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premier roman - Page 4

  • Sans elle d'Alma Brami

    Sans elle

    de

    Alma Brami

     

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    "Moi, je m'appelle Lea et je suis immortelle.

    Immortelle, c'est quand on devrait mourir à un moment et qu'on n'est pas mort, après c'est fini, on a dépassé la mort, on l'a plantée, elle a pris quelqu'un d'autre à la place.

    Je m'appelle Léa...Léa, c'est plein de couleurs, un peu rose, un peu vert, un peu bleu, mais tout pastel...Léa, c'est doux, c'est soyeux.

    Je m'appelle Léa, je suis blanche comme du lait. Je m'appelle Léa et je ne peux plus mourir. Même si je voulais, même si je faisais tout pour, je ne peux plus."

    A 10 ans et après avoir perdu son père dans l'année, Léa se retrouve confrontée à la mort de sa petite sœur, Solène, renversée par une voiture.

    "Quand ma mort a pris Solène à ma place, j'ai arrêté de courir, j'ai dit à ma mort de me prendre comme prévu, et que c'était juste un jeu, mais ma mort, elle a dit que c'était trop tard, qu'on ne peut pas revenir en arrière et que j'aurais dû y penser avant."

    Sans Solène "la plus belle, la plus douce", sa mère plonge dans le désespoir.

    Sans Solène, Léa se sent bien seule.

    Sans Solène, les jeux et les cadeaux n'ont plus le même goût.

    Sans Solène, Léa se retrouve livrée à elle-même.

    Sans Solène, elle doit faire l'apprentissage de l'âge adulte à vitesse accélérée.

    Sans Solène, elle doit retrouver le chemin de l'espoir.

    Mais, sans elle, est-ce que la vie peut retrouver ses habits de bonheur?

    Dans ce premier roman, Alma Brami emprunte la voix d'une jeune fille de 10 ans, Léa, éprouvée par le deuil. D'une plume chirurgicale, elle nous parle de la nécessaire reconstruction qui survient après des drames familiaux de cette envergure.

    Avec des mots à la fois simples et qui nous touchent en plein cœur, l'héroïne nous parle de sa culpabilité. Elle a réussi à échapper à cette voiture. Mais pas sa sœur. C'était elle, la grande, celle qui aurait dû protéger et elle n'a pu empêcher cette catastrophe.

    Chez elle, sa mère s'est murée dans le silence de sa chambre. Dans cet appartement/mausolée de celle qui n'est plus, plus aucun son ne se fait entendre.

    Pourtant, Léa tente de retrouver le fil du dialogue avec la seule qui lui reste. Mais ni les mots ni les pleurs ne peuvent rien changer. Alors, Léa trouve des moyens pour survivre. Apprend à s'habiller et à faire ses nattes toute seule. A aller toute seule à l'école. A voler des morceaux de pain à la cantine pour pouvoir manger le soir.

    Elle lutte, lutte pour se débarrasser de ses peurs, de ses souvenirs à la fois doux et sombres qui lui donnent le cafard...

    Mais Léa rêve aussi. A des ailes qui lui pousseraient dans le dos et lui permettraient de rejoindre son père et Solène.

    On la suit au jour le jour dans ce combat surhumain. On la voit avancer, trébucher, refuser l'aide de ceux qui l'aiment profondément (Kevin et sa grand-mère)...On espère que tous ses efforts vont enfin payer...Et on guette d'éventuelles réactions de celle qui semble définitivement éteinte.

    Ce roman, de moi-même, je n'aurais peut-être pas été vers lui. Mais, voilà, une de mes meilleures amies me l'a placé entre les mains. Et Léa m'a accompagnée pendant quelques 170 pages.

    C'est là le tour de force d'Alma Brami. On ne peut que plonger dans ce monologue profondément poignant. Qui nous prend aux tripes. Qui nous fait réfléchir sur ceux qui comptent. Sur la vie, la mort, le deuil, l'espoir...

