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17/02/2013

Des âmes noires de Anne Perry

Des âmes noires

de

Anne Perry

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"Très droite sur sa banquette, Hester Latterly ne perdait rien du paysage vallonné des Basses-Terres d'Ecosse qui défilait derrière la vitre.

Le soleil de ce début d'octobre venait de percer le voile du brouillard qui troublait l'horizon. Il était à peine plus de huit heures et les champs couverts d'éteules baignaient encore dans la brume matinale, si bien que les arbres majestueux semblaient flotter au-dessus du sol, privés de leurs racines. "

Après avoir aidé son amie Lady Callandra Daviott à élucider le meurtre d'une infirmière dans Vocation fatale et exercé un emploi d'infirmière particulière, Hester Latterly vient de répondre à l'annonce d'une famille bourgeoise d'Edimburgh. Elle devra accompagner Mrs Farraline lors d'un voyage en train à Londres et la ramener six jours plus tard en Ecosse.

Hester est immédiatement bien accueillie par la famille et notamment par l'aînée Oonagh. Cette dernière la met en garde sur les médicaments que doit prendre sa mère dotée d'un coeur fragile.

Le soir, débute le voyage en train. Les deux femmes ont une conversation fort plaisante avant qu'elles ne décident de se reposer. Malheureusement, pendant la nuit, Mrs Farraline décède.

A l'arrivée à Londres, Hester, bouleversée, répond aux questions de la famille de sa patiente et des contrôleurs.

Très vite, des soupçons naissent autour des origines de la mort. Et tout semble désigner Hester, surtout après la découverte de la magnifique broche de Mrs Farraline dans ses bagages.

Elle est arrêtée.

William Monk part immédiatement pour Edimbourgh pour tenter de prouver son innocence. Il est vite rejoint par l'avocat Oliver Rathbone.

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Je poursuis avec déléctation la découverte des aventures de William Monk que j'ai découvert grâce au très beau challenge Anne Perry organisé par Syl.

Cette fois-ci, notre héros se trouve confronté à l'arrestation d'une femme devenue primordiale à ses yeux, avec laquelle il entretient des rapports de rivalité/complicité. Cette situation permet ainsi de faire évoluer l'intrigue amoureuse qui se joue entre Monk, Latterly et Rathbone.

Dans les volumes précédents, nous en avons déjà plus appris sur les sentiments des deux derniers. Mais l'arrestation de Hester sert de déclencheur pour Monk. Il s'interroge enfin sur ses rapports avec elle. On suit ainsi le cheminement de ses émotions tout au long du roman.

Avoir choisi de placer son héroïne dans une situation dramatique se révèle également très habile dans la tension que peut éprouver le lecteur. Nous savons qu'Hester est innocente. Mais la multiplication des preuves à son encontre et le souvenir de cet innocent pendu dans une des précédentes aventures ne peut nous empêcher d'avoir peur pour elle et de partager les inquiétudes de ses amis.

La description de la captivité d'Hester souligne une nouvelle fois le talent de l'auteur à nous plonger dans l'époque victorienne. Nous ressortons de cet ouvrage avec une meilleure idée des conditions de vie des prisonniers sous le règne de Victoria.

Anne Perry se révèle aussi très douée dans l'évocation de la vie bourgeoise à Edimbourgh. Il faut dire que la famille Farraline fournit un bon exemple. Elle tient sa richesse d'une entreprise d'imprimerie. L'aîné exerce le poste très en vue de procurateur général. Une des filles est réputée être la plus belle de la ville.

Cependant, très vite, face aux investigations poussées de Monk, le vernis craquèle et tous apparaissent tels qu'ils sont vraiment. Certains des membres m'ont alors fait penser à ceux des familles maudites qu'on retrouve dans la mythologie grecque (les Atrides). D'autres, au contraire, se sont révélés beaucoup plus complexes, attachants et héroïques qu'ils n'apparaissaient de prime abord.

Mais cette idée de tragédie antique ne m'a jamais quitté jusqu'au dénouement final...

L'intrigue policière m'a d'ailleurs semblé bien construite. Sans doute est-ce dû au choix de placer l'héröine dans une situation dramatique...De plus, je n'ai compris que dans le dernier quart, l'identité du coupable.

Bref, un très bon cru des aventures de William Monk que je retrouverai avec plaisir dans un prochain tome.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Syl, Shelbylee et Adalana, du challenge Anne Perry, du challenge Victorien et du challenge God save the livre.

