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06/06/2013

Le Chien des Baskerville de Conan Doyle

Le Chien des Baskerville

de

Conan Doyle

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"Sherlock Holmes, qui d'ordinaire se levait très tard, excepté dans ces occasions assez fréquentes où il veillait toute la nuit, était attablé devant son petit déjeuner. J'étais debout sur le tapis du foyer et je ramassais la canne que notre visiteur avait oubliée la veille au soir"

Le Docteur Mortimer désire engager Sherlock Holmes. En effet, il redoute que la malédiction des Baskerville frappe de nouveau. Tout a commencé quelques siècles plus tôt avec Hugo Baskerville qui aurait promis de donner son corps et son esprit aux forces du Mal en échange de la fille qu'il convoitait. Il aurait ainsi fait sortir des enfers un chien monstrueux qui continuerait de hanter la lande.

Cette créature fantômatique viendrait même de frapper une nouvelle victime, en la personne de sir Charles Baskerville.

Comme il doit accueillir dans la capitale le nouvel héritier du manoir, le docteur ne souhaite pas qu'il subisse un sort identique.

De prime abord très dubitatif, le détective, devant l'accumulation de phénomènes étranges et inexpliqués, accepte de relever le défi et de s'attaquer à cette malédiction.

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J'avais découvert pour la première fois cette histoire quand j'étais adolescente il y'a quinze ans mais je n'en gardais pas beaucoup de souvenirs.

Aussi, j'ai été ravie quand Céline m'a proposé cette LC. Cela faisait longtemps que je voulais retrouver l'univers de Sherlock Holmes, surtout après avoir été aussi conquise par la série de Steven Moffat.

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Les premières pages débutent par une brillante démonstration du détective. Il propose au docteur Watson un défi.

"Voyons un peu comment vous reconstruisez l'homme en examinant la canne"

S'ensuit un brillant dialogue entre les deux amis et la reconstitution de l'identité du mystérieux visiteur qui, sur ces entrefaites, arrive et correspond, bien entendu, au portrait imaginé.

L'affaire exposée par le docteur Mortimer a tout de suite retenu mon attention. Elle m'a semblé se démarquer des intrigues policières classiques, dans le sens où l'assassinat tirerait ses origines d'une vieille légende. Jusqu'au bout, on se demande d'ailleurs si le chien des enfers évoqué dans l'histoire de Hugo Baskerville existe bel et bien ou s'il est purement l'invention  d'un meurtrier démoniaque...

J'ai trouvé que Conan Doyle avait su créér avec talent une atmosphère pesante où la tension ne cesse de monter. Plus les jours passent, plus on a l'impression que la lande et les tourbières deviennent omniprésentes et vont engloutir les héros...Les hurlements que l'on entend et la perspective d'un criminel évadé qui se serait réfugié dans le voisinage ne font qu'accroître cette impression.

De plus, Sherlock Holmes a décidé de ne pas accompagner Henry, le nouvel héritier Baskerville dans son domaine. Il a préféré le confier au docteur Watson qui se voit confier comme mission de lui adresser de fidèles compte-rendus. Pendant quelques chapitres, on patauge ainsi dans la lande avec le plus fidèle ami du détective . On suit ses suppositions, on en élabore d'autres...J'ai regretté l'absence du héros. Mais en même temps, elle renforce cette sensation d'incertitudes, d'enfermement...

Je n'ai pas été tellement surprise par le dénouement. Sans doute car j'avais quelques vagues réminiscences..En revanche, la résolution de l'affaire a une nouvelle fois souligné l'intelligence du personnage principal.

Bref, vous l'aurez compris: un roman policier réussi qui m'a donné envie de me replonger dans d'autres aventures du célèbre détective.

Librio, 2013, 190 pages, 2 €

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Céline, du Mois anglais et du challenge God save the livre 2013.

