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22/08/2018

Brexit Romance de Clémentine Beauvais

Brexit Romance

de

Clémentine Beauvais

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"Un mariage rend toujours heureux; et d'autant plus lorsqu'on peut y porter de jolis costumes, que l'on est amplement rémunéré pour l'occasion et que l'on sait que les voeux passionnément échangés se déferont aussitôt le rideau tombé."

L'histoire commence en juillet 2017, soit un an après le vote des Anglais en faveur du Brexit, dans un Eurostar direction Londres. A son bord, la jeune soprano, Marguerite Fiorel, qui va tenir un rôle dans les Noces de Figaro. Elle est accompagnée de Pierre Kamenev, son professeur et ami.

A peine arrivés, ces deux jeunes gens vont croiser la route de Justine et Matt Dodgson qui ont créé Brexit romance, une application secrète destinée à organiser des mariages blancs entre Français et Anglais pour obtenir le passeport européen. Ils vont également rencontrer Cosmo Carraway, un Lord anglais, qui ne va pas rester insensible au charme de Marguerite...

Débute alors un chassé-croisé amoureux. Mais peut-on vraiment prévoir et encadrer les élans du cœur?

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Depuis quelques années déjà, je suis avec beaucoup de bonheur le parcours de Clémentine Beauvais. En effet, je trouve qu'à chaque fois, cette autrice frappe fort et démontre à quel point elle peut nous surprendre et emmener ses lecteurs sur des terrains toujours inconnus et renouvelés. J'avais été notamment bluffée par Songe à la douceur, sa magnifique retranscription moderne d'Eugène Onéguine et j'attendais donc avec beaucoup d'impatience son nouvel opus. Aussitôt reçu, aussitôt dévoré.

Cette lecture m'a procuré un immense plaisir et ce, pour plusieurs raisons.

Parce que je me suis profondément attachée aux personnages qui m'ont semblé tous justes et bien campés.

Parce que j'ai apprécié la structure chorale qui nous permettait de les appréhender plus en profondeur.

Parce que je me suis reconnue dans certaines des situations (notamment cet échange crucial de textos dans un train qui file vers le Nord).

Parce que j'ai aimé le rythme insufflé à ce septuor amoureux qui m'a fait furieusement penser aux "screwball comedy", ces comédies de l'âge d'or du cinéma américain. Tout est mené de main de maître, tant au niveau de l'intrigue, de ses rebondissements, de ses quiproquos que des réparties. Certains dialogues témoignent d'un travail d'orfèvre, digne des plus grands.

Parce que Clémentine Beauvais ne fait pas que des références au cinéma. Elle truffe également son texte d'hommages à la littérature  (la première phrase fait furieusement penser à du Jane Austen et j'ai trouvé parfois que Justine avait beaucoup de ressemblances avec son Emma), à l'opéra, au théâtre....

Parce qu'elle a réussi à retranscrire la barrière linguistique et la difficulté de se comprendre quand on n'a pas la même langue maternelle. Cette fameuse "barrière" donne d'ailleurs lieu à de nombreux malentendus et à certains dialogues fort cocasses.

Parce que cet ouvrage propose également, derrière sa légèreté apparente, une radioscopie de la société anglaise à l'ère du Brexit. De même, il nous plonge pendant un certain moment dans l'univers de l'extrême-droite anglaise et nous fait réfléchir sur la montée de ces mouvements partout en Europe. Il nous rappelle  ainsi de sombres pages du passé et la possibilité d'une éventuelle répétition (comment ne pas voir de similitudes avec la position de certains Lords à l'orée de la Seconde Guerre mondiale?).

Parce que j'ai ri, souri, espéré, tremblé...

Parce que je n'avais pas envie de lâcher ces personnages et que ce roman, je l'ai quasiment lu d'une traite

Parce que j'attends désormais avec impatience le prochain Clémentine Beauvais et que je me demande quel défi elle va encore relever

Bref, vous l'aurez compris: pour toutes ces raisons, je vous recommande de vous plonger à votre tour dans ce roman et j'espère que vous serez aussi conquis que moi.

Merci aux éditions Sarbacane pour cette très belle lecture!

Sarbacane, 2018, 449 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10/08/2018

L'Appât de Daniel Cole

L'Appât

de

Daniel Cole

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"Mercredi 6 janvier 2016

9h52

-Dieu n'existe pas.

L'inspecteur principal Emily Baxter observait son reflet dans le miroir sans tain de la salle d'interrogatoire. Elle attendit que ceux qui l'espionnaient derrière et qui, à n'en point douter, ne perdaient pas une miette de la conversation interviennent via les haut-parleurs pour la reprendre.

