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des romans jeunesse - Page 5

  • Lettres à pattes et à poils et à pétales

    Lettres à pattes et à poils et à pétales

    de

    Philippe Lerchermeier

    illustrations par Delphine Perret

     

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    -Lettres d'un d'un dictyoptère au courrier du cœur

    "Chère coccinelle,

    J'ai découvert ta rubrique "Courrier du cœur " dans le dernier numéro de Bzzz'mag que ma soeur a laissé traîner l'autre matin sur la table du petit déjeuner."

    Un dictyoptère écrit au courrier du cœur de Bzzz'mag pour parler de ses sentiments amoureux. En effet, depuis quelque temps déjà, il aime une de ses camarades de classe qui malheureusement, pour lui, ne lui prête aucune attention.

    De lettre en lettre, on suit donc ses espoirs, ses coups de blues, ses tentatives d'approche...Et si elle le remarquait enfin?

    -Lettres de la chèvre à Monsieur Seguin

    "Cher Monsieur Seguin,

    Il y'a quelques minutes vous avez entendu le portail grincer. Et sans doute vous vous êtes dit: "Pécaïre, voilà que ça recommence!"

    La chèvre de Monsieur Seguin n'est pas morte. Non, contrairement à ce que tout le monde croyait, elle s'est enfuie et a réussi à échapper au loup. Après un tour du monde qui lui a fait prendre conscience de la misère animale et de la nécessité de libérer tous ses congénères, la voilà de retour tout près de la ferme de son ancien propriétaire.

    Dans sa correspondance, elle lui parle donc de cet incroyable itinéraire et de son engagement pour la cause des bêtes.

    -Lettres du moustique à la fenêtre qui refuse de s'ouvrir

    "Madame la fenêtre,

    Je ne sais pas si vous me reconnaîtrez, je suis le moustique qui passe chaque soir dans l'espoir d'entrer dans la maison que vous protégez. "

    Depuis quelques temps, une famille de cinq membres "tous beaux, tous frais, tous neufs" a emménagé dans le quartier. Et le moustique rêve de pouvoir leur rendre visite. Mais la fenêtre refuse de s'ouvrir, malgré les protestations virulentes qui lui sont adressées par écrit.

    Cependant, notre héros ne s'avoue pas vaincu et fomente avec ses congénères un plan diabolique....

    -Lettres de la rose au jardinier

    "Cher monsieur le jardinier,

    Si je m'adresse à vous, c'est parce que cela fait des années que l'on se connaît et qu'à l'exception de la marguerite et de l’œillet qui sont mes amis, je ne vois pas à qui d'autre je pourrais confier mon secret."

    Une rose est amoureuse d'un jeune homme qui très régulièrement, vient s'asseoir sur un banc à côté d'elle. A chacune de ses "visites", elle tente de se faire belle pour l'attirer. Mais rien....C'est comme si elle n'existait pas...Jusqu'au moment où...

    -Lettre du chienchien à sa mémère

    "Chère Mémère,

    Cela fait plusieurs jours que j'hésite à t'écrire. Ce n'est pas évident car ce qu'ai à te dire, c'est pas vraiment cool. Mais bon, cette fois, tu as abusé"

    Un chienchien, en pleine crise d'adolescence, règle ses comptes avec sa mémère.

     

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    Après le très bon Lettres à plumes et à poils, voici le retour du tandem Philippe Lechermeier/Delphine Perret.

    En cinq nouvelles et autant de variations épistolaires à pattes et à poils et à pétales, ils nous parlent de l'amour non partagé, des relations familiales, des revendications et des combats à mener dans toute existence...Sans oublier l'injustice, la tristesse, la solitude, l'emprisonnement...

    Comme dans le précédent opus, de nombreux thèmes forts sont par conséquents traités. Mais le propos ne se fait jamais dur. Non, sous un couvert à la fois humoristique et grinçant, on est amenés à s'interroger sur ses sujets.

    On rit beaucoup avec ces cinq protagonistes. J'ai particulièrement aimé le détournement de la nouvelle de Daudet et la création de cette chèvre défenseure de la cause animale. Tout comme je me suis régalée à suivre les émois de ce dictyoptère follement épris de la mauvaise personne.

    Chaque nouvelle possède sa propre tonalité, sa propre vitalité...Et fort souvent, la chute se révèle assez surprenante.

