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des romans policiers - Page 18

  • Traitor's Gate de Anne Perry

    Traitor's Gate

    de

    Anne Perry

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    "Pitt se redressa sur le banc de bois et observa avec bonheur les rayons du soleil couchant qui baignait d'une lueur dorée le vieux pommier dressé au milieu de la pelouse. Quelques semaines plus tôt, il avait emménagé avec sa famille dans cette nouvelle demeure, si familière au premier abord qu'il avait eu l'impression d'y revenir après un long voyage plutôt que de s'y installer pour la première fois."

    Quinze ans après avoir quitté le domaine familial des Desmond où il avait grandi et où son père était garde-chasse, Pitt a la surprise de recevoir Matthew Desmond, son ami d'enfance. Ce dernier est porteur de mauvaises nouvelles: son père, Sir Arthur Desmond, a été retrouvé mort dans son club londonien. Tout porte à croire qu'il aurait succombé à un mauvais mélange de brandy et de laudanum. La thèse la plus souvent évoquée est celle du regrettable accident. On murmure que le défunt avait commencé à perdre la tête et qu'il lançait dans des accusations farfelues contre d'éminents diplomates.

    Au contraire, Matthew est persuadé que son père a été assassiné car il menaçait des gens trop puissants. Il demande donc à Pitt de le prouver. Il lui confie également une autre affaire: retrouver l'espion qui copie des documents sur les enjeux britanniques en Afrique et les vend aux Allemands.

    Pitt accepte de relever le défi. Commence alors une enquête périlleuse pour sa carrière et pour ses proches, la menace du Cercle intérieur se faisant de plus en plus pesante.

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    Traitor's Gate en 1896

    Au mois d'avril, même si je n'ai pas encore publié mes billets, j'ai rattrapé mon retard dans la saga des Pitt et je suis ravie de pouvoir publier en même temps que mes copinautes.

    Même si je dois avouer que Traitor's Gate ne fait décidément pas partie de mes tomes préférés.

    Plusieurs affaires s'entrecroisent dans ce volume: celle de l'espionnage dans le Ministère des Colonies, celle de la mort de Sir Arthur Desmond et celle d'une autre personnalité, retrouvée noyée à Traitor's Gate. Toutes ont pour rapport l'Afrique. Et justement je me suis perdue dans l'exposé des enjeux politiques, stratégiques et militaires liés à ce continent. En effet, je maîtrise très peu l'histoire coloniale de l'Empire britannique et de l'Empire allemand. Or, la présentation qu'en fait Anne Perry et qui occupe tout un pan de l'intrigue ne m'a pas semblé toujours claire.

    A ce bémol de compréhension s'ajoute celui de la complexité de mener trois enquêtes en même temps. Là encore, comme elles ne se rejoignaient pas toutes à la fin, je n'ai pas compris le parti pris. Mais j'ai été bluffée par la résolution imaginée pour celle de Traitor's Gate et pour le meutre de Sir Arthur Desmond.

    De même, le climax de la fin m'a laissée pantelante. J'ai hâte d'en connaître les répercussions pour Thomas Pitt.

    Dans cet ouvrage, l'accent est mis sur ce héros (j'ai notamment aimé en apprendre plus sur son enfance à la campagne). Les apparitions de sa femme et de Lady Vespasia se font plus rares. Néanmoins, comme à son habitude, la romancière n'en oublie pas d'évoquer les problèmes liés à la condition féminine en cette fin de 19ème siècle. Elle aborde notamment le cas des femmes célibataires et l'émergence de certains courants qui souhaitent qu'elles aient les mêmes formations qu'un homme et puissent prétendre aux mêmes emplois.

    Bref, vous l'aurez compris: cet opus n'est pas le meilleur de la série mais j'aurais plaisir à retrouver Charlotte et Thomas en juin dans Pentecost Alley.

    Editions 10/18, 378 pages, 8,10 €

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, Céline, Fanny, Sybille et Belette et dans le cadre des challenges  Anne Perry, 19ème siècle et God save the livre 2014.

