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the frenchbooklover - Page 27

  • Un virevoltant premier roman

     

    De capes et de mots

    de

    Flore Vesco

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    "Tous les voyageurs qui traversaient le compté de Chancies passaient devant son château sans le voir. Il faut dire qu'il n'y avait pas grand chose à admirer, à moins d'avoir beaucoup d'imagination."

    Serine vient de perdre son père, le comte de Chancies. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle décide de devenir demoiselle de compagnie de la Reine. Un rôle aussi convoité que difficile.

    Dès sa présentation à la Cour, notre héroïne réussit à se faire remarquer grâce à un compliment très original. Ou comment retenir l'attention d'une souveraine avec une esperlune.

    Très vite, Serine découvre les arcanes de ce monde nouveau. Très vite surtout, elle tombe sur des secrets qui pourraient lui coûter la vie.

    Ce roman, je l'ai découvert en deux temps. Lors de notre première rencontre, je me suis arrêtée en plein milieu. Décontenancée par les jeux autour du langage.
    Puis, je l'ai ouvert une seconde fois tout récemment. Et justement ces jeux autour des mots m'ont cette fois-ci totalement emportée.

    De capes et de mots se révèle un virevoltant premier roman où jamais le rythme ne faiblit. Dans un subtil équilibre d'aventure, de mystère, d'humour et d'intelligence.

    Il y a des rivalités exacerbées, des explorations nocturnes, un roi menacé, un bourreau étonnant, des complots, des rebondissements et une héroïne aussi drôle qu'intrépide.

    En effet, Serine relève de nombreux défis et n'hésite pas à se métamorphoser en bouffon du roi pour dévoiler bien des vérités et tester notre sens de la déduction.

    Les pages se tournent toutes seules. On rit, on frémit et déjà, la fin est là.

    J'ai aimé ce choix d'essaimer des néologismes au fil de l'intrigue.

    J'ai aimé ce choix de situer l'action dans une période qui ressemble à la Renaissance. Dans une sorte de temps historique qui n'est pas vraiment l'histoire pour autant. Avec notamment ce fou qui rappelle Triboulet, le bouffon du roi François Ier.

    Et j'ai aimé faire la connaissance de Serine. Ce personnage "badass" que j'aurais adoré croiser enfant lors de mes lectures.

    Bref, vous l'aurez compris : un premier roman très réussi que je conseille dès 9 ans. N'hésitez pas à aller écouter l'avis de Coralie et le mien dans la 73ème émission des Bibliomaniacs. 
     
    Didier Jeunesse, 2015, 182 pages

     

  • Au Service de Nostradamus

    Arno le valet de Nostradamus

    Tome 1: La Prophétie

    d'Annie Jay

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    "Paris, le 15 août 1555

    Midi sonnait, le marché se terminait. Déjà, les paysans remballaient fruits et légumes, ou encore volailles et lapins vivants dans leurs carrioles.

    Arno, caché derrière la tente d'un marchand de tissu, détaillait la foule de ses yeux bleus. A quelques pas, son amie Pernelle arrêtait les passants."

    Paris, en ce 15 août 1555, Arno, jeune garçon, voleur à la Cour des Miracles, tente de détrousser un homme d'une cinquantaine d'années, fraîchement arrivé dans la capitale.

    Mais il est démasqué. Contre toute attente, celui qu'il essayait de voler l'engage comme valet.
    C'est ainsi que notre héros entre au service de Nostradamus, le célèbre astrologue.

    Une nouvelle existence débute pour lui. Il s'installe avec son maître à la Cour. Mais, bien vite, il se rend compte que les couloirs dissimulent bien des secrets et bruissent de nombreux complots. Et si?

    J'ai été ravie de débuter cette nouvelle série. Cette fois-ci, Annie Jay délaisse les allées de Versailles pour celles du palais d'Henri II et de Catherine de Médicis, rue des Tournelles. Pour un voyage à la Renaissance sur les traces de Nostradamus.

    J'ai aimé le souci qu'elle porte à la reconstitution historique. Sans jamais ralentir le fil de l'intrigue, elle l'émaille de mots usités à cette période et elle développe quelques descriptions qui contribuent à renforcer cette idée de remontée dans le temps.

