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05/09/2012

Du vent dans mes mollets de Raphaële Moussafir

Du vent dans mes mollets

Raphaële Moussafir

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"Comme ça fait une semaine que j'ai des mauvaises notes, mal à la tête et que je dors tout habillée avec mon cartable et mes affaires de gym pour ne pas être en retard à l'école, maman m'a proposé d'aller voir Madame Trebla, une dame qui parle avec les enfants et qui après quelques dessins, arrive à les convaincre de se mettre en pyjama le soir, d'enlever leur cartable et leurs chaussures avant de se coucher à l'intérieur de leurs couvertures".

Ainsi débute le récit de Rachel Gladstein qui, du haut de ses neuf ans, nous raconte avec un ton à la fois drôle et lucide les événements de sa vie. On assiste ainsi à ses séances avec la fameuse Madame Trebla, ses canulars téléphoniques à Mme Courtecuisses, ses jeux avec son amie Hortense, son abonnement au club Barbie, ses relations avec sa Maman, les humiliations que lui inflige son institutrice...

 

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Cela faisait quelque temps que j'avais remarqué ce court ouvrage (111 pages). Puis, la sortie récente du film avec Agnès Jaoui, Isabelle Carré et Denis Podalydès a agi comme un déclic.

Je me suis donc plongée aujourd'hui dans les aventures de cette petite fille pas ordinaire et je n'adu vent dans mes mollets,raphaële moussafir,j'ai lu,enfanti pu reposer le livre qu'une fois achevé. 

C'est le genre de roman qui ne peut pas laisser indifférent. Grâce à lui, on ressent toute une palette d'émotions. On passe du rire aux larmes, de l'étonnement à l'abattement...Et le tout avec légèreté. 

La plume de l'auteure y est sans doute pour beaucoup. En effet, elle n'a pas recherché les effets de style. Au contraire, le langage très oral sonne juste. On a réellement l'impression d'entendre la voix d'une petite fille de neuf ans mais d'une petite fille de neuf ans dotée déjà d'un certain discernement. Et il convient de le souligner car généralement, tous les créateurs n'arrivent pas à relever le défi de faire parler un enfant comme un enfant. Chapeau bas donc à cette écrivaine!

Je ne peux résister au plaisir de vous livrer quelques citations:

"J'ai remarqué que quand on est triste ou qu'il y'a une mauvaise nouvelle, la vie autour ne change pas. Comme le jour où mamie est morte, j'étais dehors, il y'avait du vent, et quand on m'a dit que mamie était morte, il a quand même continué à y'avoir du vent dans mes mollets. Quand on est triste, les objets ne sont pas tristes, ils font comme si de rien n'était, et ça, ça me rend encore plus triste"

"Et moi, je sais très bien qu'un physique spirituel, c'est un physique qui a plus d'esprit que de beauté et que si j'avais eu un physique plus beau que spirituel, on n'aurait pas été deux à mon goûter d'anniv"

Bref, vous l'aurez compris: un livre émouvant que je vous recommande vivement! Seul bémol: son peu de pages. J'aurais aimé accompagner plus longtemps Rachel.

Ce billet marque ma seconde participation au challenge Cent pages organisé par La Part manquante, le blog de TyJecyka.du vent dans mes mollets,raphaële moussafir,j'ai lu,enfant

J'ai lu, 2012

4,20 €

27/08/2012

Les heures silencieuses

Les heures silencieuses

Gaëlle Josse

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Dès les premières pages, la voix de Magdalena Van Beyeren retentit. Après avoir été peinte en 1667 par De Witte de dos, face à son épinette, dans la chambre conjugale, l'épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft, a ressenti le besoin de se confier.

"A mettre de l'ordre dans mon coeur, et un peu de paix dans mon âme, à se souvenir des joies passées et à accueillir mes peines, [mes papiers] suffisent"

Et c'est ainsi que nous lecteurs, nous sommes conviés à partager le récit de sa vie, à explorer les replis secrets de son âme et à découvrir ce qui se dissimule derrière le tableau.

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Suite à de nombreuses critiques positives dans la presse et sur des sites commerciaux, j'avais emprunté ce court ouvrage à la médiathèque. Et je me suis dit en m'inscrivant hier au Challenge Cent pages de TyJecyka qu'il conviendrait parfaitement pour un premier bilet.