10/18, collection "Grands détectives", 478 pages, 8,80 €

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06/01/2013

Un crocodile sur un banc de sable

Un crocodile sur un banc de sable

de

Elizabeth Peters

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"Quand mes yeux s'étaient posés pour la première fois sur Evelyn Barton-Forbes, elle arpentait les rues de Rome. "

Fin du 19ème siècle, Amelia Peabody, une Britannique de 32 ans déjà considérée pour l'époque comme une vieille fille, vient de perdre son père. Pour la récompenser des soins qu'elle lui avait prodigués lors de ses dernières années, il lui a laissé un héritage substantiel de un demi-million de livres.

"J'avais toujous rêvé de voyager. Maintenant, j'allais enfin pouvoir visiter tous les pays dont l'histoire avait tant passionné mon père: la Grèce des philosophes et des artistes, Rome et sa grandeur militaire, Babylone, Thèbes aux cent portes et tant d'autres cités dont les noms résonnaient glorieusement dans ma tête"

Lors de son séjour à Rome, Amelia rencontre Evelyn Barton-Forbes, une jeune Lady reniée par son grand-père après s'être enfuie avec un séducteur italien qui l'a bien vite abandonnée. Elle la recueille et lui offre très vite le poste de dame de compagnie.

Elles s'embarquent ainsi pour l'Egypte. Arrivées au Caire, elles rencontrent deux frères archéologues, les Emerson, ainsi que le cousin d'Evelyn, bien décidé à l'épouser.

Mais, leurs aventures ne font que commencer...

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Elizabeth Peters ou Barbara Michaels est un écrivain américain. Férue d'égyptologie (elle a obtenu un doctorat dans ce domaine), elle s'est lancée dans la série des Amelia Peabody en 1975. Elle souhaitait faire revivre les grandes heures de l'égyptologie, au tournant du 20ème siècle. Un moment où l'Angleterre s'est passionnée pour les découvertes de Maspero...

J'ai entendu parler de ce livre sur le blog de Yueyin. Et j'avais bien envie de découvrir cette série. Aussi, quand j'ai eu l'occasion de mettre la main sur le premier tome chez un bouquiniste, je n'ai pas longtemps hésité.

J'ai beaucoup apprécié le mode narratif choisi par l'auteure. En effet, le "je" permet de mieux appréhender le caractère hors du commun de l'héröine. Amelia Peabody correspond tout à fait au type de personnage que j'apprécie. Elle est féministe, curieuse, autoritaire, sensible, pleine de bon sens, complètement ignorante de tout ce qui concerne le domaine sentimental...Elle aurait aimé naître homme, pour pouvoir être libre de ses mouvements et tout entreprendre.

Sa dame de compagnie, Evelyn, ne correspond pas non plus au modèle de la femme victorienne. Même si elle présente les traits de caractère idéaux (douceur, modestie...), sa fuite avec un Italien l'a définitivement mise au ban de la société.

Ces deux "déclassées" vont partir pour l'Egypte. Après une première rencontre explosive avec les frères Emerson (l'aîné Radcliffe s'est énervé contre Amelia dans un musée au Caire), le hasard d'une étape dans leur croisière sur le Nil va mener Amelia et Evelyn à s'installer sur leur chantier de fouilles.

Amelia et Radcliffe sont comme chiens et chats (le ton de leurs conversations n'a pas été sansl-homme-au-complet-marron-265101-250-400.jpg me rappeler celui des discussions des deux héros de l'excellent roman d'Agatha Christie L'homme au complet marron). Tandis que Evelyn et Walter, le cadet, tombent amoureux. Cependant, ce quotidien va très vite être perturbé par l'irruption du cousin d'Evelyn et surtout par les visites nocturnes d'une menaçante momie.

Cette momie permet de souligner toutes les superstitions qui encadraient les fouilles archéologiques. Mais aussi de découvrir certaines ruses que pouvaient employer les villageois pour effrayer les Occidentaux et garder les trésors découverts ou les Occidentaux entre eux pour récupérer les chantiers de leurs rivaux.

Ainsi, Elizabeth Peters arrive à resusciter l'ambiance des chantiers de l'époque. On apprend plein de détails, tant sur le fonctionnement (installation des chambres des Occidentaux dans les tombes, horaires, repas) que sur les méthodes (protection, utilisation d'un miroir réfléchissant le jour pour ne pas abîmer les fresques...)

De plus, même si le coupable est assez vite identifiable, j'ai trouvé l'intrigue fantastico-policière divertissante. Je me suis beaucoup amusée à suivre les péripéties d'Amelia et de ses compagnons.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un très bon moment en lisant ce premier opus de la série imaginée par Elizabeth Peters. Et je retrouverai avec plaisir son héroïne pour la suite de ses aventures.

