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23/06/2015

Temps glaciaires de Fred Vargas

Temps glaciaires

de

Fred Vargas

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"Plus que vingt mètres, vingt mètres à parcourir avant d'atteindre la boîte aux lettres, c'était plus difficile que prévu. C'est ridicule, se dit-elle, il n'existe pas de petits mètres ou de grands mètres. Il y a des mètres et voilà tout. Il est curieux qu'aux portes de la mort, et depuis cette place éminente, on persiste à songer à de futiles âneries, alors qu'on suppose qu'on énoncera quelque formule d'importance, qui s'inscrira au fer rouge dans les annales de la sagesse de l'humanité. Formule qui sera colportée ensuite, de-ci, de-là: "Savez-vous quelles furent les dernières paroles d'Alice Gauthier?"

Alors qu'elle est atteinte d'un cancer en phase terminale, Alice Gauthier tient absolument à poster une lettre. Mais une chute l'en empêche et le courrier n'aurait jamais été expédié, si une bonne âme n'avait décidé de le mettre à la Poste.

Quelques jours plus tard, Alice est retrouvée les veines ouvertes dans sa baignoire. Apparemment, tout laisse croire à un suicide. Cependant, le commissaire en charge de l'enquête n'est pas convaincu et il appelle à la rescousse Adamsberg et Danglard.

De fil en aiguille, voilà nos deux enquêteurs lancés sur une piste islandaise...

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Depuis l'ouverture de ce blog il y a trois ans, je n'ai pas encore eu l'occasion de vous parler de ma profonde affection pour les romans policiers de Fred Vargas. Je les ai tous lus. A chaque fois, je suis tombée sous le charme d'Adamsberg et j'ai adoré l'atmosphère. Aussi, j'attendais avec impatience mes retrouvailles avec la plume de cet auteur si atypique.

Et, dès les premières pages, on retrouve sa patte. Elle nous lance encore dans une enquête alambiquée dont elle a le secret.

Imaginez un peu: alors qu'une femme vient vraisemblablement d'abréger ses souffrances, un policier doute en raison d'un signe un peu particulier déniché près du corps. Très vite, le commissaire Adamsberg y voit une guillotine un peu effacée.

De connexion en connexion, nous voilà partis sur les traces d'un tueur islandais dix ans plus tôt.

Nous voilà également assis sur les bancs d'une assemblée robespierriste.

Car ces deux pistes, a priori complètement disjointes, semblent avoir plus de points communs qu'on ne peut le croire de prime abord. Comment, me direz-vous?

C'est là que réside toute la magie de Fred Vargas: nous enfermer dans un épais brouillard et ne le dissiper que petit à petit.

Cette investigation pas comme les autres nous permet donc d'en apprendre plus sur les superstitions islandaises et sur l'Incorruptible.

J'ai jugé toute cette partie sur les fanatiques de la Révolution française passionnante. Non seulement j'ai découvert de nombreux faits historiques mais j'ai également pu apprécier tout le ressort psychologique à l’œuvre dans cette assemblée.

De même, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver tous les personnages pittoresques qui peuplent le commissariat d'Adamsberg et à faire la rencontre de nouveaux protagonistes tout aussi cocasses. Une fois de plus, l'auteur démontre son talent à créer des héros qu'on ne voit nulle part ailleurs.

Néanmoins, je dois reconnaître que Temps glaciaires ne fait pas partie des meilleurs crus. On peut sans doute lui reprocher son intrigue trop alambiquée et le fait que certaines des relations ne peuvent se comprendre sans avoir parcouru les précédents titres.

Bref, vous l'aurez compris: c'est toujours un bonheur de me plonger dans l'univers de cet écrivain mais, selon moi, ce roman s'adresse surtout aux fans.

Flammarion, 2015, 489 pages

Billet dans le cadre du Challenge Un pavé par mois de Bianca

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07/05/2015

Le Cuisinier de Talleyrand

Le Cuisinier de Talleyrand

de

Jean-Christophe Duchon-Doris

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"Son pichet de vin à la main, ses joues creusées par la lumière du feu finissant, Maréchal errait dans les cuisines désertes du palais Kaunitz. Il avançait en titubant un peu, d'une allure lente de bœuf au labour, avec des gestes menaçants et fantomatiques."

A l'automne 1814, les grandes puissances européennes sont réunies à Vienne pour discuter de l'après-Napoléon. Quelques 200 délégations s'installent ainsi dans la capitale autrichienne.

