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16/07/2013

La liste de Siobhan Vivian

La liste

de

Siobhan Vivian

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"Aussi loin qu'on s'en souvienne, les élèves qui arrivent en cours le dernier lundi de septembre au lycée de Mount Washington y découvrent une liste nommant la fille la plus jolie et la plus moche de chaque niveau.

Cette année ne fera pas exception.

Cette liste est répartie dans les locaux à environ 400 exemplaires, dans les endroits plus ou moins visibles."

Comme tous les ans, en ce dernier lundi de septembre, huit filles, de la 3ème à la terminale vont apercevoir avec joie ou horreur leur nom sur une liste déterminant les plus moches et les plus belles de chaque niveau.

Ce classement va avoir un impact déterminant sur leur vie de lycéenne.

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Cela faisait quelque temps que j'avais remarqué ce roman sur la blogosphère. Aussi, quand il est arrivé dans la médiathèque où je travaille, je n'ai pas hésité longtemps avant de l'emprunter.

Il traite d'un sujet rarement évoqué en littérature adolescente: les listes qui sont souvent établies dans les collèges ou lycées pour catégoriser les gens en fonction  de leur physique.

Dès le début, on ne sait pas est l'auteur de la liste. Est-ce que ce sont les garçons du club de football? Des filles de terminale? Une des élues? Le mystère va planer sur l'identité de ou des créateurs tout au long du roman avant de trouver une solution que je n'attendais pas forcément.

Mais cette enquête ne constitue pas l'élément le plus important du roman. Ce qui nous intéresse surtout, c'est de voir l'impact que peut avoir un tel classement sur chacune des filles évoquées.

La structure narrative m'a semblé adéquate. En effet, la romancière a décidé d'alterner les points de vues des huit filles. Nous les suivons ainsi pendant une semaine jusqu'au bal qui élira la reine de la rentrée.

Comme on pouvait s'y attendre, la liste va avoir de fortes répercussions sur les plus moches. Sarah Singer, l'une d'entre elles, va ainsi se priver de douche et mettre tous les jours les même vêtements pour correspondre à la mention "à croire qu'elle fait tout pour être moche". Danielle De Marco, surnommée Dan the Man, va voir son copain s'éloigner...

"C'est le genre de blessure qui semble ne jamais pouvoir s'effacer, une cicatrice plutôt qu'une égratignure. Quelque chose qu'elle portera toujours en elle"

Néanmoins, la liste va aussi affecter les plus belles et leur entourage. Bridget, l'une d'entre elles, pour justifier son statut, va ainsi s'affamer.

Même si certaines réactions paraissent exagérées, j'ai trouvé que l'auteur avait bien su rendre les questionnements des adolescentes, les difficultés qu'elles peuvent avoir à s'accepter. De même, la dictature des apparences m'a semblé bien traitée.

J'ai aussi apprécié la description de la vie dans un lycée américain: l'importance des bals, des clubs, des activités sportives, du placement à la cantine...

En revanche, la fin m'a semblé trop rapide. Certaines situations connaissent une résolution  trop simple.

Bref, vous l'aurez compris: un roman sur une thématique intéressante, qui se lit très vite et fait passer un bon moment. Cependant, je suis restée sur ma faim. Il manquait sans doute un peu de profondeur psychologique.

Nathan, 2013, 405 pages, 15,50 €

Billet dans le cadre du challenge La plume au féminin 2013.

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23/05/2013

Vango tome 2: Un prince sans royaume

Vango tome 2: Un prince sans royaume

de

Timothée de Fombelle

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"Un rectangle de blé écrasé leur faisait un lit à baldaquin.

Ils étaient allongés l'un près de l'autre. Les quatre côtés de ce lit étaient drapés de l'or des blés. Partout ailleurs les champs infinis se tenaient bien debout sous le soleil. On voyait le dirigeable posé sur la terre à deux kilomètres de là, et comme une goutte d'argent tombée dans l'herbe"

Vango et Ethel profitent d'une escale dans les champs de blé lors du voyage du Zeppelin en 1929. Mais ils sont surpris par un homme armé et Vango s'enfuit.