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Je l'ai commencé dans la matinée et très vite, je me suis laissée emporter par les mots de Magdalena. Je ne l'ai donc reposé qu'une fois achevé.

Pour son premier roman, Gaëlle Josse est partie d'une oeuvre picturale: Intérieur avec femme jouant du virginal d'Emmanuel de Witte et elle a brodé autour de cette inconnue.gaëlle josse,autrement,de witte,intérieur avec femme jouant du virginal,delft,tableau

C'est vrai que le procédé n'est pas novateur. D'ailleurs, le lieu (Delft) et les deux références à Vermeer font immédiatement penser au très beau livre de Tracy Chevalier La Jeune fille à la perle.

Mais avec son écriture juste et poétique, l'auteure arrive à rendre son héroïne profondément attachante et intéressante. Par petites touches, elle parvient à brosser le portrait d'une femme qui souffre justement de sa condition de femme et rêve d'évasion. Les moments les plus lumineux de son existence sont ceux où elle accompagne son père, puis son mari, à Rotterdam voir leurs navires. 

On ressort de cette lecture ému, bouleversé par la nostalgie qu'éprouve Magdalena et surtout par le drame intime qui la frappe.

"Avec le temps, ce sont nos joies d'enfants que nous convoquons le plus facilement dans nos souvenirs, elles nous accompagnent avec une rare fidélité. Retrouver ce que nous avons éprouvé dans ces moments demeure une source de félicité que nul ne pourra nous ravir. Le cours de nos vies est semé de pierres qui nous font trébucher, et de certitudes qui s'amenuisent. Nous ne possédons que l'amour, qui nous a été donné et jamais repris"

Et puis, les Heures silencieuses, c'est la description de la vie quotidienne en Hollande à la fin du 17ème siècle dans les cercles bourgeois. Malgré la brièveté du format, je trouve que Gaëlle Josse a réussi à bien décrire cette société, ses us et ses coutumes, son goût pour la peinture (il est de bon ton de se faire représenter) et son art du commerce.

Bref, une petite pépite que je conseille vivement!

Autrement, collection "Littératures", 2011, 134 pages, 13 €

29/07/2012

Une liste entraînante

La Liste de mes envies

Grégoire Delacourt

Lattès, 2012


 

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"Toutes les peines sont permises, toutes les peines sont conseillées, il n'est que d'aller, il n'est que d'aimer" (Françoise Leroy dans Le Futur intérieur)

 

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C'est par cette magnifique phrase que Grégoire Delacourt entame son deuxième roman. Puis, la voix de Jo retentit.

Jocelyne Guerbette s'était rêvée styliste. Mais la vie en a décidé autrement. Mariée à Jocelyn et mère de deux enfants et d'un "petit ange", elle est devenue mercière à Arras. Son quotidien est rythmé désormais par ses quelques rares clients, les visites à son père qui oublie son existence toutes les six minutes, son blog Les doigts d'or et ses cafés avec les jumelles de Coiff'esthétique. Celles-ci la poussent à jouer au loto et Jo gagne 18 millions. Mais très vite, elle hésite à encaisser ce chèque et se met à établir la liste de ses envies...

J'avais très envie de parcourir ce livre depuis que j'avais entendu de très bonnes critiques tant de la presse que de certains proches. Et je n'ai pas été déçue.

L'auteur a su rendre son héroïne Jo avec ses kilos en trop et ses rêves envolés très attachante. Une fois débuté, on ne veut pas lâcher ce bijou d'humanisme au style très simple et très direct. Tous les personnages sonnent juste-de Jocelyne aux amatrices de son blog.

Seul bémol: les trente dernières pages. En effet, je n'ai pas compris pourquoi Grégoire Delacourt nous avait brutalement détachés de Jocelyne pour nous plonger dans les pensées de Jocelyn. Ce basculement est de plus trop court et laisse une impression de bâclage.

Enfin, je souhaitais une autre fin mais je ne l'attarderai pas dessus pour vous laisser le plaisir de la découverte. Car, en dépit de cette critique sur les derniers chapitres, je vous recommande vivement la lecture de ce joli ouvrage.