Parmi elles, celle de la France, conduite par Talleyrand. Ce génie de la diplomatie va tenter de renverser la tendance qui l'exclurait de la table des négociations.

Pour influencer la Russie, la Prusse, l'Angleterre et l'Autriche, il dispose de nombreux arguments, à commencer par son cuisinier: Marie-Antoine Carême.

Mais, alors que le congrès débute, un des membres de la brigade Carême est retrouvé sauvagement assassiné devant le palais de Schönbrunn, lieu de résidence de l'impératrice Marie-Louise et de l'Aiglon.

Est dépêché sur les lieux du crime, l'inspecteur Janez Vladeski.

Commence alors pour lui une enquête compliquée...où le moindre faux pas pourrait entraver la bonne marche de cette réunion au sommet.

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Le Congrès de Vienne

Vous vous souvenez peut-être que l'année dernière, j'avais eu l'occasion de découvrir Jean-Christophe Duchon-Doris avec la Mort s'habille en crinoline. Un premier rendez-vous plutôt réussi, tant par la qualité de l'intrigue que par le sens de la reconstitution et le choix d'une héroïne aussi fascinante que la comtesse de Castiglione.

Aussi, quand un de mes collègues a commandé Le cuisinier de Talleyrand pour la médiathèque où je travaille, je n'ai pas hésité longtemps avant de me lancer.

Dès les premières pages, on est plongés dans l'ambiance si particulière qui devait régner à Vienne en cet automne 1814. Imaginez plus de 200 délégations rassemblées pour juger du sort de l'empire Napoléonien.

L'auteur parvient à merveille à retranscrire cette atmosphère, ces bruits de couloir, ces joutes diplomatiques, ces renversements d'alliances et ces mouvements stratégiques de génie. On a l'impression d'assister à une immense partie d'échecs dont le roi serait finalement Talleyrand.

J'ai toujours nourri une admiration pour cet homme au destin si incroyable et, même si on ne le voit que dans peu de scènes, Jean-Christophe Duchon-Doris lui confère une grande densité dramatique et rend hommage à sa brillante intelligence.

On en apprend également un peu plus sur sa vie en 1814 et sur les moyens employés pour permettre à la France de jouer un rôle d'arbitre dans ce Congrès.

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Marie-Antoine Carême

Parmi les atouts de ce diplomate, figure en bonne place Marie-Antoine Carême. Je n'avais jamais entendu parler de ce cuisinier de génie avant ce polar historique. Et, au fil des pages, on suit le parcours de ce jeune homme parti de rien et encensé par la noblesse à moins de 30 ans.

En effet, l'enquête de Janez Vladeski sur le meurtre de Maréchal nous amène à le rencontrer à de multiples reprises. Mais elle nous donne aussi l'occasion de visiter ses cuisines. Et d'assister aux coups de feu. Même si je n'ai pas compris l'intérêt d'entamer chaque chapitre par des intitulés de plat, je me suis passionnée pour tous ces préparatifs culinaires, toute cette organisation quasi militaire, pour ces coulisses gastronomiques du Congrès.

En revanche, je dois avouer que je suis passée à côté de l'intrigue policière. Je l'ai trouvée quasi inexistante pendant de nombreuses pages. Et sa résolution m'a quelque peu laissée sur ma faim.

De même, je ne me suis pas attachée au personnage principal qui m'a paru bien terne par rapport à Talleyrand, à sa nièce ou à Carême.

Bref, vous l'aurez compris: un polar historique qui vaut surtout le détour pour sa description extrêmement fouillée et soignée du Congrès de Vienne et qui m'a donné envie d'entamer prochainement une biographie de Talleyrand.

Éditions Julliard, 297 pages

Billet dans le cadre du challenge Au service de...

 

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29/04/2015

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2015

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2015

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Me voici de retour avec un type de billet que j'avais quelque peu délaissé ces derniers temps.

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Pour commencer ces mini-critiques, une austenerie:

Insaisissable Mr Darcy de Kara Louise. J'ai cédé à la tentation lors de ma visite au Salon du Livre. Et je me suis plongée assez rapidement dedans. Dans cette énième relecture d'Orgueil et préjugés, l'auteur a imaginé qu'Elizabeth, après avoir refusé la première demande en mariage de Darcy, perdait son père. Et de fil en aiguille, devenait gouvernante dans une famille proche des Darcy. L'occasion forcément de revoir son prétendant...Mais aussi de découvrir Pemberley.