     

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    Les illustrations de Delphine Perret accompagnent parfaitement le texte et soulignent son aspect très loufoque.

    Bref, vous l'aurez compris: ce recueil de nouvelles jeunesse fait passer un très bon moment. Et comme pour Lettres à poils et à plumes, en le refermant, je me suis dit: encore!

    Editions Thierry Magnier, 2014, 169 pages, 10 €

     

  • Les serpents du Museum de Sophie Humann

    Les Serpents du Muséum

    de

    Sophie Humann

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    "L'éclusier, du courrier!

    Au cri du facteur, Juliette a sursauté. Depuis que son père ne remonte plus l'horloge, elle s'est habituée au silence.

    -Allez, viens, Ninette, on va chercher la lettre.

    Mais Ninette, une poule grasse et grise, juchée sur le lit de sa maîtresse, n'ouvre pas même un œil."

    Depuis la mort de sa mère l'hiver dernier, Juliette, 12 ans, a quitté l'école et s'occupe désormais de la maison qu'elle partage avec son père, éclusier de son état.

    Mais ce dernier, inquiet de voir sa fille passer sans cesse du mutisme à l'excitation et être souvent en proie à des colères, accepte de la confier à son oncle et à sa tante à Paris

    C'est ainsi que notre héroïne est envoyée dans la capitale en 1875 pour y passer les deux mois d'été.

    Son oncle, gardien chef au Muséum d'Histoire naturelle, lui ouvre les portes du Jardin des plantes. Émerveillée, Juliette ne se lasse pas de visiter les coins et les recoins de cet endroit magique.

    Un jour, alors qu'elle doit rejoindre son oncle, elle rentre, malgré les interdictions, dans le pavillon des reptiles et se retrouve nez-à-nez avec un serpent des plus dangereux. Elle ne doit son salut qu'à un des soigneurs, Gaspard.

    Une enquête est diligentée pour comprendre comment un animal aussi venimeux a pu s'échapper et comment un autre a pu disparaître.

    Des soupçons naissent...

    Et Juliette décide de mener ses propres investigations.

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    Les serpents au Jardin des plantes

    J'avais remarqué ce roman historique jeunesse sur le blog de ma copinaute Bianca. Comme elle est toujours de bons conseils, je l'ai suggéré à  une de mes collègues et je me suis précipitée dessus quand il est arrivé.

    J'ai tout de suite apprécié le personnage principal. Juliette est une adolescente vive, intelligente, curieuse, courageuse, rebelle qui tente de se remettre de la perte de sa mère. Aussi, quand son père accepte l'invitation de son beau-frère, elle est ravie de changer d'air.

    Dès son installation chez eux, elle part à la découverte de ce Jardin des Plantes où travaille son oncle. Sur ses traces, on en apprend beaucoup sur le fonctionnement de ce lieu, sur les horaires d'ouverture, sur le personnel, sur les animaux, sur les différents sites à voir, sur les visiteurs et leurs défauts....

    J'ai trouvé cette partie vraiment très intéressante. Depuis quelque temps, je me suis rendue plusieurs fois au Jardin des plantes en compagnie de mon filleul et je sais que, grâce à ce roman, je ne le regarderai pas de la même manière à la prochaine sortie.

    Mais cette plongée dans ce lieu célèbre ne constitue pas le seul intérêt de cet ouvrage. En effet, Sophie Humann parvient à nous décrire la vie dans ce Paris de 1875, l'effervescence des grands magasins comme le Bon marché, les transports, le milieu de la peinture...

    De même, l'intrigue policière assez réussie qu'elle développe lui permet de brasser de nombreux thèmes: les conditions d'apprentissage des enfants, l'école, le rejet des étrangers, la vie carcérale...

    Bref, vous l'aurez compris: un roman jeunesse à la fois divertissant et instructif qui permet de passer un agréable moment. J'espère retrouver Juliette dans de prochaines aventures.

    Éditions Flammarion Jeunesse, 2014, 125 pages, 5,90 €

    Billet dans le cadre du challenge 19ème siècle organisé par Fanny.

     

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  • La Fille qui n'aimait pas les fins

    La Fille qui n'aimait pas les fins

    de

    Yaël Hassan et Matt7ieu Radenac

    fille qui n'aimait pas les fins.jpg

    "Je déteste cet endroit.

