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des romans jeunesse - Page 3

  • Ma vie dans un grille-pain

    Ma vie dans un grille-pain

    de

    Mikaël Ollivier

    illustré par Claire Franek

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    "Rien ne serait arrivé sans un morceau de baguette coincé dans un grille-pain.

    Ou sans une feuille morte sur un trottoir mouillé.

    C'est au choix."

    Comme tous les matins, le réveil de Jean-Baptiste Morin sonne à 7h15. S'ensuit pour le jeune vendeur de chaussures toute une série de gestes parfaitement chronométrés qui lui permettent de prendre le bus 813 à 8h05 précises et d'arriver à l'heure pour l'ouverture du magasin.

    Mais, ce matin-là, plusieurs grains de sables viennent perturber cette mécanique bien huilée et déclenchent toute une série de possibles...

    Imaginez un grille-pain, un ramasse-feuilles ou un achat de pain de mie...qui pourraient changer le cours de toute une vie...

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    Quand je suis arrivée en section jeunesse dans ma bibliothèque, on m'a immédiatement conseillé les romans de Mikaël Ollivier. Et il est vrai que Celui qui n'aimait pas lire, Ma vie en gros ou Un monde dans ma main sont des ouvrages qui m'ont beaucoup plu.

    Pour ce roman, récemment paru chez Sarbacane, j'ai été immédiatement attirée par le titre assez intriguant et par la couverture très colorée.

    Dans cette œuvre, l'auteur s'est interrogé sur toutes les existences qu'une même personne pourrait expérimenter, selon l'arrivée d'un ou de plusieurs micro-événements.

    Tout commence comme un conte. Comme tous les matins, notre prince charmant suit un programme déterminé qui doit le mener à son travail à l'heure. Mais, suite à une panne de grille-pain, tout va être bouleversé.

    Selon qu'il attrape le bus ou qu'il chute, il ne connaît pas le même destin et ne rencontre pas les même personnes.

    On sent bien tout l'amusement du narrateur à lancer toute une série d'hypothèses sur ce qui aurait pu être ou ne pas être. Certaines pistes se révèlent farfelues, d'autres sonnent plus juste et nous font forcément réfléchir sur la fragilité de certains choix et sur l'univers des possibles.

    Heureusement, à la fin, nous connaîtrons le sort de Jean-Baptiste Morin. Et que dire de la chute très surprenante?

    De même, j'ai trouvé que les illustrations drôles et un peu vintage de Claire Franek se mariaient à merveille avec ces multiples rebondissements.

    Bref, vous l'aurez compris: un roman jeunesse très plaisant qui retiendra l'attention tant des petits que des grands. Et qui nous rappelle à quel point un micro-événement peut nous amener à une belle rencontre et faire basculer notre vie.

    Editions Sarbacane, 2014, 75 pages

     

  • Quand un chat réunit des coeurs esseulés

    Chat par-ci/ Chat par-là

    de

    Stéphane Servant

    chat par ci.gif

    "J'attends Lundi.

    C'est un drôle de nom pour un chat.

    Mais je n'aime ni les lundis ni les chats. C'est pour cela que j'ai choisi de l'appeler Lundi."

    Suite à un accident à vélo, Lorette, une vieille dame, se retrouve plâtrée. Et elle s'ennuie à mourir. Heureusement, pour la distraire, elle bénéficie de la présence d'un chat qu'elle a surnommé Lundi.

    Aujourd'hui est un jour pas comme les autres car autour du cou du chat, elle trouve un message. Quelqu'un essaie d'engager la conversation avec elle.

    Lorette aimerait bien que ce soit le vieux monsieur en face.

    Une correspondance s'établit...

    "J'attends Lunes.

    C'est un drôle de nom pour un chat.

    Mais j'adore les lundis et les chats. Et l'espagnol aussi. Lunes, ça veut dire lundi."

    Sofiane doit rester chez lui car il a une jambe plâtrée. Mais compte les heures car personne ne vient lui rendre visite.

    "Personne ne vient jamais sonner à ma porte. Parce que je ne sais pas comment me faire des amis. Le jour où je suis né, on a oublié de me donner le mode d'emploi."

    Sofiane rêverait de sortir de sa coquille et d'aborder notamment la petite voisine qu'il adore entendre rire ou chanter.

    Quel stratagème employer pour engager la conversation?

     

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    Je ne sais pas si vous connaissez la collection Boomerang du Rouergue. Elle a l'originalité de proposer des romans recto verso. Peu importe le sens de lecture, on est toujours surpris quand les intrigues se rejoignent.

    Avec Chat par-ci et son pendant Chat par-là, Stéphane Servant propose un très joli texte sur les solitudes modernes et sur les cœurs esseulés.

    Lorette/Sofiane: deux personnes aux âges opposés mais réunis par le même problème: tous deux sont refermés sur eux-mêmes et peinent à s'ouvrir aux autres.

