Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

editions 1018 - Page 7

  • Oscar Wilde et le mystère de Reading

    Oscar Wilde et le mystère de Reading

    de

    Gyles Brandreth

    gyles brandreth,oscar wilde et le mystère de reading,editions 1018,collection grands détectives,polar victorien,oscar wilde enquêteur

    "Il était six heures du soir, mais le radieux soleil estival était encore très haut dans le ciel. Sur la terrasse du Café suisse, à l'ombre de l'auvent aux rayures bleues et blanches, assis sur une petite chaise face à une table ronde couverte d'une nappe à carreaux rouges et blancs, un homme corpulent tournait entre ses mains un verre vide. Il était là depuis une heure-deux, peut-être"

    Après avoir été reconnu coupable de sept chefs d'accusation d'attentat à la pudeur et avoir purgé une peine de deux ans d'emprisonnement et de travaux forcés, Oscar Wilde s'est réfugié en France en 1897. Et plus exactement à Dieppe où il se fait appeler Sebastian Melmoth et où il vit chichement de la rentre accordée par son épouse.

    Alors qu'il est à la terrasse d'un café, un certain Dr Quilp l'aborde et lui demande de lui raconter tout ce qu'il a vécu à la prison de Reading. Il est certain que s'ils couchent ensemble sur le papier les mémoires de l'écrivain déchu sur sa vie en prison, ils gagneront énormément d'argent.

    Oscar Wilde accepte le marché et commence son récit...

    gyles brandreth,oscar wilde et le mystère de reading,editions 1018,collection grands détectives,polar victorien,oscar wilde enquêteur

    J'ai toujours été sous le charme de l'esprit d'Oscar Wilde. C'est pour cette raison que l'année dernière je m'étais plongée dans le crépusculaire Testament d'Oscar Wilde de Peter Ackroyd. Un roman dont la lecture m'avait pris beaucoup de temps. Aux flashbacks sur sa vie passée se succédaient des instantanés sur ses derniers jours à Paris. Un ouvrage bien éloigné de l'idée que je m'étais faite de lui.

    J'imaginais un homme brillant, caustique, bon vivant et j'étais confrontée à un être las, brisé, abandonné et sans verve. Aussi, quand Adalana a parlé d'Oscar Wilde et le mystère de Reading sur son blog, j'ai eu immédiatement envie de le découvrir. J'avais beaucoup aimé les premiers opus de cette série mettant en scène l'écrivain transformé en détective. Et j'étais curieuse de voir si la vision de Gyles Brandreth  sur les dernières années de son existence rejoignait celle de Peter Ackroyd.

    Dès les premières pages, on retrouve le poète dans son exil français. Il semble marqué par l'épreuve qu'il vient de traverser mais a gardé son esprit caustique. Un voyageur l'aborde et lui demande de parler de son expérience carcérale.

    L'écrivain se laisse convaincre et remonte le fil de ses souvenirs. On le suit ainsi de sa condamnation à sa première incarcération et à son transfert dans la geôle de Reading.

    Gyles Brandreth a su très bien ressusciter l'ambiance qui devait régner dans les prisons victoriennes. Chaque détenu était isolé et n'avait pas le droit de s'adresser à ses comparses, sous peine d'être battu. De même, il ne pouvait sortir de son cachot que vêtu d'un masque qui le dissimulait aux yeux des autres. Il perdait également son identité et devenait un simple matricule.

    Dans les premiers chapitres, ce tableau des conditions inhumaines de détention prend le pas sur le reste de l'intrigue. On ne peut qu'être profondément bouleversé de ce qu'a pu endurer Oscar Wilde ou les autres condamnés.

    Puis, une mort suspecte survient...Suivie d'une autre. Notre héros, connu pour son amitié avec Arthur Conan Doyle (il l'aurait inspiré pour le personnage de Mycroft Holmes) est sollicité. Néanmoins, son absence de liberté de mouvement, l'empêche de mener à bien son enquête. Les mois passent. Un coupable se désigne tout seul. Mais est-il le bon? N'aurait-on pas plutôt exécuté un innocent?

    Contrairement aux autres tomes de la série, je me suis doutée de la résolution de l'énigme policière. Cependant, cela ne m'a pas empêché d'apprécier les rebondissements.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un bon moment en compagnie de ce polar victorien. Même si je n'ai pas retrouvé la verve et la qualité des énigmes des premiers opus, je me suis laissée emporter par le récit de ces deux années qui ont brisé un des plus grands esprits de son temps.

