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16/05/2016

Maigret et le fantôme de Georges Simenon

Maigret et le fantôme

de

Georges Simenon

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"Il était un peu plus de une heure, cette nuit-là, quand la lumière s'éteignit dans le bureau de Maigret. Le commissaire, les yeux gros de fatigue, poussa la porte du bureau des inspecteurs, où le jeune Lapointe et Bonfils restaient de garde.

-Bonne nuit, les enfants, grommela-t-il."

Par une nuit de novembre, l'inspecteur Lognon a reçu deux balles. Très grièvement blessé, il a été transporté à l'hôpital et ses jours sont toujours en danger.

Appelé sur les lieux de l'attentat, Maigret tente de mener son enquête. Mais les éléments à sa disposition sont plus que maigres...

Visiblement, Lognon avait découvert quelque chose...Et espérait ainsi gagner des galons.

Serait-ce pour cette raison que quelqu'un aurait cherché à l'abattre? Ou serait-il réellement la victime d'un fantôme, comme il l'aurait dit à la concierge?

"-Ses lèvres ont remué...Je sentais bien qu'il voulait parler...J'ai cru distinguer un mot, mais j'ai dû me tromper, cela n'a pas de sens...Peut-être qu'il délirait...

-Quel mot?

-Fantôme..."

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Quand j'étais adolescente, j'ai lu plusieurs aventures du célèbre commissaire Maigret. Et puis, j'ai perdu cette habitude. A la faveur d'une diffusion d'un très bon téléfilm avec Rowan Atkinson en Angleterre et d'une discussion avec ma copinaute Martine, j'ai eu envie de me replonger dans les œuvres policières de Georges Simenon.

Dès les premières pages, j'ai retrouvé ce qui constitue, selon moi, la qualité première de ces romans: l'ambiance. On a l'impression d'être immergés dans ce Paris pittoresque de l'après-guerre, aux côtés de Maigret et d'entendre les dialogues plein de gouaille.

Une des autres qualités réside dans les personnages secondaires qui entourent notre héros. En quelques adjectifs toujours bien choisis, l'auteur parvient à nous les rendre vivants. Comme si le film de l'intrigue se tournait sous nos yeux. J'ai été surtout marquée par l'inspecteur Lognon, surnommé Malgracieux, par le Hollandais et par Mme Maigret.

Dans cet opus, elle occupe une place plus importante. Certes, elle représente toujours l'ancre du quotidien du commissaire.  Cette fois-ci, pourtant, elle va également l'aider dans ses investigations. En discutant avec Mme Lognon et en recueillant ses confidences.

S'ensuit un déjeuner entre les époux.

"Ce déjeuner chez Manière resterait un de ses plus beaux souvenirs."

Cette phrase résume à merveille le talent de Simenon à dire beaucoup en peu de mots. A saisir aussi tous ces petits rien qui font le sel de l'existence.

Malheureusement, malgré ses qualités évidentes tant au niveau du style que de l'atmosphère, Maigret et le fantôme ne m'a pas convaincue en raison de son intrigue criminelle.

Je n'ai jamais cru à la résolution de l'énigme. Je sais que Maigret est réputé pour ne pas avoir de méthode apparente et pour, souvent, errer dans un brouillard avant d'arriver à une conclusion satisfaisante.

Ici, tout arrive de façon trop télescopée et je n'ai pas adhéré à cette idée de trafic.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai été ravie de retrouver ce protagoniste mais j'espère que, la prochaine fois, je serai plus bluffée par l'histoire policière.

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Titine qui a découvert de son côté Maigret et le voleur paresseux

Le Livre de Poche, 184 pages

27/04/2016

Je peux très bien me passer de toi de Marie Vareille

Je peux très bien me passer de toi

de

Marie Vareille

je peux très bien me passer de toi.jpg

"Journal de Constance Delahaye

13 février 2013-20h45

Anniversaire de Greg annulé à la dernière minute pour cause de migraine atroce. Je serai au lit d'ici quinze minutes avec Raison et sentiments et ma nouvelle tisane anti-gueule de bois verveine-menthe-citrate-de-bétaïne."

