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des romans anglais - Page 19

  • Oscar Wilde et le mystère de Reading

    Oscar Wilde et le mystère de Reading

    de

    Gyles Brandreth

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    "Il était six heures du soir, mais le radieux soleil estival était encore très haut dans le ciel. Sur la terrasse du Café suisse, à l'ombre de l'auvent aux rayures bleues et blanches, assis sur une petite chaise face à une table ronde couverte d'une nappe à carreaux rouges et blancs, un homme corpulent tournait entre ses mains un verre vide. Il était là depuis une heure-deux, peut-être"

    Après avoir été reconnu coupable de sept chefs d'accusation d'attentat à la pudeur et avoir purgé une peine de deux ans d'emprisonnement et de travaux forcés, Oscar Wilde s'est réfugié en France en 1897. Et plus exactement à Dieppe où il se fait appeler Sebastian Melmoth et où il vit chichement de la rentre accordée par son épouse.

    Alors qu'il est à la terrasse d'un café, un certain Dr Quilp l'aborde et lui demande de lui raconter tout ce qu'il a vécu à la prison de Reading. Il est certain que s'ils couchent ensemble sur le papier les mémoires de l'écrivain déchu sur sa vie en prison, ils gagneront énormément d'argent.

    Oscar Wilde accepte le marché et commence son récit...

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    J'ai toujours été sous le charme de l'esprit d'Oscar Wilde. C'est pour cette raison que l'année dernière je m'étais plongée dans le crépusculaire Testament d'Oscar Wilde de Peter Ackroyd. Un roman dont la lecture m'avait pris beaucoup de temps. Aux flashbacks sur sa vie passée se succédaient des instantanés sur ses derniers jours à Paris. Un ouvrage bien éloigné de l'idée que je m'étais faite de lui.

    J'imaginais un homme brillant, caustique, bon vivant et j'étais confrontée à un être las, brisé, abandonné et sans verve. Aussi, quand Adalana a parlé d'Oscar Wilde et le mystère de Reading sur son blog, j'ai eu immédiatement envie de le découvrir. J'avais beaucoup aimé les premiers opus de cette série mettant en scène l'écrivain transformé en détective. Et j'étais curieuse de voir si la vision de Gyles Brandreth  sur les dernières années de son existence rejoignait celle de Peter Ackroyd.

    Dès les premières pages, on retrouve le poète dans son exil français. Il semble marqué par l'épreuve qu'il vient de traverser mais a gardé son esprit caustique. Un voyageur l'aborde et lui demande de parler de son expérience carcérale.

    L'écrivain se laisse convaincre et remonte le fil de ses souvenirs. On le suit ainsi de sa condamnation à sa première incarcération et à son transfert dans la geôle de Reading.

    Gyles Brandreth a su très bien ressusciter l'ambiance qui devait régner dans les prisons victoriennes. Chaque détenu était isolé et n'avait pas le droit de s'adresser à ses comparses, sous peine d'être battu. De même, il ne pouvait sortir de son cachot que vêtu d'un masque qui le dissimulait aux yeux des autres. Il perdait également son identité et devenait un simple matricule.

    Dans les premiers chapitres, ce tableau des conditions inhumaines de détention prend le pas sur le reste de l'intrigue. On ne peut qu'être profondément bouleversé de ce qu'a pu endurer Oscar Wilde ou les autres condamnés.

    Puis, une mort suspecte survient...Suivie d'une autre. Notre héros, connu pour son amitié avec Arthur Conan Doyle (il l'aurait inspiré pour le personnage de Mycroft Holmes) est sollicité. Néanmoins, son absence de liberté de mouvement, l'empêche de mener à bien son enquête. Les mois passent. Un coupable se désigne tout seul. Mais est-il le bon? N'aurait-on pas plutôt exécuté un innocent?

    Contrairement aux autres tomes de la série, je me suis doutée de la résolution de l'énigme policière. Cependant, cela ne m'a pas empêché d'apprécier les rebondissements.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un bon moment en compagnie de ce polar victorien. Même si je n'ai pas retrouvé la verve et la qualité des énigmes des premiers opus, je me suis laissée emporter par le récit de ces deux années qui ont brisé un des plus grands esprits de son temps.