    Les bibliothèques me font toujours cette impression étrange: je les déteste et en même temps, je dois avouer que j'apprécie leur calme, leur ambiance studieuse et leurs rayonnages débordant de livres dans lesquels, s'ils m'appartenaient..

    Mais ils ne m'appartiennent pas!

    Et là est tout le problème....

    Emprunter un livre et avoir à le rendre ensuite, à s'en séparer, à s'en éloigner...Impossible!"

    Maya est une jeune adolescente qui adore les livres. Elle en possède pas moins de 334. Mais ses étagères débordent. Et sa mère, pour contrer cette invasion, décide, malgré ses protestations, de l'inscrire à la bibliothèque.

    Elle y fait la rencontre de Manuelo, un vieil original.

    Des liens se tissent très vite entre ces deux passionnés de littérature.

    Mais leur relation tient-elle vraiment au hasard?

     

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    A mon arrivée en secteur jeunesse, j'avais découvert certaines œuvres de Yaël Hassan: Un grand-père tombé du ciel, Momo, petit prince des bleuets et Le professeur de musique. Et, à chaque fois, j'avais été frappée par sa faculté à parler avec simplicité et émotion de sujets tels que les relations intergénérationnelles, les disputes familiales....

    Aussi, quand ce roman qu'elle a rédigé à quatre mains avec Mathieu Radenac est arrivé à la médiathèque, je n'ai pas hésité longtemps avant de m'y plonger. Surtout que je gardais en mémoire le bel article de George dessus.

    Pour raconter l'histoire de Maya et de Manuelo, les deux auteurs ont opté pour un schéma narratif qui s'articule autour d'une alternance de leurs deux points de vue (à une exception près). Un procédé que j'ai trouvé habile car il permet de mieux cerner ces protagonistes et de comprendre ce qu'ils cachent.

    Maya est une adolescente de 13 ans passionnée par les livres. Une passion qu'elle tient de son père qui avait l'habitude de lui lire des histoires tous les soirs. Un père qu'elle a malheureusement perdu trois ans auparavant.

    Maya a dû mal à faire son deuil et à accepter le nouvel ami de sa mère.

    Mais c'est justement son inscription à la bibliothèque municipale et sa rencontre là-bas avec Manuelo qui vont l'aider à avancer.

    De son côté, Manuelo dissimule également des blessures. Très vite, on comprend qu'il est le grand-père de Maya et qu'il tente de rattraper le temps perdu. En effet, son fils et lui étaient fâchés (pour des motifs que nous apprendrons à la fin) et il a été tenu à l'écart de tous les grands événements de sa vie.

    A cette thématique sur le deuil, sur les disputes familiales et sur les regrets qui peuvent en découler se greffe un bel hommage aux livres et à l'écriture.

    Maya et Manuelo nouent des échanges à partir de l'emprunt de Robinson Crusoé. Ensemble, ils vont ainsi disserter des Trois mousquetaires, de l'importance des carnets pour épancher toutes ses pensées, de marque-pages et de la fin des romans.

    Comme le laisse deviner le titre, Maya, pour une raison bien particulière (je vous laisse la découvrir), n'aime pas les fins. Elle a pris pour habitude de laisser en plan tous les ouvrages qu'elle parcourt cinquante pages avant de les avoir achevés.

    Cette question de savoir s'il arrive de regretter une fin, elle va la poser à une romancière qu'elle rencontre qu'à son grand-père, lui-même écrivain.

    "Si je regrette les fins? Je ne pense pas qu'il faille les regretter, elles marquent un nouveau départ. La fin peut être une petite lumière qui illumine l'ensemble en lui donnant un sens. Je l'espère en tout cas."

    J'ai beaucoup apprécié toutes ces réflexions sur le livre comme lien entre les personnes, sur l'écriture comme remède....

    En revanche, j'ai moins adhéré à certains éléments de l'intrigue tels que l'histoire d'amour adolescente. J'ai trouvé qu'ils avaient tendance à éloigner le lecteur des thématiques essentielles et déjà très riches abordées dans ce court roman.

    De même, je n'ai pas été convaincue par les arguments avancés pour justifier la brouille entre Manuelo et son fils.

    Bref, vous l'aurez compris: malgré quelques bémols, j'ai passé un agréable moment en compagnie de cette œuvre qui fait réfléchir sur le pouvoir de la littérature et sur le deuil.

    Syros, 217 pages, 6,50 €