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the frenchbooklover - Page 7

  • Le Pianiste de Hartgrove Hall

    Le Pianiste de Hartgrove Hall

    de

    Natasha Solomons

    le pianiste de hartgrove hall, natasha solomons, calmann levy, musique, littérature anglaise, roman, destin, famille

    "Edie chanta à ses propres funérailles. Il n'aurait pu en être autrement. La plupart des gens l'avaient d'abord connue par sa voie. Il fallait quelques semaines, voire des mois, aux nouvelles relations pour concilier cette voix, une voix qui vous électrisait avec ce petit bout de femme aux yeux gris munie d'un grand sac à main. Grive musicienne, elle chantait comme un rossignol. Ce dernier surnom -"le petit rossignol"- était celui qui, d'après moi, lui convenait le mieux."

    Poussez les portes de Hartgrove Hall et faites la connaissance de Fox, notre héros, sur deux périodes de vie très distinctes.

    Celle des années 2000 où il vient de perdre sa femme et où son inspiration musicale s'est évanouie. Comme si les notes se refusaient désormais à lui.

    Celle des années 45/50, juste après la Seconde Guerre mondiale, où il hésite entre rester avec ses frères pour sauver le manoir familial et écouter l'appel de la musique.

    Deux périodes comme des échos. Deux périodes qui s'imbriquent et se répondent.

    J'avais vraiment apprécié le roman Le manoir de Tyneford. Aussi, j'étais contente de redécouvrir la plume de Natasha Solomons. Mais nos retrouvailles ont mis du temps à s'opérer. Je crois que ce qui m'a désarçonnée, c'est cette arcane contemporaine qui donnait bien des réponses aux enjeux du passé. Comme si l' important ne se tenait pas là.

    Il m'a fallu accepter ce pacte narratif pour entrer de plein pied dans cette intrigue et me laisser porter par le charme de ce livre.

    La musique constitue le cœur palpitant de ces pages. La musique comme une passion dévorante et solitaire qui peut éloigner de sa famille. La musique comme un lien qui relie ceux qui ne vivent que pour elle. La musique comme un moyen de collecter ce temps qui passe et de garder à jamais l'atmosphère d'un lieu et de préserver les sensations. La musique comme début et comme fin. La musique et ses dérives.

    J'ai été particulièrement sensible à tous les passages autour de la collecte des chansons par notre héros. L'émotion de sentir le poids des ans dans une ritournelle.

    J'ai aimé la partie ancienne. Comme un vieux film nostalgique et élégant. Récit d'apprentissage. Récit de perte. Récit d'amour. Récit autour de ces rencontres déterminantes qui bouleversent tout. A l'ombre du manoir et des notes.

    La partie contemporaine ne m'a pas toujours autant intéressée. Même si le rapport entre Fox et son petit-fils Robin ainsi que les réunions des anciens amis m'ont touchée.

    J'apprécie quand les sentiments sont explorés avec pudeur et sensibilité. Et j'ai jugé que Natasha Solomons réussissait le plus souvent à merveille cet exercice.

    Bref, vous l'aurez compris : une jolie saga familiale autour de la musique et de la mémoire. 

    Calmann Lévy, 2017, 441 pages

     

  • Les Défis de Morrigane Crow de Jessica Townsend

    Nevermoor tome 1: Les défis de Morrigane Crow

    de

    Jessica Townsend

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    "Avant même l'arrivée du cercueil, les journalistes étaient là. Pendant la nuit, ils s'étaient peu à peu rassemblés devant le portail. A l'aube, une foule de gens les avaient rejoints. A neuf heures, c'était noir de monde."

    Morrigane Crow fait partie de ces enfants maudits, nés la nuit du Merveilllon. Des enfants qui mourront lors du prochain, prévu le jour de leurs onze ans. Des enfants que tout le monde fuit et que tout le monde accable de tous les maux.

    Mais, alors que la fête du Merveillon bat son plein et que Morrigane se prépare à son destin tragique, tout bascule. Jupiter Nord débarque et l'emmène dans le monde merveilleux de Nevermoor.