    Editions 10/18, collection "Grands détectives", 401 pages

    Billet dans les cadres des challenges 19ème siècle et God save the livre 2013

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  • Le Général du Roi de Daphné du Maurier

    Le Général du Roi

    de

    Daphné du Maurier

    général du roi roman.gif

    "Septembre 1653-Fin d'été-Les premiers vents frileux d'automne. Le soleil n'entre plus par la fenêtre de l'est, à mon réveil. Paresseux, il ne passe pas avant huit heures au-dessus de la colline. Un brouillard blanc cache souvent la baie jusqu'à midi, laissant derrière lui une haleine froide. La prairie ne sèche plus et bien après midi brille encore sous le soleil. De grosses gouttes d'eau pendent, immobiles, au bout des brins d'herbe. Je remarque les marées plus qu'auparavant. Elles s'allient au jour. Quand la mer se retire des marais, qu'apparaît peu à peu le sable dur et ridé; il me semble dans ma fantaisie, suivre le reflux; mes vieux rêves apparaissent au grand jour comme les coquillages et les pierres de la grève."

    Honor Harris revient sur son passé et sur l'influence qu'a exercée la famille Grenville sur son destin.

    C'est ainsi qu'on la retrouve en 1629, à 18 ans. Elle est alors une jeune fille issue de l'aristocratie anglaise, indépendante, entière, fière et farouche. Lors de son entrée dans le monde, elle rencontre Sir Richard Grenville, un soldat qui jouit d'une très mauvaise réputation et qui va immédiatement la fasciner. S'ensuit une cour dans l'arbre d'un jardin des Cornouailles....Honor et Richard en viennent même à se fiancer.

    Mais un terrible événement les sépare pendant quinze ans....Et c'est la guerre civile qui les réunit.

    daphné du maurier.jpeg

    La semaine dernière, je vous parlais du Général du Roi, un téléfilm de Nina Companeez qui m'a fait passer un agréable moment et m'a surtout donné envie de me replonger dans le roman de Daphné du Maurier. Un roman que j'avais dévoré à l'adolescence et que j'ai de nouveau beaucoup aimé.

    L'auteur a repris un schéma narratif assez classique: à la fin de sa vie, Honor Harris revient sur les évènements qui l'ont marquée et sur les rapports qu'elle a entretenus avec la famille Grenville.

    En même temps, ce schéma se révèle très original quand on aborde les chapitres autour de la première et de la seconde guerre civile. Après quinze ans de séparation, notre héroïne revoit Richard, devenu le "général du Roi". Leur relation reprend et Honor se voit contrainte de guetter ses missives ou ses arrivées surprise. Par conséquent, on ne se retrouve jamais au cœur des batailles. Mais on éprouve les sentiments d'une femme qui attend des nouvelles du front et ne cesse d'avoir peur pour celui qu'elle aime. De plus, certaines scènes, à l'instar de celle de la visite des troupes ou des horreurs subies par les civils, se révèlent d'autant plus frappantes car elles sont évoquées par une néophyte.

    Je me suis immédiatement attachée aux personnages. Alors que les premières pages avec Gartred me donnaient l'impression qu'ils pourraient parfois être trop manichéens, j'ai eu l'agréable surprise en avançant dans l'intrigue de voir que chacun d'entre eux présentait tant des qualités que des failles.

    Néanmois, trois d'entre eux se détachent:

    -Gartred Grenville: une femme forte qui essaie de profiter de son capital beauté pour s'élever dans la société et s'assurer un avenir stable. Même si ces choix matrimoniaux se révèlent toujours intéressés et peuvent susciter du dégoût, je n'ai pu m'empêcher de penser qu'elle symbolisait-certes la femme fatale, celle par qui le malheur arrive-mais aussi la femme noble du 17ème siècle contrainte de se marier par raison et sans cesse vendue au plus offrant par son père ou ses frères.

    -Richard Grenville: le "Général du Roi", un homme brave, colérique, impatient, exigeant, infidèle, égoïste, vantard, doué d'un grand sens de la répartie...En somme, un personnage hors normes qui ne peut laisser indifférent...Un héros de roman comme il en existe peu.

