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25/11/2014

Un Eté avec Louise

Un Été avec Louise

de

Laura Moriarty

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"La première fois que Cora entendit le nom de Louise Brooks, elle attendait la fin d'une averse dans une Ford T garée devant la bibliothèque municipale de Wichita. Si Cora avait été seule et avait eu les mains libres, elle se serait peut-être élancée à travers la pelouse pour gagner l'escalier de pierre de la bibliothèque. Mais ce jour-là, avec son amie Viola Hammond, elles avaient passé la matinée à faire du porte-à-porte dans leur quartier afin de collecter des livres pour la nouvelle salle de lecture dédiée aux enfants, et le fruit de leurs efforts conséquents se trouvait à l'abri, et au sec, dans quatre caisses sur la banquette arrière"

Août 1922, Cora Carlisle entend parler pour la première fois de Louise Brooks, une adolescente de 15 ans qui souhaite suivre des cours dans une académie de danse renommée de New York mais ne peut s'y rendre sans un chaperon.

Alors que rien ne l' y obligeait, Cora se propose de remplir cette mission. Et la voilà embarquée à l'autre bout des États-Unis avec une jeune fille que rien n'arrête dans ses désirs et qui ne se soucie guère des conséquences de ses actes sur sa réputation.

Choc des cultures...Choc des générations...Ou comment cinq semaines vont faire évoluer ces deux personnages féminins...

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J'avais remarqué ce roman sur l'excellent blog de ma copinaute Bianca. De même, une de mes collègues me l'avait très fortement conseillé. Aussi, quand je l'ai vu passer à la banque de prêt, je n'ai pas hésité longtemps avant de l'emprunter et de me lancer dans ce voyage.

J'ai beaucoup apprécié le principe d'utiliser ces deux protagonistes principaux (Cora et Louise) pour illustrer deux visages de la femme au début des années 20. Autant Cora paraît incarner la génération passée, celle qui se soucie des convenances, du regard des autres, celle qui persiste à se coiffer de lourds chignons et à revêtir des corsets, autant Louise symbolise le futur avec sa coupe à la garçonne, sa silhouette libérée de toute entrave et son désir de profiter de sa vie comme bon lui semble, loin de tout diktat.

Forcément, avec deux personnages aussi antagonistes, la cohabitation ne s'annonce pas aisée. Ce qui permet au lecteur d'assister à de nombreuses scènes très drôles où Louise bouscule quelque peu Cora dans ses habitudes (je pense notamment à celle du repas en compagnie de deux inconnus dans le wagon-restaurant)

Cora nous amuse avec ses principes un peu datés. Mais, bien vite, quand on creuse un peu en profondeur derrière ce vernis policé, se dessine le portrait d'une femme blessée par les épreuves de la vie. En effet, si elle a choisi d'accompagner Louise à New York, c'est pour retrouver la trace de sa vraie mère. Une enquête sur ses origines qui va la mener sur des chemins qu'elle n'aurait pas soupçonnés.

On s'attache à elle et on aime la voir évoluer au fil des pages, s'affranchir en secret de certains usages et connaître le bonheur.

Le mot secret revêt d'ailleurs une importance primordiale tout au long des chapitres. Dans cette société américaine des années 20 en pleine mutation, il existe de nombreux tabous. Notamment autour des origines ou de la sexualité. Le mari de Cora et Louise vont en faire les frais.

Comme vous l'aurez deviné, un autre intérêt de ce roman réside dans la découverte de la vie de Louise Brooks. J'avais déjà entendu parler de cette actrice sans jamais avoir regardé un de ses films et je dois avouer que j'ai été stupéfaite par son destin.

En revanche, j'ai moins accroché avec toute la partie finale, après le retour de New York. En effet, Laura Moriarty a décidé de retracer en quelques chapitres tous les événements capitaux de l'existence de Cora. Et cette accélération dans le rythme de la narration ne m'a pas beaucoup plu. J'ai eu l'impression que tout était précipité, ce qui m'a dérangé.

