Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

albin michel - Page 3

  • Agatha Raisin tome 2 : Remède de cheval

    Agatha Raisin tome 2: Remède de cheval

    de

    MC Beaton

    agatha raisin remède de cheval.jpg

    "Agatha Raisin débarqua à l'aéroport d'Heathrow, bronzée à l'extérieur et rouge de honte l'intérieur. Comme elle se sentait stupide en poussant son chariot de valises en direction de sa sortie."

    Après avoir pourchassé en vain James Lacey, son ténébreux voisin lors de vacances ratées aux Bahamas, Agatha Raisin retrouve le calme de son cottage des Costwolds.

    Mais le petit village de Carsely est en ébullition, suite à l'arrivée d'un nouveau vétérinaire, le séduisant Paul Bladen. Comme toutes ses voisines, notre héroïne succombe aux charmes de ce nouveau parti. Qui ne semble pas indifférent en retour...

    Malheureusement, le lendemain de leur premier rendez-vous, le praticien succombe à une injection de tranquillisant, destinée à un cheval.

    Pour Agatha, il s'agit bien d'un meurtre. Et cette conviction est partagée par James Lacey. Tous deux décident donc de mener une enquête informelle.

    Et s'ils avaient raison?

    "N'allez pas trop remuer la vase, vous pourriez provoquer un véritable assassinat."

    agatha raisin 2.jpg

    Alors que le premier tome, Agatha Raisin et la quiche fatale, constituait plus un tome d'installation, tant pour le lecteur que pour la fraîche retraitée (tourisme dans les Costwolds, introduction aux us et coutumes  de Carsely, participation à la vie locale...), ce nouveau cru nous plonge d'emblée dans le quotidien de la bourgade. Comme si nous ne l'avions jamais quittée! Et quel plaisir que ces retrouvailles!

    MC Beaton possède un talent indéniable pour transformer les situations les plus triviales en scènes de comédie et pour créer une galerie de personnages à la fois pittoresques et savoureux.

    Autour de l'héroïne, plus déchaînée et amoureuse que jamais, évoluent ainsi James Lacey, le colonel pas si vieux garçon que cela; Billy Wong, le policier aux sages sentences; Mrs Boxby, la femme du pasteur, pince-sans-rires, Freda Huntigton, la veuve fatale...Sans oublier tous ceux qui épient les moindres faits et gestes de leurs concitoyens.

    En effet, tout se sait à Carsely. Ou tout se suppute. Et la moindre nouveauté est disséquée pendant des heures.

    "On ne croirait jamais, quand on traverse en voiture ces jolis villages de Costwolds que les portes apparentes de leurs vieux cottages puissent abriter autant de colère, de terreur et de passion."

    Même si, selon moi, la qualité principale de la série des Agatha Raisin réside dans leurs portraits pleins d'humour et de justesse et dans leur atmosphère so british, il ne faut pas pour autant sous-estimer leur aspect policier.

    Certes, l'intrigue sert souvent de prétexte pour faire interagir les protagonistes. Néanmoins, elle est très bien ficelée. Comme Agatha et James, le lecteur va de fausse piste en fausse piste. Avant de découvrir dans les ultimes chapitres la clef du mystère.

    Bref, vous l'aurez compris: si vous cherchez un roman policier anglais drôle, ce livre est fait pour vous!!!A déguster sans modération à l'heure du thé!

    Un grand merci à Aurore et aux éditions Albin Michel pour ce très bon moment de lecture!

    Editions Albin Michel, 2016, 265 pages

    Billet dans le cadre du challenge A year in England, organisé par ma copinaute Titine.

    agatha raisin,remède de cheval,tome 2,albin michel,mc beaton,roman policier,roman policier anglais,humour,enquêtes,costwolds,challenge a year in england

     

     

     

  • Monsieur mon Amour

    Monsieur Mon Amour

    de

    Alexandra de Broca

    monsieur mon amour, alexandra de broca, albin michel, roman historique, princesse de lamballe, roman révolutionnaire, massacres de septembre, Révolution française, chute de l'Ancien régime, littérature française

    "Au citoyen Philippe d'Orléans

    Palais-Royal

    Pardonnez-moi de vous importuner à l'heure où Paris gronde et attend son rédempteur. Vous, peut-être? Cette lettre, je vous l'assure, pourrait être la dernière car je sens la mort approcher. Mais si la guillotine devait tarder, alors je m'engage à vous écrire jusqu'à ce que mon nom soit crié et mon funeste départ ordonné."

