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07/11/2016

La Différence invisible

La Différence invisible

de

Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

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"Marguerite a 27 ans.

Elle aime les animaux, les journées ensoleillées, le chocolat, la cuisine végétarienne, son petit chien et le ronronnement des chats.

Tous les matins à 7h30, elle part travailler. Elle n'aime pas son travail, mais il faut bien bosser, et elle n'est pas la seule, après tout..."

Marguerite est une jeune femme qui mène une existence bien réglée où les imprévus n'ont pas leur place. Elle rencontre aussi beaucoup de difficultés à supporter le bruit ambiant et à s'intégrer auprès de ses collègues ou dans les soirées. Elle ne comprend pas non plus les codes sociaux et parfois, se retrouve dans des situations bien gênantes...Lassée de rendre invisible sa différence, elle va tenter de comprendre pourquoi elle ne peut pas rentrer dans le moule comme les autres.

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Cette bande dessinée, je l'ai remarquée dans les rayons de ma librairie et j'ai tout de suite été attirée par la couverture et le titre. Je l'ai donc commandée pour ma médiathèque et je me suis immédiatement plongée dans sa lecture quand elle arrivée dans nos rayons.

Dès les premières pages, on est immergés dans le quotidien de Marguerite, avec ses horaires bien huilés, sa routine...On sent bien sa différence, son stress, ses difficultés à vivre en société et à paraître "normale", sa douleur.... Les scènes de la vie s'enchaînent et à chaque fois, notre héroïne se retrouve en décalage et en souffrance. Avec ses collègues dans sa grande entreprise, avec son petit ami qui veut la présenter à tout son entourage...Jusqu'au jour où elle comprend grâce à Internet qu'elle est atteinte du syndrome d'Asperger. Après la délivrance initiale, s'ensuit tout un processus d'adaptation avec son entourage tant amical que professionnel.

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J'ai beaucoup aimé la découpe de cet album: cette idée d'un avant/après diagnostic. Parce qu'elle nous permet de mieux appréhender les implications d'un tel syndrome. Parce qu'elle nous fait saisir le poids du regard social. Parce qu'elle nous interroge aussi sur nos comportements, sur notre tolérance...

Au fil des pages et des trois ans d'expérience partagés, on se retrouve tour à tour touchés, agacés, indignés, émus, optimistes, abattus, parcourus par un élan de vie...

Cette gamme d'émotions qui nous transperce, on la doit aux mots de Julie Dachez, alias Marguerite. Mais on la doit aussi au talent de Mademoiselle Caroline, dont les dessins et les couleurs épousent au mieux les sentiments et les affres de Julie/Marguerite. Par un jeu de bulles, de  taille des cases, de grisaille, de rouge..., elle nous emmène au plus près de ce destin pas comme les autres.

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Bref, vous l'aurez compris: cette bande dessinée a été un coup de cœur pour moi et je vous la recommande. Et j'aimerais conclure ce billet par la très belle dédicace de Julie Dachez.

"C'est à vous que je souhaite dédier cette BD

Vous, les déviants.

Les "trop comme ceci" ou les "pas assez comme cela".

Vous qui, par votre simple existence, transgressez les normes établies.

Vous qui êtes un pied de nez au diktat de la "normalité".

Il n'y a rien à guérir chez vous, rien à changer. Votre rôle n'est pas de rentrer dans le moule, mais plutôt d'aider les autres-tous les autres-à sortir de celui dans lequel ils sont enfermés. Vous n'êtes pas là pour suivre une vie pré-établie mais, à l'inverse, pour emprunter votre propre chemin, et inviter ceux qui vous entourent à sortir des sentiers battus.

En embrassant votre identité profonde, en vous réconciliant avec votre singularité, vous devenez un exemple à suivre. Vous avez donc le pouvoir de faire voler en éclats ce carcan normatif qui nous étouffe tous et nous empêche de vivre ensemble dans le respect et la tolérance.

Votre différence ne fait pas partie du problème, mais de la solution.

C'est un remède à notre société, malade de la normalité."

Delcourt/Mirages, 2016, 196 pages

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25/10/2016

Chez moi de Davide Cali et Sébastien Mourrain

Chez moi

de

Davide Cali

illustré par Sébastien Mourrain

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"J'ai toujours eu du mal à considérer un lieu, une ville, une maison comme mon "chez-moi". Mais tout le monde a besoin d'avoir un "chez-soi", non?"

De la maison de son enfance à la capitale, de New York à une cabane de pêcheurs, on suit les différents "chez-soi"qui ont peuplé la vie du narrateur.

"Parfois, on a besoin de faire le tour du monde, simplement pour revenir au point d'où on est parti"

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Dans cet album, Davide Cali trace le portrait d'un artiste qui peine à trouver son "chez-soi". Au fil des années, il déménage ainsi de lieu en lieu, perpétuellement insatisfait. Jusqu'au jour où, peut-être, il trouve enfin un sens au mot "chez-moi". Pour combien de temps...nul ne le sait!