Mais rien. "

L'inspecteur principal Emily Baxter est soumise à un interrogatoire par ses pairs. En effet, ces derniers attendent un éclaircissement sur la conclusion tragique de sa dernière enquête.

Cinq semaines plus tôt, entre les piliers du pont de Brooklyn, un réseau de filins d'acier retient prisonnier le corps brisé de William Fawkes. Un mot est gravé sur son torse mutilé: "Appât". Ce cadavre est le premier d'une longue série de meurtres entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Chaque meurtre étant le miroir de celui arrivé dans l'autre pays. Et, à chaque fois, les cadavres portent la mention "appât" ou "marionnette" sur leur corps mutilé.

Devant l'envergure de cette affaire, des mesures spéciales de collaboration sont prises. L'inspecteur principal Baxter se trouve ainsi dépêchée aux États-Unis pour joindre ses forces à celles de deux agents spéciaux américains.

Mais qui tire vraiment les ficelles? C'est ce que nos trois investigateurs de choc vont tenter de deviner. Et si, dans cette gigantesque toile, ils se perdaient aussi et devenaient eux-mêmes des appâts ou des marionnettes?

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En début de semaine, je vous parlais du premier tome de cette série et je vous disais à quel point j'avais été happée par ce volet et cette course contre la montre haletante. Si bien que j'ai immédiatement entamé L'Appât, une fois Ragdoll refermé . Afin de ne pas me séparer des personnages et parce que j'avais besoin de savoir ce qui les attendait.

La scène d'ouverture se déroule, cette fois-ci, dans le présent. On retrouve Emily Baxter dans une salle d'interrogatoire. Elle doit répondre de la fin de sa dernière enquête. Même si le lecteur n'apprend pas grand chose de ce qui s'est passé, il comprend bien vite que les événements ont été d'une telle ampleur qu'ils nécessitent un déploiement des forces policières hors normes pour tout classer.

Avec ce procédé, dès le début, déjà, Daniel Cole fait monter la tension d'un cran. Et la scène inaugurale du flash-back cinq semaines en arrière aux prémisses de ladite affaire ne calme en rien nos nerfs. Avec une précision quasi chirurgicale, il dépeint la toile d'araignée dans laquelle est venu s'enferrer William Fawkes.

William Fawkes? Un des inspecteurs de Ragdoll? Assassiné ainsi? Et mutilé? Est-ce possible? Avec notre auteur, tout peut arriver. Et c'est bien là le problème. Ou l'attrait justement de ses romans. Reprendre des schémas parfois classiques de trios/duos d'inspecteurs et leur injecter du sang neuf, les remettre sans cesse en question, tuer certaines possibilités dans l’œuf...

De bout en bout, il malmène son lecteur, il le mène de chausse-trappe en chausse-trappe, il le perd dans les méandres de cette toile, il le plonge dans certaines scènes d'horreur... Telles des marionnettes, nous sommes  complètement manipulés par lui.

Comme dans Ragdoll, au climax, nous sommes dans une situation d'attente et de stress insoutenables. Comme, dans Ragdoll aussi, la conclusion m'a paru arriver trop vite et m'a semblé aussi un peu en-dessous du reste de l'intrigue. Sauf, bien entendu, cette fameuse dernière page....Ou l'ultime jeu du chat et de la souris avec le lecteur. Un protagoniste réapparaît seulement là...Et il nous faut compter les jours jusqu'au troisième volet.

Une fois encore, si on excepte le bémol sur la fin, j'ai été frappée par la maîtrise de Daniel Cole, par son sens de l'histoire, par sa manière de nous surprendre (cette incroyable scène de l'église!!!) et par son écriture très cinématographique.

De même, il se révèle toujours aussi talentueux dans le portrait de ses personnages. Nous en retrouvons certains que nous voyons évoluer; nous en découvrons d'autres...Mais, toujours, ils nous paraissent complexes, bien loin des prototypes manichéens de certains ouvrages policiers...Parfois, leurs zones d'ombre les dévorent et les rapprochent dangereusement de certaines frontières...

Un des autres attraits de ce tome réside dans la description de l'opposition entre les forces policières ou spéciales des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Opposition d'organisation, de style...Et pourtant, sont-elles si différentes que cela quand on creuse un peu?

Bref, vous l'aurez compris: j'ai été aussi conquise par l'Appât que par Ragdoll. Vivement la sortie du tome 3!

Merci aux éditions Robert Laffont pour ce titre!