    Emmenée en même temps que la famille Royale au Temple, la princesse de Lamballe vient d'être séparée d'eux et conduite à la prison de la Force pour y attendre son jugement.

    Elle profite de ces quelques jours de sursis pour se livrer à une bouleversante confession. En quinze lettres, étalées du 21 août au 3 septembre 1792, elle ose enfin avouer son amour à Philippe d'Orléans et revient sur ses années en France, de son mariage aux dernières heures de la Monarchie.

    monsieur mon amour, alexandra de broca, albin michel, roman historique, princesse de lamballe, roman révolutionnaire, massacres de septembre, Révolution française, chute de l'Ancien régime, littérature française

    J'avais beaucoup apprécié la Princesse effacée, le premier ouvrage d'Alexandra de Broca, consacré à Madame Royale. Aussi, lorsque j'ai appris qu'elle venait de publier un nouvel opus, cette fois-ci autour d'une des favorites de Marie-Antoinette, j'ai eu hâte de me plonger dedans.

    Dans ses Mémoires, Talleyrand mentionne la princesse de Lamballe parmi les femmes qui se"crurent successivement aimées par" [Philippe d'Orléans]. Et c'est cette phrase qui a inspiré l'auteure.

    En effet, elle a  imaginé une déclaration d'amour de cette femme, rédigée lors de ses derniers jours à la Prison de la Force.

    S'adressant à celui qui a toujours ignoré le secret de son cœur, elle décide de tout lui dire.

    Un schéma narratif très astucieux qui entremêle ainsi des aspects biographiques et romancés.

    On en apprend plus sur le destin de cette jeune aristocrate turinoise, mariée au fils du duc de Penthièvre et qui fut torturée par son mari lors de sa nuit de noces et tout le temps de leur union.

    Devenue veuve à dix-neuf ans, elle manque épouser le roi Louis XV mais une intrigue de la favorite, la duchesse du Barry, annule ce projet.

    Elle rencontre alors la Dauphine, Marie-Antoinette, et devient très vite sa favorite. Tout le monde se dispute ses faveurs. Mais sa santé fragile, son sérieux, son renoncement aux idylles et l'arrivée de la Polignac dans l'entourage de la nouvelle Reine la précipitent en disgrâce.

    Rentrée à Paris, la princesse fréquente les salons d'avant-garde, comme celui du duc d'Orléans et adhère aux franc-maçons.

    Puis, suite aux événements de 1789, elle revient en faveur et regagne une place de confiance auprès de Marie-Antoinette.

    Jusqu'à cette arrestation en août 1792...

    J'ai trouvé toute cette partie biographique très intéressante. Cette princesse a tour à tour été admirée pour sa vertu, conspuée pour sa place à la Cour et maudite pour ses relations soi disant amoureuses avec la Reine.

    Avec ce "je", Alexandra de Broca entend rétablir la vérité autour de cette figure historique.

    A t-elle raison? A t-elle tort? Difficile de se prononcer.

    Mais, ce qui est certain, c'est qu'à la lecture de ces pages, on ne peut que ressentir de la compassion pour cette femme dont la vie a été sacrifiée aux autres.

    J'ai beaucoup apprécié également la peinture de ce tournant, entre le chute de la Monarchie et les massacres de septembre. On comprend mieux l'atmosphère de chaos qui devait régner et cette peur qui devait étreindre les aristocrates enfermés.

    En revanche, j'ai eu du mal à adhérer à cette amour forcené pour le duc d'Orléans. Les élans passionnés qui retentissent dans chaque lettre ne m'ont pas convaincue. Comme si cela me paraissait impossible de croire à un lien entre ces deux personnalités si antagonistes.

    De même, je reprocherai le flou qui entoure certaines dates. Je comprends cette idée de mémoire labyrinthe et cette possibilité de se perdre entre certains événements. Cependant, dans le cas d'une biographie romancée comme ici, je m'attendais à plus de précision. Notamment au moment du voyage d'Angleterre relié à l'affaire du collier mais dont les dates ne m'ont pas semblé coïncider (1781 et 1785)

    Bref, vous l'aurez compris: Monsieur mon Amour constitue une œuvre intéressante sur le plan historique et elle met en lumière une personnalité jalousée et calomniée. Toutefois, je dois avouer que je n'ai pas toujours été captée par les accents romantiques et que je me suis égarée dans certains faits historiques.

