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éditions 1018 - Page 3

  • La Tête de la reine d'Edward Marston

    La Tête de la reine

    de

    Edward Marston

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    "Château de Fotheringhay, Février 1587

    La Mort l'avait suivie patiemment tout au long de sa captivité. Pas un jour ne passait sans que Marie entendît ou imaginât son pas furtif derrière elle, pourtant la Faucheuse retint sa main pendant près de vingt ans. Quand finalement elle frappa, ce fut avec une hâte indécente.

    -Demain matin, à huit heures."

    Ce roman s'ouvre sur les derniers moments de Mary Stuart. Heure après heure, nous suivons le cérémonial implacable. Jusqu'à son exécution.

    D'une tête de reine à une autre...

    "La tête de la reine oscillait doucement d'avant en arrière sous la brise légère. Le regard restait captivé à sa vue. Portant perles et diadème dans sa chevelure rousse relevée en une masse de boucles drues, elle avait un visage pâle et distingué, au front altier, au nez fin et aux lèvres pleines. Son impérissable beauté tenait également à ses yeux remarquables. [...] A ce regard impérieux, nul ne pouvait manquer de reconnaître Elisabeth Tudor, souveraine d'Angleterre."

    Ce portrait sert d'enseigne à l'auberge de la Tête de la Reine. Une auberge qui abrite les représentations des Hommes de Westfield.

    Mais depuis quelques temps, cette troupe, qui entend donner une pièce autour du succès contre l'Armada, semble la cible de saboteurs et d'assassins.

    Le régisseur Nicholas Bracewell va tenter de comprendre l'identité de ceux qui veulent ruiner la réputation de ses comparses voire attenter à leurs jours.

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    Je ne connaissais pas du tout cette série avant de lire le billet de Shelbylee sur sa folie des Tudors. Et elle a su me donner envie de me plonger dans ces romans policiers historiques (d'autant plus qu'en farfouillant dans les étagères de ma bibliothèque, j'ai eu le bonheur de trouver le premier volet en anglais).

    Ce qui m'a immédiatement frappé dans la Tête de la reine, c'est l’atmosphère. A la suite de son héros Nicholas Bracewell, l'auteur nous immerge dans le milieu théâtral élisabéthain. Répétitions, querelles de comédiens, rivalités, vie quotidienne d'une troupe...n'ont bientôt plus de secrets pour nous. Et cette partie historique se révèle juste passionnante.

    De plus, Edward Marston a su créer un protagoniste principal intelligent, ingénieux, curieux. Un protagoniste au passé trouble (on ne connaît que peu de choses sur ses années dans la marine avant son engagement dans la troupe). Un protagoniste fidèle en amitié. Et à ses engagements.

    Autour de ce héros attachant, gravite toute une galerie de rôles secondaires hauts en couleurs. De Lawrence Firethorn, l'acteur cabotin, amoureux d'une Lady et marié à une femme à fort caractère et loin d'être bête  au petit commis, tous nous sont dépeints à la fois simplement mais avec beaucoup de précision. Je n'ai eu aucun mal à les imaginer tant ils me paraissaient vivants.

    Tous ces "caractères" permettent à la narration d'entremêler différents registres: vaudeville (les scènes très drôles entre Lawrencre Firethorn et sa femme, par exemple), comédie, tragédie...Comme si l'intrigue elle-même rendait hommage au milieu qu'elle dépeint.

    Cependant, cet aspect très théâtral de l'histoire ne doit pas masquer sa dimension policière. Car mystère il y a. Autour de l'assassinat dans un café louche d'un des Hommes de Westfield et d'une prostituée.

    Nicholas Bracewell mène l'enquête. Et comme lui, nous tâtonnons, nous butons...Jusqu'à la révélation finale qui ne m'a pas complètement surprise. En effet, depuis quelques chapitres, je m'attendais à l'identité du ou des coupables. Toutefois, sans complètement avoir appréhendé le dénouement...