Le Livre de Poche, 1999, 5,60 €, 313 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

13/12/2012

La troisième enquête de Monk

Défense et trahison

de

Anne Perry

 

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"Hester Latterly descendit du cab. Voiture légère à deux places, d'invention récente, c'était un moyen de locomotion bien moins cher qu'une grosse berline qu'on louait à la journée. Elle fouilla dans son réticule à la recherche de la somme exacte et, après avoir réglé la course, se dirigea d'un pas vif vers Regent's Park où les jonquilles s'épanouissaient dans leur éclat doré sur la terre sombre"

Londres, milieu du 19ème siècle: Hester Latterly a rendez-vous avec une de ses meilleures amies à Regent's Park. Or, celle-ci arrive très en retard. Il vient d'arriver un malheur dans sa famille: son frère, le général Carlyon est mort dans ce qui semble un accident domestique stupide. Il se serait empalé sur une arme, après une chute d'escalier.

Mais, très vite, la femme du général confesse son meurtre. La famille Carlyon décide de payer Oliver Rathbone, le célèbre avocat pour assurer sa défense.

Ce dernier, afin de sauver sa cliente, fait appel à William Monk, désormais détective privé.

Et l'enquête pour comprendre les raisons qui entourent cet assassinat débute...

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Comme vous avez déjà eu l'occasion de vous en apercevoir, je suis devenue récemment très fan de William Monk. Je l'ai découvert grâce au challenge Anne Perry organisé par Syl.

Aussi, j'ai été ravie quand Syl a accepté de faire une lecture commune du troisème volume des aventures de cet enquêteur.

Cet opus m'a tout d'abord semblé très différent des deux précédents en raison de sa construction. En effet, dès le début, on sait qui est coupable. L'enquête, au lieu de mener au procès, va cette fois-ci l'accompagner.

L'aspect juridique revêt donc une importance primordiale. On assiste à tous les témoignages, aux retournements de situation... Cette manière d'appréhenher le crime et ses motifs n'est pas sans rappeler les films américains tels que Autopsie d'un meutre d'Otto Preminger où la majeure partie de l'action se déroule dans une salle d'audience. La tension monte, monte jusqu'au...verdict final.

Il en va de même pour ce roman. J'ai d'ailleurs vu quelque part qu'Anne Perry avait centré les aventures de Monk autour des tribunaux afin de plaire au lectorat américain. Cela annonce donc d'autres oeuvres construites sur ce modèle.

Et par conséquent, une plus grande importance accordée à Oliver Rathbone. J'apprécie de plus en plus ce personnage. Je le trouvais un peu trop sûr de lui dans le précédent tome. Au contraire dans celui-ci, il gagne en profondeur. Il montre ses failles devant sa cliente et devant Hester Latterly.

En effet, son "humanisation" s'accompagne d'un développement de ses sentiments pour l'infirmière. Ainsi, un trio que je ne qualifierai pas encore d'"amoureux" (Monk n'a pas pris conscience de son attachement) se met progressivement en place...

C'est là  justement une des forces d'Anne Perry: nous rendre attachants ses protagonistes. De livre en livre, on a envie de les voir évoluer, se rapprocher...Et tout semble crédible.

Bien entendu, l'autre force de la plume de cette écrivaine tient à son talent de reconstitution. Comme dans Un étranger dans le miroir et Un deuil dangereux , elle parvient à nous plonger dans le Londres victorien. Sont évoqués la condition des femmes, la vie dans les intérieurs nobles, la guerre de Crimée et ses conséquences, l'importance des apparences...

J'aimerais enfin aborder la question de l'enquête. Je me suis assez vite doutée de la nature des motivations de la criminelle. Même si je ne mesurais pas l'ampleur du drame...Je n'en dirai pas plus de peur de trop en dévoiler...

Bref, vous l'aurez compris: j'ai bien aimé cette aventure de William Monk . Mais elle m'a moins plu que les précédentes. Certes, le souci de reconstitution et d'approfondissement des interactions des personnages m'a fait passer un très bon moment. Mais la construction autour du procès et le nombre important de scènes d'audience m'ont moins convaincue. J'attends de voir si Anne Perry réutilisera ce procédé...

Voici le billet de Syl.

Editions 10/18, 2001, 8,80 €, 416 pages

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Syl, du challenge Anne Perry, du challenge du Polar historique et du challenge Victorien.

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