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09/06/2014

Le Théorème du homard

Le Théorème du homard

ou

comment trouver la femme idéale

de

Graeme Simsion

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 "J'ai peut-être une solution au Problème Epouse. Elle semble évidente a posteriori, une caractéristique fréquente des découvertes scientifiques majeures. Mais je ne l'aurais probablement pas trouvée sans un enchaînement d'évènements qui n'étaient pas prévus à mon programme."

Le professeur de génétique Don Tillman se révèle incapable d'interagir en société. Un jour, il a comme une révélation: et s'il élaborait un questionnaire pour trouver l'épouse idéale? Secondé par son meilleur ami Gene, il se lance à la conquête de la femme de sa vie. Mais aucune candidate ne semble correspondre au profil très poussé qu'il recherche.

Jusqu'au jour où une certaine Rosie frappe à sa porte...

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J'avais repéré ce livre chez mes copinautes Fanny et Syl. Aussi, j'ai été ravie quand il est arrivé à la médiathèque et que j'ai pu l'emprunter.

Je me suis immédiatement attachée au héros/narrateur de cette histoire. Don, bientôt la quarantaine, est un homme très savant qui n'arrive pas à se conformer aux codes sociaux en vigueur. Dès les premières pages, il nous parle de ses rendez-vous ratés et on ne peut que rire à ses tentatives maladroites. De plus, il est incapable de la moindre empathie. Il a un mode de vie très réglé qui ne supporte aucun imprévu. Et il dit toujours ce qu'il ne faut pas.

Forcément, avec de telles qualités, il a du mal à se faire des amis (il n'en a connu que quatre de toute sa vie) Et encore plus de mal à rencontrer une petite amie.

"J'ai trente-neuf ans, je suis grand, en bonne santé et intelligent, j'occupe une position sociale relativement élevée et je touche un salaire supérieur à la moyenne en tant que professeur associé. En toute logique, un grand nombre de femmes devrait me trouver attirant. Dans le règne animal, je n'aurais pas de difficultés à me reproduire. Il y'a pourtant en moi quelque chose qui rebute les femmes. J'ai toujours eu du mal à me faire des amis et il semblerait que les déficiences à l'origine de ce problème affectent mes tentatives pour nouer des relations sentimentales."

Afin d'enrayer cette mécanique relationnelle défectueuse, Don imagine un questionnaire censé l'aider à dénicher la Femme. Comme si l'amour pouvait s'analyser en termes de questions/réponses. Comme si l'imprévu n'avait pas de place...

Or, un jour, l'imprévu frappe à la porte de son bureau. Il revêt les traits de Rosie, une barmaid fumeuse, totalement désorganisée.

Pensant qu'elle est envoyée par son meilleur ami Gene, Don l'invite à dîner. Et malgré son manque flagrant de correspondances avec l'épouse idéale, il accepte de l'aider à retrouver son géniteur.

Débute alors une enquête qui va totalement bouleverser la vie de notre héros.

Le parcours initiatique de Don m'a passionnée. Pour son premier roman, Graeme Simsion a su faire appel à toute une gamme de sentiments. Tour à tour, on rit aux péripéties et aux réflexions de ce protagoniste si original; on est émus (notamment quand il évoque sa sœur et sa vieille amie); on espère....

De même, Don ne se révèle pas le seul personnage attachant de cet ouvrage. Gravite autour de lui tout une galerie tout aussi intéressante.

A commencer par Rosie. Une jeune femme qui travaille la nuit et prépare un doctorat dans la journée. Une jeune femme perdue qui n'arrive pas à se construire en l'absence d'un père connu. Mais aussi une jeune femme perpétuellement en retard, désorganisée, imprévue, enthousiaste....L'exact opposé de Don, en somme. On pourrait reprocher justement à l'auteur cette facilité d'avoir imaginé un couple qui repose sur des antagonismes. Cependant, leur relation est tellement bien construite et amenée qu'on évite l'écueil des clichés.

Gene, le meilleur ami, qui couche avec des femmes de toutes les nationalités, pourrait immédiatement apparaître comme un loser. Au contraire, on s'amuse de ses tentatives de séduction, on s'aperçoit de son aveuglement...Et on sent bien qu'il est, comme les autres, à un tournant de son existence.