    Bref, vous l'aurez compris: cet ouvrage constitue un polar historique réussi. Vivement la suite pour retrouver ce héros et cette époque fascinante!

    Editions 10/18, 2000, 253 pages

    Billet dans le cadre d'une LC avec Shelbylee

     

     

  • Long Spoon lane

    Long Spoon Lane

    de

    Anne Perry

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    "Le cab fit une embardée dans le virage et Pitt faillit être projeté hors du siège. Narraway proféra un juron. Ils accélérèrent encore en direction d'Aldgate et de Whitechapel High Street, les sabots du cheval cognant sur les pavés."

    Réveillé en pleine nuit par Victor Narraway, son supérieur à la Special Branch, Thomas Pitt est sommé de se rendre immédiatement à Myrdle Street  où une bombe doit exploser à six heures du matin. Quand il arrive sur les lieux,  toute la population a été évacuée et aucune victime n'est à déplorer suite à la déflagration. Une course-poursuite se met en place et les forces de l'ordre, après des échanges de balles, parviennent à rentrer dans la salle où se sont réfugiés les anarchistes. Parmi eux, un mort, le fils d'un Lord qui semble avoir été assassiné par derrière.

    Qui est coupable? Un de ses complices? Un policier véreux? Telle est la question que doit résoudre notre enquêteur préféré.

    Et, très vite, au fil de ses investigations, Pitt constate l'existence d'un complot de très grande envergure. Pour lutter contre les plans du Cercle intérieur, ile se retrouve même contraint de faire alliance avec son ennemi juré Lord Charles Voisey. Au risque de mettre en danger sa vie et celle de ses proches.

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    Comme en chaque début de mois, je retrouve mes copinautes pour de nouvelles aventures de Thomas et Charlotte. Déjà le vingt-quatrième volet...Après avoir été déçue par Southampton Row, j'avais apprécié le voyage en Egypte et l'évolution des rapports entre Gracie et Tellman proposés par Seven dials.

    Dans ce tome, en revanche, pas de contrée exotique au programme. Non, Pitt et Narraway se retrouvent confrontés à des attentats anarchistes. L'occasion pour Anne Perry de nous proposer une intrigue plus politique.

    En effet, des revendications anarchistes, on glisse vers le vote des lois au Parlement, avec la proposition d'un texte renforçant les pouvoirs de la police (en termes d'armes et de droit de perquisition) et permettant aux domestiques de dénoncer leurs maîtres. Vous l'imaginez bien, ce texte divise, tant chez les Parlementaires que dans l'opinion publique.

    Nous assistons donc dans certains chapitres à des débats houleux à Westminster. Des débats qui nous font d'autant plus peur que, tout comme Pitt et comme Narraway, nous savons ce que dissimule ce texte législatif.

    Il est l’œuvre du Cercle intérieur et de son chef Wetron (le remplaçant de Pitt au commissariat de Bow Street). Cet homme machiavélique entend ainsi disposer d'un pouvoir considérable (basé sur la possibilité de faire chanter quiconque ou de perquisitionner n'importe qui) et souhaite par ce biais se constituer sa propre armée de policiers corrompus.

    Notre héros se retrouve donc confronté à une vaste conspiration et il va tout entreprendre avec Tellman et Narraway pour la déjouer.  En s'attaquant à la corruption de son ancien commissariat. En cherchant partout des stocks de dynamites. En faisant des alliances avec les anarchistes emprisonnés. En prenant le risque de croire Voisey et de collaborer avec lui.

    Anne Perry a donc su créer une intrigue toute en tension et au rythme sans faille (avec un final dramatique à souhait comme elle en a si bien le secret). Je suis désormais très curieuse de connaître les répercussions de certains de ses choix narratifs...

    Néanmoins, je regrette que les femmes n'aient pas eu un rôle plus prédominant dans le déroulé de l'histoire. Même si on voit Vespasia, Charlotte, Gracie ou Emily, j'ai trouvé qu'elles n'étaient pas assez présentes...J'ai également regretté que certains axes relationnels n'évoluent pas plus (je fais référence à Gracie et Tellman).