    Editions 10/18, collection "Grands détectives", 401 pages

    Billet dans les cadres des challenges 19ème siècle et God save the livre 2013

    gyles brandreth,oscar wilde et le mystère de reading,editions 1018,collection grands détectives,polar victorien,oscar wilde enquêteur      

    gyles brandreth,oscar wilde et le mystère de reading,editions 1018,collection grands détectives,polar victorien,oscar wilde enquêteur

              

     

  • Silence à Hanover Close

    Silence à Hanover Close

    de

    Anne Perry

    silence à hanover close.jpg

    "-Commissariat de Mayfair! annonça le cocher d'une voix forte, avant même l'arrêt du cab.

    Son ton laissait entendre qu'il n'appréciait guère ce genre d'endroit, même situé, comme celui-ci dans l'un des quartiers les plus élégants de la capitale."

    L'inspecteur Pitt se rend au commissariat de Mayfair afin de s'entretenir d'une affaire vieille de trois ans. En effet, ses supérieurs hiérarchiques lui ont demandé d'enquêter sur le meurtre de Mr York, survenu dans sa belle demeure de Hanover Close. A l'époque, on avait conclu à un cambriolage ayant dérapé mais notre héros sent qu'il doit vérifier cette hypothèse et innocenter Veronica, la veuve.

    Malheureusement, sa marge de manœuvre reste très réduite....

    anne perry.jpg

    Voici la neuvième aventure des Pitt que je lis avec mes copinautes Bianca, Fanny, Céline et Sybille. Et c'est toujours un plaisir de retrouver ce couple d'enquêteurs.

    Contrairement aux opus précédents, ce roman ne s'ouvre pas sur une scène spectaculaire et macabre de découverte d'un cadavre. Cette fois-ci, la victime a été assassinée trois ans auparavant. Il s'agissait de Nicolas York, un diplomate. Comme sa veuve souhaite se remarier avec un autre membre du Foreign Office, les supérieurs hiérarchiques de Pitt veulent vérifier qu'elle n'a vraiment rien à voir avec ce décès.

    L'inspecteur réalise très vite qu'il ne dispose pas de tous les éléments du dossier et qu'il est très surveillé.

    Il parle de cette affaire à Charlotte en lui interdisant de s'en mêler. Mais la jeune femme et sa soeur, Emily, toujours plongée dans le chagrin consécutif à la perte de son époux, décident de contrevenir à cet ordre et de mener leurs propres investigations.

    Avec l'aide de Jack Radley, déjà croisé dans Meurtres à Cardington Crescent, Charlotte s'introduit auprès des York. Quant à Emily, elle décide de se faire engager comme femme de chambre de Veronica York. Une situation qui n'est pas sans présenter quelques dangers...

    Comme vous pouvez le voir, on retrouve le schéma habituel à cette série: d'un côté, Thomas et de l'autre, Charlotte et sa sœur. Tous les trois lancés sur des pistes différentes mais qui vont finalement, se rejoindre et révéler l'identité du ou des meurtriers (parfois l'avantage revient à Thomas, parfois à Charlotte).

    Ce qui fait l'originalité de Silence à Hanover Close réside dans l'engagement d'Emily comme domestique, capable d'espionner 24h sur 24 les présumés coupables. Elle se retrouve ainsi confrontée à plusieurs dangers: se faire découvrir comme mystificatrice (avec tout ce que cela pourrait impliquer pour sa réputation dans le monde) et/ou se faire surprendre par le coupable. Devant cette double menace, les passages qui la concernent se révèlent d'autant plus intéressants et font que les pages se tournent à toute vitesse.

    Son emploi de femme de chambre permet également à Anne Perry de dresser un portrait, encore plus en profondeur que dans les précédents volets, des conditions de vie des domestiques à l'époque victorienne.

    De plus, dans cet ouvrage, la romancière dépeint l'existence d'une veuve (les couleurs à porter, le délai à observer avant de pouvoir faire son retour en société..) et souligne la difficulté pour elle de ne pas se sentir enterrée vivante.

    Les scènes du quotidien des Pitt m'ont semblé plus nombreuses. Et j'ai bien aimé pouvoir m'attarder un peu plus dans leur maisonnée, notamment au moment des fêtes de Noël.

    J'ai apprécié aussi de retrouver certains protagonistes secondaires, tels que Lady Vespasia et...Jack Radley. J'attends d'ailleurs beaucoup de l'évolution des relations de ce dernier avec Emily.

    En ce qui concerne l'intrigue policière, elle m'a vivement intéressée. Je me suis promenée de fausse piste en fausse piste. Et, franchement, je ne m'attendais pas du tout à ce final...Même s'il semble tellement faire sens quand on le connaît.

    Bref, vous l'aurez compris: un très bon cru (sans doute le meilleur) de la série des Pitt. Je l'ai dévoré en une journée et j'attends beaucoup du prochain!