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  • Le Voleur de morts de Tess Gerritsen

    Le Voleur de morts

    de

    Tess Gerritsen

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    "20 mars 1888

    Très chère Margaret,

    Je te remercie des condoléances que tu m'as exprimées avec tant de sincérité pour la perte de ma bien-aimée Amélia. L'hiver a été pour moi très difficile puisque, quasiment chaque mois, j'ai vu disparaître un être cher, emporté par l'âge ou la maladie."

    Ce roman débute par une lettre où un certain O.W.H promet de raconter tout ce qui s'est réellement passé en 1830.

    Puis, de nos jours, on fait la connaissance de Julia qui, suite à son divorce, vient de s'acheter une maison dans le Massachusetts. En voulant planter de nouvelles fleurs, elle déterre un cadavre. Celui d'une femme assassinée il y'a plus d'un siècle.

    Comme la police refuse de l'aider à faire la lumière sur ce corps, elle décide d'entreprendre sa propre enquête. Une enquête qui va la mener sur les traces du "Faucheur", un serial killer qui aurait sévi à Boston en 1830.

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    Je n'avais jamais entendu parler de ce roman policier ou de cette auteure avant qu'une collègue ne me prête cet ouvrage en m'assurant qu'il me plairait. Effectivement, quand j'ai parcouru la quatrième de couverture, j'ai été immédiatement intéressée par l'intrigue et je n'ai pas tardé à me lancer.

    Ce livre s'articule principalement autour de deux arcs narratifs aux temporalités différentes: d'un côté, on suit Rose et Norris en 1830; de l'autre, on découvre le récit contemporain de Julia.

    J'ai préféré la partie plus ancienne de la narration. C'est d'ailleurs elle qui prend le dessus dans Le Voleur de morts.

    Boston, 1830, Rose vient de débarquer de son Irlande natale. Elle a rejoint sa sœur Auria et survit en exploitant ses talents de couturière. Mais Auria, enceinte, a du mal à accoucher et est envoyée à l'hôpital. Rose l'accompagne et la veille dans une grande chambrée où d'autres parturientes se meurent de fièvre puerpérale.

    Dans le même établissement de soins, Norris suit des études de médecine. D'origine paysanne, il a dû se résoudre à voler des cadavres la nuit dans les cimetières pour financer ses cours.

    Un soir, alors qu'il rentre d'une de ses tournées funèbres, il entend les cris de Rose et découvre avec horreur le cadavre atrocement mutilé d'une des infirmières.

    Cette victime n'est que la première. Bientôt, les cadavres s'amoncellent. Tout porte à penser que Norris pourrait être le coupable....

    L'intrigue policière, bien menée, permet de s'immerger dans le Boston du début du 19ème siècle. On apprend beaucoup de choses sur les conditions d'accouchement des femmes (beaucoup d'entre elles mourraient en couches dans des grandes salles, après avoir donné la vie) et sur les études de médecine. La réglementation américaine, contrairement à la française, ne permettait pas d'avoir accès à assez de cadavres pour permettre aux universitaires de se faire une bonne idée du fonctionnement du corps. C'est pour cette raison que les déterreurs de cadavres pullulaient. De plus, aucune règle d'hygiène n'était respectée. Les médecins, en sortant d'autopsies, pouvaient ainsi toucher les malades sans s'être lavé au préalable les mains.

    A cette description du monde médical s'ajoute une autre des conditions de vie dans l'Amérique de 1830. A la misère du dortoir où doit dormir Rose s'oppose la grande richesse des demeures des professeurs reconnus. Au fil des pages, tous les milieux sociaux sont évoqués.

    Les péripéties s'enchaînent, les meurtres aussi....Et je dois avouer que je ne m'attendais pas à cette résolution de l'énigme policière.

    En revanche, comme je le disais plus haut, j'ai moins adhéré à l'arc narratif moderne. Selon moi, il aurait pu aussi bien ne pas exister car il n'apporte pas grand chose. Je regrette que Tess Gerritsen n'ait pas choisi de le supprimer.

