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11/01/2016

Mon Top jeunesse 2015

Mon Top jeunesse 2015

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Je reviens vers vous ce soir avec un billet autour de mon Top jeunesse 2015.

Cette année écoulée a été l'occasion de faire de très très belles découvertes et de me plonger dans des ouvrages, qui je le sais déjà, m'accompagneront longtemps.

Côté romans, voici les cinq titres qui s'imposent comme une évidence:

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Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal, Sarbacane:Parce que le coup de coeur s'est imposé dès les premières pages/ Parce que ce roman profondément humain m'a fait tour à tour pleurer et rire/Parce que je me suis attachée à tous ces personnages/ Parce que j'adore le concept de famille qu'on se crée/ Parce que leur tournée était décidément trop courte/ Parce que "Des falaises en sursis/Voilà ce que nous sommes"/Parce que la plume de Séverine Vidal véhicule tant d'émotions/Parce que Gary/Parce que....

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Autre lecture forte: Lever de rideau sur Terezin de Christophe Lambert, Bayard : même si j'avais adoré aussi Swing à Berlin parcouru en janvier, j'ai finalement retenu ce titre très fort. Cette fois-ci, l'auteur nous amène dans le camp de concentration de Terezin, où son personnage principal, le dramaturge Victor Steiner, doit écrire une pièce de théâtre autour de Molière et de Louis XIV pour une visite de contrôle de la Croix Rouge. Réflexion sur la création/Sur l'art en temps de guerre/Sur la solidarité/Sur l'humanité qui peut fleurir même dans la plus extrême violence/Sur la nécessité de résister envers et contre tout/Le tout servi par une très belle plume.

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Direction ensuite le New-York de la fin des années 40. Avec un dîner avec Cary Grant, le premier tome de Broadway Limited, à l'Ecole de Loisirs, Malika Ferdjoukh nous fait suivre le destin de six jeunes femmes et hommes à un croisement de leur vie. Six voix qui retentissent et qui nous parlent d'amour, d'amitié, de galères, de recherche du succès et de ce Broadway de l'après-guerre. Un roman doudou dans la veine de Quatre soeurs et qu'on quitte à regret.

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Changement d'époque....Pour une virée sur les routes à bicyclette. Il m'aurait été difficile de ne pas inclure dans cette liste Les Petites Reines de Clémentine Beauvais, paru chez Sarbacane. De cette lecture printanière, je garde une sensation de rires. Que ce soit dans le métro....ou sur mon fameux canapé...je me suis souvent surprise à m'esclaffer. Même si j'ai été un peu déçue par la conclusion de cette odyssée, j'ai savouré les étapes du voyage et les dialogues qui faisaient toujours mouche.

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Dernière escale, dans le Paris de 1912 au début des années 20: Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet. Je l'ai entamé un soir de novembre et j'ai eu du mal à le lâcher. Malheureusement, je n'ai pas pris le temps d'en parler. Pourtant, j'ai été captée par ces destins de femme en temps de guerre, par leur vie à l'arrière, par leurs relations conjugales, par leur participation au bouillonnement artistique....Quel style incroyable! Et quel ambitieux ouvrage qui tient toutes ses promesses!

Après les mots, place aux images avec ces cinq albums qui ont marqué mon année 2015.

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-La Danseuse papillon d'Audrey Alwett, avec des illustrations de Luky, Soleil : Le destin d'un papillon trop attiré par la lumière de la scène et qui risque fort de s'y brûler. Un petit bijou de poésie et de sensibilité sur l'amour, sur la danse, sur le tourbillon de la vie...magnifié par Luky qui nous emporte dans un monde entre ombres et lumières.

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-Le lion et l'oiseau de Marianne Dubuc, éditions La Pastèque: une magnifique histoire d'amitié entre un lion et un oiseau ou comment chacun a besoin de l'autre pour combler une solitude pesante. Les mots se font rares, les silences occupent l'espace...Pour mieux épouser les sentiments et retranscrire ce vide si lourd de sens qu'est parfois l'absence. Un album rare et qui touche la corde sensible de chacun. Un titre à conseiller et à partager sans modération.