Bref, vous l'aurez compris: Un été avec Louise constitue un intéressant portait de femme et permet de passer un bon moment de lecture.

Fleuve Noir, 2013, 405 pages

Billet dans le cadre des challenges Au service de...et Un pavé par mois

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01/01/2013

Mon premier coup de coeur de 2013

Le Journal de Frankie Pratt

de

Caroline Preston

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"Au commencement...Mère m' a offert ce journal pour mon diplôme d'études secondaires. J'ai trouvé la vieille Corona de papa à la cave. Des souris ont grignoté l'étui, mais elle marche encore! J'ai commandé le mode d'emploi gratuit pour apprendre à taper. J'écrirai une page par jour."

Cornish, New Hampshire, 1920, Frankie Pratt, jeune Américaine de 18 ans entreprend la rédaction de son journal. Elle vient de finir ses études secondaires. Comme les revenus familiaux se sont réduits depuis la mort de son père, elle doit renoncer à ses rêves d'université et devenir garde-malade de Mrs Pingree. Elle succombe très vite aux charmes du fils marié de son employeuse. Mais sa mère met un terme à leur idylle et l'envoie à l'université à Vassar.

Débute alors une nouvelle existence pour Frankie qui va la mener de Greenwich Village à Paris.

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J'ai entendu parler pour la première fois de ce roman graphique sur un de deux fabuleux blogs d'Alice. Et j'ai tout de suite adoré le principe de cette oeuvre de fiction sous forme de scrapbook. Aussi, lorsque je l'ai trouvé à Noël parmi les cadeaux offerts par ma Maman, j'ai été ravie. Je l'ai d'aileurs dévoré en une matinée.

Caroline Preston est une auteure américaine. Ce livre lui a été inspiré par l'amitié qui lia sa grand-mère à Sylvia Beach, la libraire et éditrice de Shakespeare&Co et qui l'amena à rencontrer des auteurs tels qu'Hemingway ou Joyce (elle aida d'ailleurs à faire publier Ulysse aux Etats-Unis).

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Pour réaliser ce roman graphique, elle a constitué un scrapbook à partir de 600 pièces vintage (cartes postales, menus, lettres, partitions de musique, pages de mode, étiquettes de bagage...) et des souvenirs personnels de sa grand-mère et de sa mère (dont un fragment du manuscrit d'Ulysse).

C'est justement ce que j'ai adoré dans cet ouvrage: pouvoir lire une histoire située dans les années 20 en découvrant en même temps des objets de cette époque. Tout s'imbrique parfaitement: le texte et les illustrations se font écho en permanence et s'enrichissent mutuellement.

 

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L'héroïne, la jeune Frankie Pratt, se révèle également très attachante. J'ai suivi avec grand plaisir son évolution. On la découvre jeune fille naïve, à peine sortie de l'adolescence, à l'âge des premières amours et on la quitte devenue femme et ayant réalisé certains de ses rêves les plus chers.

Les six chapitres de ce roman d'apprentissage (Cornish, Université de Vassar, Greenwich Village, L'Atlantique, Paris et Cornish) nous permettent ainsi d'assister à sa transformation. Mais aussi de l'accompagner dans son périple, de Vassar aux Paris des années folles, en passant par un séjour dans Greenwich village et un voyage en paquebot (le Mauretania).

 

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On apprend ainsi une multitude de détails sur la vie et les moeurs des jeunes femmes étudiant à l'université, sur le Paris littéraire des années 20, sur l'atmosphère qui pouvait régner à New York, sur les exploits de Lindbergh...

Les pages se tournent à une vitesse impressionnante. Et, la dernière parcourue, on a qu'une envie: tout reprendre depuis le début.

Bref, vous l'aurez compris: Le Journal de Frankie Pratt constitue un véritable coup de coeur!

Je vous mets en bonus la vidéo de présentation de l'éditeur.


Et je rajoute un lien vers le billet de Fanny du blog Netherfield Park et vers le billet de lor du blog l'or des chambres autour de ce petit bijou.

Editions du Nil, 2012, 233 pages, 22 €