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25/05/2015

Les Petites reines de Clémentine Beauvais

Les Petites reines

de

Clémentine Beauvais

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"Ça y est, les résultats sont tombés sur Facebook: je suis Boudin de Bronze.

Perplexité. Après deux ans à être élue Boudin d'Or, moi qui me croyais indéboulonnable, j'avais tort.

J'ai regardé qui a remporté le titre suprême. C'est une nouvelle, en seconde B; je ne la connais pas. Elle s'appelle Astrid Blomvall. Elle a des cheveux blonds, beaucoup de boutons, elle louche tellement qu'une seule moitié de sa pupille gauche est visible, le reste se cache en permanence dans la paupière. On comprend tout à fait le choix du jury.

Le Boudin d'Argent a été décerné à une petite de cinquième, Hakima Idriss. C'est vrai qu'elle est bien laide aussi, avec sa moustache noire et son triple menton; on dirait un brochet."

Avez-vous déjà entendu parler des Boudins? Ce sont les récompenses décernées chaque année au collège-lycée Marie Darrieussecq à Bourg-en-Bresse aux filles qui ont le plus brillé par leur laideur.

Et, pour la première fois, la narratrice Mireille Laplanche n'a pas obtenu le titre. Elle a même rétrogradé en troisième place.

Ce qu'elle n'avait pas prévu non plus, c'est que le palmarès lui donnerait l'occasion de se rapprocher des autres gagnantes.

Bien vite, ces trois cibles des moqueries se retrouvent en plein de choses, notamment dans leur envie de "gate crasher" la garden-party du 14 juillet.

Chacune a ses raisons: Mireille souhaite enfin faire la connaissance de son père biologique, le mari de "Barack Obamette", la Présidente de la République; Astrid désire assister au concert d'Indochine, son groupe préféré, et Hakima veut confronter l'ancien commandant de son frère sur une opération militaire catastrophe.

Mais comment faire pour rejoindre la capitale? Et si ces trois "boudins" enfourchaient leurs bicyclettes et se transformaient en "petites reines" de la route?

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J'avais déjà eu le plaisir de découvrir le talent de Clémentine Beauvais avec Comme des images et j'avais donc hâte de retrouver sa plume.

Les Petites reines constituent un roman qui détonne dans la production actuelle. Dès les premiers pages et le début du monologue de Mireille Laplanche, notre narratrice pour toute l'aventure, on a la sensation de plonger dans une histoire pas banale. De celles qui se démarquent de toutes les autres qu'on a déjà pu rencontrer.

Une histoire qui brasse une multitude de thématiques: difficulté à accepter son corps, moqueries des autres, recherche du père, solidarité, blessure de guerre, traumatisme d'être un survivant...

Autant dire qu'avec de tels sujets, on aurait pu assister à une intrigue pleine de pathos. Mais il n'en est vraiment rien. Au contraire, tout l'ouvrage est placé sous le signe de l'humour.

L'humour pour parler de ce qui est grave

L'humour pour s'opposer à la méchanceté

L'humour comme arme contre le regard des autres

L'humour comme lien social...

On rit donc souvent, au fil de cette épopée pas comme les autres.

Après avoir bataillé contre leurs parents, les trois boudins obtiennent gain de cause et s'embarquent pour un voyage à vélo entre Bourg-en-Bresse et Paris. Un voyage pendant lequel (summum de l'autodérision), elles vont vendre des boudins noirs, blancs et...végétariens...

A chaque étape, son lot de surprises, son contingent de nouveaux fans,....De belles rencontres qui contribuent à l'apprentissage de ces trois jeunes filles courageuses et leur donnent encore plus la force de s'assumer.

Difficile de lâcher ce livre, une fois entamé, tant l'intrigue surprend, tant les dialogues ou les considérations de Mireille font mouche et tant on s'attache aux personnages!

Cependant, je dois avouer que j'ai été un peu déçue par la conclusion de cette odyssée. J'ai trouvé que tout se résolvait de manière peut-être trop simple pour ces Cendrillons d'un jour et pour le beau Soleil, Kader, le frère d'Hakima. Je m'attendais notamment à autre chose concernant la confrontation entre Mireille et Klaus, son philosophe de père.

Bref, vous l'aurez compris: malgré ce léger bémol, cet ouvrage se révèle une vraie petite pépite. On rit, on réfléchit et on quitte à regret ces trois battantes.