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-Le Peintre des drapeaux d'Alice Brière-Haquet, illustré par Olivier Philipponneau, Frimousse: un très bel ouvrage autour de l'artiste en temps de guerre. Des mots et des images sobres pour une histoire très forte qui fait réfléchir et qui nous émeut aux tréfonds de notre âme.

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-Autrefois l'Olympe....mythe en haïkus d'Agnès Domergue, éditions Thierry Magnier: Sous forme de devinettes en haïkus, les grandes figures de la mythologie sont invoquées. Au lecteur de se montrer perspicace et de les retrouver. Un univers tout en délicatesse souligné par les images ciselées de Cécile Hudrisier.

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-Le Voleur d'enfants de Michael Escoffier, illustré par Clément Lefèvre, éditions Chocolat jeunesse: dès les premières pages, on est happé dans un autre âge, un âge inquiétant où il ne semble pas bon d'être un enfant. En effet, un voleur vient les enlever...A la manière d'une ritournelle inquiétante, ce sinistre personnage nous fais frémir. Et si finalement, il ne fallait pas se fier aux apparences? Un très bon conte, aux allures sombres et angoissantes, qui a le don de surprendre le lecteur.

Et vous, quels ont été vos coups de cœur jeunesse en 2015?

 

 

 

01/06/2015

Lettres de mon hélicoptêtre

Lettres de mon hélicoptêtre

un album de Clémentine Beauvais

illustré par Anne Rouguette

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"Mes chers parents chéris

Je ne suis plus dans mon lit

(comme vous avez pu vous en apercevoir)

Voyez-vous hier soir tard

Je m'ennuyais un peu beaucoup

Passionnément à la folie,

Donc j'ai démonté mon vélo

Avec des tas d'outils

Et je l'ai remonté à l'envers

Pour en faire un hélicoptère.

Enfin on va dire un hélico...ptêtre

Et puis je suis partie par la fenêtre.

Promis, je vous enverrai quelques lettres

Allez bisous! Et à bientôt, peut-être"

Un soir, une petite fille décide de démonter son vélo et de le transformer en hélico...ptêtre. L'occasion pour elle de s'envoler, en compagnie de son chat, à la découverte du monde.

Pour raconter son périple, elle adresse à ses parents des missives de chaque pays qu'elle visite.

Ainsi, nous la suivons d'Angleterre en Chine, d'Espagne à New York...

Et, de chaque étape, à son insu, elle ramène des souvenirs pour le moins originaux.

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La semaine dernière, je vous parlais avec beaucoup d'enthousiasme des Petites reines, le roman de Clémentine Beauvais. Un roman que, si on excepte la fin, j'avais adoré!

Aussi, vous pouvez imaginer mon plaisir quand je me suis plongée dans cet album récemment paru chez Sarbacane.

Là encore, un vélo va jouer un rôle très important dans l'intrigue.

Un vélo, légèrement bricolé, pour voyager

Un vélo pour se dépasser

Un vélo pour s'ouvrir au monde

En effet, après l'avoir changé en hélico...ptêtre, la petite héroïne s'en sert pour survoler de nombreux Etats.

De coup de pédale en coup de pédale, se présentent ainsi à chaque page des instantanés de tous les endroits découverts.

Des lettres toujours drôles et qui permettent aux plus jeunes de se familiariser avec certains aspects de la culture mondiale.

Aux mots emplis d'humour de Clémentine Beauvais se superposent les crayonnés d'Anne Rouguette. J'ai trouvé très pertinent ce choix de technique. Elle confère du mouvement, du dynamisme, ce qui convient parfaitement à cette atmosphère de voyage. De même, elle permet de mieux saisir les expressions des visages. Quant aux couleurs vives retenues, elles renforcent cette tonalité joyeuse présente tout au long de l'histoire

Bref, vous l'aurez compris: voici un album gai, ludique dont la lecture se révèle distrayante.

Sarbacane, 2015

Merci à Babelio et à Sarbacane pour cet envoi!

 

 

 

25/05/2015

Les Petites reines de Clémentine Beauvais

Les Petites reines

de

Clémentine Beauvais

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"Ça y est, les résultats sont tombés sur Facebook: je suis Boudin de Bronze.

