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the frenchbooklover - Page 6

  • Vox de Christina Dalcher

    Vox

    de

    Christina Dalcher

    vox, christina dalcher, littérature américaine, dystopie, roman d'anticipation, science-fiction, condition des femmes, liberté, parole, droits, réflexion, premier roman

    "Si on m'avait dit qu'en une semaine, j'allais faire tomber le Président, le Mouvement pur, et ce petit merdeux incompétent de Morgan LeBron, je n'y aurais pas cru. Mais je n'aurais pas protesté. Je n'aurais pas dit un mot.

    Je ne suis plus du genre bavarde."

    Imaginez une Amérique où les femmes doivent rester à la maison. Asservies aux décisions de leurs maris. Où toute autorité et pouvoir décisionnel leur sont retirés. Où leurs mots sont comptés.
    100, pas plus, chaque jour.
    Les femmes ont littéralement perdu leur voix.

    C'est ce que dépeint Christina Dalcher dans cette dystopie. Des États-Unis dominés par un président et par une éminence noire, un révérend qui repousse en permanence les frontières des interdits sous couvert d'une morale biblique.

    L'autrice a choisi pour héroïne une doctorante neurolinguiste, Jean Mclellan, parvenue au bout de ses recherches pour lutter contre l'aphasie, juste avant de devoir renoncer à son activité professionnelle. Une femme qui est longtemps demeurée en marge des changements politiques. Une femme qui souffre de son manque de mots. Qui a peur pour sa fille. Qui voit son fils aîné dériver vers le radicalisme. Bref, une femme qui se révèle prête à tous les sacrifices pour changer son pays et revenir à la situation d'avant.

    J'aime ces portraits de femmes fortes. Tout comme j'aime ces histoires qui décrivent un univers peu éloigné du nôtre, où toutes nos craintes se sont réalisées. Aussi, cet ouvrage, dans la lignée de la Servante écarlate, avait tout pour me plaire.

    Et la recette a bien fonctionné pendant les 2/3 du livre. J'ai adhéré au point de vue narratif, cette voix muselée qui se déverse entre les pages. J'ai adhéré également aux choix d'intrigue, aux personnages archétypaux ainsi qu'aux rebondissements.
    Tout comme j'ai adhéré à ce tableau d'une Amérique tombée dans l'engrenage d'une morale puritaine et d'une réduction de toute liberté de la femme. Ainsi qu'à cette  phrase de Burke répétée comme une litanie sur l'inaction des gens de bien. J'étais captée et je ne pouvais m'arrêter.

    Puis, est arrivée cette idée de complot biologique et je n'ai pas cru à cette énième péripétie ni au dénouement qu'elle entraînait. Cette résolution dans une certaine précipitation.  Comme un frein au développement d'autres arcs de l'histoire. Laissés un peu trop en jachère. Tels que le mouvement de la résistance. Et ce basculement trop rapide de certains protagonistes. En effet, avoir recours à des êtres monolithiques comme personnages a ses avantages. Comme ses inconvénients car leurs retournements trop précipités ne paraissent pas sonner juste.

    Bref, vous l'aurez compris: Vox a constitué une découverte en deux temps pour moi. Elle  reste néanmoins une oeuvre divertissante mais qui a manqué de la force de certaines dystopies. 

     

  • Famille parfaite de Lisa Gardner

    Famille parfaite

    de

    Lisa Gardner

    famille parfaite, touch & go, thriller, livre de poche, famille, apparences, lisa gardner, roman policier, roman policier américain, li

    "Voilà une chose que j'ai apprise quand j'avais onze ans: la douleur a un goût. La question, c'est de savoir celui qu'elle a pour vous."

    Les Denbe semblent former une famille modèle, à la fois heureuse et prospère.
    Pourtant, derrière cette façade parfaite, bien des secrets se dissimulent.
    Un soir, ils disparaissent tous les trois. Emportés par des assaillants.
    Une détective, le FBI et des policiers vont faire équipe pour les sauver.
    Le compte à rebours est lancé.
    Au jeu des apparences tous ont beaucoup à perdre.

    Après ma mini-panne de lecture au début du confinement, j'avais retrouvé mon rythme quasi habituel. Aussi, quand j'ai commencé à abandonner en plein milieu plusieurs livres, je me suis tournée vers une valeur sûre. Un roman policier. Souvent, ce genre me redonne une impulsion. Et encore une fois, la recette a fonctionné.