Éditions Sarbacane, 2015, 270 pages

 

11/05/2015

Pauline demoiselle des grands magasins

Pauline, demoiselle des grands magasins

de

Gwenaele Barussaud-Robert

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"Ce lundi-là, les voyageurs qui devaient prendre l'express de six heures quarante se pressaient sous la halle couverte. Il avait plu toute la nuit sur la ville du Havre et un vent froid soufflait à présent, séchant les quais éclairés d'un petit jour pâle sous un ciel de cendre."

Le Havre, 1866, Pauline, 16 ans a décidé de tenter sa chance dans la capitale. Elle emmène dans ses bagages ses petites sœurs Lucile et Ninon, comme elle l'avait promis à sa mère mourante.

Arrivée à Paris, elle rejoint sa tante et son oncle, qui tiennent un troquet non loin du grand magasin L'élégance parisienne.

Un grand magasin fondé par Emile Beauvincard, un génie des affaires, toujours en avance sur les tendances et les prochaines modes.

Pauline, qui a exercé comme vendeuse dans le magasin de parapluies de son oncle au Havre, rêve d'intégrer l’Elégance.

Et, à la faveur d'un vol, elle rentre au rayon confection.

Débutent alors pour elle des temps difficiles où elle se retrouve à la merci des plus anciennes, des clientes compliquées et des chiffres qu'elle fait.

Heureusement, plusieurs rencontres viennent illuminer ce quotidien. Et le dimanche, elle peut passer la journée avec ses sœurs...

C'est d'ailleurs avec la plus petite, au jardin des Tuileries, qu'elle conçoit une brillante idée. L'occasion pour elle de se faire remarquer et de monter les échelons du magasin.

Mais cette promotion suscite bien des jalousies...Et Pauline devrait se méfier de certaines vengeances...

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J'avais remarqué ce livre au Salon du Livre et en reparlant avec Emjy, j'ai eu très envie de m'y plonger.

Forcément, quand on ouvre ce roman d'apprentissage, on ne peut que penser au Bonheur des dames, mon œuvre fétiche d’Émile Zola.

Et je trouve qu'on sent beaucoup cette influence dans les premiers chapitres. Tout comme Denise, Pauline a des frères/sœurs à charge. Elle a travaillé dans le magasin de son oncle et est attirée par la modernité du Bonheur/Élégance. De même, elle est en butte aux préjugés et aux mauvais traitements de ses comparses. Certaines scènes m'ont fortement rappelé celle de l'ouvrage naturaliste (le compte des recettes, les clientes difficiles...)

Même si j'appréciais le style et les personnages, j'en suis donc venue à me demander quel pouvait être l'intérêt d'une intrigue très similaire.

Puis, l'histoire a pris un tournant différent, à commencer par la rencontre amoureuse (bien loin du modèle Denise/Octave Mouret).

C'est le moment où j'ai oublié le Bonheur pour me délecter des péripéties à l'Elégance.

Avec ce roman l'auteur propose de découvrir les coulisses d'un grand magasin. Lors des journées de vente ou à la faveur d'une promenade la nuit, on déambule dans les couloirs de cette boutique pas comme les autres. Petites mains, ateliers, planification, dortoirs, cantine, rang, écuries...: tout est disséqué. Et je trouve que dans ce cas, Gwenaele Barussaud-Robert propose une visite encore plus complète des rouages de ce type de commerce qu’Émile Zola. Cette partie m'a vivement intéressée.

Tout comme je me suis intéressée au sort de l'héroïne. Avec son courage, son sens de l'abnégation, sa force de caractère, son ambition, Pauline campe une protagoniste attachante et qui se démarque des femmes de son époque. On la suit avec bonheur lors de cette année pas comme les autres.

Bref, vous l'aurez compris: ce roman,de facture classique, se révèle très divertissant. On tourne les pages avec plaisir et on en apprend beaucoup sur le Paris d'Haussmann, les grands magasins et la vie dans les années 1860. Vivement la suite pour connaître le sort de l'amie de Pauline!

Editions Fleurus, 2015, 320 pages

 

29/04/2015

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2015

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2015

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Me voici de retour avec un type de billet que j'avais quelque peu délaissé ces derniers temps.

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Pour commencer ces mini-critiques, une austenerie:

Insaisissable Mr Darcy de Kara Louise. J'ai cédé à la tentation lors de ma visite au Salon du Livre. Et je me suis plongée assez rapidement dedans. Dans cette énième relecture d'Orgueil et préjugés, l'auteur a imaginé qu'Elizabeth, après avoir refusé la première demande en mariage de Darcy, perdait son père. Et de fil en aiguille, devenait gouvernante dans une famille proche des Darcy. L'occasion forcément de revoir son prétendant...Mais aussi de découvrir Pemberley.