La Bête noire, 2018, 478 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec mon amie Bianca et dans le cadre de son challenge Un pavé par mois.

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06/08/2018

Ragdoll de Daniel Cole

Ragdoll

de

Daniel Cole

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"Lundi 24 mai 2010,

Samantha Boyd se faufila sous le ruban de signalisation de la police et, tandis qu'elle se redressait, jeta un œil vers la tristement célèbre Haute Cour criminelle de Londres. Perchée à la pointe du dôme d'Old Bailey, la statue de la Justice ne lui apparaissait plus désormais comme un symbole de puissance et d'intégrité, mais pour ce qu'elle était vraiment: une femme désespérée ayant perdu toutes ses illusions, prête à sauter dans le vide et à s'écraser sur le sol."

En ce 24 mai 2010, le jury doit rendre son verdict lors du procès de Naguib Khalid. On accuse cet homme d'être le célèbre Tueur crématiste, "le serial killer le plus prolifique de toute l'histoire de Londres: vingt-sept victimes en vingt-sept jours." Mais le jury le déclare innocent de ces crimes. Wolf, l'inspecteur en charge de l'enquête ne peut le supporter et se précipite dans le box de l'accusé. Il le démolit à coups de poings...et se fait mettre à pied pour cette grave erreur. Pourtant, il avait raison et Naguib était bien coupable...

Après une traversée du désert qui a causé la fin de son couple et lui a valu un séjour en hôpital psychiatrique, Wolf vient d'être réintégré dans ses fonctions. Voilà qu'on l'appelle en pleine nuit. Un "cadavre" composé de six victimes démembrées et rassemblées par des points de sutures a été découvert en face de chez lui. Ce "Ragdoll", comme le surnomme la presse, pointe d'ailleurs un doigt vengeur vers sa fenêtre.

De plus, on apprend qu'une liste a été communiquée par le tueur. Une liste de six noms avec les dates de leur exécution. Wolf serait le dernier à être assassiné.

Débute alors une course-poursuite pour Wolf et ses coéquipiers. Face à eux, un ennemi comme jamais ils n'ont encore vu....Prêt à tout et capable de tout. Et si c'était la dernière enquête de Wolf?

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J'ai pu assister récemment à la remise du premier prix Bête noire des Libraires. Il a récompensé l'Appât, le second tome la série de Daniel Cole. Et il m'a furieusement donné envie de me lancer dans le premier opus. Aussitôt entamé, aussitôt dévoré.

Dès les premières pages, on est happés par l'intrigue. Pour son premier roman, l'auteur démontre, en effet, un grand sens de la narration. Chaque chapitre s'emboîte à merveille avec le précédent, recomposant un peu plus à chaque fois le puzzle de cette mécanique infernale. Et, bien entendu, chaque chapitre nous amène à lire le suivant, et encore le suivant. Dévorés que nous sommes par la volonté de comprendre qui est ce tueur à l’œuvre.

A ce grand sens de la narration s'allie une écriture cinématographique. Daniel Cole va à l'essentiel. Son style est serré et nerveux. Ce qui correspond-je trouve-à merveille tant avec le sujet que le milieu décrit.

Pour autant, il ne néglige pas de creuser ses personnages. J'ai particulièrement apprécié les paires de Wolf/Baxter et de Baxter/Edmunds. Ces duos de briscard/débutant où, tour à tour, Baxter joue deux rôles différents. Une manière de saisir la complexité de cette inspectrice et de sentir toutes ses failles.

De même, j'ai beaucoup apprécié l'absence de manichéisme dans la peinture de tous ces protagonistes. Certes, un tueur, comme nul autre, sévit. Mais les camps du bien et du mal sont loin d'être profondément séparés. Chacun présente ses zones d'ombre et nul n'est à l'abri de ce pacte faustien.

L'auteur nous perd dans les méandres de son intrigue. Le suspense, avec cette liste de six victimes à faire disparaître, monte graduellement. Jusqu'à un climax insoutenable. Quand la résolution arrive, même si je l'ai jugée moins forte que le reste, elle nous laisse pantelants.

Et énervés également. Car Daniel Cole nous avait donné plusieurs indices, au fil des pages...Mais derrière les images toutes plus saisissantes que les autres, comment les percevoir?

Bref, vous l'aurez compris: j'ai adoré ce polar aux accents faustiens, au rythme haletant et aux personnages bien campés  Par conséquent, je ne peux que vous en recommander la lecture!

La Bête noire, Robert Laffont, 2017, 453 pages

Merci à la Bête noire et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte!

Billet dans le cadre du challenge Un pavé par mois de Bianca.

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