Sept ans plus tard, on retrouve notre héros aux Etats-Unis. Il est à la recherche du meurtrier de ses parents, qui aurait trouvé refuge à New York. Et son chemin va recroiser celui du père Zefiro qui a suivi un dangereux trafiquant d'armes et tente de l'éliminer.

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Le mois dernier, en compagnie de Céline, nous nous étions lancées dans le premier tome: Entre ciel et terre, de la saga imaginée par Timothée de Fombelle. Nous avions toutes les deux été ravies de la découverte. Aussi, nous avons poursuivi l'aventure avec ce second et dernier volume. Nous avions toutes les deux hâte de savoir ce qu'il allait advenir de Vango et de comprendre enfin les mystères qui entouraient sa naissance et la disparition de ses parents.

Je commencerai d'ailleurs par ce point. Je me doutais des origines familiales de notre prince sans royaume. Mes soupçons se sont confirmés à la fin. Mais j'ai regretté que l'auteur ne s'appesantisse pas plus sur les conséquences de cette révélation. On apprend tout avant Vango. On sait quand il reçoit la lettre d'explications. Mais on n'assiste jamais à sa réaction.

Une fois encore, l'auteur nous convie à un voyage autour du monde. Les chapitres nous entraînent ainsi de New York à la Bretagne, en passant par la Russie, l'Ecosse, Londres, Paris...Toutefois, ce périple revêt des allures plus sombres.

En effet, il s'effectue des années 1936 à 1942, de la guerre d'Espagne au second conflit mondial. L'arrière-plan historique de plus en plus menaçant justifie cette tonalité.

De même, ce tome est avant tout fondé sur la traque et la vengeance. Voire une double vengeance: celle de Vango à l'encontre du meurtrier de son père et celle du père Zefiro et de ses amis pacifistes envers le trafiquant d'armes.

On ne retrouve donc plus la même touche humoristique. Toutefois, le souffle de l'aventure et le sens du rythme qui m'avaient plu dans le premier volet sont toujours bien présents.

Timothée de Fombelle multiplie les aller-retours dans le temps et l'espace, avec toujours autant d'aisance. Il parvient également à nous montrer-sans jamais que cela semble téléscopé-les connexions entre tous les protagonistes.

J'ai été contente de retouver certains d'entre eux. Notamment, la Taupe, cette jeune fille si singulière et très solitaire qui arpente les toîts de Paris. Le personnage du commissaire Boulard, toujours aussi dévoué à sa mère et à son travail, m'est apparu aussi savoureux.

Ce diptyque s'achève sur la résolution de tous les mystères. Tout s'emboîte parfaitement. On éprouve qu'un seul regret: laisser là ceux qu'on avait suivi...Surtout que l'auteur réussit à clore certaines histoires tout en laissant le lecteur libre d'imaginer une suite à d'autres.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai bien aimé cette saga de Timothée de Fombelle et je la recommande à tous les amateurs de romans d'aventures.

Gallimard Jeunesse, 2011, 392 pages, 17 €

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Céline

21/04/2013

Les Cendres de l'oubli

Phaenix tome 1: Les Cendres de l'oubli

de

Carina Rozenfeld

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"Enfin.

Un signe.

Etre séparé d'elle était la pire des tortures. Cela faisait quatre mois déjà qu'elle était partie, ses beaux yeux verts baignés de larmes, écarquillés sur des images qu'elle ne parvenait pas à chasser. Elle avait claqué la porte avec violence, après avoir hurlé une promesse terrible, un sort scellé à jamais. Il ne l'avait pas crue. C'était impossible. Elle ne pouvait pas faire ça...Le pouvait-elle? Après tout, qu'en savait-il? Cette situation ne s'était jamais présentée en plusieurs milliers d'années"

Pendant l'été, juste après son bac, Anaïa a déménagé en Provence. En effet, ses parents ont décidé de transformer une partie de la maison familiale dont ils venaient d'hériter en chambres d'hôtes de luxe.