Certes, ce n'est pas la meilleure austenerie que j'ai lue. Certes, certains ressorts d'intrigue semblent trop évidents et trop gros...Néanmoins, presque un mois après avoir achevé cet ouvrage, j'en garde de bonnes impressions. Une lecture idéale pour l'été!

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Après l'univers de Jane Austen, direction la Cité des Doges à la rencontre de Leonora, l'héroïne d'une série de romans policiers imaginée par Frédéric Lenormand. Sur les conseils d'un collègue, je me suis lancée dans le premier tome.

On y fait la connaissance de Leonora qui a été élevée toute sa vie dans un couvent. Elle en est retirée pour faire la rencontre de son père, un noble reconnu de Venise. Mais son statut d'enfant illégitime crée quelques remous au sein du foyer domestique. Lorsque son père est arrêté pour un trafic, Leonora entreprend de le disculper. Heureusement, dans cette ville de faux-semblants et de trahisons, elle peut compter sur l'appui d'un professeur de bonnes manières français, d'une servante et d'un aventurier désargenté rompu aux usages de la bonne société vénitienne.

Rebondissements multiples,chausse-trappes, rencontres dangereuses...constituent les ingrédients de ce roman bien mené. Sans oublier une description de Venise à la fin du 18ème siècle.

Une bonne entrée en matière donc pour cette succession d'aventures: l'héroïne est attachante, le rythme enlevé, l'ironie souvent présente...Un agréable divertissement mais, contrairement à d'autres cycles comme les Perry ou les Marston, je ne suis pas pressée de me plonger dans le second volume.

 

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Retour quelques siècles en avant...Place cette fois-ci à Anne de Bretagne, dans les années déterminantes de 1488 à 1491.

A la médiathèque, nous avons beaucoup de tomes de cette collection Mon histoire, publiée chez Gallimard Jeunesse. Et jusqu'à présent, je n'en avais ouvert aucun.

Le principe: sous la forme d'un journal intime, nous découvrons grâce à une narratrice connue ou anonyme toute une époque.

Ici, forcément, nous sommes plongés dans le duché de Bretagne à un moment clé de son histoire. En effet, le duc, père de Anne, doit livrer une bataille sans mercis contre Charles VIII, le roi des Français, qui entend annexer son duché. Par le prisme d'Anne, nous en apprenons donc plus sur ce conflit, sur les jeux d'alliance, sur les mouvements de combats, sur ce sentiment de précarité qui étreignaient les habitants de ce duché...

Mais cet aspect pédagogique ne prend jamais le pas sur le déroulé de l'intrigue. Chaque entrée distille des informations tout en nous livrant les sensations ou les actions d'Anne.

Avec ce procédé, on peut toujours se poser la question de la limite entre fiction et réalité. Sans doute qu' Anne n'a jamais ressenti tout ce qui est exprimé. Cependant, quand on pense au public visé, j'approuve ce parti pris. Il permet vraiment aux plus jeunes d'assimiler de façon ludique tout un pan de l'histoire.

 

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Enfin, pour clore ce billet, partons à la rencontre de Lara Jean. Je ne vous ai jamais dit que, parmi les séries que je préfère en adolescents, figure en bonne place celle de Jenny Han: L'été où. Je me souviens avoir dévoré cette trilogie et avoir retrouvé mes 15 ans. Quel plaisir de lecture!

 Aussi, quand ce titre est paru récemment, je me suis jetée dessus lors de son arrivée à la médiathèque. Lara Jean a pour habitude d'écrire une lettre à tous ceux qu'elle a aimés. Une manière pour elle d'oublier tous ces garçons. Mais elle ne leur adresse jamais cette missive. Jusqu'au jour où elle apprend avec horreur que ces déclarations ont été envoyées. Comment gérer cette situation au quotidien? Comment se confronter à tous ces anciens prétendants? Surtout quand l'un d'entre eux est le petit ami de sa sœur aînée?

De cette idée de départ assez drôle, Jenny Han , une fois encore, parvient à en faire un ouvrage plein d'humour certes mais aussi sensible, pudique, émouvant. Les pages se tournent toutes seules, on est happées dans cet univers, on retrouve nos 16 ans...Un beau portait des relations familiales, amoureuses, amicales...Une de mes récentes lectures pour adolescents qui m'a le plus enthousiasmée. Vivement la suite!