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26/09/2014

Love letters to the dead de Ava Dellaira

Love letters to the dead

de

Ava Dellaira

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"Cher Kurt Cobain,

Aujourd'hui, Mme Buster nous a donné notre premier devoir d'anglais: écrire une lettre à une personne décédée (comme si elle pouvait lui arriver au paradis, ou, mettons, à la poste des fantômes.) Son idée, c'est sans doute de nous faire écrire à un ancien président ou quelqu'un de ce style, mais moi, il me faut une personne à qui je puisse parler. Je ne pourrais pas parler à un président. A toi, si."

Laurel vient d'entrer au lycée. Et un des premiers devoirs qu'elle reçoit de son professeur d'anglais consiste à écrire une lettre à un disparu.

Elle choisit de s'adresser à Kurt Cobain. Parce que sa soeur May l'adorait et lui a fait découvrir. Parce que, comme elle, il est parti très jeune...

Puis, de fil en aiguille, la liste de ses destinataires s'enrichit. Amy Winehouse, Heath Ledger, Amelia Earhart, John Keats...Autant de nouveaux interlocuteurs qui lui permettent d'exprimer ses joies, ses peines, ses doutes...

Parce que Laurel a vécu bien des drames

Parce qu'elle a perdu sa "fée"

Parce que sa mère a fui

Parce qu'elle dissimule en permanence tout ce qui bouillonne en elle

Parce qu'elle est à l'âge des questionnements

Parce que...

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J'avais remarqué ce livre en raison de son titre assez intriguant. Et le billet de ma collègue Plumosaure m'avait donné envie de m'y plonger.

Je l'ai entamé mercredi et en deux soirées, je l'ai achevé...

J'ai beaucoup aimé la construction narrative de ce roman épistolaire. Ava Dellaira s'éloigne des schémas traditionnels pour opter pour des destinataires morts.

Mais jamais des destinataires sélectionnés par hasard. Au contraire, leur choix semble être l'écho des émotions de la jeune femme.

Dès les premières pages, on sent bien que cette adolescente n'a pas eu un passé des plus faciles. Outre le décès de sa sœur (suicide? accident? ), elle semble abriter d'autres fêlures. Des fêlures qui vont se révéler au fil des chapitres...

L'année de ses 15 ans, elle va tenter d'oublier.

L'année de ses 15 ans, elle va faire la connaissance de Nathalie, Hannah et de Sky

L'année de ses 15 ans, elle va connaître sa première histoire d'amour

L'année de ses 15 ans, elle va apprendre à vivre sans sa "fée" et à se définir sans elle

L'année de ses 15 ans...

A ce portrait sensible et extrêmement touchant d'une jeune fille qui lutte pour ne pas sombrer, se greffe une analyse de l'âge adolescent. Un âge de construction, de définition de soi...

Chacun des protagonistes qui gravite autour de Laurel au lycée tente de trouver ses propres réponses.

J'ai beaucoup apprécié leurs interactions, leurs dialogues, leurs révoltes...Et ils m'ont semblé être les cousins éloignés de Charlie, Alaska...

En effet, avec cette première œuvre, Ava Dellaira se place immédiatement dans la lignée d'un John Green ou d'un Stephen Chbosky (pour lequel elle a d'ailleurs travaillé).

Elle a su créer des personnages qui sonnent vrai et qui restent longtemps en mémoire.

Et que dire de son style? J'ai été tout simplement bluffée par la maturité dont elle fait preuve. Je vous laisse juge avec ces quelques extraits:

"J'espère que l'un de vous m'entend. Car ce monde ressemble à un tunnel de silence. J'ai constaté que certains moments vous restent parfois en travers du corps. Ils sont là, logés sous la peau, telles des graines, d'émerveillement, de tristesse ou d'angoisse, et autour d'elles la croissance poursuit son cours."

Ou:

"Aujourd'hui, après avoir lu ton poème, j'ai songé à devenir écrivain à mon tour. Même si je ne pense pas pouvoir en écrire d'aussi beaux que les tiens, je me suis dit que je pourrais peut-être faire quelque chose de tous les sentiments qui sont en moi, même de ceux qui touchent à la tristesse, à la peur et à la colère. Il suffit peut-être de raconter les histoires, même les plus dramatiques, pour ne plus leur appartenir. Pour se les approprier. Et peut-être que grandir, c'est comprendre qu'on peut être autre chose qu'un personnage qui va là où l'histoire le pousse. C'est comprendre que cette histoire, on peut aussi en être l'auteur."

Bref, vous l'aurez compris: Love Letters to the dead se révèle un roman extrêmement bien écrit et poignant. De ceux qui sont capables de nous faire passer du rire aux larmes. De ceux qui nous rappellent l'importance d'aimer les siens. De ceux qui, une fois refermés, nous accompagnent longtemps. Une ode à la vie que je ne peux, bien entendu, que vous conseiller.

Michel Lafon, 2014, 318 pages

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17/08/2014

Ahsford Park

Ahsford Park

de

Lauren Willig

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"Kenya, 1926. Les gants d'Addie étaient tâchés de sueur et de poussière rouge."

1926. Addie vient d'arriver au Kenya à l'invitation de sa cousine Béa. Dès le début de ce séjour, on sent bien que les tensions sont exacerbées entre les deux femmes. Et le drame éclate...

1999. New-York, Clementine, une juriste renommée dans une grande entreprise, se rend aux quatre-vingt dix-neuf ans de sa grand-mère. Lors de cette réception, elle découvre un secret de famille enfoui depuis des années.