Perplexité. Après deux ans à être élue Boudin d'Or, moi qui me croyais indéboulonnable, j'avais tort.

J'ai regardé qui a remporté le titre suprême. C'est une nouvelle, en seconde B; je ne la connais pas. Elle s'appelle Astrid Blomvall. Elle a des cheveux blonds, beaucoup de boutons, elle louche tellement qu'une seule moitié de sa pupille gauche est visible, le reste se cache en permanence dans la paupière. On comprend tout à fait le choix du jury.

Le Boudin d'Argent a été décerné à une petite de cinquième, Hakima Idriss. C'est vrai qu'elle est bien laide aussi, avec sa moustache noire et son triple menton; on dirait un brochet."

Avez-vous déjà entendu parler des Boudins? Ce sont les récompenses décernées chaque année au collège-lycée Marie Darrieussecq à Bourg-en-Bresse aux filles qui ont le plus brillé par leur laideur.

Et, pour la première fois, la narratrice Mireille Laplanche n'a pas obtenu le titre. Elle a même rétrogradé en troisième place.

Ce qu'elle n'avait pas prévu non plus, c'est que le palmarès lui donnerait l'occasion de se rapprocher des autres gagnantes.

Bien vite, ces trois cibles des moqueries se retrouvent en plein de choses, notamment dans leur envie de "gate crasher" la garden-party du 14 juillet.

Chacune a ses raisons: Mireille souhaite enfin faire la connaissance de son père biologique, le mari de "Barack Obamette", la Présidente de la République; Astrid désire assister au concert d'Indochine, son groupe préféré, et Hakima veut confronter l'ancien commandant de son frère sur une opération militaire catastrophe.

Mais comment faire pour rejoindre la capitale? Et si ces trois "boudins" enfourchaient leurs bicyclettes et se transformaient en "petites reines" de la route?

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J'avais déjà eu le plaisir de découvrir le talent de Clémentine Beauvais avec Comme des images et j'avais donc hâte de retrouver sa plume.

Les Petites reines constituent un roman qui détonne dans la production actuelle. Dès les premiers pages et le début du monologue de Mireille Laplanche, notre narratrice pour toute l'aventure, on a la sensation de plonger dans une histoire pas banale. De celles qui se démarquent de toutes les autres qu'on a déjà pu rencontrer.

Une histoire qui brasse une multitude de thématiques: difficulté à accepter son corps, moqueries des autres, recherche du père, solidarité, blessure de guerre, traumatisme d'être un survivant...

Autant dire qu'avec de tels sujets, on aurait pu assister à une intrigue pleine de pathos. Mais il n'en est vraiment rien. Au contraire, tout l'ouvrage est placé sous le signe de l'humour.

L'humour pour parler de ce qui est grave

L'humour pour s'opposer à la méchanceté

L'humour comme arme contre le regard des autres

L'humour comme lien social...

On rit donc souvent, au fil de cette épopée pas comme les autres.

Après avoir bataillé contre leurs parents, les trois boudins obtiennent gain de cause et s'embarquent pour un voyage à vélo entre Bourg-en-Bresse et Paris. Un voyage pendant lequel (summum de l'autodérision), elles vont vendre des boudins noirs, blancs et...végétariens...

A chaque étape, son lot de surprises, son contingent de nouveaux fans,....De belles rencontres qui contribuent à l'apprentissage de ces trois jeunes filles courageuses et leur donnent encore plus la force de s'assumer.

Difficile de lâcher ce livre, une fois entamé, tant l'intrigue surprend, tant les dialogues ou les considérations de Mireille font mouche et tant on s'attache aux personnages!

Cependant, je dois avouer que j'ai été un peu déçue par la conclusion de cette odyssée. J'ai trouvé que tout se résolvait de manière peut-être trop simple pour ces Cendrillons d'un jour et pour le beau Soleil, Kader, le frère d'Hakima. Je m'attendais notamment à autre chose concernant la confrontation entre Mireille et Klaus, son philosophe de père.

Bref, vous l'aurez compris: malgré ce léger bémol, cet ouvrage se révèle une vraie petite pépite. On rit, on réfléchit et on quitte à regret ces trois battantes.

Éditions Sarbacane, 2015, 270 pages