    Editions 10/18, collection "Grands détectives", 378 pages, 8,10 €

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Fanny, Céline, Sybille et Bianca et dans le cadre des challenges Anne Perry, God save the livre 2013, 19ème siècle, La plume au féminin et Victorien.

    anneperry2-copie-1.jpg challenge 19ème siècle.jpgchallenge la plume au féminin.jpgChallenge-anglais.jpgchallenge victorien.png

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • La fille du temps de Josephine Tey

    La Fille du temps

    de

    Joséphine Tey

    la-fille-du-temps-josephine-tey.jpg

    "Alan Grant était allongé sur le dos et regardait le plafond avec ennui. Il en connaissait par cœur chaque fente, chaque tâche, chaque écaillure. Il y avait tracé mentalement des cartes de continents  inconnus et les avait explorés, île par île, rivière par rivière. Il y avait découvert des objets couchés, des visages, des poissons, des oiseaux. "

    A la suite d'une chute, l'inspecteur Grant se retrouve immobilisé sur un lit d'hôpital. Ses proches s'évertuent à meubler son ennui. Une de ses amies comédiennes lui ramène notamment des cartes postales autour des mystères de l'histoire.

    Parmi elles, notre héros remarque un portrait.

    richard III.jpg

    "C'était le portrait d'un homme en bonnet de velours, pourpoint tailladé et collier d'orfévrerie à la mode de la fin du 15ème siècle; 35 ou 36 ans, mince, le menton rasé de près. De la main gauche, il enfilait une bague au petit doigt de sa main droite. Son regard flottait devant lui, rêveur. [...] On avait l'impression que l'artiste avait eu peine à traduire sur la toile toute la personnalité de son modèle. L'expression des yeux, vive, séduisante, avait été trop difficile pour lui."

    Grant, fort de son expérience en matière de physionomies, peine à croire qu'il est en présence de Richard III, un des plus célèbres meurtriers de l'histoire. Ce roi, immortalisé par Shakespeare, aurait fait assassiner ses deux neveux à la Tour de Londres.

    Se fiant à son instinct, l'inspecteur décide de mener l'enquête. Assisté du jeune historien Brent Carradine, il explore les textes du passé.

    Et si Richard III avait injustement été accusé?

    Josephine_Tey_50_ed_1.jpg

    J'avais remarqué cet ouvrage sur les blogs de mes deux copinautes: Céline et Bianca. Aussi, quand je l'ai trouvé chez Book off, je n'ai pas hésité longtemps avant de l'emmener avec moi en vacances.

    Josephine Tey est une auteure britannique. Elle a publié La Fille du temps quelques mois avant sa mort en 1951. Cet ouvrage mettant en scène un inspecteur aux prises avec un mystère de l'histoire a remporté un grand succès et a inspiré de nombreux romanciers, à l'instar de Colin Dexter pour Mort d'une garce.

    J'ai justement beaucoup apprécié cette idée d'une intrigue policière atypique, sans cadavre, sans témoin vivant et sans preuves matérielles.

    Du roi Richard III, je ne connaissais que la célèbre réplique de Shakespeare "Mon royaume pour un cheval". Au fil des pages, j'ai donc pu découvrir tout un pan de l'histoire britannique. Le règne de Richard III se situe à la fin de la Guerre des Deux Roses. Sa mort à 32 ans sur un champ de bataille marque l'avènement d'un nouveau roi: Henri VII et surtout de la dynastie des Tudors.

    Afin de seconder Grant dans ses investigations, Brent Carradine va fouiller dans les archives de l'histoire. Mais, au lieu de croire aux témoignages souvent biaisés des contemporains, il va s'appuyer sur les livres de compte.

    "L'Histoire vraie est écrite dans des documents qui n'ont pas été faits pour être des documents historiques: les comptes de la Maison du Roi, les archives du Trésor privé, les correspondances personnelles, les registres fonciers"

    Comme dans une enquête policière traditionnelle, on assiste, au fil de leurs découvertes, à des retournements de situation, à l'apparition de nouveaux suspects...On en vient également à aimer ce monarque si décrié et on souhaiterait que leur thèse se vérifie. (même si la résolution de l'énigme par Josephine Tey a été depuis très controversée)

    Bref, vous l'aurez compris: il s'agit d'un très bon roman policier historique. Je me suis passionnée pour cette enquête menée d'une chambre d'hôpital et j'ai adoré découvrir cette partie de l'histoire britannique.

    Editions 10/18, collection "Grands détectives", 2003, 217 pages

    Billet dans le cadre du challenge God save the livre 2013

    Challenge-anglais.jpg