Je tiens tout d'abord à remercier Babelio et les éditions Presses de la Cité pour m'avoir sélectionnée lors de la dernière masse critique. J'avais uniquement choisi ce titre car j'avais déjà eu l'occasion de découvrir un roman en anglais de Lauren Willig (malheureusement pas encore traduit) The secret history of the pink carnation. J'avais passé un très bon moment et je souhaitais donc approfondir ma connaissance de cette auteure.

De plus, Ashford Park offre une structure narrative comme je les aime: deux histoires, l'une située dans le passé et l'autre dans le présent, s'entrecroisent sans cesse. Jusqu'à ce qu'on comprenne leurs liens et qu'elles prennent entièrement leur sens.

Dans cet ouvrage à tiroirs, on fait donc la connaissance de deux héroïnes: Addie et Clementine.

En 1905, suite au décès de ses parents, Addie est recueillie à contrecœur par son oncle et sa tante. Elle grandit dans le manoir d'Ashford Park aux côtés de la belle et éclatante Bea. Quand la première guerre éclate, les deux cousines choisissent un destin différent. Tandis qu' Addie s'engage en tant qu'infirmière, Bea décide de se marier par convenance. Mais, bien vite, elle se lasse de cette situation et décide de s'enfuir au Kenya avec le premier amour d'Addie.

Toute relation est alors interrompue entre les deux jeunes femmes. Jusqu'à cette invitation lancée en 1926 de venir au Kenya. Une invitation acceptée par Addie et qui va avoir d'immenses conséquences...

En 1999, Clementine a tout sacrifié à sa carrière de juriste. Elle vient de rompre les fiançailles avec Dan et ne pense qu'à Jon, un homme marié avec lequel elle a coupé les ponts après un séjour à Rome. Mais elle va renouer avec lui pour comprendre et démêler les fils du passé.

Comme souvent dans ce genre de romans, j'ai plus été intéressée par le récit qui se déroule au début du 20ème siècle. J'ai aimé suivre l'éducation d'Addie à Ashford Park, la vie londonienne, l'effervescence de la guerre, le contraste avec le voyage en Afrique...De plus, je me suis beaucoup attachée à cette protagoniste.

Même si les mystères sont plutôt simples à résoudre, je me suis prise au jeu de l'intrigue. Et je n'ai pas vu le temps passer en compagnie d'Addie et Clementine.

Bref, vous l'aurez compris: une belle saga familiale de secrets enfouis parfaite pour l'été.

Editions Presses de la Cité, 2014, 480 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Céline et Bianca et dans le cadre du Challenge Un pavé par mois de Bianca

10/08/2014

Eleanor et Park de Rainbow Rowell

Eleanor et Park

de

Rainbow Rowell

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“Il n’essayait plus de la faire revenir. Elle revenait seulement quand elle en avait envie, dans des rêves, des mensonges et des déjà-vus délabrés. »

1986, Eleanor est une nouvelle arrivée dans le lycée. Et comme toute nouvelle, elle a du mal à trouver sa place. D’autant plus qu’elle se démarque par son physique et son habillement.

 Dans le bus scolaire, elle se voit contrainte de s’asseoir à coté de Park.

«La nouvelle a pris une grande inspiration et elle s’est avancée dans l’allée. Personne ne la regardait. Park essayait de l’ignorer aussi, mais c’était un peu comme ignorer un train qui déraille ou une éclipse.

La fille avait vraiment la tête de celle à qui ce genre de situation arrivait souvent. »

Au début, Eleanor et Park ne se parlent jamais.

Puis, Eleanor se met à lire les comics de Park.

Très vite, ce trajet quotidien, ils l’attendent tous deux avec impatience.

Très vite, leurs langues se délient.

Très vite, ils échangent non seulement autour des Watchmen, mais de la musique qu’ils affectionnent.

Et de ces échanges, nait une belle relation…

Mais Eleanor évolue dans un contexte familial très compliqué.

Trop compliqué sans doute pour vivre une idylle.

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Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de ce roman sur la blogosphère et j’avais hâte de m’y plonger.

Une fois entamé, je suis immédiatement tombée sous le charme.

Parce qu’Eleanor et Park sont deux héros marquants, aux antipodes de ceux qu’on croise plus traditionnellement dans la littérature pour adolescents

Parce que j’ai été surprise par les péripéties de l’intrigue

Parce que cette œuvre comporte de magnifiques scènes de désir naissant

Parce que cet ouvrage rappelle tout ce qu’on peut éprouver lors d’un premier amour, de la peur aux papillons dans le ventre

Parce qu’au détour de chaque page, on n’est jamais à l’abri de découvrir une pépite tant stylistique qu’émotionnelle

«Tenir la main d Eleanor, c’était comme tenir un papillon. Ou un battement de cœur. C’était tenir une chose pleine, et pleinement vivante.

Dès qu’il l’a touchée, il s’est demandé comment il avait tenu aussi longtemps sans le faire. Il caressait sa paume avec son pouce pour remonter vers la naissance de ses doigts, et il était conscient  de chacune de ses respirations »

Parce que j’ai souvent eu le sourire aux lèvres

Parce que j’ai pleuré

Parce que j’ai pris mon temps pour finir ce roman afin de mieux en savourer la poésie

Parce que les Watchmen et les Smiths…

Bref, vous l’aurez compris : Eleanor et Park constitue un coup de cœur. Et je crois que me souviendrais longtemps de ces deux protagonistes.

Pocket Jeunesse, 2014, 384 pages

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