Constance et Chloé se sont toutes les deux connues à un club de lecture. Outre leur passion pour la littérature, elles partagent aussi une certaine propension aux échecs sentimentaux. Alors que Chloé collectionne les histoires d'un soir, Constance traverse une période de désert affectif. A l'approche de la trentaine, elles décident donc de passer un pacte: Chloé s'exilera à la campagne pour se consacrer à l'écriture d'un roman sans laisser aucun homme l'approcher et, au contraire, Constance séduira un inconnu pour une nuit.

Et si cet engagement réciproque leur permettait de vraiment influer sur le cours de leurs existences respectives?

marie vareille.jpeg

Voilà déjà quelque temps que j'apercevais sur la blogosphère de très bonnes critiques autour de cet ouvrage. Aussi, quand il est arrivé dans la médiathèque parisienne que je fréquente, j'ai été ravie de pouvoir l'emprunter.

Dès les premières pages, je suis tombée sous le charme de cette intrigue.

Sans doute car elle aborde la question que toute trentenaire se pose à un moment ou à un autre: fais-je les bons choix?

En effet, Constance et Chloé cumulent les erreurs, aussi bien sentimentales que professionnelles. Et, page après page, elles vont tenter d'apprendre à enfin prendre les bonnes décisions. Celles qui se révéleront bénéfiques pour leur futur.

Roman d'apprentissage donc, roman de quête également...De son identité, de son bonheur.

A ces thématiques essentielles de développement de soi se greffent des intrigues amoureuses, dignes de toute bonne chick-litt. Premier rendez-vous, mauvais choix, maladresse dans les approches, aveuglement des personnages...Autant d'ingrédients dignes des meilleures comédies romantiques que l'on retrouve au fil des chapitres.

On s'interroge, on rit beaucoup (notamment lors des cours de séduction de Constance alias Icequeen)...On cherche aussi les références littéraires et cinématographiques. En effet, il m'a semblé que Marie Vareille, tout au long de son intrigue, distillait de nombreux hommages. A commencer par celui de la première page: la comparaison implicite entre Constance-Chloé et Elinor-Marianne Dashwood de Raison et sentiments.

Un des autres atouts de ce roman réside dans son schéma narratif : une alternance de points de vue entre Constance et Chloé. Et deux modes de récit pour suivre leur parcours: des fragments du journal intime de Constance et une narration à la première personne pour Chloé. J'ai trouvé ce procédé stylistique très habile car non seulement, il dissocie bien les deux voix mais il empêche toute tendance à la répétition et donc toute lassitude.

Autour des deux héroïnes évolue toute une galerie de personnages attachants. De Guillaume, l'ex dépassé de Chloé à Vincent, le voisin viticulteur à Mamie Rose, la grand-mère résolument moderne ou Charlotte, la meilleure amie de Chloé, tous pourraient appartenir à notre entourage. Par conséquent, tous sonnent juste.

De même, j'ai beaucoup apprécié la mise en abîme autour de l'écriture. Comme si Chloé se faisait le double de Marie Vareille.

"Depuis que je suis toute petite, depuis que Mamie Rose m'a mis mon premier livre entre les mains, j'ai su ce que je voulais faire de ma vie. Je voulais raconter des histoires qui font rire les enfants, qui finissent bien, des romans dans lesquels on se blottit pour oublier la réalité. Je voulais emmener les rêveurs, dans des contrées lointaines, quand tout le monde dort depuis longtemps, qu'il ne reste plus que le murmure des pages qu'on tourne dans le silence de la nuit, encore un chapitre, juste un seul, un dernier."