Certes, ce n'est pas la meilleure austenerie que j'ai lue. Certes, certains ressorts d'intrigue semblent trop évidents et trop gros...Néanmoins, presque un mois après avoir achevé cet ouvrage, j'en garde de bonnes impressions. Une lecture idéale pour l'été!

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Après l'univers de Jane Austen, direction la Cité des Doges à la rencontre de Leonora, l'héroïne d'une série de romans policiers imaginée par Frédéric Lenormand. Sur les conseils d'un collègue, je me suis lancée dans le premier tome.

On y fait la connaissance de Leonora qui a été élevée toute sa vie dans un couvent. Elle en est retirée pour faire la rencontre de son père, un noble reconnu de Venise. Mais son statut d'enfant illégitime crée quelques remous au sein du foyer domestique. Lorsque son père est arrêté pour un trafic, Leonora entreprend de le disculper. Heureusement, dans cette ville de faux-semblants et de trahisons, elle peut compter sur l'appui d'un professeur de bonnes manières français, d'une servante et d'un aventurier désargenté rompu aux usages de la bonne société vénitienne.

Rebondissements multiples,chausse-trappes, rencontres dangereuses...constituent les ingrédients de ce roman bien mené. Sans oublier une description de Venise à la fin du 18ème siècle.

Une bonne entrée en matière donc pour cette succession d'aventures: l'héroïne est attachante, le rythme enlevé, l'ironie souvent présente...Un agréable divertissement mais, contrairement à d'autres cycles comme les Perry ou les Marston, je ne suis pas pressée de me plonger dans le second volume.

 

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Retour quelques siècles en avant...Place cette fois-ci à Anne de Bretagne, dans les années déterminantes de 1488 à 1491.

A la médiathèque, nous avons beaucoup de tomes de cette collection Mon histoire, publiée chez Gallimard Jeunesse. Et jusqu'à présent, je n'en avais ouvert aucun.

Le principe: sous la forme d'un journal intime, nous découvrons grâce à une narratrice connue ou anonyme toute une époque.

Ici, forcément, nous sommes plongés dans le duché de Bretagne à un moment clé de son histoire. En effet, le duc, père de Anne, doit livrer une bataille sans mercis contre Charles VIII, le roi des Français, qui entend annexer son duché. Par le prisme d'Anne, nous en apprenons donc plus sur ce conflit, sur les jeux d'alliance, sur les mouvements de combats, sur ce sentiment de précarité qui étreignaient les habitants de ce duché...

Mais cet aspect pédagogique ne prend jamais le pas sur le déroulé de l'intrigue. Chaque entrée distille des informations tout en nous livrant les sensations ou les actions d'Anne.

Avec ce procédé, on peut toujours se poser la question de la limite entre fiction et réalité. Sans doute qu' Anne n'a jamais ressenti tout ce qui est exprimé. Cependant, quand on pense au public visé, j'approuve ce parti pris. Il permet vraiment aux plus jeunes d'assimiler de façon ludique tout un pan de l'histoire.

 

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Enfin, pour clore ce billet, partons à la rencontre de Lara Jean. Je ne vous ai jamais dit que, parmi les séries que je préfère en adolescents, figure en bonne place celle de Jenny Han: L'été où. Je me souviens avoir dévoré cette trilogie et avoir retrouvé mes 15 ans. Quel plaisir de lecture!

 Aussi, quand ce titre est paru récemment, je me suis jetée dessus lors de son arrivée à la médiathèque. Lara Jean a pour habitude d'écrire une lettre à tous ceux qu'elle a aimés. Une manière pour elle d'oublier tous ces garçons. Mais elle ne leur adresse jamais cette missive. Jusqu'au jour où elle apprend avec horreur que ces déclarations ont été envoyées. Comment gérer cette situation au quotidien? Comment se confronter à tous ces anciens prétendants? Surtout quand l'un d'entre eux est le petit ami de sa sœur aînée?

De cette idée de départ assez drôle, Jenny Han , une fois encore, parvient à en faire un ouvrage plein d'humour certes mais aussi sensible, pudique, émouvant. Les pages se tournent toutes seules, on est happées dans cet univers, on retrouve nos 16 ans...Un beau portait des relations familiales, amoureuses, amicales...Une de mes récentes lectures pour adolescents qui m'a le plus enthousiasmée. Vivement la suite!