    De plus, chaque chapitre se révèle très percutant. L'action ne ralentit jamais. Les mystères s'accumulent. Tout comme les rebondissements. Ce qui permet de toujours garder l'attention des jeunes et des moins jeunes lecteurs en alerte.

    Arno se révèle un personnage attachant, un peu dans la lignée de Jean le petit marmiton. La galerie des jeunes protagonistes qui gravitent autour de lui promet également de belles aventures à venir.

    Je suis d'ailleurs curieuse de découvrir comment l'autrice développera ces interactions et imaginera l'évolution du lien entre Arno et Nostradamus.

    Bref, vous l'aurez compris : ce premier opus constitue une jolie entrée en matière. 
     
    Albin Michel Jeunesse, 2020, 137 pages
     
     

     

     

  • Il est juste que les forts soient frappés

    Il est juste que les forts soient frappés

    de

    Thibault Bérard

    il est juste que les forts soient frappés,thibault bérard,éditions de l'observatoire,premier roman,littérature française,amour,maladie,deuil-

    "J'imagine que vous serez d'accord: ce que tout le monde veut dans la vie, c'est laisser une trace, non. Résister à l'oubli éternel?"

    Cela commence comme un film de Capra. Une femme en proie à des démons qui la broient. Deux rencontres à quelques années. Et la voilà métamorphosée.

    Mais, pour celle qui pensait mourir avant 40 ans, point de happy end.
    C'est elle qui nous raconte son histoire. Depuis une cellule dans un au-delà où ses souvenirs remontent comme des bulles. Bulles de joie. Bulles de combat. Bulles de douleur. Bulles de tout ce qui ne se dit pas.

    Il y a la voix de Sarah qui nous mène sur ce chemin peuplé de tous ces rires passés, de toutes ces souffrances larvées et de tous ces possibles réinventés. Sarah, la reine noire, qui ne croit pas au bonheur mais que la rencontre avec Théo a bouleversée. Sarah qui se dévoile entière, dans ses failles les plus reculées. Avec une sincérité désarmante qui nous pousse à l'aimer et à la pleurer.

    Il y a son lutin. Cet amoureux porté par une foi dans l'existence. Celui qui revoit les scènes de ses longs métrages préférés dans les séquences de ses journées. Celui qui grandit dans l'épreuve. Comme si le baptême de feu de l'inquiétude et de la peur le rendaient adulte et balayaient son insouciance.

    Il y a ceux qui évoluent autour de ce couple frappé par la pire épreuve. Simon et Camille, leurs deux enfants, pris dans la tourmente. Le Dr House, figure de référence, contre laquelle achoppent tous les espoirs comme toutes les colères.

    Il y a ce style fébrile qui épouse au mieux l'urgence. Ces phrases qui se font tantôt courtes ou tantôt longues pour accompagner les méandres de la pensée et du discours de l'héroïne. Cette poésie qui émerge dans certains paragraphes. Ces bulles. Cette nacre. Comme des îlots de beauté dans un univers dévasté.

    Il y a cette émotion qui nous saisit et nous accompagne. Cette envie d'y croire. Malgré la chronique d'une mort annoncée.

    Il y a cet entremêlement de références modernes et plus anciennes qui s'harmonisent au fil des pages.

    Il y a ces chansons qui réconfortent et apaisent. Comme autant d'échappées magnifiques et momentanées.

    Il y a ces instants fugaces de communion et de paix que Sarah fige pour l'éternité.

    Il y a Cléo, la lumière , qui ouvre ses bras pour le rescapé et l'empêche d'échouer.

    Il y a cette pensée qui envahit le lecteur. Cette idée que le roman s'appuie sur une matière autobiographique qui rend l'hommage encore plus poignant.

    Ce livre, je l'ai fini le cœur à la fois serré et ensoleillé.

    Ce livre, il m'a embarquée. Même si le premier chapitre, ce pacte narratif nécessaire, m'avait laissée dubitative. Même si j'aurais préféré que l'intrigue s'achève sur ce "Hey Jude" vibrant et laisse les vivants s'effacer devant Sarah, l'absente si présente.

    Ce livre, malgré ces deux réserves, je ne peux que vous le recommander.

    Editions de l'Observatoire, 2020, 296 pages