    Albin Michel, 2014, 233 pages

     

  • Manderley for ever de Tatiana de Rosnay

    Manderley for ever

    de

    Tatiana de Rosnay

     

    tatiana de rosnay,daphné du maurier,manderley for ever,albin michel,héloïse d'ormesson,biographie,écrivain anglais

     

    "D'habitude, il y a du monde sur les pelouses de Regent's Park. Des promeneurs viennent admirer les parterres de fleurs, les roseraies de la reine Mary, le lac où l'on peut faire du bateau. Mais en cette grise matinée de novembre, rendue humide par une bruine typiquement britannique, le parc est désert."

    Dans cette biographie, Tatiana de Rosnay fait revivre la fabuleuse histoire de Daphné du Maurier, de sa naissance le 13 mai 1907 à sa mort le 19 avril 1989.

    Cadette de Sir Gerald de Maurier, un célèbre comédien, elle grandit dans un monde privilégié, entourée d'artistes. Parmi les familiers de la maisonnée, on retrouve notamment le célèbre écrivain et dramaturge James Barrie.

    Depuis toute petite, elle entend également beaucoup parler de son grand-père, le célèbre George du Maurier, proche de Henry James, dessinateur et auteur de Peter Ibbetson.

    Forcément, issue d'une telle lignée et avec un tel entourage, Daphné ne peut que se lancer dans une voie artistique.

    Elle entame un journal intime, dans lequel elle narre ses tourments amoureux, auprès de la directrice de sa pension française, la belle Fernande Yvon.

    Puis, à l'abord de la vingtaine, après quelques nouvelles cyniques, elle trouve la discipline nécessaire pour rédiger son premier roman, La Chaîne d'amour.

    Commence alors un parcours littéraire jalonné par de grands succès: Rebecca (1938), Le Général du Roi (1946), Ma cousine Rachel (1951)...

    Daphné puise, tant dans sa vie personnelle que dans celle de ses ancêtres, pour trouver l'inspiration.

    Mais, avec les années, sa voix s'éteint. Jusqu'à sa disparition en 1989, alors que sa mémoire s'effiloche.

    tatiana de rosnay,daphné du maurier,manderley for ever,albin michel,héloïse d'ormesson,biographie,écrivain anglais

    Autant j'avais été mitigée concernant la biographie sur la Baronne Blixen, autant j'ai été emballée par celle-ci.

    Tatiana de Rosnay parvient à faire revivre ce destin hors norme sans jamais encombrer son schéma narratif de trop de dates ou de faits. Tout est savamment dosé pour ne jamais susciter une baisse d'intérêt de la part du lecteur.

    De son enfance dorée, parmi des sommités intellectuelles et sous la férule d'un père trop présent à sa retraite à la soixantaine, elle dessine le portrait d'une femme entière, passionnée, intelligente, indépendante.

    Trop indépendante sans doute. Et égoïste. Une femme qui préfère se consacrer pendant des heures à son art, en délaissant ses enfants et son époux. Une femme qui déteste les mondanités inhérentes à son rang. Une femme timide mais qui se lance à corps perdu dans ses amours.

    Une femme scindée en deux et qui laisse, de temps en temps, son double masculin, Eric Avon, s'exprimer.

    Une femme profondément attachée à la nature. Et aux Cornouailles. Après des vacances dans sa maison de jeunesse à Ferryside, elle devient la locataire de Menabilly, un lieu qui l'inspirera pour le Général du Roi et pour le Manderley de Rebecca.

    On ressort fascinés par cette personnalité. Et amusés par certains de ses traits de caractère ou de ses habitudes (à commencer par le langage codé dont elle use avec ses proches (cirer signifie par exemple "faire l'amour"))

    Et avec l'envie de se plonger dans les ouvrages dont on découvre la genèse, au fil des pages.

    Néanmoins, j'aimerais soulever un bémol. Cette biographie a été publiée conjointement par Albin Michel et Héloïse d'Ormesson et cela se ressent. En effet, l'auteur cite à de trop nombreuses reprises le premier éditeur. Certes, Daphné du Maurier était en contrat avec eux. Certes, sa traductrice Mme Butler se permettait de trop nombreuses libertés. Mais, une fois développée cette idée pour une des parutions, avait-on besoin de savoir à chaque fois le type d'accueil reçu en France et les adaptations opérées?

    Bref, vous l'aurez compris: une biographie très réussie sur une femme extraordinaire. Et je vous en recommande vivement la lecture.

    Albin Michel et Héloïse d'Ormesson, 2015, 457 pages