    -Honor Harris: une femme profondément libre qui, malgré sa situation, parvient à vivre son histoire d'amour. Dans une époque où ses comparses ne comptent pas, elle réussit également à donner des avis aux hommes de son entourage et à se faire entendre.

    De même, j'ai trouvé l'intrigue très prenante. Au fil des pages, on est confrontés à de nombreux rebondissements. Jusqu'au dénouement final...Seul bémol: certaines scènes de guerre m'ont un peu lassée dans les derniers chapitres.

    A bien des égards, le Général du Roi se révèle donc un roman surprenant: il met en scène une histoire d'amour atypique et il évoque la guerre et l'histoire par les yeux d'une femme doublement contrainte à l'inaction (par son statut et son état) mais qui, paradoxalement, influence certains épisodes charnières.

    Bref, vous l'aurez compris. J'ai vraiment beaucoup aimé cet ouvrage que je vous recommande. Et je crois que 2014 sera placé sous le signe( entre autres) de Daphné du Maurier.

    Si certains sont d'ailleurs intéressés par des lectures communes autour de ses œuvres, n'hésitez pas...

    Albin Michel, 1947, 404 pages

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Shellbylee et du challenge God save the livre 2013.

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  • Ne t'inquiète pas pour moi

    Ne t'inquiète pas pour moi

    de

    Alice Kuipers

    ne t'inquiète pas pour moi.jpg

    "Coucou ma Claire,

    lait

    pommes

    bananes [...]

    Si ce n'est pas trop lourd, prends un poulet et deux boîtes de haricots. Si tu ne peux pas, ça ne fait rien, j'essaierai de passer les acheter demain.

    Bises,

    Maman"

    Claire et sa maman peuvent passer des semaines à seulement se croiser. Par conséquent, elles communiquent souvent par post-it.

    Un jour, la nouvelle tombe: la mère de Claire est malade. Et leur correspondance va prendre un tour tout à fait différent.

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    Cela faisait déjà longtemps que j'avais remarqué ce roman, notamment sur le blog de Bianca. J'en avais jusqu'à présent repoussé la lecture en raison de son sujet. Puis, finalement, je me suis lancée et je l'ai dévoré en une soirée.

    Il s'agit du premier ouvrage de l'auteure anglaise Alice Kuipers. Elle a opté pour un schéma narratif très original. En effet, toute l'intrigue du livre est contée par le biais d'un échange de post-it. Une manière très efficace de moderniser le genre du roman épistolaire.

    On assiste à deux destins féminins parallèles: d'un côté, celui d'une adolescente de 15 ans, amoureuse pour la première fois et très proche de sa meilleure amie; de l'autre, celui d'une femme de 40 ans, accaparée par son travail de sage-femme et qui se retrouve confrontée à la maladie.

    Alors que les post-il réglaient les détails de la vie quotidienne au début de l'histoire et leur donnaient la possibilité d'entretenir des relations distantes, ils vont leur permettre de se dire l'essentiel vers la fin. Toutes ces déclarations que par pudeur, on retient trop souvent...

    Les petits papiers accrochés sur le frigo se révèlent donc tour à tour triviaux (de simples listes de courses ou des réclamations d'argent de poche), drôles ("ton esclave à domicile"), tendres, graves, nostalgiques....Ils invoquent toute une gamme d'émotions qui laissent le lecteur pantelant, une fois les pages refermées.

    En effet, ce roman ne peut laisser personne indifférent. Il nous fait profondément réfléchir sur nos vies modernes où bien souvent on ne fait que se croiser et sur la nécessité de ne jamais oublier ses rêves.

    De plus, il parle très simplement de tendresse, d'amour maternel, de maladie...Sans jamais sombrer dans le pathos.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai adoré Ne t'inquiète pas pour moi d'Alice Kuipers. Et j'espère vraiment que vous partagerez ce coup de cœur.

    Albin Michel Jeunesse, 2008, 242 pages, 10 €

    Lu dans le cadre du challenge God save the livre 2013.

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