    Bref, vous l'aurez compris: Long spoon Lane constitue un bon cru. Et je retrouverai avec plaisir nos héros dans les jardins de Buckingham le mois prochain.

    Editions 10/18, 2008, 345 pages

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, Céline et Fanny et dans le cadre du challenge Anne Perry de Syl.

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  • Seven dials de Anne Perry

    Seven dials

    de

    Anne Perry

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    "Pitt ouvrit les yeux mais cela ne fit pas cesser les coups pour autant. Les premières lueurs du jour se glissaient entre les rideaux. Début septembre, pas encore six heures du matin, et on frappait à sa porte. Non, on ne frappait pas, on s'acharnait."

    Réveillé aux premières lueurs du petit matin, Pitt se voit confier une affaire délicate: enquêter sur la mort d'un diplomate, assassiné dans les jardins de la maîtresse égyptienne d'un ministre du gouvernement. Tout semble accabler cette femme qui aurait été retrouvée en train de transporter le cadavre dans une brouette. Un scandale politique éclate et notre détective de la Special Branch va avoir besoin de toute sa clairvoyance pour démêler les fils de cet épineux problème.

    Au même moment, Charlotte et Gracie apprennent la disparition d'un domestique et tentent de retrouver sa trace.

    Après l'Amérique profonde de Rectify, me voici de retour en Angleterre en compagnie des Pitt. Vous vous souvenez peut-être que j'avais été assez déçue par le précédent cru Southampton Row. Aussi, j'avais peur qu'il en soit de même avec cette vingt-troisième aventure...

    Je dois d'ailleurs confesser que les premières pages n'ont pas été pour me rassurer. En effet, j'ai trouvé que l'intrigue mettait du temps à s'installer et que l'enquête piétinait un peu.

    Et, puis, Narraway a décidé d'envoyer Pitt en Egypte sur les traces d'Ayesha Zakhari, la présumée meurtrière du diplomate Lovat.

    Quelle bonne idée narrative de la part d'Anne Perry! Déjà car elle place son héros dans une situation totalement insolite, bien loin de tous ses repères et ancrages naturels. De plus, elle lui permet de brosser un portrait de ce pays à la fin du 19ème siècle. Un pays où la présence militaire anglaise se fait beaucoup sentir et où les velléités d'indépendance ne cessent de s'affirmer. De rencontres en interrogatoires, à la suite de Thomas, le lecteur apprend beaucoup de choses sur les rapports entre les autochtones et les "occupants", les us et coutumes, les coptes, les musulmans...

    Ce départ ailleurs apporte donc une grande bouffée d'oxygène à une histoire qui aurait pu se traîner en longueur. Et qui, il faut bien le reconnaître, ne s'accélère que dans les dernières pages pour offrir un final dramatique, comme souvent.

    Outre ce voyage sur la terre des Pharaons, j'ai apprécié l'évolution des interactions entre certains protagonistes.  A commencer par la relation entre Tellman et Gracie. Depuis quelques tomes, on suit leur rapprochement sentimental et sans en révéler trop, mon côté fleur bleue a été ravi du tournant dans les rapports entre ces deux là...

    Un autre protagoniste a également retenu mon attention. Depuis l'arrivée de Pitt à la Special Branch, j'avais du mal à me forger une opinion sur Narraway. Heureusement, dans ce volume, Anne Perry a livré quelques informations sur lui et lui a ainsi conféré une plus grande humanité. Je suis notamment curieuse de voir comment se déroulera la prochaine rencontre entre lui et Charlotte...

    Bref, vous l'aurez compris: un cru intéressant, même s'il n'atteint pas le niveau des meilleurs et qui me rend assez impatiente de connaître la suite des exploits des Pitt.

    Editions 10/18, 348 pages

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, Céline et Fanny et dans le cadre du challenge Anne Perry de Syl.

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