On suit avec beaucoup d'intérêt cette quête d'identité, cette redéfinition incessante des envies, ce besoin de s'ancrer quelque part et d'utiliser cette expression toute simple "chez-moi". Un "chez moi" dont la définition se fait autre selon l'âge qui passe, selon les expériences, selon les rencontres.

Forcément, cet ouvrage résonne en nous adultes, nous interroge sur notre vie, sur nos choix. Avec une infinie poésie.

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A chaque nouvelle destination, on marque une pause à l'aide d'une double-page d'illustrations qui nous permet de mieux saisir ce nouveau foyer du narrateur. C'est là d'ailleurs que le travail de Sébastien Mourrain revêt toute son importance. Il remplit les blancs laissés par Davide Cali dans son texte et nous permet, avec ses dessins tout en finesse et en sobriété, de mieux capter l'environnement de notre héros.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé cet album, à la fois poétique et porteur de sens. Et je ne pourrais que le conseiller à tous.

Actes Sud, 2016

 

 

24/10/2016

La Maison du péril

La Maison du péril

de

Agatha Christie

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"De toutes les stations balnéaires du sud de l'Angleterre, St Loo est, si vous voulez mon avis, la plus agréable. Surnommée à juste titre la Reine des plages, elle évoque irrésistiblement la Riviera. Pour moi, la côte de Cornouailles est toute aussi prodigue en séductions variées que la Côte d'Azur-sinon plus."

Hercule Poirot et son ami le capitaine Hastings se retrouvent en villégiature à St Loo. Sur la terrasse de leur hôtel, ils font la connaissance de la ravissante Miss Nick Buckley. Cette dernière a déjà échappé à quatre tentatives de meurtre: un tableau qui se décroche, des freins qui lâchent, un rocher qui tombe et une balle perdue. Autant de raisons qui poussent le célèbre détective à sortir de sa retraite. Il entend prévenir tout drame. Mais parfois, même le plus ingénieux des hommes ne peut empêcher l'inévitable. Surtout dans la maison du péril...

"-Sur ces vieilles maisons, pèse parfois comme une malédiction, observa [Poirot]

-Oui, monsieur, c'est le mot. Une malédiction, approuva Ellen non sans exaltation. Le mal rôde, tout comme les mauvaises pensées et les mauvaises actions. C'est comme la moisissure dans les maisons, ça ne part pas. Ça flotte comme une odeur. On la sent et j'ai toujours su qu'ici il y aurait un drame."

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L'hôtel Imperial de Torquay qui a inspiré le Majestic Hotel de St Loo

Chaque année, je retrouve avec plaisir la plume d'Agatha Christie et, chaque fois, je me dis que je devrais lire plus souvent un de ses ouvrages.

Dans la Maison du Péril, on retrouve Hercule Poirot en vacances avec le capitaine Hastings. Même s'il a pris la décision de ne plus mener d'enquête, on se doute bien que cette résolution va céder face à un événement dans les chapitres suivants. Et on ne peut que s'amuser de ses discours qu'on devine déjà vides de sens...

"Mes petites cellules grises fonctionnent toujours avec ordre et méthode. Mais j'ai décidé de prendre ma retraite, mon bon ami, et c'est ter-mi-né! Je ne suis pas comme ces vedettes qui n'en finissent pas de faire leurs adieux. En toute générosité, je dis: laissons leur chance aux jeunes. Il n'est pas exclu qu'ils parviennent  à faire du travail convenable. Au fond de moi-même, je n'y crois pas un instant, mais accordons-leur cependant le bénéfice du doute."

En effet, il suffit d'une jeune inconnue, victime d'une balle perdue sur la terrasse de leur hôtel, pour que ce fin limier renonce à toute velléité de repos. Il faut reconnaître que l'affaire est bien délicate. Autour de cette héritière, gravite tout un tas de personnages qui auraient intérêt à la faire disparaître.

Comme à son habitude, Agatha Christie nous mène de fausse piste en fausse piste. La victime n'est d'ailleurs pas celle attendue...Tout comme le/les coupables se révèlent pour le moins surprenants. Poirot a trouvé un ou des adversaires à sa taille et, comme souvent, il le ou les confrontent lors d'un final réunissant tous les protagonistes dans la fameuse maison du péril.

Même si l'intrigue policière est très bien ficelée et m'a surprise par son dénouement, je n'ai pas connu autant de plaisir de lecture que pour d'autres opus. Peut-être parce que j'ai trouvé les dialogues un peu moins savoureux...Peut-être parce que les suspects m'ont paru un peu fades et pas assez bien campés...

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un bon moment avec ce roman policier mais il ne rejoindra pas la liste de mes ouvrages préférés de la Reine du Crime.

Le Livre de Poche, 222 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine et du challenge Agatha Christie de George.

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