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28/05/2013

La Huitième aventure de Monk

Un Cri étranglé

de

Anne Perry

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"Dans la ruelle balayée par le vent de janvier, John Evan tremblait de froid. P. C. Shotts leva plus haut sa lanterne sourde, afin qu'ils puissent distinguer les deux corps ensemble. Recroquevillés et sanglants, ils gisaient sur le pavé verglacé, à environ deux mètres l'un de l'autre"

Dans le quartier de Saint Giles, un des plus sordides de la capitale, situé à quelques mètres seulement de Regent Street, sont retrouvés deux corps: celui d'un père et d'un fils. Le premier n'a pas survécu à la sanglante correction qui leur a été infligée. Le second, Rhys Duff, est dans un état lamentable. Hester Latterly est engagée par la famille pour veiller sur lui. John Evan enquête sur les circonstances du drame.

Quant à William Monk, il tente de découvrir l'identité de mystérieux violeurs sévissant justement dans le quartier de Saint Giles.

Et si tout avait un lien?

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Voici la huitième enquête du détective amnésique que je parcours grâce au challenge Anne Perry de Syl.

J'ai trouvé que ce tome s'attachait plus aux histoires sentimentales de nos héros. Hester Latterly se rapproche d'Oliver Rathbone qui l'invite à plusieurs reprises au restaurant et au théâtre. On sent tout l'intérêt amoureux qu'il lui porte. Mais Hester reste indécise. Elle apprécie l'avocat mais se sent également attirée par Monk. Ce dernier commence à prendre conscience de l'importance de la jeune infirmière dans sa vie.

De même, on s'attarde plus sur les problèmes de mémoire de Monk. Emergent de nouveaux souvenirs relatifs à sa relation avec Runcorn. On apprend ainsi qu'au début de leur carrière, ils étaient très complices et se soutenaient mutuellement dans leurs descentes périlleuses à Saint Giles. Jusqu'au jour où une trahison avait définitivement entaché leur entente....Cette incursion dans le passé de policier de Monk m'a vivement intéressée. Elle permet de le voir sous un autre jour. Son accident l'a fait profondément changer...J'aurais détesté l'ancien Monk. Et au fil des volumes, je trouve qu'il s'humanise.

Un cri étranglé démontre une fois encore le talent d'Anne Perry à ressusciter l'ambiance de l'époque victorienne. La plongée dans le quartier sordide de Saint Giles révèle de nouveau la difficulté de la condition féminine. Celles qui sont privilégiées doivent fermer les yeux sur les visites de leurs maris ou fils dans les bordels. Tandis que celles qui doivent trouver de l'argent pour leur famille, se retrouvent contraintes de se prostituer occasionnellement pour nourrir leurs enfants...

"Certaines de nos femmes respectables, quand elles sont dans une sale période, elles pensent qu'elles ne s'vendront jamais, quoi qu'il arrive [...] Elles se disent qu'elles préféreraient mourir d' faim plutôt qu'd'aller dans la rue. C'est étonnant comme on change vite d'attitude quand vos enfants ont faim ou sont malades."

Si elles se font violer ou subissent de mauvais traitements, elles ne peuvent attendre aucun recours de la police ou de la justice.

C'est pour cette raison que la quête de Monk pour justement les venger en exposant les gentlemen responsables de ces sévices me l'a rendu encore plus sympathique. Il est considéré par Runcorn ou Rathbone comme un fou d'avoir accepté un tel cas.

En revanche, j'ai moins été convaincue par l'intrigue policière. Elle peine à s'installer et ne prend vraiment son essor que dans les dernières pages. Tout le drame explose grâce à l'intuition d'Hester. Comme dans la série des Pitt, ce sont souvent les femmes chez Anne Perry qui trouvent la vérité.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un agréable moment avec ce nouveau cru de la série du détective amnésique. Sans doute pas le meilleur en termes d'intrigue poilicière mais important en ce qui concerne l'évolution des sentiments des personnages et la révélation des origines de la haine que se vouent Monk et Runcorn.

Editions 10/18, collection "Grands détectives", 2002, 446 pages, 8,80 €

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Shelbylee, Adalana et Syl

Billet dans le cadre des challenges Anne Perry, God save the livre 2013 et victorien.

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20/05/2013

Le Crime de Parangon Walk

Le Crime de Parangon Walk

de

Anne Perry

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"L'inspecteur Pitt regarda la jeune fille, et un indicible sentiment de tristesse s'empara de lui. Bien qu'il ne l'eût pas connue de son vivant, il connaissait et chérissait tout ce qu'elle avait perdu à présent. "

Fanny Nash, une jeune fille, vient d'être violée et tuée dans une maison de Parangon Walk. Comme ce quartier huppé de Londres relève de son district, l'inspecteur Pitt est chargé de l'investigation.