Le jour de la rentrée arrive...Anaïa a opté pour une licence en littérature et théâtre. Elle retrouve dans son cursus Garance, une ancienne amie d'enfance. Et fait très vite la connaissance d'un groupe de garçons. Parmi eux, les troublants Eidan et Enry qui ne la laissent pas indifférente...

Son existence semblerait tout à fait normale si elle n'était pas assaillie par des rêves étranges. A chaque fois, elle se retrouve dans la pinède près de sa maison. Ses pas l'amènent vers l'ancienne tour. Elle rentre dedans et va à la rencontre d'un homme dont elle n'arrive jamais à saisir l'identité mais qui la complète parfaitement.

Le matin, lorsqu'elle se réveille, un mystérieux grain de beauté a toujours fait son apparition...

Quelle peut être la signification de ces phénomènes? Pourquoi Enry et Eidan semblent les comprendre?

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Carina Rozenfeld est un auteur français spécialisé dans le domaine de l'imaginaire. Elle a notamment écrit les trilogies Doregon, La Quête des livres-mondes...J'avais eu l'occasion de lire d'elle Les Clés de Babel, un très bon roman de science-fiction.

Aussi, quand une de mes collègues m'a conseillé de me lancer dans cette nouvelle série, publiée dans la collection R, je n'ai pas hésité longtemps.

Je suis immédiatement entrée dans l'histoire. Sans doute en raison de l'habileté de la construction de l'intrigue. Tout commence par un mystérieux prologue qui donne aux lecteurs quelques clés de compréhension et instaure une certaine tension dramatique.

Puis, la parenthèse se referme et on bascule dans le quotidien d'Anaïa. Une jeune femme qui vient de passer son bac et qui après un déménagement en Provence, redoute de ne pas se faire de nouveaux amis. Elle est extrêmement stressée à l'idée de sa nouvelle rentrée. Mais, bien vite, elle se lie d'amitié avec tout un groupe de jeunes gens, se découvre une passion pour le rock et les concerts, hésite entre deux garçons...

Un quotidien simple a priori. Cette impression de normalité est d'ailleurs soulignée par le style. On a réellement l'impression d'entendre une jeune fille de 18 ans s'exprimer. Les pages consacrées à de faux commentaires sur facebook renforcent cette sensation.

Mais cette routine est troublée par des rêves inquiétants. Toujours les mêmes mais dont la fin varie au gré des événements. Plus l'action avance, plus ces rêves semblent s'ancrer dans la réalité...Jusqu'à laisser une marque physique sur le poignet de notre héroïne.

Une marque physique que semble comprendre les deux soupirants d'Anaïa...Tout comme le lecteur...En effet, l'auteur glisse de nombreux indices au fil de l'intrigue sur la vraie nature du personnage principal.

Ces indices empruntent tant à la mythologie qu'à la littérature contemporaine. C'est d'ailleurs un des aspects que j'ai le plus apprécié dans ce roman: la multitude de références, telles que le pouvoir des larmes du phenix dans la saga des Harry Potter.

Le thème du rêve se révèle également un hommage à Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Comme Scarlett, Anaïa avance dans son songe et trouve quelqu'un. Mais elle ne parvient jamais à saisir son identité...Ce renvoi est souligné au milieu de l'ouvrage. On assiste à un échange entre Garance et notre héroïne sur la tristesse de la fin de la saga.

De même, j'ai apprécié les nombreux instants musicaux. Anaïa est violoncelliste et elle va être intégrée dans un groupe de rock. L'occasion pour elle de s'ouvrir aux artistes plus contemporains et pour nous, lecteurs, d'assister à quelques répétitions ou concerts et de découvrir certaines chansons...

Bref, vous l'aurez compris: un roman efficace dont les pages se tournent rapidement. Néanmoins, contrairement à de nombreux lecteurs enthousiastes, il m'a manqué quelque chose... Je me lancerai quand même dans le second volet qui vient de paraître.

Robert Laffont, 2012, collection "R", 437 pages, 17,90 €

En bonus, je mets le lien vers un morceau coup de coeur d'Anaïa: le magnifique Breathe me de Sia.