    Bref, un roman autour d'un sujet essentiel et qui ne vous laissera pas indifférent.

    Mercure de France, 2008, 176 pages (il existe aussi en version poche chez Folio)

     

     

     

     

  • Le Théorème du homard

    Le Théorème du homard

    ou

    comment trouver la femme idéale

    de

    Graeme Simsion

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     "J'ai peut-être une solution au Problème Epouse. Elle semble évidente a posteriori, une caractéristique fréquente des découvertes scientifiques majeures. Mais je ne l'aurais probablement pas trouvée sans un enchaînement d'évènements qui n'étaient pas prévus à mon programme."

    Le professeur de génétique Don Tillman se révèle incapable d'interagir en société. Un jour, il a comme une révélation: et s'il élaborait un questionnaire pour trouver l'épouse idéale? Secondé par son meilleur ami Gene, il se lance à la conquête de la femme de sa vie. Mais aucune candidate ne semble correspondre au profil très poussé qu'il recherche.

    Jusqu'au jour où une certaine Rosie frappe à sa porte...

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    J'avais repéré ce livre chez mes copinautes Fanny et Syl. Aussi, j'ai été ravie quand il est arrivé à la médiathèque et que j'ai pu l'emprunter.

    Je me suis immédiatement attachée au héros/narrateur de cette histoire. Don, bientôt la quarantaine, est un homme très savant qui n'arrive pas à se conformer aux codes sociaux en vigueur. Dès les premières pages, il nous parle de ses rendez-vous ratés et on ne peut que rire à ses tentatives maladroites. De plus, il est incapable de la moindre empathie. Il a un mode de vie très réglé qui ne supporte aucun imprévu. Et il dit toujours ce qu'il ne faut pas.

    Forcément, avec de telles qualités, il a du mal à se faire des amis (il n'en a connu que quatre de toute sa vie) Et encore plus de mal à rencontrer une petite amie.

    "J'ai trente-neuf ans, je suis grand, en bonne santé et intelligent, j'occupe une position sociale relativement élevée et je touche un salaire supérieur à la moyenne en tant que professeur associé. En toute logique, un grand nombre de femmes devrait me trouver attirant. Dans le règne animal, je n'aurais pas de difficultés à me reproduire. Il y'a pourtant en moi quelque chose qui rebute les femmes. J'ai toujours eu du mal à me faire des amis et il semblerait que les déficiences à l'origine de ce problème affectent mes tentatives pour nouer des relations sentimentales."

    Afin d'enrayer cette mécanique relationnelle défectueuse, Don imagine un questionnaire censé l'aider à dénicher la Femme. Comme si l'amour pouvait s'analyser en termes de questions/réponses. Comme si l'imprévu n'avait pas de place...

    Or, un jour, l'imprévu frappe à la porte de son bureau. Il revêt les traits de Rosie, une barmaid fumeuse, totalement désorganisée.

    Pensant qu'elle est envoyée par son meilleur ami Gene, Don l'invite à dîner. Et malgré son manque flagrant de correspondances avec l'épouse idéale, il accepte de l'aider à retrouver son géniteur.

    Débute alors une enquête qui va totalement bouleverser la vie de notre héros.

    Le parcours initiatique de Don m'a passionnée. Pour son premier roman, Graeme Simsion a su faire appel à toute une gamme de sentiments. Tour à tour, on rit aux péripéties et aux réflexions de ce protagoniste si original; on est émus (notamment quand il évoque sa sœur et sa vieille amie); on espère....

    De même, Don ne se révèle pas le seul personnage attachant de cet ouvrage. Gravite autour de lui tout une galerie tout aussi intéressante.

    A commencer par Rosie. Une jeune femme qui travaille la nuit et prépare un doctorat dans la journée. Une jeune femme perdue qui n'arrive pas à se construire en l'absence d'un père connu. Mais aussi une jeune femme perpétuellement en retard, désorganisée, imprévue, enthousiaste....L'exact opposé de Don, en somme. On pourrait reprocher justement à l'auteur cette facilité d'avoir imaginé un couple qui repose sur des antagonismes. Cependant, leur relation est tellement bien construite et amenée qu'on évite l'écueil des clichés.