    Pour rester là-bas, elle doit passer le concours d'une prestigieuse académie de magie.  Alors qu'elle pense être dénuée de tout pouvoir. Alors que l'ombre du Wunderer, si redouté de tous, semble s'approcher...

    Ce roman fantastique, j'en avais entendu beaucoup de bien. Aussi, j'ai été ravie de m'échapper entre ses pages dans les premiers jours du confinement.

    Je lui ai trouvé de nombreux points communs avec Harry Potter: l'enfant mis l'écart qui rêve d'appartenir à un clan, la magie, le déroulement de l'intrigue sur un an comme si les saisons donnaient le tempo et battaient la mesure, les épreuves, ce méchant que personne ne nommé...

    Pour autant, malgré ces thématiques communes, le plaisir de lecture reste intact.

    Pousser la porte de Nevermoor, c'est pénétrer dans un univers riche, avec des scènes de fêtes qui restent en mémoire comme la parade des ténèbres ou la bataille du réveillon de Noël. C'est faire la connaissance aussi de personnages hauts en couleurs et attachants. C'est se perdre dans les couloirs d'un hôtel incroyable où les lustres grandissent et prennent des formes inattendues. C'est côtoyer un protagoniste machiavélique qui réservera sans doute maintes surprises par la suite. C'est retrouver son âme d'enfant et savourer les rebondissements de ce premier tome.

    Bref, vous l'aurez compris : j'ai vraiment apprécié cet ouvrage. Vivement que je me plonge dans la suite! 

    Pocket Jeunesse, 2018, 476 pages

  • Un virevoltant premier roman

     

    De capes et de mots

    de

    Flore Vesco

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    "Tous les voyageurs qui traversaient le compté de Chancies passaient devant son château sans le voir. Il faut dire qu'il n'y avait pas grand chose à admirer, à moins d'avoir beaucoup d'imagination."

    Serine vient de perdre son père, le comte de Chancies. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle décide de devenir demoiselle de compagnie de la Reine. Un rôle aussi convoité que difficile.

    Dès sa présentation à la Cour, notre héroïne réussit à se faire remarquer grâce à un compliment très original. Ou comment retenir l'attention d'une souveraine avec une esperlune.

    Très vite, Serine découvre les arcanes de ce monde nouveau. Très vite surtout, elle tombe sur des secrets qui pourraient lui coûter la vie.

    Ce roman, je l'ai découvert en deux temps. Lors de notre première rencontre, je me suis arrêtée en plein milieu. Décontenancée par les jeux autour du langage.
    Puis, je l'ai ouvert une seconde fois tout récemment. Et justement ces jeux autour des mots m'ont cette fois-ci totalement emportée.

    De capes et de mots se révèle un virevoltant premier roman où jamais le rythme ne faiblit. Dans un subtil équilibre d'aventure, de mystère, d'humour et d'intelligence.

    Il y a des rivalités exacerbées, des explorations nocturnes, un roi menacé, un bourreau étonnant, des complots, des rebondissements et une héroïne aussi drôle qu'intrépide.

    En effet, Serine relève de nombreux défis et n'hésite pas à se métamorphoser en bouffon du roi pour dévoiler bien des vérités et tester notre sens de la déduction.

    Les pages se tournent toutes seules. On rit, on frémit et déjà, la fin est là.

    J'ai aimé ce choix d'essaimer des néologismes au fil de l'intrigue.

    J'ai aimé ce choix de situer l'action dans une période qui ressemble à la Renaissance. Dans une sorte de temps historique qui n'est pas vraiment l'histoire pour autant. Avec notamment ce fou qui rappelle Triboulet, le bouffon du roi François Ier.

    Et j'ai aimé faire la connaissance de Serine. Ce personnage "badass" que j'aurais adoré croiser enfant lors de mes lectures.

    Bref, vous l'aurez compris : un premier roman très réussi que je conseille dès 9 ans. N'hésitez pas à aller écouter l'avis de Coralie et le mien dans la 73ème émission des Bibliomaniacs. 
     
    Didier Jeunesse, 2015, 182 pages