On tourne les pages à toute vitesse. Les scènes se succèdent, toutes plus réussies les unes que les autres (le premier dîner, le bal des professeurs...)Et on referme avec regret Le théorème du homard.

Bref, vous l'aurez compris: ce roman que j'ai dévoré en une soirée a été un coup de cœur. Il fait tout simplement du bien et je n'oublierai pas de sitôt Don et Rosie.

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Editions du Nil, 382 pages, 20 €


 

 

01/01/2013

Mon premier coup de coeur de 2013

Le Journal de Frankie Pratt

de

Caroline Preston

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"Au commencement...Mère m' a offert ce journal pour mon diplôme d'études secondaires. J'ai trouvé la vieille Corona de papa à la cave. Des souris ont grignoté l'étui, mais elle marche encore! J'ai commandé le mode d'emploi gratuit pour apprendre à taper. J'écrirai une page par jour."

Cornish, New Hampshire, 1920, Frankie Pratt, jeune Américaine de 18 ans entreprend la rédaction de son journal. Elle vient de finir ses études secondaires. Comme les revenus familiaux se sont réduits depuis la mort de son père, elle doit renoncer à ses rêves d'université et devenir garde-malade de Mrs Pingree. Elle succombe très vite aux charmes du fils marié de son employeuse. Mais sa mère met un terme à leur idylle et l'envoie à l'université à Vassar.

Débute alors une nouvelle existence pour Frankie qui va la mener de Greenwich Village à Paris.

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J'ai entendu parler pour la première fois de ce roman graphique sur un de deux fabuleux blogs d'Alice. Et j'ai tout de suite adoré le principe de cette oeuvre de fiction sous forme de scrapbook. Aussi, lorsque je l'ai trouvé à Noël parmi les cadeaux offerts par ma Maman, j'ai été ravie. Je l'ai d'aileurs dévoré en une matinée.

Caroline Preston est une auteure américaine. Ce livre lui a été inspiré par l'amitié qui lia sa grand-mère à Sylvia Beach, la libraire et éditrice de Shakespeare&Co et qui l'amena à rencontrer des auteurs tels qu'Hemingway ou Joyce (elle aida d'ailleurs à faire publier Ulysse aux Etats-Unis).

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Pour réaliser ce roman graphique, elle a constitué un scrapbook à partir de 600 pièces vintage (cartes postales, menus, lettres, partitions de musique, pages de mode, étiquettes de bagage...) et des souvenirs personnels de sa grand-mère et de sa mère (dont un fragment du manuscrit d'Ulysse).

C'est justement ce que j'ai adoré dans cet ouvrage: pouvoir lire une histoire située dans les années 20 en découvrant en même temps des objets de cette époque. Tout s'imbrique parfaitement: le texte et les illustrations se font écho en permanence et s'enrichissent mutuellement.

 

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L'héroïne, la jeune Frankie Pratt, se révèle également très attachante. J'ai suivi avec grand plaisir son évolution. On la découvre jeune fille naïve, à peine sortie de l'adolescence, à l'âge des premières amours et on la quitte devenue femme et ayant réalisé certains de ses rêves les plus chers.

Les six chapitres de ce roman d'apprentissage (Cornish, Université de Vassar, Greenwich Village, L'Atlantique, Paris et Cornish) nous permettent ainsi d'assister à sa transformation. Mais aussi de l'accompagner dans son périple, de Vassar aux Paris des années folles, en passant par un séjour dans Greenwich village et un voyage en paquebot (le Mauretania).

 

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On apprend ainsi une multitude de détails sur la vie et les moeurs des jeunes femmes étudiant à l'université, sur le Paris littéraire des années 20, sur l'atmosphère qui pouvait régner à New York, sur les exploits de Lindbergh...

Les pages se tournent à une vitesse impressionnante. Et, la dernière parcourue, on a qu'une envie: tout reprendre depuis le début.

Bref, vous l'aurez compris: Le Journal de Frankie Pratt constitue un véritable coup de coeur!

Je vous mets en bonus la vidéo de présentation de l'éditeur.


Et je rajoute un lien vers le billet de Fanny du blog Netherfield Park et vers le billet de lor du blog l'or des chambres autour de ce petit bijou.

Editions du Nil, 2012, 233 pages, 22 €