Bref, vous l'aurez compris: j'ai eu un coup de cœur pour Je peux très bien me passer de toi. Un roman résolument feel-good qui conjugue romantisme et réflexions autour du temps qui file et des réalisations personnelles à mener. Je sais déjà que je me replongerai avec plaisir dans d'autres titres de cet auteur...et que ce livre, je vais beaucoup l'offrir à mes amies qui se reconnaitront sans doute un peu dans Constance ou Chloé voire les deux.

Et pour conclure, cette jolie citation d'Oscar Wilde qui sert d'épigraphe.

"Never love anyone who treats you like you're ordinary"

Editions Charleston, 2015, 317 pages

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25/04/2016

Pomfret Towers de Angela Thirkell

Pomfret Towers

de

Angela Thirkell

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"Nutfield is quite the most delightful town in that part of England. Most of the land round it is owned by families who have remained rich enough not to be obliged to sell their estates, so the speculative builder has been kept at bay and the town is very little larger than it was in the eighteenth century."

Alice Barton est une jeune fille timide et effacée. Un jour, elle est conviée avec son frère à un week-end à Pomfret Towers, la demeure des ducs de Pomfret. Elle va devoir là-bas lier connaissance avec de nombreux inconnus et cette perspective l'effraie au plus haut point.

Elle est loin de se douter que ces deux jours vont changer radicalement son existence, ainsi que celle de ses plus proches...

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J'ai découvert Angela Thirkell sur la blogosphère anglaise et j'ai eu envie de me lancer dans son œuvre (malheureusement, pas encore traduite en France. Même si j'ai appris par Emjy (décidément, une mine de connaissance) que les Editions Charleston allaient sortir les Fraises sauvages)

Dès les premières pages, j'ai été happée dans cette lecture "so british". Quel plaisir de me retrouver au milieu de ces personnalités si différentes dans ce manoir de Pomfret à la fin des années 30!

On suit plus particulièrement les aventures d'Alice et de plusieurs jeunes gens qui gravitent autour d'elle. Coup de foudres amicaux, chassés-croisés amoureux, déceptions sentimentales sont au programme. Et on se régale à assister à toutes ces péripéties.

Mais résumer ce roman à sa simple dimension sentimentale serait une grossière erreur. En effet, Pomfret Towers consiste également en une étude de la société aisée anglaise. Nobles, artistes, architectes constituent autant de classes décortiquées par la plume caustique d'Angela Thirkell.

Elle propose notamment plusieurs visions de la condition artistique: celle du peintre maudit incarné par le jeune Julian Rivers (une vraie tête à claques) et celles de la femme écrivain dont Mrs Rivers et Mrs Barton  représentent deux aspects bien antagonistes. Quand l'une parle de son Art avec un grand A, l'autre se fait discrète et se réfugie dans ses recherches historiques.

J'ai beaucoup ri aux descriptions des synopsis des romans de Mrs Rivers, des bluettes qui semblent refléter son existence fantasmée.

L'humour est sans cesse présent, que ce soit dans les situations (les fuites répétées de l'éditeur Mr Johns devant Mrs Rivers, les télégrammes qu'il invente...) ou dans les dialogues et descriptions.

De même, Angela Thirkell démontre un grand talent dans la construction narrative: elle arrive à entremêler habilement différentes intrigues, différents rebondissements sans jamais lasser son lecteur ni rendre les situations improbables. On s'amuse, on réfléchit, on espère que certaines idylles auront une conclusion heureuse...

J'ai aimé cette fin aussi. Qui sonne si juste et célèbre d'une certaine façon un des thèmes sous-jacents de cet ouvrage, à savoir les relations entre parents et enfants.

Bref, vous l'aurez compris: je me suis régalée avec cet ouvrage qui offre une très belle description, à la fois tendre et ironique d'une certaine société anglaise en 1938, et propose de jolies histoires d'amour. Je suis ravie de cette première immersion dans l’œuvre d'Angela Thirkell et je sais déjà que ce ne sera pas la dernière! Si, comme vous moi, vous aimez les atmosphères "so british", les séjours dans des manoirs..., alors précipitez vous sur cette série.

Virago Modern Classics, 298 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England

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