    Deux voix qui vont nous raconter leur semaine et l'évolution de leur vie grâce à un chat.

    Pour mieux montrer les points communs entre ces deux narrateurs, l'auteur a pris le parti de commencer de la même manière son recto et son verso. A une variante près: là où Lorette se montre négative, Sofiane se révèle positif.

    Puis, après avoir souligné les ressemblances entre ces deux protagonistes, il se lance dans deux récits différents et qui parviennent quand même à se recouper au milieu du livre.

    Comment? Je vous laisse le plaisir de la découverte. Sachez juste que j'ai trouvé l'idée très ingénieuse et j'ai eu hâte de me lancer dans le verso (Chat par-là) pour tout comprendre.

    A cette trame très bien conçue se superpose un langage à la fois prosaïque et poétique. Le prosaïque, c'est plus pour Lorette, la poétique, plus pour Sofiane. Mais le langage prosaïque de Lorette se teinte de plus en plus fortement d'éléments poétiques au fil des jours. Tout comme la poésie de Sofiane s'intensifie.

    "Avec Pablo Neruda et tes chansons et tes rires dans le jardin d'en bas, le mercredi est passé à toute allure. Mes yeux vont des poèmes au jardin, et du jardin aux poèmes. Et tout se mélange. La vie et la poésie. Tout est beau. Tout brille. Et les phrases de Pablo et tes yeux. Des soleils partout."

    On est conquis par les scènes, par les échanges de regards, par les vagues d'espoir qui étreignent nos héros, par leur ouverture progressive et on ressort émus de cette lecture.

    Bref, vous l'aurez compris: un très beau roman jeunesse qui résonnera aussi bien dans les cœurs des plus petits que des plus grands.

    Rouergue, 2014, 74 pages (37 et 37)

     

     

     

     

     

  • Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois de janvier

    Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois de janvier

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    Me voici de retour avec ce billet autour des livres que je n'ai pas chroniqués au mois de janvier.

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    Commençons par une lecture dans le cadre du Prix des Incorruptibles. Honnêtement, je n'aime pas du tout la couverture et s'il n'avait pas fait partie de la sélection 5ème/4ème, je ne lui aurais jamais donné sa chance. Mais, heureusement, quand je l'ai ouvert, mes préjugés se sont vite effacés pour laisser place à un grand amusement. Car Gaia Guasti sait utiliser les mots justes, ceux qui font mouche et qui provoquent des sourires voire des rires...Dans la famille de Margotte, chacun a un rôle bien défini: sa mère râle, son père regarde, sa petite sœur Clairette fascine et elle, elle réfléchit. Mais, voilà, tout cet équilibre est menacé par la soudaine décision parentale de quitter la ville pour s'installer dans un petit hameau du 07. L'acclimatation en Ardèche se révèle difficile: entre les lacets qui donnent la nausée, les regards pas toujours bienveillants des autochtones, les soudaines envies bobos maternelles...Les pages se tournent facilement, même si j'ai regretté que la fin ne soit pas à la hauteur et que le rythme s'essouffle dans les derniers chapitres. Néanmoins, cet ouvrage, dans la lignée de la super bande dessinée Le retour à la terre de Manu Larcenet, fait passer un bon moment. Et, parfois, cela suffit amplement.

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    Partons maintenant sur les traces d'une Nappe blanche, un très beau titre d'une collection que j'affectionne énormément (Petite Poche chez Thierry Magnier). Françoise Legendre suit le destin d'une nappe blanche dont hérite au fil des ans les membres d'une famille. L'occasion en un siècle de voir comment cet objet a pu marquer la vie de chacun, voire la sauver. Forcément, comme le titre est court, nous n'assistons qu'à quelques scènes frappantes (un mariage avant 1914, les premiers congés payés, une fouille pendant la Seconde Guerre mondiale)...J'ai trouvé ce procédé narratif très intéressant et original. Et quelle phrase finale, si poétique!

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    Rejoignons ensuite les enquêtes surnaturelles de Monsieur Voltaire. Ce chien détective doit mener des investigations dans le manoir de Lord Sacha MacGouttière. Son objectif: retrouver l'auteur d'un forfait commis cent ans plus tôt, afin de lever une malédiction qui oblige les défunts à hanter le lieu. Chacun des coupables possibles se présente à lui et livre sa version des faits..Et si finalement, la vérité ne résidait pas dans un tableau? J'avais remarqué ce livre sur le blog de ma copinaute Bianca et quand je l'ai reçu à la médiathèque, je l'ai entamé sans tarder. Voilà un roman policier pour jeunes divertissant et intriguant à souhait (difficile de deviner l'identité du voleur). J'ai été également sensible aux illustrations d'Amélie Callot et je pense que je continuerai cette série.

    Bref, vous l'aurez compris: un mois résolument placé sous le signe de la jeunesse. Place maintenant à février et à son éventail de possibilités livresques.