    Je n'avais encore jamais lu de Lisa Gardner et j'ai apprécié l'efficience de sa mécanique narrative. Cette façon d'entrecroiser plusieurs voix et d'osciller entre l'enquête et le kidnapping. Comme deux facettes d'un même récit qui pourraient, selon l'issue, ne jamais se rencontrer.

    Cette façon également de faire craqueler petit à petit l'aspect si lisse des Denbe. Comme autant d'entailles dans leur réputation.

    J'ai pris un peu de temps à m'habituer au style sans fioritures. Ces phrases resserrées à l'essentiel qui se concentrent sur l'action. Ce n'est pas ce que je préfère habituellement mais j'ai trouvé que dans ce cas-là, cela fonctionnait plutôt bien.

    Certains personnages m'ont paru un peu  caricaturaux. Mais d'autres m'ont convaincue. Par leurs zones de flou. Par leur manière d'évoluer dans leur existence. Par leurs doutes. Par leurs rêves brisés. Plus je tournais les pages, plus j'avais envie de savoir ce que l'autrice leur réservait comme sort.

    J'ai nourri quelques soupçons sur le ou les coupables dans le dernier tiers. Mon intuition était la bonne. Mais, pour autant, cela ne m'a pas gâchée la découverte. Seul vrai bémol: les rebondissements de la conclusion qui m'ont laissée dubitative.

    Le Livre de Poche, 2015, 571 pages
  • Étés anglais d'Elizabeth Jane Howard

    Étés anglais

    d'Elizabeth Jane Howard

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    "La journée commença à sept heures moins cinq, lorsque le réveil, offert à Phyllis par sa mère pour son premier poste de domestique, sonna sans se lasser jusqu'à ce qu'elle l'éteigne. "

    La semaine dernière, je suis partie dans le Sussex. Passer deux mois des étés 1937 et 1938 dans une merveilleuse propriété.

    J'y ai fait la connaissance de trois frères: Hugh, Edward et Rupert, de leur soeur Rachel, de leurs parents, de leurs épouses, de leurs enfants...

    J'ai participé à des pique-niques sur la plage, à des jeux endiablés, à des après-midi de lecture à l'abri d'une chambre ou à l'ombre d'un hamac.

    J'ai vu des personnages évoluer, se déchirer, se rapprocher.

    J'ai senti le pouls de toute une époque pulser entre ces pages. Une époque marquée encore par le spectre de la der des ders et hantée par le basculement imminent dans la prochaine.

    J'ai quitté à regret cet endroit. En espérant pouvoir le retrouver très prochainement.

    Avec ce premier tome de la saga des Cazalets, Elizabeth Jane Howard nous plonge dans une fresque dense et extrêmement bien écrite.

    Une fresque qui sonde les oscillations intimes de chacun de ses personnages. J'ai trouvé ce procédé de s'attarder pendant quelques pages sur chacun, d'entremêler ensuite leurs destins et de suivre leurs éventuelles mutations  extrêmement abouti. On glisse ainsi d'un protagoniste à un autre dans un ballet perpétuel et sans jamais sentir les transitions.

    Certains des héros se démarquent particulièrement. Par leurs blessures, par leur veulerie, par leur trop grand sens du sacrifice, par leurs caractéristiques qui nous font sourire ou nous dégoûtent.

    J'ai été d'ailleurs particulièrement frappée par la faculté de l'autrice à créer toute une galerie de figures aussi diverses et à l'ancrage psychologique aussi fort et juste. Parfois, dans ce genre d'ouvrages, certains traits sont trop outrés ou un certain manichéisme se fait ressentir. Ici, tout sonne vrai.

    De plus, le découpage de l'intrigue se révèle très intéressant.  J'ai beaucoup aimé cette idée de centrer sur deux étés et revenir sur les blancs entre ces deux espaces temps par un jeu de retours dans le passé astucieusement disséminés.

    Bref, vous l'aurez compris: un ouvrage maîtrisé, reflet d'une période et vraiment prenant dont j'attends avec impatience la suite. Un véritable coup de cœur que je ne peux que vous recommander.

    Editions de la Table ronde, traduction d'Anouk Neuhoff, 2020, 557 pages

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