts. Aussi, quand je cherchais des ouvrages en rapport avec la Toscane et que ce titre s'est présenté à moi, je n'ai pas hésité à l'emporter dans mes bagages.

Et j'ai passé un très agréable moment de lecture.

Déjà parce qu'on sent l'amour profond de l'auteur pour cette région merveilleuse. Malgré le format assez court de son récit et l'écriture resserrée autour de l'action, il ne peut s'empêcher de discourir sur les beautés des paysages alentours. "Il y'a quelque chose dans cet air léger de la Toscane qui vous émeut au point que toute impression physique met en branle des correspondances spirituelles. Vous ressentez la même émotion que, par exemple, en écoutant la musique de Mozart, mélodieuse et gaie avec un arrière-fond de mélancolie, qui vous remplit d'un si parfait contentement que vous vous trouvez comme affranchi de l'empire de la chair. Pendant quelques minutes bénies, toute grossièreté temporelle est épurée, toute confusion s'ordonne en une harmonieuse perfection".

Et c'est sans doute cet environnement qui exacerbe les sens de Mary et qui l'éveille à la sensualité et à l'amour. En effet, on assiste à une renaissance de l'héroïne au cours de ces quelques jours décisifs. Son "coup de folie" la sort de son apathie et la force à se replonger dans la vie.

L'évolution de son personnage se révèle par conséquent très intéressante à suivre, même si elle aurait mérité un développement plus ample.

Néanmoins, le protagoniste le plus fascinant demeure sans conteste Rowley Flint. Dès la première description qui en est faite, j'ai immédiatement pensé à Rhett Butler, un de mes héros préférés de la littérature. Même côté séducteur, même cynisme, même réputation auprès des femmes, même sens de la répartie. Et cette impression s'est confirmée au fil de l'intrigue. On ne peut s'empêcher d'avoir un petit faible pour lui.

Le seul bémol de cette oeuvre réside dans le ressort même de l'intrigue: cette nuit aux conséquences désastreuses. J'ai eu beaucoup de mal à croire à son dénouement. Le justificatif psychologique apporté par Maugham me semble un peu faible. Cependant, comme je souhaitais voir ce qu'un tel événement, impliquait pour les personnages, j'ai continué avec plaisir ma lecture.

Bref, si vous désirez passer un bon moment de détente et partager les aventures de Mary, Edgar et Rowley près de Florence, n'hésitez pas. 

De mon côté, je vais essayer de trouver l'adaptation cinématographique avec Kristin Scott Thomas et Sean Penn.

 

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10/18, Collection "Domaine étranger", 158 pages