    Bref, vous l'aurez compris: un roman policier intéressant et très fouillé d'un point de vue historique mais qui aurait mérité de ne se dérouler qu'à une époque.

    Pocket, 2011, 472 pages, 7,90 €

     

     

     

  • Travail soigné de Pierre Lemaître

    Travail soigné

    de

    Pierre Lemaître

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    "Lundi 7 avril 2003,

    -Alice...dit-il en regardant ce que n'importe qui, sauf lui, aurait appelé une jeune fille.

    Il avait prononcé son prénom pour lui faire un signe de connivence mais sans parvenir à créer chez elle la moindre faille. Il baissa les yeux vers les notes jetées au fil de la plume par Armand au cours du premier interrogatoire: Alice Vandenbosch, 24 ans."

    Alors qu'il questionne une victime,  le commandant Camille Verhoeven reçoit un coup de fil d'un de ses inspecteurs qui lui demande de venir sur les lieux d'un crime.

    "Ça ne ressemble à rien que je connaisse..."

    Et, en effet, quand il arrive, Verhoeven est frappé par le carnage qu'il découvre.

    Très vite, son enquête lui permet de faire le lien avec une précédente affaire qui avait fait beaucoup parler.

    Très vite aussi, il comprend que le meurtrier tente de transposer des crimes de romans célèbres: le Dahlia noir et American psycho.

    Mais comment contrer un assassin qui semble toujours avoir plusieurs coups d'avance? Surtout quand la presse parvient aussi facilement à obtenir des infos censées rester secrètes?

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    J'ai découvert récemment Pierre Lemaître avec Au-revoir là haut, un roman qui m'avait fait une très forte impression. Puis, je me suis lancée dans Robe de marié avec mes copinautes Bianca et Céline et là encore, j'ai été bluffée.

    Aussi, quand le premier tome de la trilogie des Verhoeven est arrivé dans mes mains à la médiathèque où je travaille, je n'ai pas pu résister et je me suis immédiatement plongée dedans. Et, une fois encore, la magie a opéré.

    L'auteur a su créer des personnages atypiques.

    Le héros, Camille Verhoeven, a dû faire preuve d'une force de caractère exceptionnel pour gravir les échelons de la police en dépit de sa petite taille (1,45 m).

    Autour de lui, gravitent Louis, un jeune homme très riche qui a choisi cette carrière pour aider les plus démunis; Armand, un besogneux très avare qui a pour habitude de ramasser les journaux dans les poubelles pour faire des économies et Maleval, un trentenaire qui mène une vie dissolue et inquiète le commandant.

    Cet aspect hétéroclite des caractères fonctionne à merveille et donne une impression de justesse et de vérité. En effet, il est rare de retrouver dans des équipes des gens bâtis sur le même moule et Pierre Lemaître a bien eu raison de respecter cette règle.

    On s'attache à chacun de ces protagonistes car il parvient, en quelques traits, à nous les rendre extrêmement vivants et présents.

    Mais la grande force de cet ouvrage tient encore surtout à la qualité de l'intrigue. J'ai beaucoup aimé l'idée d'un serial killer qui tue ses victimes selon des modus operandi décrits dans des romans policiers. L'occasion de découvrir des titres que je ne connaissais pas (il faut que je lise Emile Gaboriau) et de faire une incursion dans le milieu universitaire.

    De plus, les fausses pistes se multiplient sans cesse. Tout comme les coupables possibles. Le "Romancier" (surnom que les journalistes ont inventé pour parler du meurtrier) joue avec les nerfs de Verhoeven et de sa brigade (et avec les nôtres par la même occasion). Jusqu'au rebondissement final (que je n'avais pas vu du tout venir)...

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai adoré ce roman policier (je n'ai pu le lâcher que vers la fin) et j'ai hâte de me plonger dans la suite de la trilogie autour de ce commandant.

    Dire que le manuscrit de Travail soigné avait été refusé 22 fois par 22 éditeurs avant que le Masque revienne sur sa décision et ne décide de le publier....

    Le Livre de Poche, 2006, 407 pages, 7,10 €