    Gene, le meilleur ami, qui couche avec des femmes de toutes les nationalités, pourrait immédiatement apparaître comme un loser. Au contraire, on s'amuse de ses tentatives de séduction, on s'aperçoit de son aveuglement...Et on sent bien qu'il est, comme les autres, à un tournant de son existence.

    On tourne les pages à toute vitesse. Les scènes se succèdent, toutes plus réussies les unes que les autres (le premier dîner, le bal des professeurs...)Et on referme avec regret Le théorème du homard.

    Bref, vous l'aurez compris: ce roman que j'ai dévoré en une soirée a été un coup de cœur. Il fait tout simplement du bien et je n'oublierai pas de sitôt Don et Rosie.

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    Editions du Nil, 382 pages, 20 €


     

     

  • Accès direct à la plage de Jean-Philippe Blondel

    Accès direct à la plage

    de

    Jean-Philippe Blondel

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    "Tous les matins, je passe devant le Club Mickey.

    Au Club Mickey, ils ont des balançoires, des toboggans, des monos bronzés en tee-shirt, et surtout, ils ont une piscine.

    Ma mère dit que c'est ridicule, une piscine au bord de la mer. Moi je ne trouve pas"

    Capbreton, 1972; Hyères, 1982; Perros-Guirec, 1992 et Arromanches, 2002: quatre destinations de vacances sur 30 ans. Quatre destinations qui vont bouleverser la vie de plusieurs familles et célibataires.

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    J'ai découvert Jean-Philippe Blondel grâce à une collègue. Après Blog, je me suis lancée dans 06h41, un ouvrage qui fut un gros coup de coeur pour moi. Et le billet de Syl m'a donné très envie de me plonger dans le premier roman de cet auteur dont j'apprécie tant la petite musique.

    J'ai retrouvé le même schéma narratif que dans Blog et 06h41. Plusieurs voix se succèdent pour raconter leurs vacances et l'évolution de leurs destins. Certaines d'entre elles retentissent à plusieurs époques, d'autres s'éteignent trop vite.

    Mais je dois avouer que la multiplication de ces points de vue m'a un peu perdue. J'aurais préféré suivre quatre-cinq protagonistes sur trente ans. J'ai dû revenir plusieurs fois en arrière pour retrouver certains noms et bien établir les liens.

    Car il s'agit d'un roman doux-amer sur les liens qu'on peut tisser en vacances, sur ces rencontres déterminantes au bord de mer. Ces instants où tout bascule...

    "Ce à quoi j'ai échappé j'en pleurerais presque de gratitude.

    Juste parce que ce jour-là, il y'a eu une fuite d'eau, et qu'il a voulu venir voir ce que faisaient les ouvriers.

    Juste pour ça"

    C'est une thématique qui m'intéresse vivement. Et je trouve que Jean-Philippe Blondel a très bien su la traiter. De même, il souligne toutes les connexions qui existent entre ces gens qui se croisent sur plusieurs années et que, souvent, ils ignorent.

    Certains destins m'ont plus marquée émue que d'autres. Je fais notamment référence à celui de l'énigmatique Natacha. Ou à celui de Sabrina, si jeune, si confiante, si fière de sa récente transformation physique.

    De même, j'ai bien aimé l'idée de l'épilogue. Les voix s'éteignent et un peu comme dans un film, pendant le générique de fin, certains extraits d'articles, de lettres viennent éclairer les destins entrevus.

    Bref, vous l'aurez compris: un premier roman doux-amer qui m'a fait passer une agréable heure de lecture. Je pense d'ailleurs que je ne tarderai pas à me replonger dans un autre ouvrage de cet auteur qui sait si bien parler des choses de la vie.

    Pocket, 120 pages, 5,70 €

    Billet dans le cadre du challenge Cent pages

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