Mais, très vite, il se heurte au mutisme et au rejet des résidents. Son enquête piétine...Une nouvelle agression a lieu...

Heureusement, il peut compter sur l'aide de Charlotte, sa femme et de sa belle-soeur, Emily.

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Quel plaisir de me replonger une nouvelle fois dans l'univers d' Anne Perry! Un auteur que j'ai redécouvert grâce au challenge de Syl à la rentrée 2012.

Cette fois-ci, en compagnie de Bianca et de Céline, je me suis lancée dans la troisième aventure des époux Pitt.

Une jeune femme s'est effondrée morte dans les bras de sa belle-soeur dans un quartier chic de la capitale anglaise. Est dépêché sur les lieux du crime l'inspecteur Pitt. Il fait ainsi la connaissance de la famille Nash et des autres habitants de Parangon Walk.

Tous les hommes peuvent être soupçonnés. Même le mari d'Emily...Au fil des interrogatoires, l'enquête s'enlise. Les riches résidents se soutiennent et préfèrent accréditer la thèse d'un coupable à rechercher parmi les domestiques ou les éventuels rôdeurs.

Mais Emily, comme dans le précédent opus, souhaite mener ses propres investigations. Elle convie ainsi sa soeur Charlotte à un thé chez elle. Et de fil en aiguille, la fait inviter aux autres garden-partys, thés...du quartier.

Ces deux enquêtes parallèles permettent une meilleure plongée dans le monde huppé de l'époque victorienne. En effet, grâce à Emily et Charlotte, on entre de plain-pied dans la haute-société londonienne.

Il existe une très forte rivalité féminine. Chacune se jauge, critique l'habillement de l'autre, se dispute les faveurs des hommes...

J'ai été également très choquée par l'attitude que les dames de la haute-société pouvaient avoir concernant le viol. C'est comme si la jeune fille l'avait cherché par son comportement dépravé.

"D'après vous, Fanny aurait mérité de se faire agresser? demanda Charlotte sans détour. [...]

Franchement, Mrs Pitt, ces choses-là arrivent rarement aux femmes...chastes! Elles évitent de se trouver dans ce genre de situation. Je suis sûre que vous n'avez jamais été attaquée! Pas plus que l'une d'entre nous, d'ailleurs!"

Une fois encore, Charlotte m'a énormément impressionnée. Anne Perry a su créer un personnage fort, digne, doté d'une grande moralité qui n'a pas peur de dire ce qu'elle ressent. Une vraie dame parmi toutes celles qui prétendent l'être.

Son attitude explique d'ailleurs l'attrait qu'elle exerce sur deux membres de la société de Parangon Walk: Lady Vespasia Cumming-Gould, la tante du mari d'Emily et le Français Paul Alaric, objet de toutes les attentions féminines. J'ai beaucoup apprécié ces deux nouveaux protagonistes: la première pour son intelligence, sa franchise, sa ressemblance avec Charlotte et le second pour son côté charmeur, protecteur...J'espère les retrouver dans de prochains volets.

L'évolution d'Emily m'a également intéressée. Autant je n'avais pas apprécié son côté très capricieux dans l'Etrangleur de Cater Street, autant je l'ai trouvée plus humaine et plus mature. C'est sans doute un des avantages des séries: donner la possibilité au lecteur de suivre les transformations des héros.

En revanche, j'ai regretté de ne pas voir assez Thomas Pitt. Je l'ai trouvé assez effacé.

L'intrigue policière m'a tenue en haleine jusqu'au bout. Les rebondissements, les disparitions, les meurtres se multiplient...Et jusqu'aux dernières pages, on ne sait pas qui est (ou sont) le(s) coupable(s).

Comme dans les Ames noires, Anne Perry a donné des accents de tragédie grecque au dénouement.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un très bon moment en compagnie des Pitt et j'ai hâte de replonger avec eux dans le monde victorien des années 1880.

Editions 10/18, 2002, 316 pages, 7,50 €

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et Céline et des challenges Anne Perry, God save the livre 2013, la plume au féminin édition 2013, victorien et polar historique.

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